Niquez la crise !

Economisez 546 euros par an

Publié le 14 mars 2009 à 12:55 dans Médias

Ridicules. Profondément ridicules, les news magazines, qui se nomment hebdomadaires d’information, parce que ça en jette et que ça fait sérieux. Les lecteurs vont donc se bouffer du franc-mac, comme tous les ans une fois au moins. Et deux fois la même semaine, pour deux fois le prix… Il s’agit de démontrer que les Frères noyautent la présidence, le gouvernement et le Parlement. Comme on nous l’a annoncé et vendu déjà pour tous les présidents, tous les gouvernements, tous les Parlements. Rien de neuf donc, dormez braves gens, on se fout de vous, on vous fourgue de la daube, parce qu’on vous prend pour des gogos, des cibles de marketing.

Pire encore, si les Rouletabille du Point et de L’Express avaient fait leurs propres enquêtes, on aurait pu se dire que c’était du journalisme d’investigation, vous savez, cet alpha et cet oméga des gens de plume. Eh bien, non ! Voilà deux hebdos qui font en couv la promotion d’un bouquin, même pas encore paru, de Sophie Coignard, intitulé Un Etat dans l’Etat. Le nouveau journalisme consiste à faire du copié-collé !

Rassurez-vous, personne, dans les rédactions concernées, ne se mettra en grève. La semaine prochaine nous aurons droit au salaire des cadres, ou à Sarkozy et l’argent, à moins que cela n’ait déjà été fait. Encore que les bis repetita ne font pas peur à FOG et Barbier. Plutôt que de porter dans tous les médias la bonne parole hypertinente, on aimerait qu’ils se comportent en laborieux besogneux, et fassent preuve d’imagination.

Et L’Obs, alors ? Le roi des hebdos n’a rien publié sur les francs-maçons, qui pire que les trotskystes noyautent, vérolent et prébendent. Là-bas, un crétin, qu’il me pardonne ma franchise confraternelle, un crétin impardonnable, prétendait tout m’apprendre sur les prix de l’immobilier dans ma région. Peut-être bien que je l’ai attendu ce crétin-marketingueur pour savoir comment se portent les prix de l’immobilier chez moi. Pour cela, j’ai une presse locale et régionale, des journaux d’annonces et des agences à la pelle à un bistrot de distance. Et je n’ai pas attendu qu’un veni-vidi-connerie vienne m’apprendre ce que je sais mieux et plus vite que lui. Mais, dans ce cas encore, il doit se trouver des gogos qui s’imaginent que c’est mieux quand ça vient de Paris, sur papier glacé.

Quand des types payés très cher pour penser, pour réfléchir, pour imaginer, comprendront que ce marketing à la noix, qu’ils mettent à la une chaque semaine est éculé, en dessous de la ligne de flottaison, qu’ils déshonorent une profession entière et qu’ils ne respectent pas leurs clients, qui vont les quitter de plus en plus nombreux, on aura avancé. On peut les prendre pour des prunes, les lecteurs, mais jamais trop longtemps, ils finissent par s’en apercevoir et désertent les kiosques.

Ces remarques, je le sais, sont bien peu confraternelles, mais je n’en retire pas un mot. Parce que ce que tous ces myopes à l’égo enflé sont en train de faire gonfler la bulle qui va les faire crever. Tous ceux qui ne le savaient pas avant l’auront appris de la crise. Une bulle se forme toujours quand on vend quelque chose qui n’a pas de contrepartie. Des actions pourries, des certificats de dette vérolés, et de l’information qui n’en est pas. Pas grave. Ensuite, on ira mendier du fric à l’Etat. Tout en défendant avec des trémolos dans la voix la pluralité, la liberté de la presse et la démocratie et tutti quanti.

Vous, je ne sais pas, mais moi j’ai décidé de ne plus les acheter ces “hebdomadaires d’information”, j’aime qu’on me respecte et que pour trois euros cinquante je n’aie pas en plus l’impression, qu’une fois encore, on m’a pris pour une bille. Trois mags à trois cinquante la semaine, multiplié par 52 cela me fait économiser 546 euros par an. En pleine crise, ce n’est pas rien. Cela me rembourse en tout cas largement le prix de ma liaison haut débit. Et, vous allez rire, on en apprend plus et mieux sur la France dans la presse étrangère disponible sur internet que dans nos feuilles nationales. Tant mieux pour elle, tant pis pour elles. Dona eis requiem.

Texte paru sur Homoimbecillus, le carnet de Gérard Scheer.

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  • 20 March 2009 à 16h17

    Caméraria ohridella dit

    Un remède contre le prêt à penser des hebdos : lisez Books. C’est du papier (mensuel) et du web (http://www.booksmag.f) et le credo est simple : “éclairer l’actualité par les livres parus à travers la planète”.
    Oui vous avez bien lu, les livres, ces objets qu’il faut prendre le temps de lire et qui ne servent pas seulement à décorer les bibliothèques Habitat.
    Ici plus particulièrement les essais, notamment anglo-saxons, mais aussi du monde entier : “Quoi?????? Un point de vue sur l’actualité non labellisé Franz-Olivier Barbier Duhamel ! Et qui fait débattre des gens qui sont nés ailleurs que dans le pays qui a inventé La Démocratie et Les Lumières (mais qui en a assez vite perdu les plans) ! …. [où l'on constate en général que la machine à réflexes, car cerveau ne convient pas ici, du lecteur de news se met alors en mod bug / erreur système critique].

  • 20 March 2009 à 9h05

    VPC 59 66 dit

    Fidèle à France Inter, et nouvel internaute, j’ai fait, l’ an dernier, connaissance avec un journal en ligne, qui m’a séduit par son côté pratique.Textes, photos, diaporamas, et courtes vidéos. Ce bouquet de techniques, voila une palette, bien adaptée à mes activitées décoratives, me suis-je dit. Aujourd’hui, je déchante un poil (et même je désenchante, grave !). malgré un assez agréable passage en première page. Car, entre les “unes” raccoleuses, les sujets choisis pour le buzz, qui génèrent, comme de bien entendu, des commentaires de buses, il n’ y a pas de quoi crier “chapeau” . Le nombre de clics, serait-il devenu le nouvel étalon du talent journalistique ?
    Le triste constat que vous faites, Monsieur Scheer, concernant la presse écrite hebdomadaire, et ses marronniers maçonniques, serait intéressant à faire, dans le domaine de la presse du ouèbe, où de très beaux outils médiatiques, sont mis à disposition des supporters insupportables, de foot, de Ségo, de Sarko, de la Starac, au service des anti-profs, des anti-bicots, des anti-gochôs, des anti-libé-rots etc etc . De beaux outils pour servir de défouloirs à tous les frustrés de l’ héxagone et ouvrir les fenètres des écrans à toutes sortes de noms d’oiseaux. Un grand comique s’ improvise fiscaliste et voilà les joueurs de grosse caisse médiatique qui débarquent, les plumes de corbeau, fraîchement collèes à leurs gros sabots. Cette sordide chasse au clic, mériterait-elle ….. quelques claques ?

  • 18 March 2009 à 10h12

    robertbaroque dit

    Autrefois les gens écrivaient pour être connus maintenant on écrit parce que l’on est connu ,de la mère Mitterrand à ce banquier du Crédit lyonnais qui avait coulé sa banque et qui nous parle de sa réussite….dans son livre sans aucune honte!!
    C’est aussi aux lecteurs de ne pas lire et ne pas acheter ces papiers gras .
    Il suffit d’écouter les informations allemandes pour voir la différence de qualité ,et de lire l’article stupide dans causeur écrit sur ce forcené lycéen allemand.
    les journalistes allemands ont tous au moins lu l’Amok de Stefan Zweig et parlent de syndrome de l’amok …des journalistes radio , télé ou dans les journaux c’est là que commence la différence!!
    Autrefois ceux qui écrivaient lisaient aussi !!!

  • 18 March 2009 à 7h04

    gminterroge dit

    Tout cela est malheureusement exact. Et, étant frontalier je me délecte en lisant la même info concernant la France, dans un journal Français, puis dans un Journal Suisse. La j’en ai pour mon argent.

  • 18 March 2009 à 0h13

    Michèle dit

    Il y a aussi des consœurs qui enquêtent… en l’occurrence Martine Orange de chez Mediapart.

    «Il n’est pas question de revenir sur le bouclier fiscal. C’est une mesure de justice», assurait Eric Woerth, mardi 17 mars, sur Europe 1. Au moment où le ministre du budget parlait, il ne pouvait ignorer les chiffres des bénéficiaires de la loi Tepa (Travail, emploi , pouvoir d’achat). Tous les chiffres et pas seulement ceux transmis par le ministère des finances la veille. Leur lecture laisse confondu: jamais il n’y a eu mesure fiscale aussi coûteuse, aussi inégalitaire, aussi disproportionnée. Si aucun remède n’est apporté, Nicolas Sarkozy méritera et au-delà sa réputation de président du Cac 40.

    C’était une promesse de campagne présidentielle. A peine élu, le chef de l’Etat a fait voter une profonde modification du bouclier fiscal dans le cadre de la loi Tepa adoptée en juillet 2007. Il fallait, expliqua alors le gouvernement, prendre des mesures incitatives pour rendre la France fiscalement attractive, ramener les expatriés fiscaux et éviter la fuite des cerveaux. Le seuil de déclenchement du bouclier a donc été ramené de 60% à 50% mais en incluant dans la liste des impôts la CSG et la CRDS. Ce qui revenait à abaisser considérablement le seuil du bouclier.
    Un an plus tard, les premiers effets de cette mesure sont à l’œuvre. Contrairement aux prévisions de Bercy qui tablait sur une augmentation forte des bénéficiaires – 232.000 foyers fiscaux devaient bénéficier de ce dispositif , selon ses calculs -, leur nombre n’a quasiment pas bougé. Ils étaient 13.700 en 2007 et 13.998 en 2008. Le coût du dispositif pour les finances publiques, en revanche, a explosé. D’une année sur l’autre, il a plus que doublé, passant de 229, 1 millions à 458 millions. En moyenne, comme le dit Bercy, la restitution aux foyers bénéficiaires est passée de 16.000 euros à 33.000 euros.

    Mais la moyenne ne signifie rien en matière fiscale. C’est la répartition en fonction des patrimoines et des revenus qui comptent. Et les résultats qui apparaissent sont au-delà de l’avouable pour le gouvernement (voir tableau): les grands bénéficiaires du bouclier fiscal sont une poignée, 834 exactement. Ces «dorlotés du fisc», qui possèdent un patrimoine de plus de 15,5 millions d’euros, avaient reçu de l’État quelque 150 millions d’euros au titre de l’année 2007. En 2008, ils ont reçu le double: 307 millions d’euros. Ce qui représente 368.105 euros par foyer en moyenne. L’équivalent de 30 années de SMIC!
    Parmi ces heureux bénéficiaires, il y a un petit groupe encore plus choyé. Ils ont un patrimoine de 15,5 millions d’euros, relèvent normalement de la dernière tranche de revenus imposables, celle au-delà de 42. 507 euros et ont bénéficié du boulier fiscal. Ils ont été 756 dans ce cas. En 2008, ils se sont partagés 288,6 millions d’euros, soit une moyenne de 381.782 euros par foyer fiscal.

    Cela donne un rapport affolant: 5,4% des bénéficiaires du bouclier fiscal ont capté 63% de la dépense publique. Sans surprise, ce sont les habitants de Paris et des Hauts-de-Seine qui figurent parmi les premiers bénéficiaires.

    • 1% des sommes restituées pour 59% des ménages concernés
    A l’inverse, ceux à qui officiellement était destiné le bouclier social ont vu leur situation se dégrader. En 2008, ils étaient 8.338 bénéficiaires, à ne pas payer d’impôt sur la fortune mais à avoir de lourdes charges fiscales (impôts locaux, impôts fonciers) et pratiquement pas de revenu. Ces attributaires, qui représentent 60% du total, ont reçu à peine 1% des sommes redonnées par le fisc. Le pire est que leur part a été divisée par deux d’une année sur l’autre. En 2007, l’État leur avait restitué 9, 6 millions d’euros. En 2008, il leur a reversé 4,8 millions d’euros.

    Aucune mesure fiscale n’a été aussi inégalitaire et aussi injuste. Aucun dispositif n’a atteint une telle disproportion à la fois dans les populations visées et dans les sommes en jeu. Et le gouvernement n’a pas l’air de vouloir y remédier, ne serait-ce que corriger un peu les effets pervers. Il n’envisage pas par exemple de corriger les abus les plus criants. Ceux qui amènent par exemple des ménages les plus fortunés – plus de 15,5 millions d’euros de patrimoine – à pouvoir ne déclarer un revenu fiscal inférieur au Smic grâce à la mise en œuvre de toutes les niches fiscales. Ils ont été 36 dans ce cas en 2008 et ont obtenu 286.231 euros de restitution en moyenne.

    De même, pas question pour le gouvernement d’évoquer un possible plafonnement du montant des sommes reversées par le fisc. Au moment où la crise frappe, où le gouvernement américain adopte un blocage des rémunérations pour les Pdg, la mesure aurait au moins le mérite de faire croire que les plus fortunés sont associés même un peu à l’effort. Sans compter que ce dispositif permettrait de limiter une charge qui pourrait se révéler insupportable pour les finances publiques au fil des ans. Non, rien de tout cela. Nicolas Sarkozy ne veut pas modifier d’un cheveu son bouclier fiscal. Et il est prêt à assumer ce choix jusqu’au bout: tout pour les riches.

  • 16 March 2009 à 21h31

    Esteva dit

    Achetez Le Spectacle du Monde, au moins vous en aurez pour votre argent !

  • 16 March 2009 à 15h10

    Marcel Meyer dit

    Écrire dans une langue correcte ne met pas à l’abri des âneries ou des ignominies, vous avez raison, de la même façon que le pire crétin peut-être habillé avec élégance et avoir des manières exquises. Le cas inverse est cependant moins fréquent : a-t-on souvent vu des pensées hautes, profondes, séduisantes, élégantes, belles, écrites dans une langue vulgaire et laide ? Et de toute façon la question n’est pas là : écrire vulgairement est vulgaire, c’est tout (et – j’écris cela pour “expat” – on peut très bien éviter la vulgarité d’expression tout en écrivant un français approximatif : c’est votre cas).

  • 15 March 2009 à 22h43

    expat dit

    @ Bibi : exacte et merci pour le ‘freedom’
    yeah!

  • 15 March 2009 à 21h57

    Bibi dit

    @Marcel Meyer,

    A moitié d’accord avec vous. Un article c’est trop d’égard. Une brève aurait été suffisante.
    Quant au langage – ce n’est pas parce qu’on écrit en bon français, voire dans un langage châtié, que cela assure un contenu correct.

  • 15 March 2009 à 19h21

    Marcel Meyer dit

    Cet article serait plus convaincant s’il n’était pas rédigé dans une langue encore plus épouvantable que celle des magazines critiqués.

  • 15 March 2009 à 17h46

    Bibi dit

    expat,

    And reading me doesn’t even cost you a dime! ;-)

  • 15 March 2009 à 17h07

    expat dit

    @ bibi : nice to see you again !