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Nathan le pas sage

Qui a tué Arlozoroff ? Tobie Nathan mène l’enquête

Publié le 14 mai 2010 à 12:00 dans Culture

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Mémorial Haïm Arlozoroff, Tel Aviv

Mémorial Haïm Arlozoroff, Tel Aviv

Inutile de biaiser, comme dirait Marie-Paule Belle, je connais Tobie Nathan, je l’ai même rencontré à plusieurs reprises, ces dernières années, lorsqu’il était conseiller culturel à Tel Aviv. Il s’affairait à édifier le magnifique Institut français qui se dresse aujourd’hui fièrement à l’angle du boulevards Rothschild et de la rue Herzl. C’est un immeuble Art Déco des années trente du siècle dernier, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, rénové avec toute la passion esthétique qu’un homme de goût peut investir dans un édifice dont la République peut aujourd’hui être fière.

Cet hommage quelque peu grandiloquent, je le concède, au “petit cultureux binoclard à nœud pap’” – c’est ainsi qu’il se met en scène dans son dernier roman1 – est destiné à compenser quelque peu l’ingratitude de l’administration pour laquelle il dépensa sans compter son énergie et son talent, celles des affaires étrangères. Il ne bénéficia pas, une fois sa tâche accomplie, du grand poste prestigieux auquel il aurait pu aspirer, ce qui ne l’empêche pas, comme disent les Allemands de “Maul halten und weiter dienen”2 quelque part en Afrique. Le Quai est, semble-t-il, plus sensible aux pressions des coteries parisiennes qu’au mérite acquis en mettant les mains dans un cambouis qui, pour être culturel, n’en n’est pas moins salissant. Alors, passant de Tel Aviv, souviens toi de ce que doit la blancheur immaculée des murs de l’Institut à la ténacité, l’astuce et au désintéressement patriotique du ” petit cultureux” !

A l’origine, avant de traîner ses costards crèmes et son nœud pap’ dans les ambassades, Tobie Nathan, juif égyptien émigré à Paris peu après sa naissance au Caire en 1948, est un universitaire qui introduisit et développa en France l’ethnopsychiatrie, une discipline issue de l’ethnopsychanalyse fondée par l’anthropologue franco-américain Georges Devereux.

En ce mois de mai 2010, il nous rappelle son existence avec un roman, un vrai, pas une de ces minauderies éditoriales nombrilistes qui fleurissent chaque automne à Saint-Germain.

C’est une histoire haletante, avec des vrais personnages, et même des personnages vrais, qui ont existé dans l’Histoire et pas qu’un peu, comme Josef Goebbels et son épouse Magda. L’intrigue part d’un mystère qui reste aujourd’hui en grande partie sans solution : qui a assassiné, le 16 juin 1933, vers minuit sur la plage de Tel Aviv, Haïm Arlozoroff, figure importante du Yichouv, la communauté juive de Palestine avant la proclamation de l’Etat d’Israël ? La mort de cet homme de 34 ans, né en Ukraine, mais éduqué à Berlin provoqua une émotion immense dans le Yichouv et déchaîna des passions politiques qui ne sont pas encore totalement apaisées aujourd’hui. Figure de l’extrême gauche sioniste socialiste, Arlozoroff était la bête noire des ” révisionnistes” la droite sioniste rassemblée autour de son leader charismatique Zeev Jabotinsky. Pour David Ben Gourion, chef du Mapaï, la gauche travailliste, la cause est entendue : cet assassinat a été commis par des sicaires d’extrême droite manipulés par les amis de Jabotinsky, et deux d’entre eux seront arrêtés et traduits en justice, mais acquittés faute de preuves.

Lorsqu’en 1977, Menahem Begin, héritier politique de Jabotinsky , devint premier ministre d’Israël, il désigna une commission d’enquête pour tenter de faire la lumière sur cet assassinat, plus de quarante ans après les faits. Cette commission, composée d’historiens et de juristes ne put qu’établir que la piste des nervis d’extrême droite ne tenait pas la route, tout en se déclarant incapable d’en proposer une plus solide…

Lorsqu’il fut assassiné, Haïm Arlozoroff revenait d’une mission secrète à Berlin, où les nazis venaient de prendre le pouvoir et avaient commencé leurs persécutions contre les Juifs allemands. Il était venu négocier avec les nouveaux maîtres du pays les conditions d’émigration vers la Palestine de ceux d’entre eux qui l’auraient souhaité, en abandonnant au Reich la moitié de leurs biens, et en en récupérant l’autre moitié à leur arrivée, sous forme de produits allemands livrés au Yichouv. Son contact avec les autorités nazies avait été établi par Magda Goebbels, née Behrend, avec qui il avait eu une aventure sexuelle d’adolescent à Berlin, lorsqu’il avait 17 ans et elle 16, et qui se serait poursuivie par intermittence, même lorsque Magda était mariée avec le riche industriel allemand Günther Quandt. Après son divorce, elle épouse en 1930 le chef de la section berlinoise du Parti nazi, Josef Goebbels, qui allait devenir le ministre de la propagande du Reich hitlérien.

Les historiens ayant jeté l’éponge pour éclaircir le mystère de l’assassinat d’Arlozoroff, la voie était libre pour les romanciers d’imaginer les scénarios les plus époustouflants avec deux personnages principaux, Magda Goebbels et Haïm Arlozoroff aussi passionnés à se détruire qu’il le furent à s’aimer. Celui imaginé par Tobie Nathan se fonde sur une étude psychologique approfondie des principaux protagonistes, et un art du récit qui n’oublie pas de nous faire partager sa connaissance intime et sensuelle de la Tel Aviv d’aujourd’hui, où Ben Gourion, Jabotinsky et Arlozoroff se retrouvent pour l’éternité unis comme parrains des rues principales de la ville blanche.


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  1. Tobie Nathan, Qui a tué Arlozoroff ? (Grasset)
  2. “Taire sa gueule et continuer à servir” (sagesse populaire prussienne)
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  • 20 May 2010 à 10h03

    Bibi dit

    Delpla,

    Mal formuler une phrase/question est une erreur, et je la reconnais.
    Ce n’est pas la peine de vous emporter, il n’y avait rien de personnel.

    En l’occurrence, puisque vous parliez de “l’addition”, je posais la question de savoir si, selon vous, les survivants de la Shoah font partie des victimes de la Shoah. Idem pour leurs enfants et petits enfants.
    (J’ai quelques réticences à employer le terme victimes pour désigner les survivants)

    Votre post de 8:56,
    Le 3ème i – Pas coupable!
    Le 2nd i – Certes, et tout à fait d’accord avec la critique du “gommage” de Littel. Mais (et cela comprend un point du 4ème i) c’est la raison de ma question re-formulée.

  • 20 May 2010 à 8h56

    François Delpla dit

    Pour bien mettre les points sur les i :

    -je n’ai rien contre le roman historique, y compris s’il traite du nazisme.

    -s’il comporte des erreurs capables d’influer sur le jugement politique qu’il suscite, l’historien qui les répère a non seulement le droit mais le devoir de les signaler.

    -si ceux qui engagent alors le débat prétendent que cet historien défend son pré carré contre toute intrusion fictionnelle, ils se ridiculisent.

    -les deux erreurs les plus condamnables sont de présenter les nazis comme plus instinctifs et moins réfléchis qu’ils n’étaient, et de mettre sur leur dos élargi des péchés d’autres mouvances.

  • 20 May 2010 à 5h04

    François Delpla dit

    peu importe ma personne et ce n’est pas sur la prière d’un violeur de toute déontologie internautique que je vais commencer à en parler.

    Mon site en dit assez long et aborde les Bienveillantes :

    http://www.delpla.org/article.php3?id_article=267

  • 19 May 2010 à 22h07

    Bibi dit

    Delpla,

    Je ne sais pas où vous voulez en venir, si vous voulez en venir quelque part.
    S’il y a débat relatif à l’unicité de la Shoah entre vous et moi, il ne porterait que sur ce qui fait que cet événement soit unique. Pas sur le fait essentiel sur lequel nous sommes d’accord – le caractère unique.

    Je trouve en effet très préoccupant qu’un historien s’attaque à une œuvre de fiction en lui appliquant des critères de jugement qui ne sont pas celles du genre. Avez-vous fait pareil pour “Les Bienveillantes”?

    Comptez-vous parmi les victimes de la Shoah les survivants? Leurs enfants? Leurs petits-enfants?

    Signé
    Bernard Bernholtz
    ou, si vous préférez, Benny Bialistock.
    Ça fait moins anonyme?

    Brunhilde Bucksteter

  • 19 May 2010 à 21h30

    François Delpla dit

    Roman, essai, thèse… qu’est-ce que cela change en l’occurrence ?

    En effet, je crains que vous ne fassiez pas la distinction, ce qui est très préoccupant.

    “en l’occurrence” : locution française signifiant “dans ce cas précis”.

  • 19 May 2010 à 20h38

    François Delpla dit

    b. Pourquoi réserver ce traitement au seul nazisme? En quoi est-il exceptionnel?

    réponse : parce qu’il a fait la Shoah et y voyait une sorte de carburant mystique pour ses conquêtes.

    En tout cas, l’unicité de la Shoah ne fait pas l’objet du débat.

    allons bon, voilà que Fricotin vous fait un crime de lui répondre !

  • 19 May 2010 à 11h42

    Bibi dit

    Je suis donc un tenant résolu de l’unicité de la Shoah

    Il me semble important de poser le problème en ces termes.

    Je ne sais pas (and I could not care less) si dénoncer, comme vous le faites, l’apport de titres en rapport direct avec la discussion relève de l’ignorance, de la mauvaise foi, ou de la négligence. En tout cas, si vous vous donnez la peine de lire “What makes the Holocaust a uniquely unique génocide?” de Gunnar Heinsohn (Journal of Genocide Research 2000, 2(3), 411–430), que je mentionne plus bas, vous y trouverez une thèse qui n’est probablement pas loin de la vôtre (j’avoue ne pas très bien comprendre ce qu’est “l’unicité de l’élection juive”).
    En tout cas, l’unicité de la Shoah ne fait pas l’objet du débat.

    Mais l’unicité de la Shoah fait-elle partie du livre de T. Nathan?

  • 19 May 2010 à 10h57

    François Delpla dit

    Le courageux anonyme a décidément le pire comportement internautique qui soit : non-réponse à une forte majorité de ce que, en lui répondant précisément et complètement, on lui objecte, titres de livres ou sujets de colloques en guise d’arguments, déformation des propos…

    Causons donc du fond sans plus nous en occuper.

    En 1919-20, Hitler invente “le Juif”, comme ennemi planétaire et multiforme. C’est certes une incarnation du biblique démon, mais celle-ci n’avait jamais été aussi ubiquitaire. De même, si cela a à voir avec l’antisémitisme millénaire, c’est aussi tout autre chose.

    Je suis donc un tenant résolu de l’unicité de la Shoah (dont les événements rwandais de 1994, par exemple, sont au plus un pâle reflet), mais d’une manière qui risque de décevoir ceux qui la rattachent à une unicité de l’élection juive.

    Jamais, avant ou après, on n’a exterminé systématiquement un peuple en lui ayant assigné un pareil statut métaphysique.

    Il me semble important de poser le problème en ces termes. Et de bien voir qu’en conséquence le meurtre des Juifs n’est pas (du moins de la part de l’ordonnateur suprême) un mouvement d’humeur, de rage ou de rancune personnelle, mais un acte religieux, réfléchi, accompli de sang-froid et en aucun cas autonome par rapport aux buts généraux de l’entreprise.

    D’où ma contrariété quand on met dans l’addition un cadavre de trop.

  • 19 May 2010 à 10h12

    Bibi dit

    Monsieur l’historien sait mieux que moi que le nom de noblesse ne garantit point un caractère ou un esprit noble.
    En l’occurrence, ce n’est pas avec votre nom que je dialogue mais avec une personne, qui se montre par ailleurs réticente face à la critique.

    Roman, essai, thèse… qu’est-ce que cela change en l’occurrence ?

    En effet, je crains que vous ne fassiez pas la distinction, ce qui est très préoccupant. Quand vous rédigez un essai professionnel vous-laissez vous guider par les faits ou une “narrative” ?
    Les trois Mousquetaires est-il un récit adapté de l’histoire ou un livre d’Histoire?

    il me semble important de ne faire au nazisme que des reproches fondés.

    a. Fondés sur quoi?
    b. Pourquoi réserver ce traitement au seul nazisme? En quoi est-il exceptionnel?

  • 19 May 2010 à 9h57

    Bibi dit

    @eric cohen,

    Moi non, Delpla affirme que si.
    Et je “fassiez tout pour parler d’autre chose” comme il me reproche, pour affirmer qu’il y a d’autres hypothétiques intéressés par l’assassinat que les 2 sur lesquels il fait une fixation.

  • 19 May 2010 à 9h49

    François Delpla dit

    et vous, m’avez-vous lu ?

    J’ai expliqué que je ne voulais pas “raconter la fin”.

    @ Bibi

    au fait, en guise d’introduction : je rappelle toujours à ceux qui insultent ou malmènent sous pseudo que ce n’est pas noble, voilà c’est fait.

    Roman, essai, thèse… qu’est-ce que cela change en l’occurrence ? On ne parle pas de Dark Vador mais de Hitler et de Goebbels, ce me semble. Dans notre poudrière mondiale farcie de débats binaires (eux-mêmes dérivant, dans bien des cas, des lubies d’un caporal autrichien en 1919), il me semble important de ne faire au nazisme que des reproches fondés.

  • 19 May 2010 à 9h39

    eric cohen dit

    @ Bibi et Delpla,
    Je ne comprends pas bien les raisons de votre discussion – le roman n’est pas du tout fondé sur les hypothèses (largement connues des historiens et des politiques ) que vous évoquez: soit Goebbels, soit Jabotinski . Il s’agit d’une toute autre hypothèse, etes vous certains de l’avoir lu?

  • 19 May 2010 à 9h07

    Bibi dit

    n’est-ce pas une faute, et des plus graves vu les enjeux, de charger le casier nazi de crimes imaginaires ?

    Dans un roman?
    Si vous voulez m’expliquer en quoi consiste la faute (hormis son caractère qui, d’après vous, est le fait d’être des plus improbables), et surtout quels sont les enjeux?

  • 19 May 2010 à 8h40

    François Delpla dit

    Il semble que vous fassiez tout pour parler d’autre chose que de ma question originelle, fondée sur le résumé de Luc et dont la lecture du livre entier n’a fait que confirmer le… bien-fondé : n’est-ce pas une faute, et des plus graves vu les enjeux, de charger le casier nazi de crimes imaginaires ?

  • 19 May 2010 à 0h50

    Bibi dit

    Tiens, je viens d’y penser.
    Jabotinsky, Arlozorov et Ben-Gurion sont des rues (boulevard, pour le dernier) quasi parallèles à Tel Aviv: elles ne se rencontrent nulle part. Et tandis que celle portant le nom de Jabotinsky est la plus longue, traversant la place “5 Iyar” (date hébraïque de la proclamation de l’état d’Israël), celle portant le nom de Ben-Gurion (qui s’apparente plus à une avenue, compte tenu de la grande allée piétonne entre les voies), anciennement dénommée KKL (il n’y a pas que feue l’Avenue de Neuilly!), est la plus large.

    Les rues Arlozorov et Jabotinsky sont des artères traversées par les Boulevards Ben-Yehuda et Ibn Gevirol, d’après deux grandes figures de la langue hébraïque, le dernier ayant été poète dans l’Espagne médiévale. Le Blvd. Ben-Gurion s’arrête juste avant de rencontrer le Blvd. du poète, à la place qui avait pour nom “Rois d’Israël”, rebaptisée Itzhak Rabin.
    Mais les trois sont traversées par la rue Dizengoff – nommée d’après le premier maire de Tel-Aviv.

  • 18 May 2010 à 21h35

    Bibi dit

    Faudrait décider lequel des maussades personnages vous voulez incarner.
    Si c’est l’inspecteur Delplabo qui, dans une œuvre de fiction, examine le trio motif-moyens-opportunité de chaque suspect — je vous trouve une curieuse fixation sur deux éventuels commanditaires.
    Si c’est l’historien obnubilé par sa spécialisation, je ne vois pas ce que vous reprochez à un roman historique. Et encore moins votre manifeste refus de tenir compte de tous ceux (et celles) qui, pour diverses raisons, politiques ou non, auront été tentées par la disparition d’Arlozorov.
    Quid de la première Madame Arlozorov?
    Et souvenez vous, à l’époque, Hajj Amin al-Husseini ne s’est pas encore débarrassé de tous ses opposants, dont certains n’étaient pas du tout opposés au projet “arlozorovien” de cohabitation… Or Arlozorov fut parmi les initiateurs et promoteurs de la série des accords “Haavara” qui, avec l’encouragement britannique, ont permis le transfert de juifs allemands et de leurs biens et fonds en Palestine mandataire…
    (Notons quand même que certains biens et fonds sont bien arrivés – mais pas leurs propriétaires).

  • 18 May 2010 à 18h35

    François Delpla dit

    bien des chances de concerner des affaires locales, plutôt que le Troisième Reich en cours d’installation. On n’aurait d’ailleurs jamais invoqué de piste allemande si l’homme n’avait pas été, par un hasard extraordinaire, un ancien amant de Magda Goebbels. Mais faire intervenir des considérations privées, si cela a le mérite de fournir un mobile, nous éloigne encore de la réalité du système nazi. Les ministres ont fort à faire dans leurs fonctions nouvelles et sont censés travailler, plutôt que d’utiliser des militants du parti pour assouvir des vengeances privées et lointaines, tant par rapport à leur domaine que géographiquement.

    Autre chose : Goebbels tient un journal, énorme, récemment publié en version intégrale et encore mal maîtrisé par les historiens. C’est un mérite de Nathan de l’utiliser beaucoup. Or il contient en tout et pour tout une allusion à un ancien amant qui pourrait être Arlosoroff (sous toutes réserves, et rien n’est suggéré de sa “race”). Si l’affaire était aussi importante pour le couple que l’imagine ce roman, il n’y aurait peut-être pas dans le journal le mécanisme précis du meurtre, mais à coup sûr un peu plus d’allusions à l’amant en question.

  • 18 May 2010 à 18h21

    François Delpla dit

    Mon contradicteur restant toujours aussi aigre, et persistant à invoquer des titres de documents sans donner la moindre idée de leur contenu, je réponds simplement pour préciser ma pensée ou plutôt, en l’occurrence, ma non-pensée.

    Le fait certain est qu’un dirigeant sioniste important est tué en juin 1933 à Tel Aviv par des gens qui avaient l’air de savoir ce qu’ils faisaient. Un règlement de comptes privés est improbable. Si l’affaire est politique, elle a

  • 18 May 2010 à 18h11

    Bibi dit

    La piste Jabotinsky a été fermée… sous Begin ! Mais celle des nazis n’a jamais été ouverte ni ouvrable

    Dîtes moi Monsieur l’historien objectif, vous n’insinuerez pas que les travaux d’une commission d’enquête œuvrant durant l’exercice de Begin à la tête du gouvernement israélien ne sauraient être valides?

    Par ailleurs, êtes vous au courant des divers propos tenus lors du colloque organisé à la mémoire d’Arlozorov (au centre Rabin) en juin 2003?

  • 18 May 2010 à 18h04

    Bibi dit

    On dirait que le spécialiste en histoire est un peu étranger à la critique – pourtant commune dans les revues scientifiques, procédé connu sous le nom “à comité de lecture”.

    Bien évidemment, votre biographie solitaire du Führer est la plus grande, complète, profonde, et fascinante qui a jamais été réalisée. Du moins c’est avec cet a priori que je la lirai. Celle de Ron Rosenbaum va surement se trouver ridiculement minuscule à côté de votre ouvrage.

    Vous voudriez bien m’expliquer, béotien que je suis, pourquoi il faut imputer à Hitler une intention quelconque à l’égard d’Arlozorov. En a-t-il même eu connaissance?
    Et puis, vous savez bien que les diverses autorités nazies n’ont pas été réticentes, à plusieurs reprises, à procéder par échange: livrer des juifs en contrepartie de divers avantages. Un tel marchandage s’est passé avec le rapatriement des nazis de Palestine contre la libération de juifs (d’ailleurs, un alinéa dans l’accord de compensations entre l’Allemagne et Israël stipulait la compensation par Israël des biens que ces allemands ont quitté en rentrant).

    Enfin, il y a une différence que votre subtilité ne manquera pas de noter entre une affirmation hypothétique relative aux désirs de Goebbels, et la mention d’un fait avéré – la présence de nazis en Palestine mandataire.