Ni Friedman, ni Keynes

Les Trente Glorieuses, oubliez les !

Publié le 01 juin 2009 à 16:56 dans Économie

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La crise que nous vivons n’a pas encore ses chansonnettes mais elle a déjà sa mythologie avec ses bons, ses brutes et ses truands. Selon la légende qui est en train de gagner l’opinion publique, depuis 1945 notre existence s’écoulait doucement sous le giron de l’Etat-providence quand soudain, au bout de la rue principale de notre petite ville pépère, surgirent les trois cavaliers de l’apocalypse : Milton Friedman, Margaret Thatcher et Ronald Reagan. Par obstination et cupidité, ces trois là ont tout détruit sur leur passage. Avec leurs armées de traders, actionnaires, conseillers en stratégie et autres titulaires de MBA, ils se sont emparés de la richesse des peuples et ont piétiné leurs acquis sociaux. Ainsi commença la trentaine désastreuse, l’ère de l’argent-roi et du marché-dieu. Puis notre pouvoir d’achat, à nous les vrais gens, dégringola.

L’heure de la vérité a enfin sonné. Les masques sont tombés, et l’heure est venue de se lever comme un seul homme contre les Dark Vador de la planète noire “CAC 40″ (ou caca-rente comme l’a dit récemment l’auteur d’un Dictionnaire des gros mots cachés dans les mots).

Sauf qu’il suffit de feuilleter quelques journaux de 1977 (année de la sortie de Star Wars), pour se rendre à l’évidence : le modèle économique de l’après-guerre, malgré son “keynésianisme” considéré aujourd’hui comme la panacée universelle et une vérité révélée, a fait naufrage – en grande partie à cause de l’excès de keynésianisme de même que celui qui lui a succédé s’est planté pour excès de libéral-monétarisme. Certes, la crise pétrolière d’octobre 1973 est aussi passée par là : mais elle a révélé les faiblesses su système plus qu’elle ne les a créées.

Le chômage, OVNI méconnu dans les années 1960, est passé en France de 3 % (690.000) en 1974 à 7 % (1.500 000) en 1981, pour devenir un enjeu central du débat politique. Ces années furent si terribles qu’en 1979, Jean Fourastié appela les trois décennies qui les avaient précédées les Trente glorieuses, un peu comme les années 1900 étaient devenues une Belle époque après 14-18. Il est toujours joli, le temps passé, surtout au lendemain d’un désastre. Il suffit de se remémorer le sort des ouvriers de Renault dans les années 1960-1970 pour comprendre qu’il y a une certaine incongruité à faire passer cette époque pour un âge d’or.

Bien avant la mondialisation et la délocalisation, le chômage, les déficits et l’inflation des années 1970 avaient révélé que le modèle économique et social (le capitalisme syndicalo-étatique) était à bout de souffle. Trop lourd financièrement, sclérosé et sclérosant, il a obligé les gouvernements à recourir massivement à l’emprunt pour financer non pas les investissements à long terme mais les dépenses courantes et les transferts sociaux. En clair, le nouveau modèle économique est né non pas de la cupidité de certains acteurs, mais tout simplement de la décrépitude de son prédécesseur (et aussi, comme l’a parfaitement expliqué Gauchet de l’incapacité des élites françaises à s’adapter à la nouvelle configuration planétaire).

Une fois la reconstruction de l’après-guerre achevée et le différentiel des niveaux de vie entre les deux rives de l’Atlantique résorbé, il a bien fallu trouver d’autres gisements de croissance. Deux directions ont été explorées, les gains de productivité dans la production et l’invention de nouveaux modes de financement. Ainsi est né le “capitalisme financier”. En matière de production, le nouveau modèle reposait sur la sous-traitance de certaines activités et la mise en concurrence généralisée. Pour le financement, l’idée était de faciliter la rencontre entre les investisseurs et les projets projet-capital tout en réduisant les risques, à travers de nouveaux produits financiers de plus en plus sophistiqués et de plus en plus abstraits.

Prenons l’exemple simple d’un constructeur automobile dans les années 1970. Tout le monde, du vigile au PDG, est salarié de la même boîte et tous les composants – du rétroviseur au châssis en passant par les sièges – sont fabriqués en interne. Quand cette entreprise tombe gravement malade autour de 1980, on trouve en tâtonnant la solution de la sous-traitance. L’atelier des sièges, devenu une société anonyme indépendante, peut fournir d’autres constructeurs, étendre ses compétences aux sièges pour avions de lignes, il peut même fabriquer des jardinières s’il y trouve son compte. Mais outre les dégâts sociaux qu’elles engendrent (on demande à des régions entières de changer de vie) ces restructurations demandent d’énormes volumes de capitaux. D’où la création de nouveaux produits et de nouveaux marchés qui sont à leur tour emportés par leur propre logique.

Dans cette nouvelle configuration des forces, ce sont les managers qui prennent le pouvoir et qui, instaurent la logique d’entreprise (c’est-à-dire du profit), là où elle est nécessaire, mais aussi, de plus en plus au fur et à mesure de l’usure du modèle, là où elle a des conséquences funestes. L’objectif de l’atelier de sièges de Renault est d’équiper les voitures qui sortent des chaînes. Celui de l’entreprise sous-traitante est de gagner de l’argent. Les légions de jeunes gens sortis des écoles de commerce et pavés de MBA (le diplôme phare des années 1980 et 1990) ont servi à mener à bien cette révolution : ils en ont été l’aile marchante, l’avant-garde éclairée et la classe gagnante.

Dans les années 1970, la perte de pouvoir et de prestige de l’Etat a été accentuée, dix ans plus tard, par la chute de l’Union soviétique. La transformation de la Régie (Renault) en SA cotée en Bourse en a été à la fois la démonstration et le symbole : le “privé”, pense-t-on alors, est toujours plus performant (et plus glamour) que le “public”. Autrement dit, les réponses pragmatiques à une crise de l’économie d’après-guerre sont peu à peu devenues un dogme enseigné comme une vérité dans toutes les universités du monde : comme le keynésianisme avant lui, le libéral-monétarisme est devenu une idéologie, c’est-à-dire un voile jeté sur le réel. À bien des égards on a assisté au retour des vieux slogans du “laissez faire ! laissez passer !” La vérité, bien sûr est que la puissance publique ne peut ni tout interdire, ni tout autoriser.

En même temps, les inconvénients du nouveau modèle sont devenus de plus en plus évidents et surtout la pression à la baisse que le libre échange intégral et la concurrence non régulée exercent sur les salaires et sur la demande globale. Pendant les Trente glorieuses, le rôle de l’Etat répondait à une exigence de protection des salariés-électeurs, en clair à un objectif politique. Dans la phase suivante, le règne d’un consommateur qui n’est que secondairement citoyen, a laissé le champ libre aux techniciens de la finance, du marketing et de la rentabilité. Le salarié-électeur devenu salarié-consommateur s’est trouvé seul a eu tendance à compenser la baisse de ses revenus par un recours à l’endettement. En même temps, la baisse des prix est devenue une revendication politique majeure – le salarié manifeste contre les délocalisations mais le consommateur veut acheter un écran plat à bas prix.

Cette logique montre aujourd’hui ses limites. En clair, les nouvelles règles du jeu, tout en sauvant et créant des emplois, ont structurellement affaibli le travail par rapport au capital, avec, comme conséquence, la réduction de la part de la richesse créée revenant aux salariés. Le pouvoir d’achat des salaires a augmenté de 4 % à 5 % par an pendant les décennies 1950-1960 tandis que depuis le milieu des années 1970 son taux annuel de croissance a stagné autour de 1,3 % – 1,4%.

Nous nous trouvons donc non pas devant un seul cadavre – celui de l’économie financière – mais devant deux cercueils car le modèle “46-73″ est tout aussi mort. L’ère de la Régie Renault est révolue, tout autant que celle des subprimes. Comme dans les années 1980, le nouveau modèle ne va pas surgir subitement mais plutôt s’imposera petit à petit après des années de tâtonnements. Et puis il périra à son tours par excès d’assurance et de dogmatisme.

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  • 6 June 2009 à 19h47

    serge a. dit

    @Nadia
    “C’est bien le point 2-b du petit Maurice illustré qui me pose problème et son lien avec la baisse des effectifs industriels.”
    Sur mon exemplaire du petit Maurice illustré les images ne sont pas numérotées. Peux-tu préciser à quoi correspond ce point 2-b.
    Quel est le problème : la baisse des effectifs industriels à partir de 1974 ou le lien avec la mondialisation?

  • 6 June 2009 à 19h37

    la borie dit

    Franz

    ” Ca c’est de la politique, et je reste sur ma fin depuis de nombreuses annees.”

    Surtout pas, Causeur a encore besoin de vos commentaires, ne précipitez pas votre décès épistolaire..

    Et si vous restez sur votre faim, cassez la croûte…

  • 6 June 2009 à 16h07

    nadia comaneci dit

    Serge
    C’est bien le point 2-b du petit Maurice illustré qui me pose problème et son lien avec la baisse des effectifs industriels.On met donc en route la phase suivante du programme, les tables régionales et internationales.

  • 6 June 2009 à 15h48

    Jardidi dit

    D’accord Alice, mais il est là. Les républicains ont tellement de mal à faire émerger un leader qu’il s’agit là du premier pas du plaisir politique. Sur le plan pratique, en France, le minimum est énorme. Même les gaullistes se sont laissés mourir.
    Merci pour votre compliment indirect. J’avais bien rigolé à la description de votre moule et n’ai pas compris, au vu de la qualité de certaines de vos interventions, pourquoi vous vous étiez présentée comme une écervelée.

  • 6 June 2009 à 14h41

    Alice dit

    Jardidi, ce n’est pas l’âge de Mélenchon qui fait problème, c’est son séjour de près de 30 ans au Sénat. Vous croyez qu’un type qui a cherché si tôt le confort du Sénat peut apporter encore quelque chose à la France, à part de la démagogie ? Avec lui, ce ne sera ni Friedman, ni Keynes, ce sera rien, ou presque. C’est décevant de lire ça sous votre plume. Attention, je ne dis pas qu’il n’est pas intéressant, mais je dis qu’il est suspect. Depuis trop longtemps dans le plus douillet des nids de la République.

  • 6 June 2009 à 14h26

    Jardidi dit

    Inventer un nouveau modèle?
    En 45, ne s’agissait-il pas d’imiter les USA, plus le rêve européen des socio-démocrates-chrétiens, en 74-83, même chose avec les libéraux finissant par rejoindre le couple européiste.
    Ne sommes-nous pas un pays surtout politique et absolument pas concret? Nous dirigeons-nous vers des massacres de pauvres quand ceux-ci se révolteront comme en 1848 ou 1871 ou, les classes moyennes elles-même se précarisant, le repère historique serait 1789? Avec, encore une fois l’Europe (y compris les USA) qui s’opposera à nous. Ou alors, troisième direction, une dictature genre Napoléon III.
    Les jeunes qui porteront l’éventuel redressement peuvent-ils être les illettrés, les sans-diplômes? Non. Seront-ils les diplômés de l’enseignement supérieur et les plus dynamiques qui commençaient à quitter massivement la France? Non. Les très diplômés rejoignant depuis quelques années la fonction publique dans les catégories C et peut-être D vont pouvoir exprimer tranquillement le rêve français traditionnel de fraternité des peuples, s’y accrocher et être inefficaces. C’est le NPA qui pourrait le mieux représenter leur idéal. La question est peut-être même, “Y aura-t’il suffisamment de jeunes capables de porter le redressement?
    Il me semble que nous devons partir de la politique, répêter le rêve historico-traditionnel, “liberté, égalité”, pour avoir des électeurs mais en ayant un projet de société réaliste. Après, il suffit à la droite de type gaulliste d’avoir un bon candidat, l’une des conditions principales est qu’il soit connu. Si la gauche républicaine veut être efficace, elle doit fonctionner de la même façon. Mélenchon, âgé de soixante ans, la tire vers le haut et fait attention à sa succession. La division est la maladie mortelle des républicains, c’est-à-dire de ceux du Bassin parisien qui veulent construire quelque chose, l’idéalisme aveugle est l’autre grand problème.

  • 6 June 2009 à 11h46

    serge a. dit

    @Nadia
    Exercice tiré de notre cours
    Le petit Maurice a. fait le constat suivant :
    “de 1955 à 1974 les effectifs dans l’industrie s’étaient accrus d’environ 50.000 par an, ils ont décru de 1974 à 2005 d’environ 50.000 par an.”
    On essaiera d’expliquer ce phénomène à partir de trois hypothèses:
    1/ le réchauffement climatique.
    1/ les excès d’une politique keynésienne.
    2/ les accords de libéralisation des échanges des mouvements de capitaux par le GATT et Bruxelles à partir de 1974.

  • 6 June 2009 à 11h12

    serge a. dit

    Une erreur s’est glissée dans notre texte : on ne détaille pas un détail, on rentre dedans.

  • 6 June 2009 à 11h11

    serge a. dit

    @Nadia
    Concernant le premier point , nos équipes disposent de méthodes issues des recherches les plus avancées en Mathématiques et Physique pour modéliser les marchés au niveau planétaire. Sans vouloir détailler le détail de ces méthodes (le voudrai-je que je ne le pourrai dans un si petit espace), il en ressort une conclusion très nette: dans le cochon, tout est bon. Cette conclusion a été d’ailleurs été déterminante dans notre décision.
    Concernant le deuxième point…Quel était le deuxième point??? Ah oui. Nous disposons d’une large gamme de cours de soutien et nous mettrons prochainement en ligne le nouveau catalogue sur notre site auquel nous vous recommandons de vous reporter régulièrement. Cerise sur le gateau certains cours peuvent être dispensés dans le cadre convivial et décontracté des meilleures tables régionales et à l’international avec évaluation entre la poire et le fromage.

  • 6 June 2009 à 0h40

    nadia comaneci dit

    Mon très cher Serge
    Primo, tu ne me dis pourquoi tu es passé du pétrole au cochon.
    Secundo, si Gil Mihaély ne nous donne pas d’explication précise à la chute brutale de la maison Keynes, j’ai du mal à suivre Maurice dans ses analyses communautaires. J’ai grand besoin de cours de soutien…

  • 5 June 2009 à 12h03

    serge a. dit

    @nadia
    Chère Nadia,
    S’il y en a un qui ne passe pas un peu vite par pertes et profits l’envolée du cours du baril en 74 c’est bien moi! A l’époque j’en stockais plusieurs tonnes dans le parc de mon chateau, c’est dire si je suis bien placé pour en parler. Quelle époque! Depuis je me suis reconverti dans le cochon. Pas beaucoup plus agréable comme environnement et finalement pas si rentable…
    Pour revenir à l’article de GM (tiens ça me fait penser à cet article h..p://www.economist.com/printedition/displayStory.cfm?Story_ID=13783014 ): Je remarque qu’il peut mettre en cause “l’excès de keynésianisme” (ce qui réjouit bien des causeurs ) et affirmer que “Bien avant la mondialisation et la délocalisation, le chômage, les déficits et l’inflation des années 1970 avaient révélé que le modèle économique et social (le capitalisme syndicalo-étatique) était à bout de souffle” sans donner le début d’une justification à son affirmation. L’analyse de Maurice Allais que je citais a le mérite de pointer un enchainement des choses interessant…
    J’ai souvent l’impression qu’en économie on s’autorise à juger des choses “au nez”. Que dirait-on d’un chimiste qui se contenterait de décrire et de contrôler les réactions à l’odeur et au souvenir qu’il a gardé des odeurs passées (tiens sur cette question des odeurs et du temps passé… non, ça n’a rien à voir)?
    (à propos d’odeur décidément ce choix de me reconvertir dans l’élevage porcin n’était décidément pas si heureux).

  • 5 June 2009 à 11h24

    Alice dit

    Franz, les clans qui s’agitent, ça donne un peu d’animation. Certains(es) ont plus de tempérament que d’autres, ne se laissent pas faire, c’est comme dans la rue. Reste les idées. Ici, on peut les exposer. Ce fil est très intéressant : si les contributeurs le veulent, il pourra même déboucher sur une voie nouvelle, non ?
    Pour Bidochon-Lefebvre, il restera hors-sujet : il ne comprend rien à l’économie. Sa spécialité, au Casanova du nord, c’est les baltringues du samedi soir : il met sa belle veste en plastique blanche, un pantalon militaire et il rejoint ses potes pour une plouc-partie à la bière !

  • 5 June 2009 à 11h19

    nadia comaneci dit

    Alors on rechute mon Serge ? Tant mieux !
    “L’instauration continue d’un libre-échange mondialiste” comme source de tous nos maux à compter de 74 ? Pourquoi pas, mais tu ne passerais pas un peu vite par pertes et profits l’envolée spectaculaire du cours du baril en… 74 précisément, juste après la guerre du Kippour ?

  • 5 June 2009 à 9h30

    Franz dit

    @ Alice
    “J’ai cru que vous demandiez du politique, mais vous ne vous intéressez qu’aux politiques.”

    Je ne suis pas sûr de bien comprendre. Un homme politique a une colonne vertébrale idéologique, qu’il va décliner en politiques. Ça donne en général un programme électoral. Je ne comprends pas la colonne vertébrale des hommes politiques depuis belle lurette, ils se contentent de gérer les situations les unes après les autres.
    Et comme je ne suis pas philosophe, je ne peux que prendre des exemples assez terre à terre de politiques pour dénoncer l’absence de politique.

    “Tant pis ! Mais, vous avez tout de même une jolie fille avec vous : Nadia Com vous approuve.”
    Vous m’en voyez comblé!
    Étant un peu nouveau dans le coin, je n’ai pas encore pris la mesure des différents clans qui s’agitent en ces lieux (les bidochons, les duellistes,…). Tant mieux, cela ne m’intéresse finalement qu’assez peu.

  • 5 June 2009 à 1h06

    serge a. dit

    Sur ce sujet de la rupture des années 70 que GM attribue à “l’excès de keynésianisme “, je me souviens avoir vu dans un document de Maurice Allais (L’EUROPE EN CRISE
    QUE FAIRE ? Réponses à quelques questions POUR UNE AUTRE EUROPE; facile à trouver sur le web) une analyse intéressante :
    Les effets de la Mondialisation
    En fait, à partir de 1974 on constate pour la France une croissance massive du chômage, une réduction drastique des effectifs de l’industrie et une réduction très marquée de la croissance.
    Le taux de chômage au sens du BIT
    De 1950 à 1974, pendant vingt-quatre ans le taux de chômage au sens du BIT est resté constamment inférieur à 3 %. De 1975 à 2005, pendant les trente années suivantes, il s’est progressivement élevé pour attendre 12,5 % en 1997 et 10 % en 2005.
    Emplois dans l’industrie
    Alors que de 1955 à 1974 les effectifs dans l’industrie s’étaient accrus d’environ 50.000 par an, ils ont décru de 1974 à 2005 d’environ 50.000 par an.
    Les effectifs de l’industrie ont atteint leur maximum d’environ 6 millions en 1974.
    Produit intérieur brut réel par habitant
    De 1950 à 1974 le taux de croissance moyen du PIB réel par habitant a été de 4 %. De
    1974 à 2000 le taux moyen de croissance a été de 1,6 % avec une baisse de 2,4 % , soit une
    diminution de 60 % 1.
    1950-1974 et 1974-2005. Deux contextes très différents
    En fait, une seule cause peut et doit être considérée comme le facteur majeur et
    déterminant des différences constatées entre les deux périodes 1950-1974 et 1974-
    2005 : la politique à partir de 1974 de libéralisation mondialiste des échanges extérieurs du
    GATT et de l’Organisation de Bruxelles et de la libéralisation des mouvements de capitaux dont les effets ont été aggravés par la dislocation du système monétaire international et l’instauration généralisée du système des taux de change flottants.
    Incontestablement l’évolution très différente de l’économie française à partir de 1974
    résulte de la disparition progressive de toute protection du Marché Communautaire
    Européen, de l’instauration continue d’un libre-échange mondialiste, de la délocalisation
    des activités industrielles, et de la délocalisation des investissements financiers.

  • 4 June 2009 à 23h58

    Alice dit

    Frantz, je crois que j’ai commis une erreur vous concernant : j’ai cru que vous demandiez du politique, mais vous ne vous intéressez qu’aux politiques. Tant pis ! Mais, vous avez tout de même une jolie fille avec vous : Nadia Com vous approuve.

  • 4 June 2009 à 23h12

    Alice dit

    G. Brunoy, je pense que vous confondez la politique avec l’administration.
    Plus de politique ce n’est pas plus d’hommes politiques, c’est juste un homme, ou une femme avec une vision, capable de nous entraîner.
    Je ne suis pas du tout d’accord avec votre analyse «mafieuse» de la vie administrative française. Et même, je la trouve honteuse.

  • 4 June 2009 à 14h17

    nadia comaneci dit

    Franz, excellente votre analyse sans complaisance partisane de l’éduc nat. On comprend mieux pourquoi certains profs désertent le navire qui prend l’eau de toute part et n’est pas prêt d’être remis à flot.

  • 4 June 2009 à 14h09

    Franz dit

    @Alice
    Detrompez-vous, ce n’est pas parce que je dis qu’il faut plus de politique que je ne suis pas d’accord sur certains points avec MM. Brunoy et xly.

    Face a un probleme, les gouvernements ont toujours tendance a repondre avec deux outils:
    (1) Une loi, c’est gratuit, ca se vote vite fait, et ca permet de faire le bruit mediatique suffisant pour dire qu’on s’occupe du probleme
    (2) Des moyens supplementaires pour dire “le probleme est une priorite nationale” et “on met le paquet”

    Je vais prendre un exemple un brin polemique, l’Education nationale. C’est un gouffre financier, et ca ne donne pas les effets escomptes. Qu’est-ce que fait l’Etat? Plus de moyens, moins d’eleves par classe, plus de conseillers d’education, de professeurs referents, de college unique, de nouvelles methodes pedagogiques, de surveillants, de portique a l’entree, de ZEP… Je n’appelle pas cela plus d’Etat, c’est juste plus de depenses, et plus de demagogie.

    Un vrai Etat est celui qui a l’intelligence de poser un vrai diagnostic, et ensuite le courage d’apporter une vraie solution. Quel est le projet de l’Education Nationale? Former des hommes libres, des futurs employes pour les secteurs de l’avenir, donner un bagage technique minimum, occuper des enfants parce que leurs parents bossent? Quel est le role des enseignants? Transmettre un savoir, faire s’epanouir l’eleve, lui donner envie d’apprendre plus par ailleurs, lui donner une logique de decryptage du monde? Comment gere-t-on les eleves “difficiles”? Est-ce qu’un prof peut mettre une taloche a un eleve? Quel mode de selection? Ca c’est de la politique, et je reste sur ma fin depuis de nombreuses annees. Je suis assez reactionnaire sur le sujet, donc vous imaginez tout le bien que je pense de la blouse grise (un bon moyen de redonner du pouvoir d’achat aux parents et de diminuer le racket), de la meritocratie (rigoureuse selection qui permettait aux enfants d’ouvriers et de paysans d’acceder a polytechnique, pas de chanter Grand Corps malade pendant les cours de francais pendant que les ecoliers triment dans les bonnes ecoles), de l’orientation vers les filiers manuelles assez tot dans le processus (les eleves completement largues a l’age de 12 ans ne vont pas devoir passer 4 ans supplementaires a attendre la quille, en foutant la merde parce qu’ils ne comprennent rien, en sechant les cours pour ne pas etre humilie devant leurs camarades, et en s’inventant mille autres activites pendant ce temps).

    En fait, les hommes politiques ont arrete de faire de la politique depuis bien longtemps, et se contentent de gerer au jour le jour, en menageant la chevre et le chou. Je garde un souvenir horrifie du passage de M. Cope devant les deux Erics, et la question de Zemmour a la fin: “J’ai bien aime votre livre, mais je ne sais toujours pas qui vous etes”.