La gauche parisienne vient d’apprendre une sale nouvelle. Tout semblait parfaitement organisé par Bertrand Delanoë qui avait assuré sa succession avec une dauphine incontestée, sa première adjointe depuis mars 2001, Anne Hidalgo. Largement dominante, la gauche parisienne qui représente si bien, on le sait, les couches populaires dans une ville où l’on loue des appartements de 9m2, a un magnifique bilan derrière elle et a su rendre à Paris la mixité sociale qui lui manquait tant. À la pointe de l’émancipation, on sait par exemple que le maire de Paris a pris des positions courageuses pour le mariage gay et contre l’homophobie, la faim dans le monde, la mort et les automobiles trop anciennes qui polluent. Il va même accepter une compétition interne dans son propre camp avec très probablement une candidature écologiste au premier tour qui espère surfer sur les scores de Cohn-Bendit aux européennes de 2009, lequel avait poussé des pointes à plus de 35% dans les zones défavorisées comme le XIe arrondissement où végètent dans une quasi-misère des intermittents du spectacle, des designers et des femmes violonistes épouses de ministres le l’Intérieur.
Hélas pour Delanoë, une nouvelle candidature sur sa gauche vient troubler cette belle harmonie. Il ne s’agit pas du PCF ou du FDG dont l’influence est profondément réduite dans la capitale car parfois, dans certains discours, ils utilisent le mot « ouvrier ». Non, la mauvaise surprise est l’annonce officielle de la candidature de Nathalie Kosciusko-Morizet. On se demande comment Anne Hidalgo va pouvoir éviter la surenchère face à cette candidate jeune, moderne, ouverte, qui connaît bien les vraies préoccupations des Parisiens cernés par la crise : twitter, l’économie numérique, les technologies vertes et l’éolien en mer.
On ne voit pas comment Bertrand Delanoë pourrait s’en tirer autrement qu’en organisant des primaires internes au sein de ses troupes pour savoir qui, d’Anne ou de Nathalie, représentera le mieux les aspirations progressistes et socialistes du peuple de Paris.
Dernier espoir, donc, pour cette gauche aux candidatures pléthoriques, une droite parisienne profondément divisée dont la ringardise ne fera pas le poids face aux figures lumineuses de la gauche, que ce soit façon Hidalgo ou façon NKM.

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