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Gaza : ma réponse à David Abiker

Publié le 14 janvier 2009 à 11:10 dans Monde

Un “collectif des perplexes” ? Je ne sais pas. Des “types déterminés dans le doute, l’hésitation, le désarroi et l’incertitude” ? On n’en manque pas. Des “gens un peu tièdes, légèrement timorés, juste un poil raisonnables” ? Il y a foule, cher David Abiker, et ça ne date pas d’hier. Pas besoin de remonter loin dans l’histoire pour se souvenir que de Budapest au Cambodge en passant par le Biafra, l’Occident des “tièdes” et des “timorés” ne s’est pas toujours couvert de gloire en optant pour la neutralité. Plus récemment, les gouvernements européens qui n’ont pas su empêcher Srebrenica, bien “déterminés dans le doute, l’hésitation, le désarroi et l’incertitude”, je les aurais préférés un peu tiraillés par les exigences de l’honneur et de la morale, vous savez, ces trucs qui donnent des repères pour distinguer le bien du mal.

Peut-être votre morale vous commande-t-elle de rester perplexe. OK, ça peut se défendre, dans certaines situations. On n’est pas tous obligés de s’intéresser à tout et encore moins d’avoir un avis sur tout. On a même le droit de limiter son horizon à la pêche, au football ou à la Patagonie, de se fermer aux sujets trop compliqués, trop douloureux ou qui risquent de rétrécir le cercle de ses amis. Moi-même, il y a des tas de choses dont je ne pense rien. Si vous me demandez un pronostic sur un match de foot, ça me laissera perplexe mais si vous insistez, je vous répondrai qu’une bande de pédés qui jouent encore à la baballe à leur âge je n’en pense rien. Ce qui est déjà un avis, vous voyez nous avons tous nos défauts, gardons-nous d’en faire l’éloge, la discrétion me semblerait plus indiquée.

Vous appelez de vos vœux une manifestation des modérés. Le problème, c’est qu’elle finirait en “couilles-molles pride” et vous ne vous y sentiriez pas bien du tout. Défileriez-vous sans la moindre gêne au coté de “gens un peu tièdes, légèrement timorés, juste un poil raisonnables” qui se plongent dans leur lecture quand une fille se fait violer dans le train ? Je suis certain que non. Bien sûr, ce n’est pas tout-à-fait la même chose que les gens qui assistent aux guerres en refusant “radicalement” de se prononcer. Mais ce n’est pas tout-à-fait autre chose non plus. À la place que vous occupez, si vous avez pour la curiosité un goût aussi définitif que pour la perplexité, vous devez bien avoir quelques éléments d’histoire et d’information pour pouvoir analyser comparer, discerner, répartir les légitimités et les responsabilités, bref, vous atteler à cette tâche intellectuelle qui s’appelle le jugement critique et qui produit une opinion – ce qui n’est pas encore un engagement.

Soit dit en passant, la réflexion est aussi un sérieux atout pour entrer dans le champ de l’action. Si nos gouvernants affichaient la glorieuse perplexité qui est la vôtre, ils ne prendraient jamais de décision et ne feraient jamais la guerre. Mais peut-être, cher David, êtes-vous contre la guerre ?

On peut aussi, après avoir entendu les argumentations les plus divergentes, si on accorde par principe le même crédit aux unes et aux autres, se placer quelque part au centre en se disant qu’on doit être dans le vrai. Rien, vraiment, dans ce que vous voyez et entendez, rien de ce que vous savez sur ce conflit et sur les méthodes de communication des deux camps, ne vous permet de vous forger un point de vue ? Aucun moyen, quand on entend ce qui se dit dans les manifestations, de s’en sortir autrement qu’en renvoyant dos à dos “pro-pal” et “pro-is” ? Pas ça, pas vous. Le journalisme qui ferait de cette perplexité vertu ne pourrait que me laisser sur ma faim. Ne pas avoir d’opinion, soit. De là à en faire une opinion ?

Paralysé par le relativisme et la religion de l’objectivité, le journaliste finit par compter les morts et les coups comme un observateur onusien dont la mission paraît inspirée par “le doute, l’hésitation, le désarroi et l’incertitude”. Moi, le journalisme, je le préfère guerrier, et même guerrière tant qu’à faire. Vous comprendrez combien je regrette la décision d’un maître en matière de tiédeur, un orfèvre en hésitation, qui nous priva de l’une des rares voix viriles de France Culture en remerciant notre maîtresse de maison pour la remplacer par un robinet d’eau tiède comme vous semblez les aimer1. Nous lui devons encore la non-décision sur le port du voile à l’école, qui, sous le gouvernement Jospin, a abouti à refiler la patate chaude aux chefs d’établissements : sans doute était-il trop “perplexe” pour trancher. C’est pourquoi j’ai plutôt envie de le maudire doublement que de le suivre dans son admirable exercice de “doute, hésitation, désarroi et incertitude” appliqués.

Et puis ces types “un peu tièdes, légèrement timorés, juste un poil raisonnables” que vous cherchez du regard, moi, j’en vois partout. Je me souviens d’une info entendue il y a quelques années : de jeunes Français musulmans partis de Belleville pour combattre en Afghanistan dans les rangs d’Al Qaeda avaient été retrouvés morts de froid dans la montagne. J’en parlai à des amis qui revenaient d’Eurodisney et que “toutes ces guerres” laissaient “perplexes”. J’ai fait alors cette découverte troublante que parfois, on peut avoir plus d’estime pour ses ennemis que pour ses amis.

  1. Pour ceux qui n’ont pas vu le film, il s’agit de David Kessler, ancien directeur de France Culture.

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  • 17 January 2009 à 12h08

    ramon mercader dit

    @ ludo
    lu ton intervention du 15:01 à 3:54
    bien vu
    en partie seulement
    car lorsque tu parles du mauvais procès fait à renaud camus ,il faut se rendre compte que ses procureurs (pro-cul quoi?) sont les mêmes que ceux qui déffilent ,au moins dans leur matrice idéologique ,dans leur formation intellectuelle (dans leur déformation est-on tenté de dire.pour nous qui n’avons ,heureusement bénéficié que transitoirement de cette dé-formation intellectuelle -et c’était déjà trop- cet interventionnisme permanent dans la pensée ,cette volonté procédurière ,cette tentative d’occultation du réel -les occultosocialistes disait muray-,tout celà est insupportable.mais eux,nos procureurs ,nos censeurs du réel ,s’en nourissent.et ne se nourissent QUE de celà,de cette jouissance à n’être pas contredit,de ce plaisir à pouvoir imposer ,sans discussion ,ses thèses ,ses analyses -toujours biaisée une analyse,tiens en mathématique par exemple……mais ça nous mènerait trop loin-,et mieux ,de cette pulsion à laminer l’éventuel adversaire,à triompher contre vents et marées ,à s’imposer.
    tiens ,une anectode…non?sur?bon ,quand même,je la raconte.20ans auparavant ,ou etait-ce 25? dans un congrès médical-oui je sais personne n’est parfait-un gars présentait des résultats d’un traitement par antihormones dans le cancer du sein métastatique ,un gars âgé ,je suppose qu’il s’est retiré de la pratique
    bon ,l’intervenant suivant ,une jeune merdaile de 40 ou moins,monte sur le podium pour causer d’une autre méthode -une chimio à la con,il me semble-et pendant son speech n’a fait que démolir l’intervention précédente.
    tu me diras,c’est tout les jours,et tu auras raison,mais ce qui n’est pas quotidien,c’était la jouissance du 2ème intervenant ,sa gourmandise en disant”moi ,je le prouve” sa schadenfreunde qui lui ruisselait de partout,son extrème contentement de lui même,de sa petite étude ,de sa petite victoire devant un public hyperblasé,hypercompliant sur les questions d’égo).
    bon pour la faire courte,quelle que soit l’évolution au po,le conflit est déjà importé sur le sol français,
    on ne sait comment (ou plutot si,c’est le regrouppement familial des années 70 qui a ……….merci chirac,merci giscard! besançenot et ses seïdes devraient vous tresser des couronnes de laurier au lieu de vous conspuer)
    la question est:comment s’en préserver?
    les juifs peuvent émigrer,les anglosaxons peuvent mettre l’océan entre eux et les fous,pour les souchiens,ça devient critique.

  • 16 January 2009 à 23h57

    Ludovic Lefebvre dit

    On a appris au gens à ne pas avoir d’opinions sur le sujet en particulier, pas d’opinion en général. En plus,d’un coté comme de l’autre, ils savent qu’ils serviront de paillasson, le coup de la bête immonde, on leur fait depuis trente ans, même les moins éclairés ont fini par comprendre. Alors pas fous, ils ne se prononcent pas et c’est subtil de leur part.

    Quand à David Abiker, je lui conseille d’en référer à Spiderman dont il a le buste sur son bureau, lui sait qui sont les bons et les méchants. Ses ennemis, je me souviens, sont d’ailleurs l’homme des sables et le bouffon vert les deux ne pouvant qu’avoir un lien avec l’islam quand lui a les couleurs américaines.

  • 15 January 2009 à 22h34

    Athéna dit

    L’éclairage du jour: sur Libé, hélas!

    phil34 (48)
    Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
    D’accord avec Libé Marseille.
    J’ai visionné, sur le net, les différentes manifestations censées soutenir « les victimes de Gaza » mais il en ressort qu’il s’agit surtout d’un soutient aux terroristes du Hamas et c’est bien ainsi qu’il faut désormais appeler ces manifestations. Les malheureuses victimes collatérales de cette guerre asymétrique constituent un leurre, un trompe l’œil médiatique absolument parfait pour que les pires fascistes islamistes engrangent tranquillement le fruit de leurs sombres calculs médiatiques. C’est le malaise total. Les femmes voilées, les caricatures vivantes de barbus islamo-fascistes et les voyous ultra violents sont ultra majoritaires dans ces défilés où les idiots utiles de la collaboration frayent avec le pire des obscurantismes imaginables. Besançenot, qui, décidément, adore vraiment toutes les palettes du terrorisme (de Rouillan au Hamas), Mélanchon, Mamère, Buffet et consorts sont réellement devenus les nouveaux « Doriots idiots » tragiquement utiles du fascisme nouveau qui s’avance. Pendant ce temps, des juifs sont agressés, des synagogues sont attaquées et la gauche extrême applaudit Dieudonné et Faurisson au zénith. Cela se passe chez nous, en France, au XXIème siècle, après l’occupation nazie ! Non, mes chers concitoyens, vous ne faites pas un simple mauvais cauchemar ; vous n’allez pas vous réveiller tranquillement demain. Bienvenue dans la collaboration abjecte du gauchisme le plus débile et le plus haineux avec le terrorisme et le pire des fascismes islamistes. La nation courre un grand danger. Il va falloir choisir son camp et réagir. Vite !
    Mercredi 14 janvier à 22h44
    Signaler au modérateurRépondre

    excel (24)
    Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
    Haine
    Ce que vous dites s’appelle tout simplement de la passion haineuse aveugle et partiale.
    Mercredi 14 janvier à 23h00
    Signaler au modérateurRépondre

    amazigh (4)
    Inscrit Libé +Suivre cet internaute | Profil
    Manipulation
    phil34 on vous connait juif prosioniste alors la casquette d’ultranationaliste français ne vous pas du tout…
    Vous essayez de semer la haine pour détourner les regards du peuple français pour pas qu’il voit le vrai problème en France et ailleurs dans ce monde: les sionistes…
    Mercredi 14 janvier à 23h55
    Signaler au modérateurRépondre

  • 15 January 2009 à 12h51

    Pirée dit

    Le Hamas, semble-t-il, commence à éclairer, comme on dit au poker menteur. Il va bientôt devenir plus facile de se former une opinion.
    La règle est simple : l’histoire est rédigée par les scribes au service du vainqueur. Le futur vaincu était déjà le dernier des derniers avant le début du conflit. Un jugement qui ménage la chèvre et le chou ne se conçoit que si le résultat est indécis. En ce cas, les belligérants ont manqué d’opiniâtreté.
    Le général Beaufre a défini la stratégie comme une dialectique des volontés. Le plus résolu l’emporte. C’est pourquoi il arrive que le plus faible gagne : contre les Etats-Unis, notamment, en incitant au défaitisme l’opinion publique américaine.
    Banzai!

  • 15 January 2009 à 11h45

    Raymond2 dit

    Nina dit:
    “Sauf que sur le sujet “sans opinion” j’ai du mal à le croire ! Même lorsque je mate les sondages et qu’il se dégage un lourd pourcentage de “sans opinion” je pense que c’est bidonné !”

    Il ne vous vient pas à l’esprit que “sans opinion” peut vouloir dire “sans opinion tranchée pour ou contre l’une ou l’autre des parties” tout simplement parce que certains, sans être tièdes -au contraire!- peuvent être déchirés. En temps de paix, il est possible d’affirmer le droit à l’existence d’Israël et de défendre le droit des Palestiniens d’avoir un Etat. Il est possible de critiquer Israël pour ses colonies, pour le blocus, etc. et les Palestiniens qui se donnent pour chefs les dirigeants du Hamas, parce que tout cela va dans le sens de la guerre. Quand la guerre est arrivée, comme aujourd’hui, quand on est mis en demeure de “choisir un camp”, que faire? Se taire en attendant que la paix soit revenue pour que les discussions reprennent? Continuer à critiquer les uns et les autres, à dénoncer les fautes? C’est ce que font certains, au risque de se prendre des volées de bois vert par ceux des deux camps. Voilà à mon avis comment il faut comprendre “sans opinion” et de qui est constitué le gros du contingent des “sans opinion”,

  • 15 January 2009 à 11h36

    Baruch S. dit

    Ni rire,ni pleurer,mais comprendre..Comme disait mon ancêtre polisseur de lentilles