Il faut être atteint de cécité spirituelle et politique pour ne pas voir le massacre social qui se déroule sous nos yeux dans les pays du Sud de l’Europe. Il est vraisemblable que dans un demi-siècle (et sans doute avant), les historiens s’interrogeront sur la spirale suicidaire qui a conduit l’Europe à un tel état de délabrement. Le Portugal voit ses citoyens s’exiler massivement en Angola, au Mozambique et au Brésil, quand ils ne choisissent pas une solution plus radicale : le suicide. L’Europe qui faisait rêver le monde entier, ne provoque plus maintenant que sarcasmes ou apitoiement. La zone Euro qui devait être source de croissance n’a produit qu’une forme de désespérance et il est douteux qu’une austérité accrue nous sorte, comme le baron de Münchhausen, du puits dans lequel nous sommes tombés.

Bruxelles cependant signe et persiste. Sans même prêter attention au rapport accablant de la Cour des Comptes européenne qui vient de pointer des erreurs administratives portant sur des milliards d’euros. La réaction anglaise a été immédiate. Le gouvernement britannique a averti que l’audit « réduisait sérieusement la crédibilité de la gestion financière de la zone euro. »

Simultanément – et avec un aplomb qui traduit un cynisme en béton – la Commission européenne et le Parlement, qui ne cessent de plaider pour l’austérité, demandent pour leurs propres dépenses une augmentation de 11%. L’ogre administratif n’est jamais repu. Mais il n’est pas invraisemblable de penser que le jour viendra où les populations cesseront de céder aux injonctions de Bruxelles pour leur demander des comptes. On ne se goberge pas impunément sous les yeux de citoyens dépouillés de leur dignité et de leurs moyens de subsistance. On peut certes rétorquer comme la plupart des hommes politiques que nous avons été trop loin pour reculer…. mais plus le massacre social se poursuivra, moins cet argument deviendra audible.

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