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Non au passeport à points !

Sarkozy a parlé presque vrai. Il a tout faux

Publié le 02 août 2010 à 9:58 dans Politique

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Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy.

Ça démarrait pas mal. « Les forces de l’ordre ont fait leur travail ». « Si on ne veut pas d’ennuis avec la police, on ne tire pas sur la police ». « La délinquance ne provient pas d’un mal-être mais d’un mépris pour les valeurs fondamentales de la société. » Le président parlait clair. Il est vrai que l’effet du verbe s’use et qu’on aimerait un peu moins de discours et un peu plus d’action. Ce discours-là, pourtant, s’imposait. Avec les affrontements de La Villeneuve, avec les menaces proférées contre les hommes de la BAC, quelque chose a changé et beaucoup de gens le sentent. Qu’un voyou tire sur un flic est déjà inquiétant. Quand une partie de son quartier, sous l’emprise de la peur ou du ressentiment, fait bloc autour de lui, quand la loi du groupe l’emporte sur celle de la République, ce n’est plus seulement la sécurité des individus qui est menacée, mais celle de la société en tant que telle. Seulement, il est bien plus gratifiant de dénoncer en chœur « l’obsession sécuritaire » de Sarkozy que de se demander pourquoi elle est si largement partagée.

Le président, bien sûr, en a un peu trop fait, allant jusqu’à vanter son bilan depuis 2002. Que personne n’ait de recette miraculeuse, d’accord, mais il n’y a pas de quoi pavoiser. Dans le registre « l’Etat mènera une guerre sans merci contre le crime et les criminels », les résultats devraient inciter à une certaine sobriété. Et puis, il y a cette énervante obsession du chiffre. « J’ai demandé au ministre de l’Intérieur d’arriver à un taux de 40 % de coupables arrêtés ». Et une fois l’objectif atteint, on lance un tournoi de belote dans les commissariats ?

Quoi qu’il en soit, le président devait parler. Et il avait l’occasion de parler vrai. Le bon peuple n’a pas besoin de coups de menton ni de contes pour enfants, il veut, a minima, qu’on reconnaisse qu’il vit ce qu’il vit. Quand le réel est l’objet d’une entreprise permanente de recouvrement, nommer les choses, c’est déjà agir. Mais mal les nommer, comme le disait, me semble-t-il, Albert Camus, « c’est ajouter au malheur du monde ».

On attendait donc que Nicolas Sarkozy dise les choses comme elles sont. Et à la dix-septième minute, la faute inexcusable. Une énormité qui se drape dans la dignité d’une vérité-difficile-à-affronter. Laisser entendre qu’on pourrait déchoir de leur nationalité française les « Français d’origine étrangère » qui auraient porté atteinte à la vie des forces de l’ordre est moralement déplorable et politiquement irresponsable. D’abord, c’est faux. Dans la vraie vie, on sait à peu près si on est « d’origine étrangère » ou « de souche » – encore qu’on ne sait pas à quel moment et comment on passe de l’un à l’autre et tout notre problème est là. La loi de la République connaît elle, des Français et des étrangers, mais elle ne sait pas ce qu’est un « Français d’origine étrangère ». Et elle n’a pas à le savoir. L’égalité devant la loi est l’un des piliers de notre identité nationale contemporaine. Et le président en est le garant. Quelqu’un qui tire sur un flic doit être jugé et sanctionné. Sévèrement. Mais un Etat de droit ne peut se débarrasser de ses citoyens, aussi déplaisants soient-ils.

Quand on est français, c’est pour toujours

On ne naît pas forcément français, on peut le devenir. Mais quand on l’est, sauf exception rarissime, c’est pour toujours – qu’on aime la France ou qu’on la déteste, qu’on soit délinquant ou bonne sœur, amateur de parties fines ou de femmes en burqas. Il n’y aura pas de passeport à points et Sarkozy le sait. Il peut dénoncer cinquante ans de politique migratoire incontrôlée – inspirée par de raisonnables préoccupations économiques puis par de légitimes considérations humanitaires –qui ont abouti à la faillite de l’intégration (où est-il allé pêcher que nous étions fiers de notre système d’intégration ?). On ne reviendra pas en arrière. Comme le disait il y a vingt ans Christian Jelen, un sociologue aujourd’hui disparu, nous n’avons pas d’autre choix que d’en faire « de bons Français ».

Le pire est que le président a ainsi donné à tous ses adversaires une excellente raison pour se pincer le nez et refuser avec la dernière énergie d’examiner les pistes proposées, toutes marquées du sceau de l’infamie. Or, si la nationalité française ne se reprend pas, il devrait être permis de réviser les conditions dans lesquelles on l’octroie. Ou en tout cas d’en discuter. De même qu’il devrait être possible de revoir un système d’allocations dont tous les praticiens savent qu’il favorise une immigration illégale d’assistance qui pénalise au premier chef les immigrés légaux et les Français d’origine étrangère. On pourrait parfaitement envisager de rétablir la « double-peine » (abolie par Sarkozy quand il nous la jouait « de gauche ») et d’expulser les étrangers condamnés pour crime grave à l’issue de leur peine. La France n’a pas à accueillir toute la violence du monde. Mais de tout cela, évidemment, il ne sera pas question, sinon sous la forme d’un festival d’invectives dans lequel chacun prendra la pose supposée plaire à son électorat.

Chacun joue sa partition, la gauche poussant les hauts cris attendus. Quant à mes excellents confrères, ils se contentent de répéter avec des airs outrés ou entendus que le président s’adresse aux électeurs du Front national. Je l’avoue, ça ne me gêne pas qu’on parle aux électeurs frontistes, ce qui me gêne, c’est plutôt qu’on ne leur parle pas. Devrait-on les déchoir de leur nationalité pour vote non-conforme ? Les envoyer sur la planète Mars ? Oui il faut les entendre et leur parler. Mais il est indigne de leur dire n’importe quoi.

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  • 6 August 2010 à 10h44

    Candide888 dit

    Euh…excusez moi ,j’aurais voulu écrire “on revisite le complexe d’Hortefeux …
    Mais la modération veille …

    Alors, restons sur ce bon vieux sujet Œdipien ,concept théorisé par Sigmund.

  • 6 August 2010 à 9h47

    Bonnie dit

    Sur l’insécurité on confond souvent “être dur avec les criminels” et “être dur avec le crime”. Pour beacoup les deux vont ensemble (“tough on crime” disent les Américains). En réalité un regard sur l’histoire et la géographie montre que les société les plus dures envers les criminels sont souvent plus violentes que celles qui ont renoncé aux châtiments les plus durs au profit d’une approche plus préventive (tout en pénalisant évidemment les coupables quand ils sont jugés tels). Comparez la Russie avec la Suède, les Etats-Unis avec la Norvège. La France d’Ancien Régime ou les châtments étaient spectaculaires et l’insécurité totale et celle d’aujourd’hui. De même on sait très bien que ce n’est pas dans les familles où les parents sont les plus durs (une bonne baffe de temps en temps) que les enfants sont les plus sages.
    Reste que malgré l’absence de résultats de la politique “dure”, celle-ci aura toujours une longueur d’avance rhétorique. qui n’a envie de voir un criminel ou un délinquant punit au plus vite, même si cela n’amène aucun résultat sur le long terme?

  • 6 August 2010 à 9h37

    Candide888 dit

    Attaica nous dit le2-08/10H15
    […]Ensuite, je pense qu’interdire la double nationnalité serait quelque chose de bien.« vous êtes Franco-Algérien? Choisissez votre nationnalité! »….

    Autrement dit choix restreint :celle du pére ou de la mére !

    […] Parce que qu’est-ce que veut dire avoir une double nationnalité?

    La guerre , la misére et la persécution t’obligent à fuir le berceau de ta naissance ,tu te réfugies en France ,tu réclames asile et protection ,tu t’intégres après l’obtention de diplômes ,tu demandes le statut national Français tout en ne reniant pas ton pays d’origine ,mais tu as oublié tes parents que tu n’a jamais revus.

    […] En cas de guerre entre les deux nations, que fera-t-on?

    Forcément ,le hasard aidant et s’appliquant à tout compliquer ,c’est contre ceux que tu as quittés et donc tu tues ton pére ,tu épouses ta mére et on revisite le complexe d’oedipe vu par Nicolas 1ER!

    Maintenant tu comprends mieux le probléme à résoudre .
    °~°

  • 6 August 2010 à 9h36

    Candide888 dit

    Attaica nous dit le2-08/10H15
    [...]Ensuite, je pense qu’interdire la double nationnalité serait quelque chose de bien.« vous êtes Franco-Algérien? Choisissez votre nationnalité! »….

    Autrement dit choix restreint :celle du pére ou de la mére !

    [...] Parce que qu’est-ce que veut dire avoir une double nationnalité?

    La guerre , la misére et la persécution t’obligent à fuir le berceau de ta naissance ,tu te réfugies en France ,tu réclames asile et protection ,tu t’intégres après l’obtention de diplômes ,tu demandes le statut national Français tout en ne reniant pas ton pays d’origine mais tu as oublié tes parents que tu n’a jamais revus.

    [...] En cas de guerre entre les deux nations, que fera-t-on?

    Forcément ,le hasard aidant et s’appliquant à tout compliquer ,c’est contre ceux que tu as quittés et donc tu tues ton pére ,tu épouses ta mére et on revisite le complexe d’oedipe vu par Nicolas 1ER!

    Maintenant, tu comprends mieux le probléme à résoudre .

  • 5 August 2010 à 19h53

    Candide888 dit

    Humm…Grandgil votre 18H33 me laisse qlqe peu perplexe lorsque vous comparez St François à St augustin .
    Le plus ancien d’abord dont la famille est assez pauvre alors que notre St François est à l’aise ,non?
    St Augustin découvre la philosophie ,la théologie et s’engage véritablement dans la foi vers 32/33 ans .
    François est religieux dès sa naissance et ensuite il y a quasiment 1 millénaire qui sépare les deux vies!
    C’est vrai que St François se retrouve à poil car il doit réparer une ânerie qu’il a commise alors que St Augustin est d’autant plus imprégné de la foi qu’il a souffert pour y parvenir .
    Petite confusion de votre part je présume .
    Pour moi St François est un saint parmi d’autres alors qu’Augustin est LA référence!

  • 5 August 2010 à 19h49

    Altaica dit

    (…)

    après, ce n’est pas une critique. L’Homme a besoin de comprendre ce qu’il voit, entends, entends parler, etc…

    Par exemple, l’hypnose, j’ai du mal à y croire. Des personnes sont hypnotisées, je me dis “il y a un truc”, et je cherche à savoir quoi.
    Peut être qu’en fait il n’y a rien, et les esprits sont capable de se transmettre de l’un à l’autre, mais j’ai du mal à le croire.
    Mais je serais plus rassuré si un maître hypnotiseur m’expliquait son truc.

    Alors je comprends que les athées me demande de leur expliquer mon truc.

  • 5 August 2010 à 19h46

    Altaica dit

    @Sophie

    je n’ai pas dit qu’ils étaient blessant, cuistre, agressif ou quoi que ce soit, je dis juste qu’à chaque fois que je discute avec des amis, et qu’il y a des choses que je ne peux qu’expliquer avec Dieu, ils le refusent. C’est normal, ils ne croient pas en Lui.

    Par exemple, la Charité est de Dieu, Dieu est Amour. C’est là dessus que je me base pour essayer d’être le meilleur homme qui soit.
    Une femme a un besoin, je vais l’aider. Elle me sourit, c’est une récompense en plus. Elle ne le fait pas, j’aurai redonné à Dieu un peu de mon temps, puisque je l’aurai fait par Charité.

    Sauf que si je raconte ça, les gens vont me dire: “non, Dieu n’existe pas, tu le fais pour autre chose”.
    Et en effet, en cherchant bien, on peut trouver plein de raison à faire ce que je fais: par orgueil, pour pouvoir m’imaginer que les gens penseront du bien de moi, par désir de réciprocité: je le fais, j’espère bien qu’on me le fera… Bref, plein de raison.

    Et mes amis athées me traiteront, ou penseront que je suis un intégriste irréfléchi, qui se contente d’une raison inexistante pour résoudre des problème auquel il ne veut pas réfléchir, si je leur répond ça.

    Pour éviter ce regard désobligeant, je suis bien obligé d’essayer de traduire de façon scientifique ou du moins humaine mes sentiments et ma foi.

  • 5 August 2010 à 19h37

    Altaica dit

    la chasteté, c’est ne faire l’Amour qu’avec sa femme, d’une part, le faire avec l’autre, d’autre part (en gros, ne pas utiliser l’autre) d’autre part, et sans refuser la venue de la vie qui peut en découler pour finir.

    ça ne veut pas dire ne pas faire l’Amour, ni ne faire que la position du missionnaire ni ne pas chercher à limiter les naissances, contrairement à ce que beaucoup pensent.

    La chasteté, c’est beau, ce n’est pas terne. Les personnes qui prônent ça sont souvent habillés de façon moins aguichante que les autres, parce qu’ils ne cherchent pas à éveiller l’appétit sexuel qui, entre nous, n’a pas besoin de toutes façons d’aide pour être éveillé.

    Je prône ça sans être particulièrement moche: un peu bûcheron, peut être, mais ça ne m’a pas empêché de séduire la femme que j’aime, ni même de… ne pas être chaste avec elle…

    C’est donc en connaissance de cause que je peut parler de tous les problèmes que provoquent le manque de chasteté. Et je la prône, parce que je pense qu’elle serait meilleure. Si tu as vécu chastement et le regrette, j’aimerais que tu me dises pourquoi. Je n’ai encore jamais rencontré de personnes qui avaient regretté leur chaste sexualité…

  • 5 August 2010 à 19h32

    Candide888 dit

    Oui ,Grandgil mais ce ne sont pas les plus belles qui le font le mieux !

    Souvent il y a compensation et là ,mon ami ,c’est la découverte de votre vie :l’extase absolue!

  • 5 August 2010 à 18h47

    Grandgil dit

    On peut être athée veux-je dire

  • 5 August 2010 à 18h34

    Grandgil dit

    à Sophie, On peut être chrétien et être beaucoup plus charitable même que beaucoup de chrétiens qui prétendent avoir la foi, cela arrive aussi.

  • 5 August 2010 à 18h33

    Grandgil dit

    à Altaica,
    Une chose qui me surprend toujours, les filles, ou les types, qui prônent la chasteté avec beaucoup d’ardeur sont souvent aussi les plus moches.
    C’est une vision spiritualiste de la chasteté et de la sexualité, sans que l’homme et la femme ne fassent l’amour, et un couple qui fait l’amour, c’est beau, c’est une prière quand ceux-ci atteignant l’agapé, et cette conception spiritualiste rejette finalement ce qu’il y a d’humain en nous.
    Tu devrais lie “Sous le soleil de Satan” de Bernanos, il y parle d’une “nymphomane professionnelle” plus proche de Dieu que les autres femmes.
    à Candide,
    Saint Augustin ? Vous avez bien raison. Il faut se rappeler ce qu’il vivait avant, comme François d’Assise d’ailleurs.

  • 5 August 2010 à 18h04

    Candide888 dit

    Si on me donnait à choisir entre les deux ouvrages suivants:la bible ou les confessions de St Augustin .
    Oui ,je le confesse…oui Grandgil …je choisirais le second ,c’est un beau voyage!

  • 5 August 2010 à 17h53

    Sophie dit

    Nous, les athées. Il y a des gens bornés dans toutes les catégories de personnes. Je suis athée et j’ai défendu l’église avec opiniâtreté sur le fil Pie XII, les Causeurs peuvent en témoigner.

    On peut est athée et respecter, parfois mieux que maints chrétiens, l’héritage somptueux que la chrétienté nous a laissé, entre autres dans le domaine de la pensée.

    Bien sûr, il y a des athées bornés, blessants, cuistres et stupides. Mais ayant été élevée par les bonnes soeurs, je peux vous dire que la connerie et la suffisance sont des denrées bien partagées.

    Chrétiennement partagée! ;-)

  • 5 August 2010 à 17h10

    expat dit

    @Candide : “Sur une carte de voeux ,pieuse,je lui ai écrit ces qlqs mots »Dieu c’est ton coeur ,fais lui confiance !”
    Touché pour ça ! C’est très bien dit merci.

  • 5 August 2010 à 16h21

    Altaica dit

    avoir la foi, c’est sentir qu’on n’est pas que rouage mécaniques.
    Alors oui, on peut avoir la foi sans la religion, et heureusement!
    Mais ce n’est pas la voie la plus facile pour faire grandir cette foi.

  • 5 August 2010 à 16h15

    Candide888 dit

    Avoir la foi ?Avez vous la foi ?
    Mais nous l’avons tous en nous .Maintenant il s’agit de définir la foi et ce qu’elle représente pour chacun d’entre nous !
    Une de mes petites filles a fait sa communion -12 ans- c’est sa démarche ,sa volonté et a suivi la voie tracée par son frére l’an passé .
    Sur une carte de voeux ,pieuse,je lui ai écrit ces qlqs mots”Dieu c’est ton coeur ,fais lui confiance !
    La foi peut se traduire de mille et une façons ,une volonté ,une croyance quelconque en soi surtout mais en l’humanité plus largement .
    Il ne faut pas désespérer de l’homme et surtout ne pas forcément rattacher la foi à la religion de façon systématique .

  • 5 August 2010 à 16h07

    Altaica dit

    @sophie:

    nous, ceux qui pensent avoir la foi, ou nous, les athées?

  • 5 August 2010 à 16h05

    Sophie dit

    @ Altaïca

    “C’est vrai que beaucoup, moi en premier, sont tentés de séparer foi et réflexion pour parler aux athées. Sinon ils se font traiter de tous les noms. ”

    Vous seriez gentil de ne pas nous mettre tous dans le même sac.

  • 5 August 2010 à 15h44

    Candide888 dit

    Là chére Attaica , c’est mal me connaître car mon fil conducteur ou ma devise c’est “tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir ”
    N’abandonne jamais !