Not in my Eminem
Rock et rap : torture à Guantanamo, top fun à Paris
Publié le 05 janvier 2009 à 7:30 dans Monde
Mots-clés : Musique
Contrairement à ce que prétendent de méchantes langues ici-même, j’aime bien le rock and roll. Certes, vos enfants, neveux et nièces, chers lecteurs, trouveraient certainement mes goûts désuets, mais non, je n’ai pas bloqué sur les Quatre saisons. Je pense néanmoins qu’infliger aux prisonniers de Guantanamo des heures et des heures de hard rock, de soap pop ou de chansons niaises pour enfants-rivés-à-l’écran est une torture particulièrement raffinée, interdite par toutes les conventions signées par les pays de bonne compagnie.
Il faudrait cependant expliquer par quel tour de passe-passe ce qui est une torture pour les présumés coupables de la prison américaine est tenu pour un délice par une bonne partie de la jeunesse d’Occident. Entrez dans n’importe quel magasin de jeans : torture ! Centre commercial : torture ! Tentez votre chance dans un café chic : torture ! Essayez une fête de trentenaires qui écoutent Chantal Goya en couches-culottes : torture ! Un restau branché : torture, vous dis-je. Partout en Occident de malheureux humains sont soumis au même traitement inhumain, dégradant et illégal que celui qui est réservé aux suspects dans une zone de non-droit sous pavillon américain. Et ils en redemandent. Ils payent même pour se rendre dans des lieux dédiés à ces pratiques obscures que l’on appelle boites de nuit. Torture au-delà de l’Atlantique, plaisir en deçà – allez y comprendre quelque chose.
Au moins les terroristes les plus endurcis (à moins qu’il ne s’agisse de leurs frères ou de leurs cousins) ont-ils envie de se suicider après avoir entendu une centaine de fois We will rock you de Queen, White America d’Eminem ou, peut-être pire encore, le générique de Sesame Street, l’équivalent US de L’Île aux enfants. Or, rien de tel dans tous les lieux où, chez nous, on pratique cette terreur à ciel ouvert, au vu et au su de tous ; aucune réaction de panique ou de révolte ne se lit sur les visages de ceux à qui on inflige cette barbarie sonore. On dirait au contraire qu’un étrange syndrome de Stockholm pousse les victimes à adorer, parfois à idolâtrer leurs tortionnaires et à haïr ceux qui tentent de les délivrer de leurs chaines. Faites l’expérience de demander à un restaurateur de baisser ou, si vous êtes d’humeur gore, d’arrêter la musique et vous verrez bientôt se coaliser contre vous tous les clients dont vous venez pourtant d’essayer de sauver le dîner. (J’ai quasiment déclenché une émeute avec Philippe Muray dans un restaurant de Malaucène, dans le Vaucluse, où nous prétendions avoir une conversation entre grandes personnes. Seule une fuite rapide nous a évité le goudron et les plumes.) Ou demandez à un vendeur comment il tient huit heures sous le pilonnage constant de décibels échappés d’une mauvaise chaine hi-fi et vous lirez dans son regard l’effroi du type qui se retrouverait nez à nez avec un homme des cavernes. Lui se demande plutôt comment on peut tenir sans ce cocooning sonore. Le silence est mort.
Il faut se rendre à l’évidence, une mutation de l’espèce a dû se produire pour que ce qui était hier – et est encore pour une part de l’humanité – synonyme d’horreur soit devenu hautement désirable. Il est permis et même conseillé de se révolter contre le saccage des paysages ou l’éradication des langues vernaculaires, mais se rebeller contre la dictature du bruit, c’est se désigner comme survivant promis à une juste disparition. Cela fait des années que mes copains les plus proches affichent un sourire gêné lorsque, vers le mois de juin, j’entonne mon couplet contre la Fête de la musique. Ça lui reprend, elle fait son numéro de Muray appliqué. Une fois par an, qu’est-ce que ça peut te faire ? Serais-je la seule à pleurer de rage après quatre ou cinq heures de boum-boum durant lesquelles il est inutile de songer à lire, réfléchir, deviser… ou écouter de la musique ? Se trouve-t-il vraiment des adultes consentants à la Techno Parade et ses hordes d’adolescents munis de packs de bière ? Je l’avoue, moi ça me fout les jetons, j’ai l’impression que la guerre commence – et accessoirement, ça fait trembler mon ordinateur, au cinquième étage.
Muray rappelait judicieusement que l’oreille n’a pas de paupière. Face au bruit, nous sommes tous désarmés, le prisonnier de Guantanamo et le bobo du Marais. Sauf que le second a choisi de collaborer à sa propre aliénation (je sais, je sais, le premier est autrement aliéné par ses croyances et comportements archaïques) et même de la brandir comme l’étendard d’une liberté nouvellement conquise. La saturation de l’espace sonore, l’invasion de l’intimité par toutes sortes de bruits – dont certains sont qualifiés de musique – auxquels, serait-on en train de mourir sur un lit d’hôpital, il est impossible d’échapper1 –, ne sont pas considérés comme les symptômes d’une insupportable violence mais comme ceux d’un progrès de la civilisation.
Résultat, nous avons le privilège d’observer en live les effets de l’Evolution. En effet, entre l’habitant des vastes rivages encore livrés à l’archaïsme et à l’oppression et l’individu qui peuple nos contrées post-démocratiques, il n’y a pas seulement un ou plusieurs océans mais des siècles. Le type que l’on torture à coups de hard rock est le même que celui qui bat sa femme (ou bien pire), il n’y a pas de hasard. Sur fond de flonflons, c’est un nouvel épisode, vaguement burlesque, de la bagarre entre le vieux monde et le nouveau qui s’est joué à Guantanamo. Pour en apprécier toutes les subtilités, il faut se glisser dans les pas des fonctionnaires zélés qui ont mis au point cette intéressante technique de terreur par la musique, moins salissante que le Taser, en appliquant un principe simple : ce qui fait horreur là-bas fait jouir ici – ou, si vous suivez vous l’avez compris, ce qui faisait horreur hier fait jouir aujourd’hui. Il faut noter que le théorème n’est pas totalement réversible car bien des joies de la vieille humanité (comme la lecture, la contemplation d’œuvres d’art, un disque des Who passé à un volume raisonnable ou le contage de fleurette) sont étrangères à l’homme des cavernes afghanes autant qu’aux spécimens les plus aboutis d’individus post-historiques. (Au fur et à mesure que j’avance dans cet article, je réalise tout ce qu’il doit à ce lâcheur de Muray, merci Philippe, que serais-je sans toi puisqu’on en est aux chansons). En tout cas, si les djihadistes présumés avaient pris la peine de lire la lettre que Muray leur a adressée après le 11 septembre, ils auraient pu deviner à quoi s’attendre2. Sa conclusion était sans appel. “Nous vaincrons. Parce que nous sommes les plus morts.” Et les plus sourds ?
Essayons de suivre le raisonnement de nos raffinés musicologues. Le programme de rééducation auditif appliqué à Guantanamo repose d’abord sur le volume (le plus élevé possible) et la répétition (infinie) des mêmes airs, au point que n’importe quel chef d’œuvre devient du bruit alors je vous laisse imaginer pour la daube de fabrication courante. Nous avons les moyens de vous obséder. Un entrepreneur qui a passé trois mois dans cet enfer tropical – une regrettable erreur, semble-t-il – a parlé à Associated Press du tabassage sonore qu’il a subi. “Vous n’êtes plus vous-même. Vous ne pouvez plus formuler vos propres pensées dans un tel environnement”, a-t-il notamment déclaré. Voilà qui nous éclaire a contrario sur nos contemporains et concitoyens. Ce qui rend le bruit si désirable, c’est qu’il rend incapable de penser – donc dispense d’avoir à le faire. À quoi il faut ajouter qu’il délivre les humains des délicieuses complications et embûches de la conversation.
Dans ces conditions, les réactions des artistes dont les œuvres figurent dans l’immortelle playlist de Guantanamo (appelée à un avenir aussi flamboyant que celle de Marc Cohen) sont particulièrement hilarantes. Ce n’est pas de gaieté de cœur mais vous pouvez allez les entendre sur backchich, ils ont fait le boulot. Les uns sont furieux, comme Trent Reznor, de Nine Inch Nails dont j’apprends à l’instant l’existence en même temps que l’indignation : “Il m’est difficile d’imaginer quoi que ce soit de plus profondément insultant, dégradant et rageant que d’apprendre que la musique que l’on a créée avec toute son âme est utilisée à des fins de torture”, déclare-t-il sur son site. Pas en mon nom, pas ça, pas moi. Certains, dont Massive Attack et Audioslave (dont je suis en mesure de vous annoncer qu’il – ou elle ? – “entame une carrière solo”) participent à la campagne zéro décibel www.zerodb.org lancée par l’organisation britannique Reprieve et l’Union des musiciens, mais ça n’a pas l’air de se bousculer au portillon. Selon AP, d’autres, l’engagement chevillé au corps, se demandent s’ils pourraient réclamer des droits d’auteurs au Pentagone. “Bien sûr que c’est une torture d’écouter Metallica 24 heures sur 24, dit le chanteur du groupe James Hetfield avec un rire niais, mais une part de moi est fière que cette musique ait été choisie, cela veut dire qu’elle est puissante, forte et qu’elle représente pour les détenus quelque chose d’insupportable, la liberté sans doute. Cela dit, attention, la musique et la politique n’ont rien à voir : la politique divise et, nous, nous voulons unir les gens.” Philosophe, avec ça le chanteur. Sans le savoir, il met dans le mille : le rock (ou ce qui en tient lieu) est une proposition qu’on ne peut pas refuser, la communion universelle et obligatoire. Alors, sans doute les détenus de Guantanamo (en tout cas, ceux qui y sont pour quelque chose) n’aiment-ils pas la démocratie et la liberté, ces conquêtes admirables qu’ils devraient nous envier, mais peut-être refusent-ils aussi de plonger dans le grand bain œcuménique que l’on nous promet pour avenir. Pour l’instant. Ils y viendront. Ils en redemanderont eux aussi du Metallica ou même du Britney Spears. Car s’il faut d’abord terrifier, le but final est de séduire.
Là où les joyeux drilles qui ont pondu cette brillante méthode pédagogique ont vraiment fait fort, c’est avec ce qu’on pourrait appeler la torture par l’infantilisation, une application originale et prometteuse du théorème déjà évoqué – bonheur ici, horreur là-bas. Puisque l’enfance est l’état auquel aspirent les populations d’Occident, ils font le pari que l’infantilisation brisera les plus durs à cuire plus sûrement encore que n’importe quelle musique du genre à donner envie d’envahir la Pologne. Oui, nous voulons que ces maudits barbus qui nous pompent l’air avec leur dieu guerrier, laissent les petites filles aller à l’école, les grandes porter des mini-jupes, et, pour reprendre l’expression fleurie de mon ami Marc Cohen, les garçons de même sexe s’enculer tranquillement, et nous avons bien raison de le vouloir. Mais ce que nous voulons encore plus, c’est qu’ils nous laissent retomber en enfance dans le monde disneylandisé que nous édifions patiemment, et même qu’ils nous rejoignent dans notre Île aux Enfants. Christopher Cerf, l’auteur des chansons de Sesame Street, d’insupportables comptines ânonnées par des marmots à la voix nasillarde dans lesquelles il est question de familles modèles avec réfrigérateur géant et barbecue du samedi, s’est dit horrifié d’apprendre que certaines faisaient partie du programme de rééducation proposé aux hôtes de l’armée US. Il a bien tort. On ne saurait imaginer meilleure arme de destruction massive que ces tartines gluantes d’amour et d’enfance. Il faudra un jour dire ce que la paix mondiale doit au satellite qui a permis d’arroser chaque foyer, jusque dans les coins les plus reculés de la planète et de l’Histoire, de toutes les kitcheries sentimentales, de toutes les fadaises sirupeuses et musicales inventées par l’industrie du divertissement. La rue arabe manifeste son soutien à Ben Laden (ou au Hamas ou au Hezbollah ) mais après avoir proclamé sa juste haine de l’Occident, on rentre à la maison – la Star’Ac, une soupe et au lit. Allez faire la guerre des civilisations avec des gens qui regardent Amour gloire et beauté.
Certes, il y aura toujours des mauvais coucheurs qui, après une semaine de Chantal Goya, persisteront dans l’archaïsme et dans l’adultisme. On imagine que certains prisonniers de Guantanamo vouent à l’Occident et à son désir d’enfance une haine plus féroce encore que celle qu’ils éprouvaient à leur arrivée. L’islamisme terroriste n’est peut-être pas soluble dans la démocratie, mais il ne résistera pas à l’infantilisation du monde. Et “le pays joyeux des enfants heureux, des monstres gentils” vaut tous les paradis. Même – et peut-être surtout- peuplé de vierges.
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L'auteur
Elisabeth Lévy est journaliste et essayiste.
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Antoninus Lucretius dit
Je m’excuse par avance d’avoir à pousser un long cri de haine, mais les cris de haine, il vaut mieux les laisser sortir, sinon on risque l’ulcère perforant.
Je voudrais donc rebondir –on dit comme ça, maintenant, rebondir– sur le cri de haine d’Elisabeth au sujet de la musique dans les restaus.
S’il n’y avait que la musique…
Il y a aussi les bébés. Spécialement le dimanche.
Et vous êtes là, tranquillement dans votre brasserie favorite, a finir votre Roquefort beurre en écoutant le brouhaha spécifique aux brasseries parisiennes. Une musique en soi, si on tend l’oreille pour en saisir toutes les finesses.
Et soudain, du fond d’une poussette en plastique a huit roues, freins a disque, airbag et ceinture de sécurité, jaillit la longue plainte de la sirène d’alerte.
Pour des raisons tout à fait indéchiffrables pour les non-parents, le charmant bambin, ou bambine arrimé au fond de la poussette en plastique, se met à hurler comme un Stuka en phase finale..
Au debut, l’assistance tente d’ignorer l’agression sonore. Malheureusement les parents font de même, histoire probablement de nous faire apprécier les vocalises du pett trésor.
Et puis au bout d’un moment relativement long, surtout avec les hurlements, la maman se décide à prendre le petit chéri dans ses bras câlins et à sortir avec la ferme idée de le balancer dans le caniveau. Mais elle se retient car c’est une mère.
Il était temps d’ailleurs, parce que le père laissait apparaître un certain état de stress, révélé par un léger spasme de la lèvre supérieure.
On ne chantera jamais assez le martyre des pères, le dimanche, avec le moutard au restau. Je n’arrive pas à croire qu’il y en a qui aiment ça.
Et alors c’est toujours le dimanche, quand le restau est rempli de gens qui aimerait bien bouffer tranquilles qu’il la sortent, leur merveille. La semaine on ne l’entend pas mais le dimanche, on n’y coupe pas des vagissements.
Dans une brasserie à 30 euros minimum le déjeûner si on reste modeste sur le pinard. Il vont craquer 70 euros pour briffer et ils n’ont pas les moyens de se payer une baby sitter?
Ou alors peut être s’agit-il de leur plaisir du dimanche. Au lieu d’aller au cinema, ils emmenent le gamin au restaurant et ils attendent qu’il hurle pour bien enquiquiner tout le monde.
Ca ce serait déjà vu….
FélixRenédeSessandre dit
J’ai consulté la playlist Guantanamo et j’ai constaté avec soulagement que Macarena n’y figurait pas. Là, il y aurait crime contre l’humanité.
Ludovic Lefebvre dit
C’est malin, cette musique, je ne l’entendais plus, n’y pensais plus, perdu dans les limbes de la réflexion, rêvant aux eaux du Stix ou du Jourdan, dormant éveillé au pied du mont Cronion, organisant la grande bataille de France qui me couvrira d’honneur. Heureux comme un imbécile, serein comme un sourd l’ayant demandé, coi comme un auvergnat dans son bistrot, ne sortant du brouillard que par l’illumination du sourire d’une jolie femme ou d’un agréable paysage. Hélas Lady Lévy vint avec son article et mon faible mental se fixe à nouveau sur le vacarme, la musique diffuse, le film bienvenu chez les ch’ti qui passe en boucle par petit extrait dans les postes, l’affreuse playlist de Marc Cohen.
ramon mercader dit
@ cornelius
un seul passage de quignard me hante depuis plus de 20ans ,dans “les escaliers de chambord” : “il suffoquait,il en geignait de bonheur ” ,vite,vite ,j’ai relu les lignes précédentes ,espérant trouver une allusion équivoque ,une description d’un acte inavouable à tenter de mettre en pratique…….rien.
ce jour là ,j’ai été convaincu que la censure existait,en tout cas pour ce passage particulier ,car bon sang,si quelqu’un “geint de bonheur” ,ça doit être fort ,non ?
j’ai même caressé (ha,ha,allez vous dire !) l’idée d’écrire à l’auteur.
@ robert marchenoir
hé bien ,non !
la vie conjugale est ainsi faite que même aux chiches……
terrible……
@ elisabetth levy
sur la chronique d’à coté ,marc cohen avoue tout uniment qu’il se décervelle en se passant en boucle certains condensés de bruit/hurlement/…… voilà qui ferait rire muray et camus confondus.
un peu comme la phrase célèbre “et ce mourant votant la mort fit rire danton”
on pourrait écrire “et ce sourdingue s’assourdissant encore fit rire …….”
candide dit
JPK aurait préféré ,sans aucun doute ,cette torture musicale à celle que lui ont réservée les pourris de polynésie .
Ces pourris sont touj.en liberté …..
(à l’att .de Marc Cohen …mon pari tient tplus que jamais /
Robert Marchenoir dit
Ramon: c’est votre cas, cigare compris? Il est vrai que de mauvaises langues diront: autant cantonner toutes les mauvaises odeurs au même endroit.
Antoninus: un professeur, ayant fait un petit sondage dans sa classe concernant le nombre de postes de télévision à la maison, a obtenu des résultats stupéfiants. Genre: 5 ou 6 télés par foyer. Il a donc demandé à ses élèves où diable leurs parents les fourraient. Réponse de l’un d’eux: on en a deux à la cuisine. Pourquoi deux? Parce que quand papa et maman préparent le dîner, il faut bien que chacun puisse suivre son programme préféré.
Mais à part ça, il y a des problèmes de pouvoir d’achat.
Antoninus Lucretius dit
Tiens.. J’ai trouvé ça.
Pour consoler Elisabeth de Eminem et de la fête de la muuuusik, comme dit Gerra..
A écouter fort.
http://fr.youtube.com/watch?v=Xat4SU_AoE8&feature=related
Antoninus Lucretius dit
@Marchenoir:
Récemment vu dans une petite annonce immobilière: “appartement trois pièces.. etc.. cuisine équipée (plaques vitro, frigo, télévision)…”
Télévision.
C’est des trucs à se brûler, ça..
ramon mercader dit
@ elisabeth levy
on a encore des moyens plus subtils de torturer ,outre le bruit ou le silence ,confronter les prisonniers à une crapule qui,une fois les prisonniers libérés ,sera bien visible dans l’espace médiatique et universitaire.
une crapule contre laquelle toutes les demandes d’explication rebondiront.
une crapule soutenue par ses pairs ,universitaires .
ne me dites pas que vous ignorez de qui je veux parler ?
jamais entendu causer d’alphonse boudarel?
jamais entendu parler de l’indochine?
c’est pourtant le cas
@ robert marchenoir
dans un de ses romans(“les nouvelles confessions”) william boyd met en scène un certain j j todd ,cinéaste écossais qui a LA révélation en lisant “les confessions “de rousseau ,dans le courant du livre on rencontre ,entre autres ,un homosexuel berlinois qui professe que pour l’homme ,le seul bon moment de la journée c’est en lisant le journal ,un cigare au bec sur les chiottes (j’avoue que c’est parfois aussi mon cas).
le journal peut il être considéré comme un flux continu d’information?
peut être pas en fait,on peut toujours faire un trou dans la page avec le pied du cigare.
@ expat
ne partez pas ,voyons !
on est là ,on vous écoute ,on vous apprécie ,restez !
Baudricourt dit
Leaule ! Essayez une fête de mamies et papis qui écoutent Dick Rivers également en couches-culottes !
Bob dit
Dire que j’ai lu cette article en écoutant les Rolling Stones, The Monkees et Pink Floyd…
Un peu de Murray Head ensuite ? Ou Cécilia Bartoli à 90db ?
cornelius dit
Bon, google me dit que Schopenauer l’a peut-être écrit avant. Il est encore possible qu’il ne fut pas le premier.
cornelius dit
“Muray rappelait judicieusement que l’oreille n’a pas de paupière”
Pourquoi ne pas donner directement la source de cette phrase : Pascal Quignard, in La haine de la musique. Plus exactement : “les oreilles n’ont pas de paupières”.
Faites pas semblant, je suis sûr que vous l’avez lu.
mateo1452 dit
pourquoi torture chez les trentenaires qui ecoutent Chantal Goya? moi je dis pas du tout!!! Y en faut pour tout les gouts, et ne croyez pas que vos gouts musicaux sont universels, y en faut pour tout les gouts, et sachez que dans nos fetes vous n’y etes pas invitée! NA!
Robert Marchenoir dit
Expat, à votre service.
expat dit
@ peppush – je ne parlerais pas de Guantanamo car je ne suis pas une spécialiste – mais en musique, apparemment vous commencez à faire vos choix, pour moi c’est le plus important – être sélectif, écouter, trouver le mieux.
@Antoninus Lucretius – rien à dire comme d’habitude, vos commentaires sont toujours un régale.
@Robert Marchenoir : idem.
Tous ce que je peux dire est que depuis quelques jours je m’épuise ici, je me suis fachées ici, et heureusement il y a des gens avec un peu de sensibilité et beaucoup d’intélligence. vous voyez, peppush, vous pouvez être contre Guantanamo etc. mais au moins vous réfléchissez ! quelle bonheur ! Et continuez à vous éclater avec de la musique, rien de mieux.
Peppush dit
merci Dom pour votre réponse
bien à vous
Ludovic Lefebvre dit
Pas fan, non plus, de ce tintamarre. J’avais fais rire madame Bilger, la femme de l’avocat général, un jour en décrivant avec agacement une journée de fête de la musique : les rastas blonds en pyjama qui frappent sur des tonneaux en fer, l’enfer des karaokés d’étudiantes, la conjugaison insupportable dans la même rue du jazz, de la musique classique et du rock, les titis d’opérette à la ritournelle habillée de la sempiternelle casquette de Gavroche, la World music au accents aigus.
Adolescent, j’aimais, bien sûr, le rock et le punk, j’avais même les uniformes marginaux (oxymore), mais j’avoue qu’aujourd’hui l’idée qu’on puisse aduler un mec qui raconte toujours la même chose sur scène et se promène avec un bout de bois sous le bras me laisse perplexe.
Mon seul vice musical consiste à écouter de l’opéra seul et très fort en me baladant en voiture la nuit sur des routes forestières ou montagneuses et je n’ose raconter les délires démagogiques que cela m’engendre, c’est un contact avec le grandiose que je ne sais me procurer autrement; n’ayant la chance d’être maniaco-dépressif, il me faut quelques outils pour “perdre la raison”.
Ces gens sont énervants, loin de moi l’idée d’échapper à la règle surtout depuis que Didier Goux m’a refilé le virus d’aller martyriser les bobos tous artistes sur leur blog plat et pontifiant, mais au moins, je le fais consciemment !