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C’est ça la France

Jazz, tracteurs et ventrèche: un samedi soir dans le Gers

Auteur

Jean-Paul Brighelli

Jean-Paul Brighelli
Enseignant et essayiste, anime le blog "Bonnet d'âne" hébergé par Causeur.

Publié le 18 août 2016 / Culture Société

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(Photo : Tourisme en Occitanie - Flickr - cc)

J’ai reçu ce reportage dans le Gers. Je me couvre la tête de cendres, pour diverses raisons — entre autres, pour ne pas y avoir été. Je le publie donc tel quel.
Jean-Paul Brighelli

Reportage de notre envoyée spéciale, XXX, à Fourcès (Gers)

Natacha Polony a sorti en octobre 2015 Nous sommes la France (Plon), que l’auteur de Bonnetdane, le diable le patafiole, a cru bon de ne pas chroniquer l’année dernière… Un livre qui met le nez de la gauche dans ses dénis, et ne nous oblige pas, enfin, à choisir entre Edwy Plenel et Eric Zemmour.

Nous sommes la France exalte cet élément impalpable, donc essentiel, qu’est la francité. Qui tient à une histoire, à une géographie, à un peuple, à une civilisation. Bon, ça, c’est la théorie. La pratique, c’était samedi soir, à Fourcès.

C’est très joli, Fourcès. Un village construit en circulade autour d’un château dont il ne reste qu’une place ombragée par trente-six platanes, pas un de moins, au centre de la cité. Des délices gastronomiques comme partout en Gascogne. Et du jazz. Samedi 13 août, c’était « Marciac in Fourcès ». Un codicille au célèbre festival de jazz, devenu au fil des ans une institution dans ce même département.

Le parking était un champ sur lequel flottaient des banderoles annonçant pour dimanche une grande exposition de matériel agricole. Mais en attendant, où étaient donc les tracteurs ?
Nous nous sommes garés, et nous avons conflué vers l’événement.

L’événement, c’était Sylvia Howard et le Black Label Swingtet, qui tournent ensemble depuis déjà quelques années. Billie Holiday revenue d’entre les morts. Du blues solide et râpeux chanté par une Noire quelque peu métissée, une quasi sexagénaire habillée d’un jean léopard à vous convertir au saphisme. Et les grands standards de Duke Ellington — par exemple une version extraordinaire de Sophisticated lady.

Pendant qu’elle distillait suavement I wanna go somewhere, d’autres faisaient escale à la buvette et s’enfilaient une crêpe, que Bernadette et « maman » — était-ce la sienne ? était-ce une « mère universelle », comme dit quelque part Brassens ? —, aussi pittoresques l’une que l’autre, envoyaient avec des rations de floc de Gascogne à assommer un camionneur, des barquettes de frites généreuses (et exquises, coupées main, frites sur place, pas des horreurs décongelées, mes meilleures frites depuis lurette, qui n’est pas toujours belle), et des sandwiches à la ventrèche grillée tels que Mahomet n’en dégusta jamais. Le terroir ne ment pas. Bref, la bière et l’ambiance jazzy coulaient en synchronie. Coulaient même tellement que la machine à débiter des demis, excédée, a décidé de vivre sa vie et a inondé le bar, à l’horizontale.

À la fin du concert — il était tard, le ciel de Gascogne brillait d’un premier quartier de lune absolument étincelant, le comité des fêtes avait bien fait les choses —, Michel Cardoze1, cheveux et moustache au vent, co-organisateur et présentateur de luxe de l’événement, adressa un grand remerciement aux agriculteurs locaux qui avaient barré les accès à la place avec leurs tracteurs et leurs ballots de paille pour nous protéger des fantaisies terroristes. Les conflits nouveaux remplacent les vieilles guerres.

Alors oui, j’avais beaucoup apprécié le livre de Polony, mais sous ce ciel nocturne et dans les solos de trompette, j’en ai compris le titre. Nous sommes la France, et on les emmerde.

  1. Membre du PCF de 1960 à 1986. A travaillé longtemps à l’Humanité et à Révolution. A fait un bon livre sur Cyrano de Bergerac (Cyrano de Bergerac, libertin libertaire, Lattès, 1997). Pressenti par Robert Ménard pour être son conseiller culturel à Béziers. A refusé, mais travaille sur son site, Boulevard Voltaire. J’allais dire : cherchez l’erreur — mais peut-être n’y a-t-il pas d’erreur. (J.-P.B.)

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    • 21 Août 2016 à 12h21

      lili23 dit

       mon commentaire sur votre «  mère »  était humoristique; Car je vois que vous promenez avec votre –belle mère-  redonne une certaine dimension à votre article bien que ça ne soit pas encore ça 
       «Billie Holiday revenue d’entre les morts » l’art n’imite pas la ou  même une nature – le génie de Proust, avoir du génie, être un génie-, nous le voyons plus Ad nihilo il y a un subtile différence 

    • 20 Août 2016 à 23h01

      Patrick dit

      Nous sommes la France, et on les emmerde.
      Qui ça ? Les Françaouis* ?
      ______________
      * Les Gazaouis font la guerre à Israël, les Françaouis la font à la France.

    • 19 Août 2016 à 22h58

      curnonsteen dit

      A Pig : On pourrait commencer par le bas avec l’armagnac mais alors il faudrait agiter la bouteille pour que tout se mélange VIOLEMMENT. Au lieu de quoi, on laisse l’armagnac descendre avec nonchalance dans le flacon et se mélanger harmonieusement avec le Floc. Mais si on veut percer le cul de la bouteille, on peut toujours essayer: c’est cependant très aléatoire et en cas de réussite(?), on retombe dans ce qui est décrit plus haut.

    • 19 Août 2016 à 22h44

      curnonsteen dit

      A Pig : O npourrait commencer par le bas avec l’armagnac mais alors il faudrait agiter l

      • 20 Août 2016 à 22h51

        Pierre Jolibert dit

        Je ne connaissais aucune des têtes qui défilent dans ce clip quand il est sorti : j’étais donc incapable d’en saisir l’orientation idéologique et j’en faisais un contresens complet. Et aujourd’hui je reconnais la plupart mais c’est trop tard.

    • 19 Août 2016 à 19h10

      curnonsteen dit

      Pour ceux qui connaissent le Floc, je conseille de l’acheter artisanal mais surtout de retirer deux doigts du haut de la bouteille et de compléter en bas armagnac. Il y a déjà de la folle blanche dans le Floc mais l’ajout de l’armagnac de 5 à 6 ans améliore les performances. Attention : à boire frappé :ça frappe mieux !
      PS : Fourcès : un vrai plaisir des yeux, Lectoure aussi, Terraube également, Montréal (du Gers) etc..,etc..,
      Une seule critique pour cet article : LE CANARD ça N’EXISTE PAS PEUT-ÊTRE ?

      • 19 Août 2016 à 19h31

        Pig dit

        Comment on fait pour compléter d’armagnac par le bas la bouteille ? 

        • 19 Août 2016 à 23h46

          radagast dit

          Vous ne comprenez pas ou vous faites semblant ?
          “Bas Armagnac” c’est un terroir comme le haut Armagnac , le Ténarèze etc…!
          Comme grande et petite champagne , fins bois….!

      • 19 Août 2016 à 21h46

        radagast dit

        J’ai longtemps courtisé le Pineau des Charentes mais il y a peu j’ai connu le Floc et l’Armagnac.
        Que mes ancêtres charentais me pardonnent , je les préfère.

      • 19 Août 2016 à 22h05

        laborie dit

        Un conseil, à Montréal, la table de Daubin, incontournable…et son cochon.

    • 19 Août 2016 à 15h01

      Pierre Jolibert dit

      Ah Laborie, quelle joie si vous restez encore un peu,
      je voulais absolument vous demander si vous aviez connu cet endroit :
      http://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/d-932-lieu-dit-le-poteau-des-clandes-au-grand-jour-0
      il faut que ce soit France culture qui m’apprenne que ça a existé !
      kelenborn : Montcuq est déjà dans le Lot, mais Condom est sur la Baïse.

      • 19 Août 2016 à 15h37

        Villaterne dit

        Lorsque je me rends dans les Pyrénées je fais régulièrement une pause à Captieux. Je me gare sur la place ombragée par de grands platanes (celle de l’église je crois) et vais prendre un rafraîchissement dans le bar situé le long de la route principale. Je ne connaissais pas cette histoire de clandés et n’ai jamais remarqué ces cabanons !
        La prochaine fois je ferai plus attention !

      • 19 Août 2016 à 16h10

        laborie dit

        Oui, et La Luciole en particulier ou certaines excellaient dans la “fleur de rose”. Temps béni de amerloques des Chevrolet et du pop-corn.
        Je pourrais vous en raconter de belles sur le sujet!….

        • 19 Août 2016 à 16h50

          Pierre Jolibert dit

          Je me disais bien du coup que vous aviez dû entendre du jazz avant la création de Marciac.
          Temps béni : c’est qu’on ne sait jamais quoi répondre aux gaullistes ou autres qui en rajoutent sur la sortie du commandement intégré de l’OTAN : apparemment les maris de celles qui ne se posaient aucune question ou fermaient les yeux en se disant : Bah c’est pour les GI étaient bien embêtés de n’avoir plus cette couverture commode.

        • 19 Août 2016 à 17h07

          laborie dit

        • 19 Août 2016 à 17h10

          laborie dit

          Il faut dire qu’à cette époque (j’avais 15 ans en 57) le coin était un vrai boxon comme résumé dans l’article du lien ci-dessus.

        • 19 Août 2016 à 18h33

          Pierre Jolibert dit

          vous êtes vraiment plein de ressources… merci beaucoup.
          Oui bon le documentaire était un peu édulcoré (donc c’était une rediffusion, tiens j’ai eu de la chance) mais enfin il y a bien des anciennes qui, interviewées, parlaient de celle qui avait le plus de succès. (jalouse ? elle a dit qu’elle était vilaine)
          C’est marrant j’ai déjà fait ici de la pub pour Saint-Macaire et son excellente façon de marier logement social et défense du patrimoine architectural. Il faut y ajouter le vin de Josyane.

      • 20 Août 2016 à 14h22

        laborie dit

        Extrait de Roman
        “Raymond et les promeneurs”
        de Pierre Cocrelle-Stemmer

        …. Ils venaient de passer le Poteau, prés de Captieux. Une ancienne base américaine réinvestie par l’armée de l’air française. Ça expliquait les maisons-cases que l’on découvrait sur plusieurs kilomètres le long de la route qui traçait, toute droite, au milieu des pins. En fait, il s’agissait d’anciens bordels désaffectés, reconvertis en coquets pavillons campagnards.
        Le commerce de la chair était demeuré florissant après le départ des yankees…
        Un beau jour, un juge d’instruction avait diligenté une armada de gendarmes. Trop de ” bordel ” certainement !
        Les notables, tolérants ou consommateurs, prenaient de plus en plus la gêne. Surtout que c’était en plein milieu du tracé emprunté par les nombreux passionnés de sports d’hiver. Chaque weekend-end, dimanches et fêtes, depuis les années soixante, les Bordelais se précipitaient dans les Pyrénées. Parfois, l’un d’entre eux s’arrêtait par hasard. Un des gosses voulait un sandwich ; l’autre un Coca. Toute la famille ressortait blême ! Puis la mère reluquait le père : elle le soupçonnerait jusqu’à la fin du séjour à la Mongie, de l’avoir fait exprès, de bien connaître l’endroit.
        Le juge n’avait pas été déçu : les putes, par paquets de dix, faisaient à l’envers, à l’endroit, les bas-cotés qui longeaient les chemins de Compostelle…
        Raymond se rappela dans un flash un de ces boxons de fortune. Peu après son arrivée à Bordeaux, il s’était fait du flouze en assurant le service d’ordre de groupes musicaux de seconde zone. Hardos, rockers… Quelques fois, musicos sans étiquette réellement visible au revers du col ou du manche.
        Des soirées de gala au pays des ploucs.
        Question variété, les stars girondines ne décevaient jamais : ça allait de toxicos ravagés, cheveux gras et sales, jusqu’à des étudiants propinets, la chemisette surf, qui craignaient éhontément pour leurs petites gueules…..

        • 20 Août 2016 à 22h47

          Pierre Jolibert dit

          Elle est gonflée, la mère : si le père savait justement il ne s’y arrêterait pas.

      • 20 Août 2016 à 14h23

        laborie dit

        ….suite
        Le style bordelais surprenait souvent l’autochtone Landais. Les trois quarts du public venait pour guincher sur de la garbure musicale à faire réchauffer. Ca chahutait fort quand un des musiciens s’embarquait dans un riff prolongé. Jimi Hendricks n’était pas le chouchou des tronçonneurs du coin. Ils confusionnaient Gibson avec Mc Culloch, Fender avec Husqvarna…
        Le job consistait à pister le public assemblé pour le bal local, à repérer les branleurs, les lanceurs de canettes, les empêcheurs de tourner en rond.
        Peu de souvenirs plus précis : il se souvenait simplement avoir allumé la tête d’un champion local de kungfu, catégorie ” sport adapté “. La seule ceinture blanche du canton. Pour autant qu’il pouvait s’en souvenir, ça s’était passé dans un de ces lupanars, à présent désaffectés, qu’ils dépassaient. Il se rappelait, un peu, presque pas du tout, une sorte de bar-club, lambrissé sommaire, spécial caniches nains, vu la hauteur de plafond. L’enseigne consistait en une simple balise de chantier qui avait du, jadis, (il l’espérait), s’éclairer de l’intérieur. Le lieu s’appelait ” La Balise “.

    • 19 Août 2016 à 14h56

      lili23 dit

      Moi je suis pour les frites au four, les frites du mac do, quick, kfc sont trop grasse. l’huile doit être recyclé en plus frites au four le nouvelle donne diététique;

    • 19 Août 2016 à 14h50

      lili23 dit

      La misandrie, ne doit pas devenir la règle  tacite des relations homme femme. A quand le mariage d’intérêt. les  maires, pour moi préfère tirer à boulet rouge sur les cdi et instituer des nouvelles règles d’embauche et de licenciement plutôt que de  toucher à une institution comme le mariage à ad vitam à vie. le cdd avec renouvellement de voeux par tranche de 10 ans en fonction des prêts bancaires permettrait d’éviter les violence conjugale 

    • 19 Août 2016 à 14h48

      beornottobe dit

      ben….. heureusement qu’il faut pas choisir entre l’ “Enduit plein d’elles” et “Zemmour” !……( quoi que….. le choix et déjà fait!)

    • 19 Août 2016 à 14h35

      lili23 dit

      Ca ne m’étonnes pas que M Brighelli sorte le soir avec sa mère mdr

    • 19 Août 2016 à 11h47

      php973@netcourrier.com dit

      j’adore cette conclusion
      (et le reste de l’article aussi)

    • 19 Août 2016 à 11h26

      carobehel dit

      Bravo : « Nous sommes la France, et on les emmerde. »
      —> Une phrase à graver dans le marbre de nos cerveaux.
      —> Un parfait guide d’être et d’action.
      :)))

    • 19 Août 2016 à 10h55

      radagast dit

      Pour une fois M Brighelli je vous remercie et vous félicite sans réserves .
      ” No pasaran”….

    • 19 Août 2016 à 10h45

      enfer dit

      Chez nous c’est comme ça tous les dimanches soirs en été et un dimanche par mois en hiver…
      On a pas les moyens de se payer Miss Howard, mais de bons talents locaux se défoncent jusqu’à pas d’heure…
      Y a des saucisses maousses et des chorizos grillés à réveiller Willie Dixon…Celui qui, rentrant de New York disait:”j’ai mangé tellement de hot dogs que je n’ose plus regarder un chien froid dans les yeux”….
      Et puis le cochon offert par un producteur”vous savez ces salauds qui polluent” différent chaque semaine et débité en tranches à étouffer un imam…
      Et puis la bière locale faite pour faire descendre la cochonnaille….Et les crêpes de Mimi et Albert tartinées de miel….
      Hé ben oui…On les emmerde…Et copieusement…

    • 18 Août 2016 à 21h02

      kelenborn dit

      Oh oui très bien!!
      juste ce bout de phrase pour la machine
      “a décidé de vivre sa vie et a inondé le bar, à l’horizontale.”
      J’avais cru lire a inondé à l’orientale!!!
      Bon non!!! ça c’est un barbu qui pisse dans sa djellaba
      On garde le moral!!!

    • 18 Août 2016 à 20h46

      clark gable dit

      Polony c`est Polonais comme nom , non ?

      • 18 Août 2016 à 21h06

        kelenborn dit

        oh non crois pas… c’est pas polsky… peut être tchèque? Pol veut dire champ en slovaque et polony c’est un adjectif.. peut être champêtre ce qui va bien avec le texte de Brighelli
        Franchement je ne me ferais pas couper le coup pour justifier mon explication! je fais le singe savant!!

    • 18 Août 2016 à 19h11

      laborie dit

      Surtout ne pas oublier le Pousse-Rapière et son Vin Sauvage. Pub gratuite pour Château Montluc à Saint-Puy, tout près…

      • 18 Août 2016 à 19h13

        laborie dit

        Monluc, ans t…

        • 18 Août 2016 à 21h10

          kelenborn dit

          Il y a Montcuq aussi…je me demande si c’est pas dans le Gers..
          En tout cas dans le Gers y a Condom avec des couillons de britishs qui se font photographier devant le panneau
          Non!!! depuis qu’ils ont brexité je ne dis plus de mal d’eux!
          MK

        • 19 Août 2016 à 11h25

          Villaterne dit

          Bah… Il y a bien des couillons de français qui se font photographier devant le panneau de Montcuq et dans des attitudes pas toujours raffinées !

      • 18 Août 2016 à 20h10

        Villaterne dit

        Ne pas oublier la tranche d’orange dans le pousse-rapière. Je conseille de la mettre en dernier car la réaction est moussante. Ensuite servez avec une petite cuillère pour écraser de temps en temps la tranche dans le verre avant de boire et à la fin manger la tranche imbibée de pousse-rapière.

        • 19 Août 2016 à 11h12

          enfer dit

          Monsieur est un raffiné…
          Je fais flamber l’orange au lambic…C’est pas mal non plus…

        • 19 Août 2016 à 11h23

          Villaterne dit

          L’enfer aime faire flamber ! Logique ! :))

        • 19 Août 2016 à 17h25

          laborie dit

          ….et quelques toast de foie d’oie mi-cuit ou de rillettes d’oie (plus moelleux que le canard n.d.l.r.)pour faire passer et ne pas mourir idiot!…

    • 18 Août 2016 à 17h48

      volut dit

      Tres joli papier. Merci.

    • 18 Août 2016 à 16h23

      rgarde84 dit

      T’as raison, on les emmerde !