Quand t’es dans le désert rural | Causeur

Quand t’es dans le désert rural

Reportage dans les Ardennes

Auteur

Daoud Boughezala

Daoud Boughezala
est rédacteur en chef de Causeur.

Publié le 27 mai 2016 / Économie Politique Société

Mots-clés : , ,

Les 500 habitants de Novion-Porcien voient avec amertume disparaître leurs derniers services publics. Surfant sur ce sentiment d'abandon, le FN ne cesse d'y progresser malgré l'absence d'immigration.
novion porcien ardennes

Photo : Hannah Assouline.

C’est un petit coin de France tranquille tout droit sorti d’une affiche séguélo-mitterrandienne du siècle dernier. Si l’église de Novion-Porcien, 509 âmes, se dresse impassiblement au milieu du village ardennais, le glas a sonné pour ses derniers services publics. Un poste d’institutrice en moins depuis la rentrée, la caserne de gendarmerie – et probablement le centre technique départemental d’entretien des routes – promis à la fermeture d’ici quelques mois, et voilà tout le bourg en émoi. Au Relais des Ardennes, l’unique café-restaurant de Novion, un vieux quidam rit jaune : « Les fermetures, ça fait trente ans que ça dure. Ça a commencé par les douanes, la perception, puis la poste il y a dix ans. »

Déjà au xixe siècle, le village figurait à la pointe nord de la « diagonale du vide », une bande de territoire aux faibles densités démographiques qui s’étendait de la Meuse aux Ardennes. Après cent cinquante ans d’une modeste industrialisation, le tissu social Novion-Porcien se redésertifie sans que sa population décroisse ni que le relais routier désemplisse. « On sert trente couverts à midi et trente le soir. Au dernier concert qu’on a organisé, il y avait cent spectateurs et on est déjà complet des jours à l’avance pour la Saint-Valentin. Ici, ça ne demande qu’à vivre », me glisse Loïc qui vient de reprendre le Relais des Ardennes avec son épouse Aurore. Le couple de trentenaires représente une lueur d’espoir à Novion, tout comme le jeune boulanger arrivé il y a trois ans. Vue de la capitale, l’affaire peut sembler anecdotique mais depuis des années l’absence de tout commerce local – de bouche ou de vêtements – aggrave l’enclavement du village.

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    publié dans le Magazine Causeur n° 94 - Mai 2016

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    • 29 Mai 2016 à 10h33

      keg dit

      Nul doute, il y en a qui se sucrent au dessert…… rue-râle! Vous comprenez maintenant pourquoi vent debout a le vent en poupe.
      Non nuit debout n’est pas le FN. Il n’est d’aucun extrémisme, excepté celui des petits qui en ont marre de dire amen aux riches. Ils disent maintenant “amène”….. ton oseille

      http://wp.me/p4Im0Q-16W

    • 28 Mai 2016 à 10h09

      thierryV dit

      On est entrain de les repeupler les campagnes . A coup de syriens ayants fuit les combats (males et jeunes). Ca va nous donner des lendemains sacrement tendus .

    • 27 Mai 2016 à 17h29

      Wil dit

      Et dire que la médiacratie nous bassine avec les “quartiers” qui sont soi disant les oubliés de la république.
      Combien de milliards ont été engloutis en pure perte depuis le début des décennies juste pour acheter la paix sociale et des votes?100 milliards d’euros environ.
      https://www.contrepoints.org/2012/10/10/100080-politique-de-la-ville-une-faillite-a-90-milliards-deuros
      Et pendant ce temps là,les campagnes ont elles été réellement laissés à l’abandon.

      • 27 Mai 2016 à 22h06

        Villaterne dit

        Eh oui il paraît que c’est progrès !
        https://youtu.be/RgW_AX8cuqo

      • 28 Mai 2016 à 16h02

        Peter33 dit

        Je ne suis pas certain que les “quartiers” soient les oubliés de la République. Ces quartiers, faut-il le rappeler, font partie de communes, souvent importantes, qui sont dirigées par des élus, habitants le plus souvent la même commune. S’ils ont été oubliés c’est d’abord par ceux qui avaient la charge de s’en occuper mais qui ont préféré investir dans des salles des fêtes, des piscines, des ronds points, des bâtiments administratifs flambants neufs, des stades modernes a l’architecture surréaliste, des hôtels de ville clinquants, etc etc. Les quartiers oubliés de la République c’est la poussière que les communes ont glissés sous le tapis durant des décennies.

        • 28 Mai 2016 à 16h14

          Letchetchene dit

          @Pit

          “La poussière sous le tapis”
          Allez demander à S. ANDRIEUX (députée PS du 7èeme secteur de Marseille) de ce quelle en a fait de l’argent…
          Aujourd’hui elle se promène avec un bracelet électronique à la cheville tout en se pointant à l’Assemblée Nationale…
          Socialiste vendu à l’islamisme radical quand tu les tiens!!!