Nmi publik !
La correspondance entre Michel Houellebecq et Bernard-Henri Lévy enfin publiée
Publié le 08 octobre 2008 à 6:22 dans Culture
Mots-clés : Livres
Que les puristes ne s’étranglent pas à la lecture du texte que nous publions ici et qui, une nouvelle fois, justifie à lui seul la maxime de Vauvenargues : “La netteté est le génie des maîtres.” Si nous avons fait le choix de publier la version originale du texte Nmi publik, un échange de SMS qui, légèrement retouché, vient de paraître sous le nom Ennemis publics chez Flammarion, c’est pour célébrer les vertus d’un livre qui met définitivement au rancard les diverses tentatives de correspondance littéraire qui avaient eu lieu jusqu’à ce que Michel Houellebecq et Bernard Henri Lévy ne s’y essaient eux-mêmes. Héloïse et Abélard pour les uns, Stone et Charden pour les autres, ils réinventent enfin le genre du Dialogue, si mal traité depuis Platon.
Nous remercions M. Nestor B., employé de surface aux éditions Flammarion, d’avoir bien voulu nous transmettre le tapuscrit, dont nous vous livrons le contenu intégral.
MH : Té ou ?
BHL : Monopri, je fé dé kourses
MH : Monopri ou Tbilissi ? ;-)
BHL : Fauchon c trop cher, bekoz pouvoir dachat. C la merd :-(
MH : lol
BHL : Dekonne pa ! En + Passouline a pri devant moa le dernié baril de lessive en promo !
MH : 100 dek ? Les kritiks c vréman ke des gran cadavr à la renvers !
BH : Des faSSiSS ki kaSS lé petit métié ! Tous des ruSS ! et nou on est lé dernié géorgi1 !
MH : Me sens ossi o7. Pourkoi tan de n ? J’m kan tu penses : on diré du Nitche minimum. Tu peu m fer une foto de toa et tu m’envoie en MMS ?
BH : Nan, je ressembl pa a mon image ! Et toi tu t’en sor comman nivo power dachat ?
MH : Moa g la posiblité d’allé à Lille. C moins cher. Tu veux ke je fass une foto et je t’envoi en MMS ?
BH : Nan, tu ressembl pa à ton imag ! Alor, té livres se vendent plus ?
MH : Nan g sui obligé de fer un film
BHL : Galer !!! G ossi du passé par là ! Tu vas te fer détruir par la press
MH : G c. Ai eu idé sortir avec dr gynéco pour fer couv gala é voici. Mé c t deja pri par lot kone :-(
BHL : T papd purtan ?
MH : Koa ?
BHL : TPAPD ??
MH : Ah ! T ouf toa !!! Bi1 sur ke nan mé me fo du frik ! Fodré kon fass un bouk1 !!!
BHL : Ok, ca péra le chan a ariel !
MH : Du champ ?
BHL : Nan, nan, des kours de chan pour fer des disk
MH : Ok ok ! Ta 1 ID de bouk1 kon pouré fer ?
BHL : Attan y a teresa kremsi ké a Monopi
MH : Ok ! Tu fé une foto de teresa et tu m’envoi en MMS ?
BHL : Nan, elle ressemb pas à son imag !!!
MH : El di kwa ?
BHL : El é ok pour édité lé fon de tiroir
MH : :-( Deja fé. G plu ri1
BHL : El di kon na ka publié nos sms
MH : Demande lui pour nos MMS !
BHL : El veut pas, el di kon ressembl pa à not imag
MH : G aussi list de kourses, el pran ?
BHL : El pran tou, sauf MMS paskon ressembl pas à not imag
MH : Pfffft
BHL : Raplik vite ! y a promo sur lé yaour
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L'auteur
François Miclo est rédacteur en chef de Causeur magazine. Twitter : @fmiclo
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Three piglets dit
test
Patrick dit
Grand ancêtre
Sacha Guitry avait créé le slogan publicitaire suivant, pour un chocolat : Eleska, c’est exquis ! (je possède l’une des boîtes d’origine. Pas à vendre ! ). Eh bien, le chocolatier, une ou deux décennies plus tard (c’est à dire vers les années Trente), avec ou sans l’accord du cher Sacha, a lancé sur le marché une nouvelle accroche, ainsi rédigée : «LSK, CSKI».
Sacha, toujours d’actualité !
Agathon dit
@Adam Pollo!
mort de rire!excellent.
Vous êtes le meilleur critique de Causeur.
Je n’ai pas envie d’en dire plus,c’est trop bon!
ramon mercader dit
@ludo
cette envie du pénal de l’ami aounit ne cache-t-elle pas autre chose?
une absence,un regret?
oui,nous savons desormais ce qui manque aux procéduriers et quérulents de toute sorte.
Ludovic Lefebvre dit
Deux personnalités rompus au coup médiatique-ce n’est pas un reproche- c’est une belle rencontre.
J’ai lu l’entretien croisé dans le JDD pour retenir qu’on allait les voir vendredi soir chez Picouli.
Le clown triste et l’Auguste, un grand classique venu du théâtre, plus que du cirque pourtant. Mais cela fait, fera recette soyons en sûr. Je dirais que ça promet d’être profond comme une goutte de rosée qui se prend pour un lac, une mer, un océan, le monde. Mais la surprise peut être là.
J’aimerais le lire, mais ne pas l’acheter et il ne sortira en bibliothèque que dans trois mois au moins.
Le clown triste, l’Auguste et monsieur Loyal, voici La Piste aux Etoiles de retour, je ne manquerai ce spectacle pour rien au monde.
C’est parfois dommage que Causeur ne soit qu’un salon virtuel. Je nous aurais bien vu vautrés sur des canapés s’autorisant, une fois n’est pas coutume, à être gamins, riant aux éclats, entre deux tournées de petits fours, du show.
Lévy dans son entrevue fait référence à des comités réactionnaires sur internet.
Pouvons-nous penser sans outrecuidance que nous faisons partie de cet honneur rendu ?
Je me demande qui de ceux là nous lit, cherche son actualité sur le net l’air de ne pas y toucher. Je suis un peu surpris par exemple qu’Aounit n’ait pas réagi à deux des articles de Marc, judiciairement évidemment puisque c’est son unique et rentable mode d’expression.
L’éloge de ce livre sorti tout frais fut évidemment dithyrambique dans le JDD. fr, mais on connait la chanson Lagardère (je crois que c’est lui, excusez mon aproximation sur les grands groupes de presse, je ne suis pas de ce métier).
François Miclo dit
Nan Florent1, ca va é toa ? t ou ?
Florentin Piffard dit
Fransoi té pa fashé gsper! tu di ca, c paske tu veu nous dir ke tu ressembl pa a tonimag??
François Miclo dit
Oh hé, du bateau, allo Etienne, si vous m’entendez : cet article n’est pas une recension du livre de Michel Houellebecq et de Bernard-Henri Lévy. C’est une pochade, une caricature du traitement médiatique réservé au livre (réservé mais aussi organisé par les deux auteurs). Sur le fond, Causeur aura, dans les prochains jours, l’occasion d’y revenir…
Etienne dit
Je félicite M. Piffard pour sa belle analyse. Je trouve comme lui que, contre toute attente, le livre est passionnant et mérite un autre traitement que l’exercice potache de François Miclo.
Florentin Piffard dit
Même sur Causeur donc, il semble impossible de dire quoique ce soit d’intéressant sur ce beau livre.
http://modernologue.blogspot.com/2008/10/mprisables.html
Rasta dit
C’est dommage que la chasse à la buse soit interdite. Parce qu’avec Adam Pollo y avait une belle prise. Plus buse que ça, y a pas.
Spamdexing dit
Paul et Epurator, vous avez tort!!! Je vous invite à lire le meilleur texte de Lo sur Houellebecq à cette adresse http://www.causeur.fr/la-possibilite-de-reperer-les-imbeciles,1001.
Paul dit
Epurator, vous avez tort ! Moi je vous conseille plutôt de lire le texte de Lo sur : http://www.rue89.com/2008/09/22/houellebecq-et-bhl-tombent-le-masque
Il faudra peut-être lui dire qu’il est déconseillé de faire partout. Y a pas assez de canisites près de chez lui ?
epurator dit
So low…
http://blogaleau.blogspot.com/2007/12/la-possibilit-du-nil.html
Praxitèle Dugenoux dit
Je suis tout à fait d’accord avec M. Pollo : Houellebeq est né à La Réunion le 26 février 1958. Ce qui est surprenant, c’est que, s’il était né trois jours plus tard, il n’aurait eu son anniversaire que tous les quatre ans. Comme quoi, la vie ne tient pas à grand chose.
Stan dit
Très drôle de voir les deux zèbres dialoguer comme des ados attardés. J’adore le “ossi o7″, que l’auteur aurait pu orthographier : “o6 o7″.
Odilon dit
“NIL qualifie un paramètre variable invalide”. N’importe quoi!
Adam Pollo dit
La possibilité du NIL *
Définiton de NIL : Dans certains langages informatiques (LISP ou Pascal) NIL qualifie un paramètre variable invalide, par exemple un pointeur NIL qui ne pointe sur rien. En langage C, l’équivalent est null.
Je ne sais pas pourquoi mais aujourd’hui d’un seul coup j’ai envie d’évoquer Michel Houellebecq et ses romans. Et Causeur m’y incite…
Michel Houellebecq nait le 26 février 1958 à La Réunion dans une famille apparemment chaotique, puis grandit en métropole chez sa Grand Mère communiste.
Au lycée ses camarades “sentaient qu’il avait une capacité de réflexion et une puissance d’analyse, un recul sur les événements tout à fait exceptionnels pour un garçon de son âge” (c’est écrit sur son site officiel). Celui qu’on surnommait “Einstein” devient ingénieur agronome, se marie, fait des enfants, divorce, tombe dans la dépression: classique, quoi. Puis il écrit. Une biographie de Lovecraft, qui semble l’avoir vraiment marqué, un peu de poésie, puis des romans.
Dans Extension du domaine de la lutte, son premier roman, Houellebecq prête à son anti-héros des postures intellectuelles un peu bizarroïdes , mais en gros il s’agit, comme le titre l’indique, d’étendre le thème de la lutte des classes aux relations entre les hommes et les femmes, ou plutôt à leur absence de relations. La lutte est en fait celle qui se passe entre le cerveau einsteinien et le slip de l’écrivain: c’est la lutte des classes étendue au domaine sexuel. Bref Extension du domaine de la lutte, ça parle de sexe et surtout de manque de sexe. La dure lutte dans le calebute du pauvre Michel. Et ça dure plus de deux cents pages… Extrait choisi qui résume le total et vous en épargnera la lecture: “En système économique parfaitement libéral, certains accumulent des fortunes considérables ; d’autres croupissent dans le chômage et la misère. En système sexuel parfaitement libéral, certains ont une vie érotique variée et excitante ; d’autres sont réduits à la masturbation et la solitude.”
Dans Les particules élémentaires Houellebecq utilise des faits autobiographiques – abandon, début de vie chez la grand-mère, mort de celle-ci, mariage, divorce et tout le paquetage habituel de la loose domestique – transposés une nouvelle fois chez un anti-héros. Ce second roman reprend très largement le thème du premier: le sexe et la misère sexuelle du citoyen lambda. Mais il y ajoute les expériences génétiques du frère du héros qui, tout en faisant entrer le roman dans un genre de fantastique dantecsque pas vraiment réussi, résolvent quand même en partie les problème posés dans Extension du domaine de la lutte. Le frère du héros donc, genre d’Einstein de la génétique, permet enfin à l’humanité de dissocier radicalement la reproduction du plaisir et de connaître enfin la paix… Mais cette humanité-là est condamnée à disparaître irrémédiablement. Les particules élémentaires, c’est donc une fois encore la dure lutte du calbute avec pour seule échappatoire l’apocalypse génétique.
Dans Plateforme, Houellebecq nous emmène dans une problématique nouvelle et absolument inédite dans don univers: le sexe et le manque de sexe. Cette fois-ci l’écrivain nous parle de la mondialisation du sexe au travers du tourisme sexuel, du sexe comme marchandise disponible sur tous les bons étalages pourvu qu’on en ait les moyens. La lutte est toujours dans le calbute mais le héros va se calmer dans le ventre des fillettes. Houellebecq fait sa promotion sur un thème sulfureux – la pédophilie -, en remet une petite couche en expliquant suffisamment fort que “la religion la plus con c’est quand même l’islam” – la provocation finit toujours par payer -, histoire d’inciter les lecteurs à se précipiter dans la FNAC la plus proche où Plateforme est en tête de gondole et lui tend les bras. Plateforme, ou comment Michel fait semblant de fustiger le système qui le nourrit.
La possibilité d’une île est un gros roman dont je n’ai pas pu venir à bout car rapidement je me suis rendu compte que le sexe et le manque de sexe allaient être étirés sur plus de quatre cents pages. Cette fois-ci il s’agit de clonage – je ne suis pas allé jusqu’au terme de l’intrigue mais je ne pense pas me tromper en supposant que même les clones allaient souffrir du manque de sexe. La lutte exportée dans le calbute des copies humaines sur fond de secte raélienne: tout un programme.
Voici donc de manière synthétique les ingrédients d’un roman de Houellebecq:
* Un anti-héros quadragénaire plutôt aisé mais qui ne baise pas et ne croit pas au bonheur;
* Une femme, rencontrée si possible dans des conditions équivoques: le héros peut enfin baiser et croit au bonheur;
* Une rupture – la femme part, ou meurt, ou alors c’est le héros qui pète un câble: il ne peut plus baiser et de nouveau, ne croit plus au bonheur;
* La déchéance du héros;
* L’apocalypse finale qui peut prendre diverses formes;
* Un contexte si possible tendance: remise au goût du jour de la lutte des classes, génétique, clonage, mondialisation… Attendons nous à ce que le prochain roman de Houellebecq se situe dans un contexte de révolte des minorités sexuelles, d’alter-sexualisme, de délocalisation de la dure lutte ou de baiser-plus-pour-jouir-plus ! A moins que le manque de sexe ne soit promu, au terme d’un grenelle du sexe, comme une option capable de résoudre le problème du réchauffement climatique.
myrtil eydoux dit
Areu Areu
Ardalia dit
On sent nettement une domination intellectuelle de BHL, tout de même, ça rassure.
Il y a une petite faute, sur la fin, “elle” ne s’écrit pas “El” mais “L”, tout simplement. Bel exercice de style, cependant!