Décidément, la Sainte Mère de Dieu, qui en a vu d’autres, rassurez-vous, en voit défiler des blets et des pas mûres ces jours-ci dans la nef de son lourd vaisseau de charge comme disait Péguy. Les Femen qui comme Quasimodo pensent sans doute à y élire domicile, après avoir abîmé Marcel le gros bourdon feuilleté d’or, ont récidivé en singeant le suicide de Venner. Suicide qui lui-même était déjà une singerie du sacrifice du Christ.
Un autre jour, il y a quelques années, c’étaient des militants pro-homosexuels excités qui molestaient l’archiprêtre de l’édifice épiscopal. Mais rien parmi tout cela qui vaille la belliqueuse adresse de Michel Mourre, alors jeune homme lettriste à peine évadé du séminaire, déguisé en dominicain et montant en chaire le jour de Pâques 1950 pour prononcer la mort de Dieu. (Comme si on ne le savait pas depuis deux mille ans qu’il était mort. – Et ressuscité. Mais c’est une autre histoire). On a oublié que cette diatribe rebelle constitua l’acte de naissance de l’Internationale lettriste, que Debord changera plus tard en Internationale situationniste. Soyons clairs : en France rien de dada, de branché, de punk et de rock depuis soixante ans qui ne soit né à Notre-Dame de Paris.
Après tout, pourquoi pas ? Notre-Dame, comme son nom l’indique, est à tout le monde. Elle veille sur Paris et ses petits chahuts sociétaux qui durent une saison. Guignol passe, elle demeure.

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