Nicolas Hulot, ça fait peur

La nature contre la culture

Publié le 09 octobre 2009 à 10:48 dans Société

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Quand Nicolas Hulot a peur, le résultat fait froid dans le dos.

Quand Nicolas Hulot a peur, le résultat fait froid dans le dos.

Quand diable les écologistes comprendront-ils que l’écologie est un tout, et que le désir profond qui nous est instinctif de voir notre environnement durablement respecté ne s’arrête pas aux fleurs et aux petits oiseaux ? C’est l’eau qui nous a fait naître, dit à peu près Nicolas Hulot dans ce long verbiage esthétisant qu’est le Syndrome du Titanic, et c’est pour cela – et non seulement parce que nous en aurions besoin – qu’il faut la respecter. Alors, Nicolas, sache que la langue aussi est notre mère, et que cette manière toute sarkozyenne que tu as de torturer le français à tout bout de champ lexical est une terrible violence écologique. “Ch’uis perdu”, “Ch’ais juste que ch’ais rien”, marmonne Nicolas Hulot tout au long de ce documentaire où une élocution improbable tente d’exprimer une pensée incertaine : ne vous fiez jamais à un homme, fût-il président de la République ou saltimbanque écologique, qui méprise les principes les plus élémentaires de la parole, de sa parole – car vous découvrirez bien assez tôt que c’est le réel qu’il méprise.

Chaque fois que tu ouvres la bouche, Nicolas, tu portes gravement atteinte à mon environnement mental en piétinant ce bel instrument qui nous a fait ce que nous sommes, et qui t’a donné, en tant que fils de la langue française, le prestige quelque peu suranné qui te permet aujourd’hui de te poser en conscience morale de l’humanité.

Chaque fois que tu ouvres la bouche, d’ailleurs, tu apportes la preuve a contrario que la langue nous est tout aussi nécessaire que l’air et l’eau que tu défends, en leur sacrifiant le troisième élément vital : le feu de l’esprit. Pas de pensée sans langue, et quand on méprise celle-ci, celle-là inéluctablement vous déserte. Ce qui frappe dès l’abord dans le film signé de Nicolas Hulot et Jean-Albert Lièvre – tout de suite après la beauté indéniable des images –, c’est le vide abyssal de la pensée. On attend un réquisitoire implacable contre l’activité humaine désordonnée qui réchaufferait la planète, la force de frappe de cette puissance scientifique des faits que Hulot se targue d’opposer aux “injures” de Claude Allègre – un argumentaire qui réduirait à néant notre écoloscepticisme et contournerait telle une ligne Maginot la citadelle de notre résistance à cette nouvelle morale puritaine et restrictionniste qu’est la “sauvegarde de la planète” : on n’a qu’une litanie d’imprécations vagues et d’émotions bas de gamme qui vise à anesthésier la réflexion plutôt qu’à la stimuler, une méthode pavlovienne de faire rentrer la pensée obligatoire dans le crâne à coups de décharges électriques réitérées, une répétition ad nauseam des mêmes clichés en espérant que leur répétition hypnotique les rendra indiscutables : l’homme est coupable de trop vivre, la nature est sa victime, mais à la fin elle se vengera.

Au premier rang de ces émotions, la peur – peur qui, affirme-t-il, tenaille Hulot en permanence et qu’il s’emploie avec assiduité à transmettre au spectateur. On a beaucoup accusé Jean-Marie Le Pen de “surfer sur les peurs” – la formule, rituellement utilisée, était l’un des leitmotivs les plus récurrents de son processus de diabolisation. Mais Nicolas Hulot peut, lui, instrumentaliser la peur – et pas n’importe laquelle : la peur de l’apocalypse – en toute bonne conscience, puisqu’il appartient au camp du Bien ; de même que Jacques Attali, dans un article de l’Express du 3 mai, pouvait tranquillement expliquer, sans que cela choque personne, que la psychose – soigneusement orchestrée par la sphère politico-médiatoc à laquelle appartient M. Attali – de la grippe H1N1 est une chose formidable puisque cette « peur structurante » ne va pas manquer d’accélérer la marche vers “un véritable gouvernement mondial”…

“ J’ai peur” : la phrase revient sans cesse dans le film de Nicolas Hulot. De quoi Hulot a-t-il peur ? De tout et de rien : dans un inventaire aussi peu poétique qu’un poème de Prévert, l’animateur télé mélange allègrement tout ce qui nourrit ses cauchemars – le réchauffement climatique, bien sûr, le noir (l’absence d’électricité, pas la couleur de peau), le soleil, la guerre, le chômage, l’industrie, la misère, la société de consommation, le progrès technique, l’arriération des sociétés traditionnelles, les grandes migrations, le déracinement, les frontières, la mondialisation, l’égoïsme national, les pertes d’identité, les replis frileux sur son identité, le tourisme, l’isolement, internet, les gratte-ciel, les soldes, les escalators, les voitures, le plastique, l’I-phone, les jeux vidéo… Tout un gloubiboulga de frayeurs irraisonnées et incohérentes qui, mises ensemble dans le même chaudron, sont censées produire la plus formidable potion magique que l’homme ait imaginé : la mobilisation écologique.

Qu’importe, à cette aune-là, les contradictions hallucinantes du discours hulotesque : qu’importe qu’il veuille accroître le revenu de la partie non négligeable de l’humanité qui vit dans la misère tout en lui interdisant la croissance et en condamnant le commerce mondial ; qu’importe qu’il plaide pour la sauvegarde des cultures et des identités locales tout en maudissant les frontières, et en stigmatisant les efforts des pays du nord pour limiter l’invasion migratoire (quand diable les écologistes comprendront-ils que l’écologie est un tout, et que l’aspiration des hommes à voir leur environnement durablement préservé inclut le droit à ne pas être victime d’une brutale substitution de population ?) ; qu’importe qu’il condamne la société de consommation tout en manifestant son empathie pour des mouvements migratoires qui n’ont d’autre ambition que de venir grossir la foule des consommateurs ?

Qu’importent mille et une incohérences, manipulations, indigences intellectuelles, prises d’otages affectives, pourvu qu’elles nourrissent cette “peur structurante” qui doit précipiter l’humanité dans les bras du sauveur Hulot et de ses semblables ? Pour le coup, ça fait peur, en effet.

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  • 14 October 2009 à 19h14

    Erick dit

    Un autre bon démontage :

    http://criticusleblog.blogspot.com/

  • 14 October 2009 à 14h30

    BArry dit

    J’ai trouvé 1000 fois pire: http://www.optimumpopulation.org/
    Ou comment réduire de moitié ” l’effectif mondial ” sans procéder à un seul licenciement.
    Et là vous avez peur? Moi, j’ai froid dans le dos!!!

  • 12 October 2009 à 11h09

    Sophie dit

    Tout à fait Zoumit! Les références scientifiques ne font pas le poids face à la jolie tronche d’Hulot débarquant de son ULM ou à la face de curé de campagne de Yann Arthus-Bertrand, prêt à pardonner nos offenses si nous nous repentons. Sans compter que c’est si gai de se faire peur et de se flageller un petit coup. On a l’impression d’être si important, nous les humains. Commander au climat, aux astres, vous vous rendez compte?

  • 12 October 2009 à 9h19

    Erick dit

    Tiens ! Pour changer de “Pensée unique” :

    http://www.liberterre.fr/gaiasophia/gaia-climats/dioxyde-carbone/analyse.html

    Pour changer aussi, un week-end )à marquer d’ une pierre blanche : Julliard-Ferry sur LCI. C’ est la première fois depuis longtemps (si ce n’ est jamais) que j’ entends des hommes de médias critiquer aussi clairement le terrorisme du réchauffement.

  • 12 October 2009 à 8h40

    zoumit dit

    Un géologue n’aurait pas les bons diplômes pour parler du climat? Pour parler du climat futur, peut-être mais pour ce qui est du climat passé, c’est la discipline reine. L’histoire de la terre ( dont son climat) est en effet écrite dans les sédiments. Je suis d’autre part pantois quand les tenants du réchauffement anthropique distribuent les compétences en fonction des diplômes. C’est ainsi que M. Patchauri (président du Giec), diplômé d’économie a le droit d’en parler mais pas M. Klauss ( président Tchèque) également diplômé d’économie. M. Gore ( licence d’art) est religieusement écouté sur le sujet mais M. Allègre ( docteur en géologie) n’a pas les bons diplômes pour l’être. M. Hulot (amuseur public) fait autorité en la matière mais M. Courtillot ( Géologue et spécialiste du magnétisme terrestre) est incompétent. Allez comprendre…

  • 12 October 2009 à 0h37

    Raymond2 dit

    BArry, vous y allez un peu fort. Vous n’êtes pas le premier à réagir un peu vite, puis à changer d’avis. Tout le monde connaît ça. Votre message m’avait un peu étonné, mais on sait que sur ces questions, la passion prend souvent le pas sur la réflexion. On vous lit toujours avec intérêt.

  • 12 October 2009 à 0h33

    D.H. dit

    Mille excuses, mais mon précédent commentaire réapparaître en doublon presqu’identique.
    Je ne voulais pour rien au monde, L. Dandrieu, vous privez de la fraîcheur des conclusions du Giec.
    Car votre anti-écologisme ne va pas bien sûr, jusqu’à refuser de consommer des produits frais.

  • 12 October 2009 à 0h28

    D.H. dit

    Tenez, L. Dandrieu, voilà encore des gens qui ne savent pas, mais eux le disent sans défaut d’élocution, cela vous sied-il davantage que le « ch’ais pas » de N. Hulot ?

    « Les experts du Giec ne savent pas nous dire ce que l’augmentation moyenne de la température du globe d’ici à la fin du siècle sera exactement à l’intérieur d’une fourchette qui va de 2 à 6 degrés. Il est à noter que la moitié de cette incertitude résulte de l’inconnue que représentent les politiques de réduction d’émissions des gaz à effet de serre qui seront suivies. Il y a là un cercle intéressant pour le philosophe, puisque ces politiques dépendront elles-mêmes évidemment des représentations que l’on se fera du sérieux de la menace – et ces représentations dépendent en partie de l’incertitude qui grève les prévisions. »
    (Entretien entre J.-P. Dupuy et O. Mongin, directeur de la revue Esprit)
    Et vous, L.Dandrieu, que savez-vous ?

  • 12 October 2009 à 0h23

    D.H. dit

    Tenez, L. Dandrieu, voilà encore des gens qui ne savent pas, mais eux le disent sans défaut d’élocution, cela vous sied-il davantage que le « ch’ais pas » de N. Hulot ?

    « Les experts du Giec ne savent pas nous dire ce que l’augmentation moyenne de la température du globe d’ici à la fin du siècle sera exactement à l’intérieur d’une fourchette qui va de 2 à 6 degrés Celsius. Il est à noter que la moitié de cette incertitude résulte de l’inconnue que représentent les politiques de réduction d’émissions des gaz à effet de serre qui seront suivies. Il y a là un cercle intéressant pour le philosophe, puisque ces politiques dépendront elles-mêmes évidemment des représentations que l’on se fera du sérieux de la menace – et ces représentations dépendent en partie de l’incertitude qui grève les prévisions. »
    (Extrait d’un entretien entre Jean-Pierre Dupuy et O. Mongin, directeur de la revue Esprit)
    Et vous, L.Dandrieu, que savez-vous ?

  • 12 October 2009 à 0h04

    BArry dit

    Désolé d’interrompre vtre conversation. Je suis un vulgaire crétin, pire encore je me suis montré ignoble, en particulier le 10 octobre 2009 à 14:15! Je le regrette et le retire. Je suis profondément désolé et en colère contre moi-même pour avoir tenu de telles horreurs qui, j’espère, ne laisseront de trace que dans ma minuscule tête de moineau.

  • 11 October 2009 à 23h28

    Shonarchan dit

    @ Woody
    Vous faites l’imbécile…
    Il suffit de lire leur rapport: tous les résultats des études y figurent et la liste des scientifiques fait partie d’une annexe très complète.
    J’ai posté l’adresse du document plus bas dans ce fil.

  • 11 October 2009 à 21h40

    Woody dit

    @ Shonarchan

    “Le G I E C a rassemblé les meilleurs spécialistes du monde entier… ”

    Lesquels ?

    Et ils n’ont pas écrit une pétition, mais rendu publics des résultats d’études scientifiques tangibles ”

    Lesquelles?

  • 11 October 2009 à 20h18

    Shonarchan dit

    @ Woody

    Cette pétition, n’importe quel quidam peut la signer !
    Ces milliers de gens ne sont sans doute pas tous des “scientifiques” et je doute que beaucoup d’entre eux aient de vraies compétence en climatologie.
    En ce qui concerne Vincent Courtillot, il est géophysicien, et non climatologue, et ne remet pas en cause les travaux du G I E C mais estime qu’il est sans doute trop tôt pour conclure définitivement: c’est quand même très différent !

    Le G I E C a rassemblé les meilleurs spécialistes du monde entier… Et ils n’ont pas écrit une pétition, mais rendu publics des résultats d’études scientifiques tangibles…

  • 11 October 2009 à 19h26

    bibi dit

    Étonnant de lire tous ces sarcasmes sur un sujet qui nous concernent tous.
    Que faites vous VOUS pour que les choses évoluent ?
    causeur – salon de réflexion c’est bien – mais par principe je respecte ceux qui FONT
    Alors un peu d’humilité à nous, à vous tous
    et merci Nicolas Hulot pour votre action
    à bon entendeur…

  • 11 October 2009 à 19h23

    Woody dit

    @ Shonarchan

    J’ai mis sur DailyMotion des vidéos de plusieurs conférences du professeur Vincent Courtillot, directeur de l’Institut de Physique du Globe.
    Il y démontre brillamment et clairement les erreurs du Giec.
    Je vous recommande la conférence de Strasbourg devant ses collègues et étudiants, elle vous donnera une idée de la probité et de la rigueur scientifique du bonhomme.

  • 11 October 2009 à 19h11

    Woody dit

    @ Shonarchan qui demande le nom des 31 478 scientifiques contestant les conclusions du Giec.

    Vous trouverez leurs références et qualités sur le site web : (3w).petitionproject(point)org

  • 11 October 2009 à 17h39

    Shonarchan dit

    @ Le Saint

    “Les rapports du GIEC sont tournés en dérision par des milliers de scientifiques ”

    Lesquels?

    “A la lecture des dernières (vraies) publications scientifiques”

    Lesquelles?

  • 11 October 2009 à 17h38

    BArry dit

    Ils sont tournés en dérision? J’entends bien. Mais sur quelles bases allons-nous trancher? Parce que dans cette affaire, si le but est d’appeler les électeurs à la raison, je crains que vous perdiez du temps: nous n’avons pas les compétences requises! Un consensus sous l’égide de l’Onu est déjà mieux que rien. Ce ne sont pas les journalistes qui régleront les querelles entre scientifiques, vous connaissez la problématique. Tout au plus, peuvent-ils y contribuer. Modestement.

  • 11 October 2009 à 17h06

    Le Saint dit

    Les rapports du GIEC sont tournés en dérision par des milliers de scientifiques (indépendants, eux, pas des petits fonctionnaires). Le GIEC, c’est l’ONU, ce sont nos politiques. Et nos politiques font commerce de nos grandes peurs.
    A la lecture des dernières (vraies) publications scientifiques, on s’aperçoit que la fumeuse théorie du “réchauffement global via le CO2 humain” n’a plus que quelques années à vivre. Les rats quitteront le navire GIEC dans les années qui viennent, certains sont déjà en train de faire leurs bagages.

  • 11 October 2009 à 13h10

    Shonarchan dit

    @ Barry

    dans cet article on reparle de Claude Allègre (qui a eu, certes, un prix prestigieux… en géologie) et de “nombreux scientifiques” dont on site… une géographe!
    Or il s’agit de climatologie.
    Dans le rapport du G I E C que j’ai évoqué (celui qui est banni de Causeur) il y a en annexe la liste des scientifiques impliqués dans chaque pays…
    Cet article n’est pas convaincant car il ne donne aucune piste. L’affirmation “de nombreux scientifiques pensent l’inverse”, quand elle n’est pas étayée par des preuves, ne vaut rien… Le rapport du G I E C , lui, est tangible.