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Olympe, reviens, elles sont devenues folles!

Le collectif Droits humains dévoie le féminisme

Auteur

Jean-Paul Brighelli

Jean-Paul Brighelli
Enseignant et essayiste, anime le blog "Bonnet d'âne" hébergé par Causeur.

Publié le 27 mars 2015 / Politique Société

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Un « collectif »… (J’adore ce mot-là : collectif ! On sait déjà, rien qu’à l’entendre, que les individus qui le composent sont d’une nullité sidérante, mais qu’ils croient dur comme fer que l’addition de plusieurs zéros finit par faire quelque chose…)
Un collectif « créé par des actrices et acteurs de la société civile »…
(Dites-moi, c’est quoi, le contraire de la société civile ? Serait-ce cette société incivile qu’on appelle le milieu politique ? L’armée ? La religion ? Le sabre et le goupillon ? Quoi ? Quoi, dit la grenouille)…

Je ne sais pas ce que j’ai, mais il faut que je m’arrache…

Un collectif, donc, a lancé la campagne « Droits humains pour tou-te-s ».
C’est écrit comme ça, « tou-te-s. C’est un peu comme le titre-vedette de Murakami, 1Q84 : on ne sait pas trop comment le prononcer. Un cul huit quatre ? Mille culs quatre-vingt-quatre ? Un QI de 84 ? Mais tou-te-s ? Le « s » est en facteur commun de toutes et tous. C’est comme le P de UMPS. « Tou-te-s » est censé rassembler (dans le collectif, sans doute, ou dans les mille culs) aussi bien les tous que les toutes, et tout ce qui se trouve entre les deux. Ah, mais c’est con, je veux dire, c’est qu’on respecte la théorie du genre, dans ce collectif, d’ailleurs, il est signé par le fondateur de la « journée mondiale contre l’homophobie et la transphobie », on vit une époque formidable, on apprend des mots nouveaux tous les jours…

Donc la campagne (« Moi d’abord la campagne, faut que je le dise tout de suite, j’ai jamais pu la sentir… Mais quand on y ajoute la guerre en plus, c’est à pas y tenir », dit très bien Céline dans le Voyage au bout de la nuit) « vise à obtenir l’abandon par les institutions de la République française de l’expression « droits de l’Homme » pour la remplacer par celle de « droits humains ». Droits humains pour tou-te-s ! Imprononçable ! J’y renonce !
Qu’ajoutent-elles, mes louloutes ? Que « le choix de l’expression « droits de l’Homme » a d’emblée signifié l’infériorité et l’exclusion du genre féminin : la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 ne s’appliquait pas aux femmes. Léguée par une tradition de discrimination machiste qu’il convient de combattre plutôt que de perpétuer, cette expression continue d’invisibiliser les femmes, leurs intérêts et leurs luttes. »
« Invisibiliser » ! Un genre de création verbale en six syllabes, rien que ça, qui vous rend fier d’être français ! Le héros de H.G. Wells a été invisibilisé par son expérience ! Et maintenant, la femme invisible ! Good gracious ! Quand je pense à tous ceux qui se détronchent pour suivre du regard mille fois par jour l’une ou l’autre de ces invisibles qui passent en dessinant le signe de l’infini avec leurs fesses…
Veulent les « droits humains » ! Savent pas que l’homme dont il s’agit dans la déclaration des Droits, c’est homo, l’être humain justement. Homo, pourtant, ça devrait leur plaire, à tou-te-s ! Mais non ! Z’ont anticipé la réforme du collège à Najat : le latin et le grec passés par les écoutilles, vulgaires annexes au cours de français, vagues regards sur une civilisation mortelle — les Grecs, hein, toutes des fiottes, c’est bien connu, des gens qu’on appelle les Hellènes — pff, la belle Hélène, qu’il rigolait, Offenbach !
C’est pas neuf, figurez-vous. Olympe de Gouges avait écrit les Droits de la femme et de la citoyenne, en 1791.

Elle y remplace « homme » par « homme et femme » : encore une qui confondait vir et homo. On l’a guillotinée deux ans plus tard, pour lui apprendre la syntaxe révolutionnaire, c’est pour le coup qu’elle en a perdu son latin.

Et c’est justement un homo, Pierre-Gaspard Chaumette, qui a salué l’exécution de cette virago, « la femme-homme, l’impudente Olympe de Gouges » — « tous ces êtres immoraux ont été anéantis sous le fer vengeur des lois ». Crac ! Lui aussi y est passé, six mois plus tard, en avril 1794. Les Droits de l’homme ne font pas de cadeaux.

Franchement, n’ont rien de mieux à faire que de se battre sur les mots ? Trouvent que les droits de l’homme, si respectés comme chacun sait, tiennent à un substantif qui pourrait être un adjectif ? Feraient mieux de demander l’application des Droits au Moyen-Orient — les islamistes de Daesh ne font pas le détail et les décapitent tou-te-s, les chéri-e-s. Hommes et femmes, ran ! L’égalité par le sabre ! Quant aux homos, je vous dis pas. Le pal, ça commence bien et ça finit mal.
Ou bien pourraient (non, non, c’est pas un tic soudain, de ne plus mettre de sujet, juste de la prudence : je n’voudrais pas passer pour un macho insupportable en disant « ils », ni pour un soumis pitoyable en écrivant « elles ») se soucier du sort de leurs congénères (et je ne ferai pas de jeux sur ce mollah !) affublées d’un voile / burqa / tchador, rayer les mentions inutiles, dans les couloirs des facs et des hôpitaux. On ne peut pas revendiquer l’égalité avec les matous et accepter, au nom de la liberté de dire des bêtises et d’en faire, que des femmes soient mises en état de minorité visible par leurs grands frères ou leurs maris en 2015. Faut être logique.

Cette histoire de droits « humains » (good gracious, l’égalité tient donc à une modification grammaticale ? Sommes-nous bêtes de ne pas y avoir pensé avant ! Ç’aurait résolu les écarts de salaires entre hommes et femmes, 20 à 25% en moyenne hors Fonction Publique— une paille) me rappelle un roman policier écrit vers la fin des années 1970 par Mireille Cardot et Larie-Lise Berheim, intitulé Mersonne ne m’aime, où les deux auteurs (on ne disait pas encore « auteure » à l’époque, on se contentait de se battre pour le féminisme au jour le jour, on n’en revendiquait pas les oripeaux syntaxiques, les gadgets morphologiques) remplacent systématiquement la syllabe « per », car il y gît le Père, voire la paire, par la syllabe « mer » — sauf que la Mère, faut s’la faire. Une parodie drolatique. Elles aimaient rire, à l’époque, les féministes — j’avais travaillé au sein du MLAC (bon sang, qui se souvient du MLAC, le Mouvement pour la Liberé de l’Avortement et de la Contraception ? On s’fait vieux) avec certaines d’entre elles qui étaient des gaies luronnes de premier choix. Leurs descendantes n’ont aucun humour, et ça, tu vois, c’est un crime capital. Lèse-majesté humaine. La situation est grave, presque désespérée, et vous faites la gueule ? Quand tu n’es pas gai, ris donc ! Ris donc, Paillasse !

La liste des signataires de la pétition (le fameux collectif) est instructive : y sont rassemblées toutes les pétasses sans humour, les associations socialisantes (on dirait un exercice de diction, hein…), celles qui se revendiquent de sainte Simone et de la Bienheureuse Taubira, les « Désobéissant-e-s (sic !) et les Effronté-e-s et les Elu-e-s Contre les Violences faites aux femmes (re-sic, c’est un tic commun à tou-te-s !), toutes les associations siphonneuses de subventions, les adoratrices des lois sociétales du PS — et, forcément, un mystérieux collectif dans le collectif qui s’appelle « Olympe de Gouges aujourd’hui ». Sans compter les « personnalités signataires », des cinéastes inconnus, des auteurs à réclamer, des journalistes plus free que lance, et quelques-unes des universitaires qui signaient aussi contre l’interdiction du voile à l’université. Que du beau linge. On serait en 1793-1794, on aurait la liste toute faite des prochain-e-s candidat-e-s pour l’abbaye de Monte-à-regret, la bascule à Charlot — la Veuve. Y a des jours comme ça où la connerie étalée au grand jour me rendrait presque sanguinaire.

Ça me va très bien, moi, les Droits de l’homme et du citoyen. J’aimerais juste qu’il y ait plus d’hommes — je suis comme Diogène, je cherche —, et plus de citoyens, au lieu d’avoir une France en puzzle éclaté de communautés communautaristes. Oui, plus d’hommes, moins de salopards à figure humaine, de dégénérés du monothéisme, d’exploiteurs des deux sexes, de gogos, de gagas et de féministes-qui-n’ont-que-ça-à-foutre, les pauvres. J’aimerais, j’aimerais — dans dix mille ans.

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    • 31 Mars 2015 à 9h24

      commissaire joss dit

      féministes ou autres, le problème est d’être extrémiste.C’est une régularité chez “homo l’humain”.Et si le chacun chez soi modéré a toujours fait que les moutons du vivre-ensemble ont toujours été bien gardés, il n’en est rien avec les extrémistes. Ces derniers ne supportent jamais le fait qu’il existent un extrême plus extrême que le leur. Il va de soi que ce genre de féministes jouent avec le feu et qu’elles s’exposent à rencontrer des gens qui pourraient les détester de façon radicale.Les hommes et les femmes sont condamnés à vivre ensemble et on a l’impression que les féministes “fondamentalistes” d’aujourd’hui, ont décidé de frapper les hommes version 2015 pour venger leurs arrières grands-mères. Etre extrémiste n’a jamais été une bonne méthode. Les événements nous ont toujours démontré que ça finissait mal. En politique ou en société. Le jusqu’au boutisme des provocations de Charlie hebdo face aux vengeurs illuminés du prophète en est un exemple tragique qui s’est terminé par la mort de tous. Ma comparaison est certes osée pour dénoncer l’extrémisme sous toutes ses formes,qui dans le meilleur des cas finit devant les tribunaux. Mais pour revenir à ce collectif féministe ultra qui avance caché -car il ne rêve pas d’égalité mais bien de dominer le mâle- ce collectif ne peut que se prendre les pieds dans le tapis.Il finira dans l’invisibilité qu’il dénonce car les hommes et les femmes sont faits pour s’entendre.”Olympe de Gouges aujourd’hui” s’auto-détruira dans un destin tout tracé. On pourra l’oublier.  

    • 31 Mars 2015 à 0h43

      brice james dit

      Puré-e y tape le pémère… Daesh fracasse de la statue , nous un collectif de métasses s’en prend a notre histoire! elles manquent d’ humour? ah bon? c est pas un manque… c est une ablation ,peut on esperer une réconciliation sur l’oreiller?

      • 31 Mars 2015 à 18h26

        la pie qui déchante dit

        réconciliation sur l’oreiller ???

        quant on voit la poitrine de certaines , on se dit qu’il doit avoir une autre méthode …à moins que l’oreiller se mette sur la figure …

    • 30 Mars 2015 à 21h18

      GHMD dit

      Eh ben mon cochon ! Y va pas de main morte !
      Une grosse colère, Brighelli. Mais on comprend, vieux père, on comprend. D’ailleurs on se demande pourquoi les FEMEN viennent mettre leurs seins à l’air sous le nez du bon bourgeois déjà bien dévirilisé, plutôt que sous la barbe des illuminés bien couillus de la Courneuve ou de Grigny…

    • 30 Mars 2015 à 18h28

      salaison dit

      et dire qu’on apprend le français à des…… “importés (es)…..
      où va t on ?…. et comment avons nous fait pendant tant d’années!….???????? 

    • 30 Mars 2015 à 18h25

      salaison dit

      s’il n’y avait que les femmes !……
      (cependant, il est vrai que ces dernières, depuis le temps qu’elles déconnent!…..) 

    • 30 Mars 2015 à 16h35

      zelectron dit

      Quel délice :-)

    • 30 Mars 2015 à 15h32

      RayParker dit

      J-P,

      Je sais pas si on te l’a déjà dit mais tu déchires ; quand t’es énervé c’est encore meilleur :-) ! Que c’est bon de lire un article d’un mec, d’un vrai…
      juste avant je venais de finir l’article sur le changement dans l’éducation au Danemark.

    • 30 Mars 2015 à 12h01

      RED (From Tex) dit

      Ça, ça relève d’une bonne tisane (avec une goutte de rhum je vous l’accorde) !

      Mais j’avoue que je suis comme vous, certains matins en me prenant ce genre de conneries dans les dents, j’ai envie de mordre avec celles qu’il me reste !

      Bonne insupportation.

    • 29 Mars 2015 à 8h02

      Gargar dit

      “Quand je pense à tous ceux qui se détronchent pour suivre du regard mille fois par jour l’une ou l’autre de ces invisibles qui passent en dessinant le signe de l’infini avec leurs fesses…”
      Excellent :D