Les godelureaux des lettres
Quand Bedos et Rey écrivent, les têtes à claques ont du talent
Publié le 08 janvier 2013 à 14:30 dans Culture
Mots-clés : L’Amour est déclaré, Nicolas Bedos, Nicolas Rey, Une Année particulière

On se passe le mot dans les rédactions : à l’heure où Bernard Pivot twitte, Nicolas Bedos et Nicolas Rey, eux, ne seraient pas sérieux. Le genre à affoler les étudiantes, passer des soirées frivoles, célébrer les amours dilettantes et le temps des copains. Ne pas en parler, donc, dans les colonnes sévèrement tenues par les « professionnels de la profession » littéraire.
Pour exciter encore plus les jaloux, Bedos et Rey s’affichent sur les plateaux télé, chroniqueur ou invité vedette, parfois même sur grand écran. Ils pourraient d’ailleurs sortir des Godelureaux, un Chabrol millésime 61, où des gandins troussent leur vie avec légèreté et provocation.
Aggravant leur cas, ils écrivent aussi dans les journaux des papiers superficiels, forcément superficiels.
Ainsi, Nicolas Rey en a longtemps profité pour signer de beaux portraits d’actrices de Brisseau ou de traductrices de Dorothy Parker. Nicolas Bedos, lui, tient dans Marianne son Journal d’un mythomane où il castagne Copé, suit Jean Dujardin à Hollywood, envoie des fleurs à Anne Sinclair et Laure Sainclair, l’actrice porno. Dernièrement, il a salué L’Amour est déclaré, le « formidable roman de la gueule de bois » de Nicolas Rey : « Françoise Sagan n’est donc pas morte, puisque Nicolas Rey revit. »
[...]
Nicolas Bedos, Une Année particulière, 312 p., 19,50 euros, Robert Laffont, 2012.
Nicolas Rey, L’Amour est déclaré, 183 p., 17,50 euros, Au Diable Vauvert, 2012
*Photo : C à vous.
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Inédit
Article inédit
publié dans
Causeur n° 54Décembre 2012

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L'auteur
Arnaud Le Guern est écrivain.
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9Temasek dit
Apres Bedos pere, Bedos fils. On ne sait pas lequel est le plus (ou moins) drole. Mais repreprendre 40 ans de Bedos est une aussi bonne raison de s’exiler que la taxe sur les 75%.
nadia comaneci dit
si Rey et Bedos sont des écrivains, moi je suis championne olympique de gym ))
Eugène Lampiste dit
ce sont des écrivains télégéniques, c’est tout ce qu’on demande à un écrivain, par les temps qui courent.
agatha dit
Deux godelureaux, effectivement, l’un plus sympathique que l’autre. Il y a des chances que le plus sympathique soit le moins doué. Il faudra que je vérifie un jour.
Mais tous les deux ont une faille psychologique qui éclate dans leurs apparitions à la télé.
Bedos est dévasté par la plus légère mise en cause de son talent.
Rey semble dévasté par la vie en général, ou par une raison particulière que je ne connais pas.
michel kessler dit
Ces deux-là me donnent des envies d’holocauste nucléaire, surtout Bedos, dont l’insolence ostentatoire est d’un conformisme achevé. Il m’étonne que Rey n’ait pas encore atterri aux “papous dans la tête” sur France Q…
viaval dit
Avec cet article, vous participez, dans ce style médiocre qui ravit certainement les twitters accros, à la déliquescence d’une production “littéraire” qui se cherche, chaque mois, un nom pour les têtes de gondoles des “grandes surfaces culturelles”. Vainement, voir Virgin.
Vos champions ne cisèlent pas la langue, ils l’entaillent à grands coups de rigolades, ils l’agressent en braillant, comme des voyous, et leurs pathétiques aventures amoureuses ne peuvent avoir d’intérêt qu’aux yeux d’un piètre sexologue en mal de clientèle.
Tant que cette société ne proposera que des champions comme ceux-là et qu’il se trouvera des folliculaires comme vous pour les défendre, nous sommes rassurés : ce n’est pas demain qu’un Céline viendra troubler notre sommeil.
kravi dit
Littérature pas morte ? Écrivains ?
Écrits vains du Moââ-je …
Louis75 dit
On est libre de choisir ses cadavres, et c’est bien là notre seule liberté. Bedos et Rey vendu ici comme écrivain relève d’une procession vicieuse, où chacun se voit convié d’aller d’un seul pas dans ce cortège farcesque ; car le gros Rey et gueule d’amour, ces deux gisants futiles, n’ont pas la carrure créatrice leur permettant d’assumer le statut de macchabée. Si l’écriture est un art, si le roman y prétend, ni l’un ni l’autre de nos allongés ne peuvent en effet prétendre à sa perpétuation formelle : le grave et le constant (Joyce). Passé ce préambule élégant, je vous déclare franco que le vide de votre chronique ferait passer la vacuité du taoïsme pour le Carnaval de Rio. Mais continuez, nous avons tant besoin de légèreté. Aussi, dans la même veine, je déteste Sagan. Elle est à la littérature ce qu’Anders Breivik est à la sainteté.
Mangouste1 dit
Ou Staline à l’humanisme.