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Observons un éthologue

Les trois métaphysiques de Houellebecq

Publié le 24 novembre 2010 à 17:00 dans Culture

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Michel Houellebecq

Michel Houellebecq.

Michel Houellebecq est un triangle de peau humaine. Un triangle de chair. Un triangle de nerfs. Nul hasard à ce que le personnage qui porte ce nom dans La Carte et le territoire finisse découpé en morceaux. Les vibrations de ce triangle sensible résultent d’une tension extrême entre trois pôles métaphysiques contradictoires et à jamais inconciliables : le naturalisme, le romantisme et le christianisme. L’art de Michel Houellebecq trouve sa source dans cet écartèlement.

Le naturalisme refuse de voir dans la métaphysique et l’éthique les deux dimensions cruciales de la condition humaine. Il considère l’homme comme un animal soumis à un strict déterminisme biologique, qui poursuit aveuglément les buts de l’espèce. Si l’oeil de Jed Martin, le héros de La Carte et le territoire, est celui d’un “anthropologue”, l’oeil de Houellebecq est plutôt celui d’un éthologue. Il se plaît à décrire les événements humains comme relevant du registre de simples comportements animaux. Le détachement de l’éthologue est, chez lui, souvent empreint de poésie et d’humour. D’autres fois, cependant, il présente ce dispositif poétique comme un protocole scientifique sérieux, supposé dévoiler une vérité cachée. Il se met à prendre au sérieux le jeu de l’éthologue et aimerait nous convaincre que sa voix s’élève réellement de l’outre-humain. On reconnaîtra là un désir humain. Trop humain…

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  • 28 November 2010 à 19h59

    Benjamin dit

    Merci pour cet article qui met en lumière certains aspects que je n’avais pas décelés, incapable de les exprimer tout le moins, après lecture de plusieurs de ses oeuvres.

    Quand L’Ours sort “de la caverne” c’est pour mieux asséner la vérité…

  • 25 November 2010 à 10h07

    BvB09 dit

    Ce que j´aime dans cet auteur est qu´il me parle alors qu´il m´en dit beaucoup plus que ce que je comprends. Il touche des zones dont il me révèle l´existence mais qui me resteront toujours floues par manque d´intelligence et de temps.
    Très bel article, qui m´a un peu fait avancer.

  • 24 November 2010 à 18h11

    L'Ours dit

    … et si vous arrêtiez de mettre votre plume au bon plaisir des autres afin qu’elle ne serve plus qu’un seul maître, un certain paria timide?

  • 24 November 2010 à 17h47

    maurau dit

    et que faites-vous de la posture? Flaubert ne nous a-t-il pas appris à ne jamais “s’écrire”?