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Nationalisations : le retour du mort-vivant

La défaite politique de Montebourg ne pèse rien vis-à-vis de sa victoire symbolique

Publié le 11 décembre 2012 à 9:20 dans Économie Politique

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montebourg florange nationalisation

On pourrait penser, à propos de l’affaire de Florange, que la déculottée subie par Arnaud Montebourg est intégrale. Finalement, comme il a été raconté partout, il a perdu la bataille sociale et la bataille politique. Au point qu’il était décidé à démissionner, ce dont l’ont finalement dissuadé l’Intersyndicale et son leader Edouard Martin. Et c’est vrai, ce n’est pas un métier facile qu’être ministre du Redressement productif dans un gouvernement furieusement court-termiste, qui ne veut plus d’industrie,et se soucie bien moins de cables d’acier que de règle d’or.

Montebourg a donc perdu la bataille sociale : l’accord finalement conclu avec Mittal est largement bénéficiaire pour ce dernier. Il devait tout perdre, il s’en tire avec  un investissement de 180 millions d’euros sur 5 ans (une paille pour la 21ème fortune mondiale) et une promesse de redévelopper la filière froide sur le site en préservant l’emploi. Les hauts-fourneaux resteront donc éteints. Mittal acceptait même un vague projet Ulcos, financé par la sidérurgie et l’Europe afin de produire de l’acier moins polluant en captant le CO2.

Seulement, Mittal n’a même pas attendu le délai de décence pour signifier que ce projet, malgré l’accord signé, ne l’intéressait plus. Comme le dit Edouard Martin : « Mittal a enfumé tout le monde et soit Jean-Marc Ayrault est un imbécile, soit il est complice. » On va donc attendre, du côté de gouvernement, qu’un Ulcos 2 se mette en place aux calendes grecques, quoiqu’on devrait peut-être dire désormais aux calendes bruxelloises : étant donné la situation hellène, même ses adjectifs n’inspireraient pas confiance aux investisseurs.

En apparence, Montebourg a aussi perdu, de surcroît, la bataille politique : on l’a laissé mener les négociations tout seul comme un grand, on lui a laissé faire les petits gestes qui marquent,  les croissants apportés aux ouvriers comme prononcer les grands mots « nationalisation » et entamer un choc frontal avec l’homme d’affaire indien ; « Mittal n’a rien à faire en France ». Et pourtant, quand l’heure de vérité est venue, il a été claire que c’étaient Hollande et Ayrault qui reprenaient le dossier et déjugeaient pratiquement en direct leur ministre.

Mais cela signifiait aussi et surtout que dans la bataille idéologique qui traverse le PS de gouvernement, la gauche interventionniste façon Montebourg perd sa bataille devant la gauche sociale-libérale façon Ayrault. Dans cette bataille idéologique, heureusement que le PS n’est plus en train d’élire son premier secrétaire sinon le congrès de Reims et la guerre civile à l’UMP feraient figure d’aimables bluettes en comparaison.

Pourtant, mais cela se mesurera sur une durée plus longue, Montebourg a remporté une victoire dans l’ordre du symbolique. Nous n’avons pas dit une victoire symbolique, mais une victoire dans l’ordre du symbolique. Il a fait tomber un tabou. Celui du mot « nationalisation ». Vous pouvez lui accoler  l’adjectif « temporaire », ou encore remplacer ce dernier par « partielle » ou encore mixer ces deux restrictions, n’empêche : on a quand même entendu pendant plusieurs semaines des éditorialistes économiques d’habitude plus enclins à expliquer les bienfaits de la libre concurrence, admettre que oui, finalement, la nationalisation, pourquoi pas. Que ce n’était pas inimaginable, finalement. Qu’il fallait voir.

Madame Parisot, elle, faisait semblant de ne pas comprendre, faisait la grosse voix et parlait d’expropriation, de vol, ce qui ne manque pas de sel quand on sait que Mittal ne paie pas ses impôts en France mais c’est une autre histoire. On a vu, autour de cette idée de nationalisation, des grands noms de la droite colbertiste, comme Henri Guaino se rallier à l’idée et même y accoler le nom de l’ancien président, qui n’aurait pas été hostile au principe. Les gaullistes, s’il en reste, de même que les libéraux les moins dogmatiques savent très bien, eux aussi, que le volontarisme est indispensable pour faire contrepoids à la dérégulation généralisée. On peut même ainsi parier que si on avait demandé son avis à Obama, il aurait dit  «Why not ?»

Or les plus anciens d’entre nous savent que le mot nationalisation, on ne l’avait pas entendu depuis le milieu des années 80. Qu’il ne traînait que dans les congrès du PCF (et encore pas chez tous les communistes), de la LCR et de LO.  Et voilà qu’en 2012, tout le monde a été sommé de se positionner face à cette idée archaïque qui soudain redevenait d’actualité et paraissait même une solution rationnelle parmi d’autres.

On nous objectera, avec raison, qu’Arcelor ne sera pas nationalisé après le bras de fer de Florange.

Tant pis, tant mieux. Mais le simple fait qu’il en ait été question est, répétons-le, la victoire dans l’ordre du symbolique de Montebourg et de tous ceux, de tous les bords de l’échiquier politique, qui commencent à comprendre que s’il n’y a plus de mots tabous pour flexibiliser le code du travail ou bouleverser le code civil, il n’y en a plus non plus pour mettre au pas, ou réguler, soyons gentils, les entrepreneurs qui se servent de l’industrie et de l’emploi comme d’une variable pour maximiser leurs profits.

On souhaite, et pour tout dire, on prédit tous deux, que le mot nationalisation connaîtra la même bonne fortune que ses ascendants directs, la démondialisation et le protectionnisme. Une fois que le mot est lancé, il suivra son bonhomme de chemin. On sera encore plus explicite en disant qu’il suivra son chemin avec ou sans Arnaud Montebourg.

*Photo : Parti socialiste/Mathieu Delmestre.

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  • 12 Décembre 2012 à 0h18

    nadia comaneci dit

    Toujours se méfier des faux cons.
    Ayrault n’a pas l’air d’avoir inventé l’eau tiède et pourtant il est tranquillement en train de pulvériser les deux challengers du Président aux partielles.
    Sur sa gauche Montebourg est cramé, ridiculisé, et sur sa droite Valls, avec sa bonne tête de chouchou des sondages, vient de commettre quelques impairs qui sentent très fort l’amateurisme.
    ça s’appelle dégager le terrain. 

    • 12 Décembre 2012 à 9h50

      SPQR dit

      bien sur Nadia… Ayrault pourrait meme un jour reprendre la mairie de Nantes et obtenir son bel aeroport! C’est dire s’il met sa fausse-connerie au service d’interets superieurs (meme pas des siens!).
      Hollande aussi garde a l’esprit le financement du coup de peinture qu’il faut mettre dans le hall du conseil general de Correze!!!

  • 11 Décembre 2012 à 21h18

    eclair dit

    1930
    40 tonnes produites annuellement
    aujourd’hui 16tonnes. ce ui represente 40% de nos besoins.

    la chine 700 millions de tonnes.
    donc là aussi on vas passer chinois pour l’avier? 

  • 11 Décembre 2012 à 19h09

    Alain Briens dit

    Et un dernier commentaire pour enfoncer le clou : Obama aurait peut-être dit “why not”, comme il l’a fait pour General Motors.
    Rappelons toutefois aux Obamalâtres que la nationalisation temporaire et le sauvetage de General Motors se sont soldés par 47 000 licenciements dont 26 000 hors USA et 9 fermetures d’usine dont 5 hors des États-Unis…mais peut-être est il moins douloureux de perdre son emploi quand on est victime d’un licenciement de gauche.

    On rêve…

  • 11 Décembre 2012 à 18h59

    Alain Briens dit

    Marie, vous avez raison. L’unique atout de Florange était la présence locale de charbon, de minerai de fer et de clients importants de proximité, en particulier dans l’industrie automobile. Ces 3 atouts se sont enfuis et Florange n’a plus aucune chance, encore moins dans un contexte où la surcapacité d’acier en Europe atteint 30%.
    Autre point problématique de la nationalisation d’une usine isolée : comment reconstituer les flux amont (matières premières), aval (contrats long terme clients) alors que cette usine est intégrée dans le schéma de production du groupe Mittal ? C’est bien de nationaliser, mais il faut avoir du charbon à mettre dans ses fourneaux, ou au moins des brames à passer au laminoir, il faut avoir aussi des débouchés…or on ne peut pas nationaliser les clients de Mittal (ou alors on change de société, non seulement en France mais en Europe…).
    Autre problème mineur : où trouver l’argent, environ 1 milliard d’euros ? Il faut en effet compter 400 millions pour indemniser M. Mittal, 400 millions pour remettre les hauts-fourneaux d’aplomb et 200 millions d’euros de FRG (fonds de roulement de gestion) sachant que les clients dans le bâtiment et l’automobile paient à 45 jours fin de mois.
    Ce qui amène aussitôt la question suivante : faut il dépenser 1 milliard d’euros pour sauver 625 emplois, sachant que l’État avait investi 620 millions d’euros pour sauver les 25 000 emplois français d’Alstom ?
    En dehors des belles envolées lyriques et des bons sentiments, j’aimerais qu’on me démontre avec des arguments concrets que cette histoire de nationalisation, temporaire ou non, a jamais été autre chose qu’une opération de com et une démonstration d’amateurisme.

    • 11 Décembre 2012 à 19h13

      Marie dit

      je pencherais vers l’amateurisme, ou du moins l’absence totale de connaissance du monde du travail et de l’industrie. On ne doit plus non plus apprendre la géographie économique ,c’est vrai que c’est moins intéressant que la climatologie.

    • 12 Décembre 2012 à 0h10

      nadia comaneci dit

      Alain,  merci pour la démonstration. Implacable, mais salutaire, quand on n’est pas spécialiste, pour remettre les idées en place.
      Cela dit, l’opération de com a commencé sous Sarkozy avec la reprise par Mittal, Hollande a hérité d’un baton merdeux dont il tente de débarrasser comme il peut et sans trop écorner son image. Comme les autres, ni plus, ni moins.
      La nationalisation d’un secteur stratégique et rentable, armement, nucléaire, pourquoi pas, mais la nationalisation-sauvetage n’est qu’un leurre, un appeau. Les dindons de la farce seront les salariés.

  • 11 Décembre 2012 à 17h35

    Alain Briens dit

    “Or les plus anciens d’entre nous savent que le mot nationalisation, on ne l’avait pas entendu depuis le milieu des années 80.”
    Vous faites donc l’impasse sur la nationalisation d’Alstom qui date de 2004 si je ne m’abuse…peut-être parce que c’est Nicolas Sarkozy qui présida à cette opération très réussie qui permit même à l’Etat d’engranger à la revente de ses 21% du capital une très confortable plus-value de 1,26 milliard d’euros.
    Malheureusement, le cas de Florange est totalement différent de celui d’Alstom et un tel succès n’avait aucune chance de se répéter, et pas seulement parce que ce gouvernement est essentiellement constitué de branquignoles…

    • 11 Décembre 2012 à 18h03

      Marie dit

      parce que malheureusement pour les gens qui y travaillent cette usine fermera, car non rentable. Contrairement à ce que nous pense Leroy on peut compatir à la détresse des salariés , trouver que Mittal n’est pas un saint patron mais après on fait quoi? la sidérurgie est morte en Lorraine faute de produit brut dans les environs immédiats ? Qui a menti ? tout le monde syndicats compris qui servent un discours aux salariés et un autre quand ils sont face aux patrons.

  • 11 Décembre 2012 à 17h25

    Alain Briens dit

    Une petite remarque sur Ulcos :

    La sidérurgie française en général et surtout Florange en particulier n’ont pas besoin d’une technique qui pollue moins mais d’une technique qui permette de produire moins cher. Mittal a eu bien raison d’enterrer Ulcos. La sidérurgie française c’est 15 millions de tonnes d’acier, sur une production mondiale d’environ 1400 millions de tonnes. Espérer influer sur l’émission mondiale de gaz à effet de serre en installant Ulcos à Florange, alors que les Chinois et les Indiens sont à fond dans une logique productiviste, c’est vouloir dessaler l’atlantique avec une pince à épiler. Il y a qu’en Europe que nous nous imposons des contraintes pareilles sous l’influence des sectes décroissantes (voir aussi REACH)…cela n’aurait il pas un petit rapport avec la désindustrialisation ?

  • 11 Décembre 2012 à 14h23

    kravi dit

    @Leroy :
    Je ne fais aucune idéologie en la matière. Au reste, je n’y connais pas grand-chose en économie. Mais étant pragmatique, je pense que toute mesure efficace sera bienvenue pour combattre le chômage.
    Oui, Mittal a suffisamment prouvé qu’il était un voyou. Oui, il faudrait pondre des lois pour qu’aucun patron ne puisse impunément se conduire de la sorte.
    Entendu Attali — allez-y, poussez de hauts cris indignés — l’autre matin sur France culture : c’est dramatique pour ces 600 personnes, mais comme dit Nadia, la sidérurgie française est cuite. Et il y a 5000 chômeurs de plus chaque mois.
    Je dis simplement qu’il est contre-productif pour le redressement productif d’envoyer un message aussi dissuasif à d’éventuels investisseurs.

    • 11 Décembre 2012 à 15h12

      Marie dit

      http://www.realtid.se/ArticlePages/201211/29/20121129151714_Realtid820/20121129151714_Realtid820.dbp.asp
      “”L’industrie sidérurgique européenne est dans une profonde récession, et depuis 2006, la demande a chuté de 25 pour cent, ce qui nécessite des ajustements de capacité. Arcelor veut fermer deux installations de fusion non
      rentables français avec plus de 600 employés. Au total le groupe sidérurgique indien emploie 20.000 personnes en France et pas moins de 200.000 dans le monde entier.

      Le gouvernement français estime que Mittal a précédemment promis de ne pas réduire l’emploi dans ses usines françaises et si cette prétendue promesse n’est pas remplie, on s’approcherait de la nationalisation. Il convient de rappeler que nous ne sommes pas au pays du président Hugo Chavez au Venezuela, mais en Europe continentale.”…”"La politique française se gargarise de mots et pratique la gesticulation, elle est ouvertement théâtrale et à nos yeux finalement assez ridicule.”

      • 11 Décembre 2012 à 15h13

        Marie dit

        Alors , sans effet à l’international les propos de Montebourg?

      • 11 Décembre 2012 à 17h18

        Jérôme Leroy dit

        Oui, Marie, je sais, je sais. Mittal est un type bien. Montebourg est un con. les ouvriers dont des faignants et je vous donne mon habituelle et spéciale dédicace parce qu’à chaque fois je pense à vous et à quelques autres:
        http://www.youtube.com/watch?v=HH5fVD-1_I4

    • 11 Décembre 2012 à 17h25

      Jérôme Leroy dit

      Il n’y pas de message ou pas à envoyer à des brigands. Mittal est un investisseur comme moi je suis une bonne soeur en string.Il est venu fermer les hauts fourneaux pour assécher le marché, faire monter les prix de l’acier et piquer un brevet au passage.
      Vous êtes d’une indulgence incroyable pour la délinquance en col blanc. Vaut mieux être Mittal et voler un pays qu’un délinquant des cités et voler l’arabe du coin.
      Ca, vous voyez, c’est exactement ce qu’on appelle de l’idéologie.

      • 11 Décembre 2012 à 17h53

        kravi dit

        @Leroy :
        C’est marrant, j’ai dit EXACTEMENT le contraire : « Oui, Mittal a suffisamment prouvé qu’il était un voyou. Oui, il faudrait pondre des lois pour qu’aucun patron ne puisse impunément se conduire de la sorte. »
        Peut-être devriez-vous changer de lunettes.
        Ou alors VOTRE idéologie vous rend mal-comprenant dés que vous croyez flairer un immonde ultralibéral.
        Après tout, peu importe.

  • 11 Décembre 2012 à 14h16

    nadia comaneci dit

    Le portefeuille offert à Montebourg était un cadeau empoisonné de la plus belle eau. Un permis de casse-pipe.
    Qu’on nationalise ou pas, la sidérurgie française est cuite. Autant payer les salariés à rester chez eux, ça coûtera moins cher.
    Mon cher Eugène, si nous mettons des droits de douane sur l’acier chinois, il en mettra sur nos bagnoles… tu vois le jeu de barbichettes ? ça s’appelle la mondialisation, pour en tirer parti “intelligemment” comme on dit ailleurs, il faut faire comme les Allemands. La carte de la qualité, produire ce que nous sommes encore les seuls à savoir faire. De la valeur ajoutée. Pas de l’acier, des ordinateurs ou des culottes. D’autres le font aussi bien et pour moins cher. Mais ça ne se décide pas dans l’urgence, en 15 jours. Pour reconvertir 650 vies, il faut du temps, et de l’argent. Et ne pas les prendre pour des pions ou des cons.

    • 11 Décembre 2012 à 14h26

      Eugène Lampiste dit

      alors, quelles sont les choses que le monde entier nous envie…

      à part venir faire du tourisme en france, je vois pas

      on pourrait transformer la france en immense parc d’attractions, peut-être ? 

      • 11 Décembre 2012 à 14h37

        Eugène Lampiste dit

        comme le prédit houellebecq, d’ailleurs.

      • 11 Décembre 2012 à 14h54

        nadia comaneci dit

        Les services ne sont pas délocalisables.
        L’artisanat non plus. 
        Sinon, faire du haut de gamme. A l’allemande.
        Pour le bas de gamme et l’industrie lourde, nous ne sommes plus compétitifs. Maintenir des emplois artificiellement, sous oxygène, ne fait que reculer le problème. Et la nationalisation n’est rien d’autre. Hollande se prend dans la tronche la bombe à retardement amorcée par Sarkozy avec Mittal. C’était un plan foireux, politicien, pour gagner quelques années, on voit le résultat.
        Et qui c’est qui trinque ? 

  • 11 Décembre 2012 à 13h48

    kravi dit

    @lampiste et Leroy :
    ce n’est pas moi qui infirmerai que Mittal s’est conduit comme une ordure. Mais vos lazzi de duettistes, pour désopilants qu’ils soient, ne répondent en rien à ma question : pensez-vous vraiment qu’une menace de nationalisation puisse inciter les entrepreneurs étrangers — oui, je sais, forcément ignobles, les entrepreneurs — à investir dans notre douce France ? Sauf à considérer que l’État du chômage est satisfaisant dans notre doux pays, ne serait-il pas temps d’y favoriser l’emploi ?

    • 11 Décembre 2012 à 13h49

      Eugène Lampiste dit

      les menaces de nationalisation, y’a que parisot pour faire SEMBLANT d’y croire.

      • 11 Décembre 2012 à 13h55

        kravi dit

        me voici donc rassuré, comme les ex-futurs-investisseurs.

    • 11 Décembre 2012 à 13h53

      kravi dit

      En attendant qu’on pende le dernier patron avec les tripes des derniers curé et rabbin — attention, pour ne pas froisser la diversité, les imams ne sauraient être touchés par cette mesure de salut public –, il serait peut-être temps de comprendre que les entreprises ne sont pas seulement des vaches à lait : elles sont aussi créatrices d’emplois. À moins, bien sûr, que selon les préceptes du Petit Livre Vert, on arrête la consommation stupide, forcément stupide.

      • 11 Décembre 2012 à 13h55

        Eugène Lampiste dit

        faudrait surtout rétablir les droits de douane pour que les produits importés aient enfin des prix similaires à ceux produits en france.

        sinon, tout ce que pourront faire (et surtout ne pas faire) les gouvernements successifs, ce sera comme pisser dans un violon (ce qui relancerait déjà l’industrie du violon) 

    • 11 Décembre 2012 à 13h56

      Jérôme Leroy dit

      Oui, Kravi. En même temps, comme on n’a même pas essayé.
      Ce que nous avons signalé au passage avec l’ami marco, c’est que l’idée n’a pas choqué tant que ça une certaine droite et que sarko lui-même avait envisagé de telles solutions. Notre constat est le même, je crois. Le chômage. Je constate “dans l’ordre du symbolique” que l’idée ne parait plus absurde puisque tout le reste échoue. Et que Mittal n’a pas attendu 36h après la signature de l’accord pour se comporter en pirate de haute mer. Il aurait tort de se priver.
      Avec un gouvernement social liberal qui au bout de vingt ou vingt cinq ans de politique d’abaissement des charges, par exemple, continue sur la même voie alors que l’impact sur l’emploi est de zéro, il aurait tort de se priver.
      Vous ne voulez pas de tabou en économie, alors pourquoi celui-là? Parce qu’il est connoté “de gauche”. C’est vous qui faites de l’idéologie en l’occurrence.

      • 11 Décembre 2012 à 15h04

        ACL dit

        Quel abaissement des charges ?
        Elles progressent chaque année ; les politiques n’ont de cesse de créer de nouveaux impôts, nouvelles contributions, nouvelles confiscations venant alimenter le moloch bureaucratique français dont les résultats si brillants sont sous nos yeux qui ne veulent pas voir.
        Après chaque allègement, un nouveau prélèvement est créé (pour des motifs de justice, comme ils disent) qui est supérieur à ce qui vient d’être rendu. 

  • 11 Décembre 2012 à 12h45

    eclair dit

    Qu’est ce que l’acier.
    L’acier sert dans les véhicules, le batiment, dans l’industrie de l’armement.
    EN gros plus de sidérugie plus d’industrie autonome de l’armement

    Un pays qui n’as plus d’industrie lourde est un pays dépendant des bons vouloir d’autres pays. Qui n’as plus la main sur son économie et qui dépend complètement d’autres. 

    La fin de la sidérugie signifie juste la fin de l’industrie en france à moyen terme. 

    • 11 Décembre 2012 à 12h50

      Eugène Lampiste dit

      ce qui intéressait Mittal, c’était les brevets d’arcelor.

      tout le reste n’est que littérature. 

      • 11 Décembre 2012 à 13h12

        Jérôme Leroy dit

        Ca, c’est sûr, lui, la “prise en compte du réel”, il sait ce que c’est. Je pique les idées et je vais les exploiter ailleurs pour moins cher. Le capitaliste émergent, pour lui, ce n’est pas le tourisme sexuel qui l’intéresse en Europe, c’est le tourisme industriel.

      • 11 Décembre 2012 à 13h19

        Eugène Lampiste dit

        il aurait donc fallut le retenir en imposant aux ouvriers d’être payés (et traités) comme dans la pire usine délocalisée.

  • 11 Décembre 2012 à 12h01

    kravi dit

    Une victoire symbolique ? Pyrrhus doit jubiler dans sa tombe.
    Car les symboles n’ont jamais nourri quiconque et le gouffre du chômage va encore augmenter grâce au message qu’on vient de donner aux ex-futurs investisseurs en France. Il est clair : fuyez ce pays comme la peste car vos investissements risquent à tout moment de vous être confisqués.
    Il suffit de considérer la santé florissante de nos industries et de notre compétitivité pour ne rien craindre de l’avenir.
    Vous pouvez donc remercier Montebourg et fustiger les sociaux-démocrates qui, pour une fois, auront préféré la prise en compte du réel aux dépens des postures du symbolique.

    • 11 Décembre 2012 à 12h23

      Eugène Lampiste dit

      tiens, je sens qu’on ne va pas tarder à nous ressortir le coût du travail.

    • 11 Décembre 2012 à 12h34

      Jérôme Leroy dit

      “prise en compte du réel”: da

      • 11 Décembre 2012 à 12h36

        Eugène Lampiste dit

        je propose que pour garder nos entreprises, les employés travaillent gratuitement.

        mais l’entretien d’un esclave ne revient il pas trop cher ?

        c’est qu’il faut les nourrir, et plusieurs fois par jour, en plus !!!

    • 11 Décembre 2012 à 12h39

      Jérôme Leroy dit

      “prise en compte du réel”.
      Mouais.
      Dans le dictionnaire français-larbin, larbin-français, ça veut dire “soumission”. Je suis très content que De Gaulle en 40 ait eu une très moyenne “prise en compte du réel” dans ses projets. Ou même Blum en 36. Ou Pasteur.

      • 11 Décembre 2012 à 12h42

        Eugène Lampiste dit

        Blum ?

        cet odieux personnage qui a obligé les riches à partager les plages avec le bas peuple ???

        qu’il soit maudit 
         

  • 11 Décembre 2012 à 11h52

    SPQR dit

    un dernier coup d’oeil au concept avant liquidation totale du portefeuille innovant du think-tank collectiviste dont on peine a donner un nom!

    Dommage que Montebourg n’ait pas mis son brushing et sa revolutionnaire de tortue-geisha au service d’un secteur plus porteur et susceptible de creer plus de 650 emplois!

    Cela dit je suis comme vous, j’aime bien quand le Parti Societaliste cultive le folklore!

    • 11 Décembre 2012 à 20h25

      Eugène Lampiste dit

      bah, vous cultivez bien le folklore du gauchophope primaire,

  • 11 Décembre 2012 à 11h44

    Villaterne dit

    La réapparition du mot “nationalisation” serait une victoire d’ordre symbolique! Et après? Personnellement cette symbolique-là me fait une belle jambe !
    Ce qui m’intéresse davantage est de savoir si la nationalisation est une solution viable. Car il faut savoir ce qu’est une nationalisation!
    Elle consiste pour un Etat à entrer dans le capital de celle-ci à plus de 50% afin d’en prendre le contrôle direct. Elle s’opére par une indemnisation des propriétaires privés ou dans le cas d’une révolution par une confiscation sans contreparties financières.
    N’étant pas dans le cas de figure d’une révolution, il va donc falloir sortir les soussous (les nôtres bien sûr). Autant ne pas les jeter dans le tonneau des Danaïdes ! Donc question primordiale à se poser : La filière sidérurgique a-t-elle un avenir en France?
    Le reste n’est que petit plaisir idéologique !

    • 11 Décembre 2012 à 15h02

      Marie dit

      Oui si les usines sont près des ports..toutefois dans le cas ou les dockers ne seraient pas en grève permanente

  • 11 Décembre 2012 à 11h16

    ACL dit

    Ni Montebourg, ni Hollande, ni Ayrault ne peuvent changer la réalité ; une entreprise ce n’est pas une administration bureaucratique, même “nationalisée”.
    Le “redressement productif” en provenance de l’État c’est une des farces les plus grotesques.
    Les soviets et Boumedienne (parmi bien d’autres qui ont terrorisé leurs populations) n’ont jamais réussi à construire une industrie d’état qui produisait à des coûts acceptables et dans des conditions supportables.
    Chavez gaspille l’argent du pétrole pour faire croire à la viabilité de son système ; mais le pétrole s’épuisera …
    Nous courrons très rapidement, mais vers la catastrophe.
    Les entreprises sont les seuls créateurs de richesses et d’emploi.
    En France, on les tue ; l’emploie disparait avec elles. 

    • 11 Décembre 2012 à 11h29

      Jérôme Leroy dit

      C’est pas du tout péremptoire comme commentaire. J’aime bien. On dirait du Brejnev à l’envers.

      • 11 Décembre 2012 à 15h08

        ACL dit

        Confondre péremptoire et observation de la réalité permet de rêver aux lendemains qui chantent.
        Les impôts et charges, Mittal en payait beaucoup ; il ira les payer ailleurs. 

  • 11 Décembre 2012 à 9h44

    michel kessler dit

    je veux bien admettre avec vous deux, après en avoir tartiné des mètres, que les mots ont percé (comme le pus qui sort de l’abcès), mais encore? le réel ne vous a pas encore donné raison , ni pour le protectionnisme, ni pour la démondialisation, quant à la nationalisation…Je vis en Moselle depuis 51 ans, mon père a fait sa carrière à Sacilor Sollac et j’ai vu se fermer tous les sites les uns derrière les autres: il en reste encore un à liquider, ça c’est le réel camarades!

    • 11 Décembre 2012 à 9h56

      Jérôme Leroy dit

      Le réel, il a commencé avant, bien avant votre père à Sollac et mon beau père à Usinor Denain: le réel il a commencé quand les libéraux ont imposé leur vision du monde dans le vocabulaire et les esprits avant qu’elle ne le soit dans les faits. Ils ont mis plus de trois décennies, les Chicago Boys, ou la fondation de Mount Pelerin, a imposer l’idée que l’état était intrinsèquement pervers sauf dans quelques missions régaliennes.

      • 11 Décembre 2012 à 15h00

        Marie dit

        et pourtant c’est que la Suède a choisi comme voie (libéral) et ça lui a drôlement bien réussi.

  • 11 Décembre 2012 à 9h30

    panpan2017 dit

    A la fin du 6eme paragraphe vous vouliez écrire ”pas inimaginable”, non ?
    Sinon, oui, il y a de toutes petites choses qui font tout doucement leur chemin…. 

    • 11 Décembre 2012 à 9h39

      Jérôme Leroy dit

      toutafé panpan 2017, ça devrait bientôt être rectifié.