Première question : mais qui va payer l’électricité ? Trêve de plaisanterie, je voudrais rassurer mes amis de province qui craignaient pour ma vie si les chars soviétiques entraient dans Paris : ces chars n’étaient pas là. Et depuis l’arrivée de François Hollande à la magistrature suprême je tiens à préciser que la Seine coule toujours dans le même sens. C’est d’ailleurs là une observation que vous pouvez vraisemblablement faire avec la Loire, le Rhône et même la Garonne. Bref, en apparence par de révolution. Les conducteurs roulent toujours à droite, la baguette de pain est toujours aussi chère, et dégueulasse, chez mon boulanger vietnamien, et les trains n’arrivent toujours pas à l’heure en gare de la Ciotat.
C’est vrai, mais l’aventure hollandaise ne fait que commencer. Espérons – ce qui serait une merveilleuse occasion de s’amuser – qu’un nouveau vocabulaire aux accents majestueux et patinés de jospinisme se répandra bientôt dans les médias alignés… les expressions « vigilance républicaine », écocitoyenneté, « nouveaux métiers », « de l’ombre à la lumière », « République retrouvée », etc. pourraient bien faire notre bonheur.
Beaucoup d’entre vous ont eu peur que les chars soviétiques entrent dans Paris… certes , je vous comprends, mais songez un instant qu’il y a pire : Claude Serillon pourrait bien récupérer le journal de 20h de France 2, Noel Mamère revenir aux affaires et accéder à la présidence de Radio-France, le mec insupportable qui présente « Des mots de minuit » (c’est à dire 3h du mat’) sur la 2 – émission dans laquelle il y a toujours une chorégraphe engagée à gauche qui parle de psychanalyse et un griot africain de Barbès critiquant Guéant – pourrait prendre la tête de France télévisions… Sans parler même de Bruno Masure qui pourrait relancer un Intervilles des villes socialistes (et apparentées) dans un esprit de « fraternité » et « d’ouverture ». Et Pascale Clark ? Et Laure Adler ? Je sens que des fantômes burlesques vont sortir des placards dans l’audiovisuel public…
Mais la nouvelle du jour, au-delà de ces conjectures effrayantes, est qu’un âge d’or s’ouvre pour une presse devenue d’opposition. Et ce qui se profile : cinq ans de franche rigolade en perspective… Champagne.

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