Grincheux, lisez Bardolle! | Causeur

Grincheux, lisez Bardolle!

Il faut lire absolument “De la joie de vivre par temps hostiles”

Auteur

Pierre Lamalattie
est écrivain. Dernier ouvrage paru : Précipitation en milieu acide (L'éditeur, 2013).

Publié le 04 septembre 2016 / Culture

Mots-clés :

Un bar parisien, une semaine tout juste après les attentats de Paris (Photo : SIPA.00731529_000026)

En le lisant, j’ai eu l’impression que ce texte avait été écrit spécialement pour moi qui souffre de râlerie chronique. Je parle du dernier essai signé par Olivier Bardolle et intitulé De la joie de vivre par temps hostiles. Pourtant, il n’y a pas de doute, le livre est dédié à une certaine Pauline qui n’a rien d’atrabilaire. Le texte commence par une confession au sujet des relations de l’auteur avec cette jeune femme. Ils se sont quittés, voilà le problème, et pourtant ils s’aimaient. J’ajouterais, moi qui les ai connus, qu’ils formaient un duo plein d’allant et de panache qui était une vraie publicité pour la notion de couple. C’est toujours bien, pour réfléchir, de démarrer par un cas concret.

[...]

De la joie de vivre par temps hostiles, Olivier Bardolle, L’Éditeur, mai 2016.

  • Brexit : l'étrange victoire

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    publié dans le Magazine Causeur n° 96 - Juillet-aout 2016

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    Brexit : l'étrange victoire
  • La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 4 Septembre 2016 à 16h32

      Villaterne dit

      Ce que reproche Olivier Bardolle, c’est un tropisme excessif vers la lucidité, autrement dit vers le pessimisme
      Heureux les inconscients, je l’ai toujours dit !
      Le bon vieux temps est comme ces piquettes oubliées en cave qu’on voudrait faire passer pour de grands crus
      J’aurais glissé l’adverbe « parfois ». Le bon vieux temps est parfois comme ces piquettes…….
      les fameuses Trente Glorieuses qu’on ne cesse de vanter ont été, en réalité, mortellement ennuyeuses et très laides
      C’est ce qu’on pensait quand on les vivait, c’est ce qu’on pense moins depuis qu’on ne les vit plus.
      Enfin il ne faut pas oublier de s’amuser et de rire mais attention, il me semble parfois entendre les dernières mesures de l’orchestre du Titanic.

      • 7 Septembre 2016 à 6h18

        SPLASH dit

        C’est sûr, avec vos commentaires on est sûrs de couler….
        Tous les spécialistes s’accordent à dire qu’il n’y a rien de mieux que l’humour et le rire pour “passer” outre, ou du moins “au dessus” des pessimistes, râleurs, mal embouchés qui font hélas partie du PAF français, et ce , depuis des lustres, alors, la “piquette” comme vous dites, ce n’est pas franchement la référence ni la comparaison la plus pertinente, loin s’en faut.

    • 4 Septembre 2016 à 9h43

      Habemousse dit

      « De la joie de vivre par temps hostiles »

      On peut certainement rapprocher cet ouvrage de celui de Luc Ferry « La révolution Transhumaniste » dans lequel il balaie d’un revers de main les grincheux, les pessimistes et autres adeptes de l’immobilisme de la pensée humaine en leur opposant un avenir radieux et « pratiquement » éternel, deux cents ans d’espérance de vie n’en étant que la première étape ; les pulsions criminelles seraient anéanties ou surveillées de près au moyen de l’implantation de nano-puces etc… etc….

      On aurait aimé faire profiter de tout cet amas de bonnes nouvelles les morts du Bataclan, ceux de Nice et tous les autres, abattus alors qu’ils ne demandaient qu’à vivre et respirer jusqu’à un âge moins avancé que l’ouvrage de M. Ferry le promet. Ce dernier pense que la science et la technologie réunies vont modifier le cerveau humain et lui éviter les sottises qu’il accomplit aujourd’hui, bravo !

      Je ne doute pas une seconde du progrès et des astuces scientifiques de l’homme pour augmenter sa durée de vie : je doute, comme beaucoup de l’utilisation qu’il en fera : les champs de bataille nous donnent des pistes de réflexion depuis au moins cinq mille ans.

      Vivons joyeusement avec lucidité, et pour l’éternité ne faisons confiance qu’à la seule science qui vaille et qui montre ses preuves jusqu’à ce que des fous la supprime, l’amour, grâce à qui aujourd’hui les humains viennent sur terre, même si il n’est pas toujours à la manœuvre.

      Monsieur Ferry a t-il pensé que pour travailler et réfléchir à l’avenir de l’homme il faut en faire toujours plus pour l’empêcher de s’éteindre ?

      Parce qu’au milieu de sa démonstration, il nous a fait un aveu : la France et l’Europe sont largués et en retard face aux chinois et aux américains : il ne voit pas pourquoi ?

       La richesse première d’un pays est sa matière grise : ôtez la lui et le progrès s’envole : et là, je suis pessimiste !

      • 4 Septembre 2016 à 10h23

        IMHO dit

        L’Europe n’est larguée par personne, premier point, et il nous manque a-peu-près trente-cinq millions d’Européens (sans les Russes) perdus entre 1939 et 1945 et leurs descendants, et des meilleurs encore, second point .
        Dont 5% avec un QI d’au moins 125, soit 1.750.000 .
        Question dérangeante: ils auraient sans doute trouvé des remèdes en plus à nos maux ( pas proportionnellement à leur nombre), mais est-ce qu’on sentirait une différence ?

        • 4 Septembre 2016 à 12h10

          Habemousse dit

          « L’Europe n’est larguée par personne, premier point, »

           Et na ! Puisque vous le dites c’est que les autres ont tort.

          « …mais est-ce qu’on sentirait une différence ? »

          Eux plus que nous, car il y a une grande différence entre un mort et un vivant, enfin à première vue.  

        • 5 Septembre 2016 à 9h49

          Pom’ Potes dit

          Votre question est en effet dérangeante. Et je n’ai pas une réponse optimiste à fournir car mon constat actuel est pessimiste.

          À l’époque où la foi dans le Progrès était grande, je trouve qu’il y a eu une sorte de “passation”: les gens ont bénéficié d’une amélioration évidente de leur autonomie.

          Je ne souhaite pas faire l’apologie de cette époque ou dire que c’était voulu de A à Z. Mais force est de constater que de nos jours, les choses vont moins dans le sens d’une passation entière. On est plus dans le service, l’accompagnement et dans une délégation des possibilités individuelles pour des garanties et des promesses plus que des bénéfices concrets.

          Force est aussi de constater que pas mal de gens reprennent des choses en main et recherchent des solutions où ils seront moins dépendants.

          On décrie beaucoup la consommation et le fait qu’on ne peut que se positionner comme consommateur face aux activités économiques. Mais cela est naturel et le problème me paraît moins résider ici que dans le fait que certaines activités économiques ont peu de bienveillance à l’égard de leurs consommateurs.

          Je crois que la question, d’un point de vue littéral, est mal posée car on finit par s’habituer à tout, le progrès compris. Notre sensibilité s’émousse. En parallèle, notre époque pousse à toujours être “in”, à sentir les différences et les améliorations. Mais je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de vertus dans cette exacerbation de notre sensibilité.

          Sensibilité mise à part, si on repart sur la pyramide de Maslow, il est bien possible qu’on ait couvert plutôt bien les fondamentaux. La question me semble être: peut-on répondre aux besoins au-delà de la même manière?

          Je rejoins Habemousse et ses doutes sur l’utilisation que nous pouvons faire des progrès. Mais il faut bien dire que je suis fondamentalement en tout point d’accord avec sa remarque conservatrice qu’il faut fournir toujours plus d’efforts pour préserver les choses que pour avancer.

    • 4 Septembre 2016 à 9h34

      Pom’ Potes dit

      Et rapport au présent, je ne résiste pas à celle -ci:

      Quand les gens disent “Il faut vivre avec son temps”, ils veulent dire en réalité : “Vous devez vivre à ma façon”.

      • 4 Septembre 2016 à 10h53

        thierryV dit

        Je suis d’accord. D’autant que nous avons le choix puisque c’est nous qui le fabriquons . IL y a une énorme arnaque a prétendre que toute chose nouvelle doit effacer l’ancienne . D’abord parce que le symbole d’une culture forte est plus important que la nouveauté . Ensuite parce que nous n’avons pas encore maitrisé le temps qui passe et y substituons le nouveau pour taire nos angoisses d’éternité .
        Je suppose qu’une civilisation qui s’est trouvée, doit pouvoir conjuguer l’éternel (valeurs millénaires)et la découverte .La tyrannie du progrès est comme celle de la beauté ,obligatoire parce qu’elle nous attire.

        • 5 Septembre 2016 à 9h10

          Pom’ Potes dit

          Quel commentaire… ! Excellent!

          +1 pour l’arnaque.

          Comme en ce moment ma réflexion est pas mal sur les idéologies transformatrices, sur-représentées politiquement dans notre histoire récente à gauche, cette question m’est arrivée aussi. On s’aperçoit assez vite que ce qui semble intéresser beaucoup de supporters de la nouveauté, du progrès et des transformations, c’est moins ces choses-là en elles-mêmes que le fait qu’elles doivent remplacer l’ancien.

          J’ignore par contre si leur motivation vient plus de l’utopie qui miroite devant leurs yeux ou de ces angoisses dont vous parlez, si général à l’être humain. Mais l’important est peut-être d’en avoir conscience au final.

          En tout cas, toutes vos remarques, moins nouvelles dans leur fond que dans leur forme, rarement aussi limpide (merci!!), apportent de l’eau à mon moulin. Je suspecte désormais d’autant plus qu’un des problèmes clefs, c’est moins le but utopique que la façon utopique d’y arriver: la notion implicite de nos jours que les effets des transformations sont instantanées, irréversibles et sans effet secondaire. Qu’il suffit juste de changer la société et faire passer quelques lois pour que “ça marche”.

          Merci encore pour votre commentaire! Je commence bien la journée ^^

    • 4 Septembre 2016 à 9h19

      Pom’ Potes dit

      Je ne me souviens plus bien des mots exacts mais ça donne quelque chose comme ça:

      “Le passé, c’est d’autant mieux qu’on a plus à y vivre”,
      Terry Pratchett

    • 4 Septembre 2016 à 8h04

      bea33 dit

      Effectivement il faut faire preuve de bonne volonté, mais ne pas se sentir le seul à pratiquer.

    • 4 Septembre 2016 à 6h49

      thierryV dit

      Pour ceux qui ont vécu les trente glorieuses (terme effectivement trop appuyé), entendre dire qu’elles étaient laides et ennuyeuses est assez baroque . Encore peut intoxiqué par les digressions d’une civilisation médiatique et laxiste (ennuyeuse et blasée) , il était plus facile d’être heureux.Car il y avait encore un contraste entre l’effort et ce qu’il autorisait de récompense .
      Or chacun le sait , c’est a l’aune de l’effort qu’on mesure le réconfort.Il eut été humiliant , culturellement parlant , d’évoquer un revenu universel . Les loisirs étaient encore simples et intenses et la drogue était encore l’apanage de certaines élites , surtout artistiques.
      On ne saura jamais assez ce que pouvait dégager d’envoutant les façades parisiennes , souvent noircies et ornées de commerces disparus. Ce que pouvait rayonner les bourg perdus et leur cinéma confidentiels posés là comme une invitation au partage . Partage , d’ailleurs qu’il n’était point besoin d’invoquer , tant il était naturel et indispensable.
      Bref on pourrait ainsi décliner à l’infini la mort d’une époque bénie souvent a bien des étages .
      Elle était au contraire si belle qu’elle ne parlait pas d’elle même , elle se vivait.Par opposition a celle d’aujourd’hui qui ne cesse de se regarder le nombril et considère l’avis des autres comme une agression permanente.Le partage étant devenu une injonction et l’argent un but.