Rire avec Frédéric Chouraki | Causeur

Rire avec Frédéric Chouraki

Un voyage loufoque au coeur de la Beat generation

Auteur

Maya Nahum

Maya Nahum
est auteur.

Publié le 20 novembre 2016 / Politique

Mots-clés : ,

frederic chouraki nuits williamsburg

Frédéric Chouraki, Le Dilettante.

Alors que les romans de la rentrée littéraire ont rivalisé de noirceur – entre crime, suicide, dépression et cannibalisme ! – un livre va à contre-courant de l’ambiance générale : Les nuits de Williamsburg de Fréderic Chouraqui. L’auteur met en scène son avatar, Samuel Goldblum, dandy indolent, écrivain quadragénaire, juif, parisien, homo-mais-pas-que, dans un roman baroque et  hilarant. Tout commence quand Samuel est convoqué par son éditrice qui le vire sans ménagement pour cause d’écriture trop communautariste, à savoir juive et  homo. Elle lui conseille de prendre l’air.

Du Marais à New York

Samuel croise un de ses copains paumé du Marais qui lui annonce qu’il quitte la France. Il va donner une dernière chance à sa vie, s’étant fait embaucher dans un restaurant bio de New York, à Williamsburg exactement. Samuel aussi a pensé partir, se «dépayser» comme dit son éditrice. Mais où? Sur les terres nouvelles d’Australie ou du Canada? En Israël? A New York, pas question.  Il sait trop que New York n ‘est plus ce qu’elle était. La ville s’est embourgeoisée et son « esprit de révolte est en soins palliatifs ». S’ils revenaient, ses héros de papier ne s’y retrouveraient pas. Kerouac, Ginsberg, Burroughs, Cassidy , tous ceux de la Beat Generation.  Une génération audacieuse, libre, révoltée, courageuse. Samuel s’est trompé d’époque, il n’aime rien de la sienne, ce cauchemar climatisé  lisse et soumis.

Williamsburg! Soudain, voilà qu’aux oreilles de Samuel, ce nom s’ouvre comme un sésame.  Et si ce Williamsburg tombé du ciel était cette «terre de lait et de miel, une Nouvelle Sion»? Samuel n ‘a aucune attache, sa vie est une page vide, tout est possible, il décide de suivre son copain. Sans argent, sans logement, sans travail, il part pour Williamsburg. C’est dans ce voyage loufoque que nous entraîne Frédéric Chouraki.

Branchés et loubavitchs

Où l’on découvre d’un côté, un Williamsburg branché, ce « bain de l ‘entre-soi, prescripteur de tendances dupliquées, où fleurissent squats alternatifs et potagers urbains » et d’un autre la communauté juive loubavitch  menée par un rabbin à la Orson Wells et dont la fille, Rebecca,  rousse somptueuse met en pratique avec le beau Samuel les préceptes du Zohar dictant la gloire de l’énergie sexuelle.

Intelligent et cultivé, Les nuits de Williamsburg porte un regard cruel sur notre époque. Mais on rit beaucoup. Car Frédéric Chouraki a le don de passer sans transition du grave au léger, du sacré au profane, comme il excelle à  passer de la fornication la plus débridée à la complexité d’un verset de la Torah. Preuve d’élégance et de talent.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 21 Novembre 2016 à 14h06

      persee dit

       L’écrivain a oublié le autres  ingrédient  indispensable  de notre MODERNITé, juin , homo , ce n’est pas suffisant il faut aussi bipolaire , toxico et serial killer . Et là c’est la totale….

    • 20 Novembre 2016 à 16h26

      steed59 dit

      vous êtes sûr que le type en photo s’appelle bien frédéric chouraqui *?

      • 20 Novembre 2016 à 22h48

        Martini Henry dit

        ??? Il n’a pas de kippa?

        • 20 Novembre 2016 à 23h35

          steed59 dit

          pas le genre à se faire contrôler ses papiers d’identité par un SS

        • 20 Novembre 2016 à 23h42

          Martini Henry dit

          Le genre? Si je ne me trompe pas, les juifs massacrés de l’holocauste étaient en très grande majorité (en totalité?) des juifs askhénazes, qui sont d’origine germanique et chez lesquels les blonds aux yeux bleus étaient très nombreux, non?
          Cela n’a pas empêché les contrôles, ni les trains, ni les chambres à gaz…

      • 21 Novembre 2016 à 3h25

        Bibi dit

        Les juifs massacrés dans la Shoah étaient de tous les”types”, avec et sans Kippah, Ashkenaz et Sepharad.
        Tous originaires du Levant, opprimés en Europe “éclairée” et en “Orient”, AfN française et Bagdad compris.

      • 21 Novembre 2016 à 13h32

        chlomo dit

        oui , c’est lui !!!
        Qu’est-ce qui te déranges encore ou attises ta curiosité Steed ?

        qu’il soit bomec non conforme à l’idée qu’on se fait d’un Juif ou qu’il soit sans sa Magendavid hein ? ou peut-être autre chose ?

        tu peux tout dire !

        ben ouais mon gars tous les feujs ne sont pas des thons .
        tiens , regardes moi , si tu savais toutes les nanas qui me draguent quand je sors et je ne le sais pas même pas : il n’y a qu’ à tendre le bras me dit -on .
        mais je m’en fous , je préfère me balader mon bouc : je lui mets un torchon autour de l’encolure et je lui raconte des histoires , des histoires de boucs bien sûr et il m’ écoute avec ses deux oreilles

        ballot hein ???

        • 24 Novembre 2016 à 13h46

          steed59 dit

          non c’est juste qu’en le regardant je pensais à l’article de Rayski.

      • 21 Novembre 2016 à 14h28

        pardi16 dit

        Ah,faciès quand tu nous tiens!
        Oui,il a les yeux en face des trous et le nez au milieu de la figure.
        L’anthropologue à qui nous avons posé la question sur son appartenance ou non au peuple hébreu est resté muet.