Causeur n°14 : Politiquement correct toi-même ! | Causeur

Causeur n°14 : Politiquement correct toi-même !

Notre numéro de juin sort aujourd’hui

Auteur

Daoud Boughezala

Daoud Boughezala
est rédacteur en chef de Causeur.

Publié le 05 juin 2014 / Médias Société

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En juin, Causeur s’attaque au politiquement correct… et à ses adversaires ! Car, aujourd’hui, tout le monde se pique d’anticonformisme et pousse des clameurs d’indignation en proclamant que « la bien-pensance, c’est les autres » ! Sans bourse délier, ou presque, vous aurez un large aperçu des polémiques de la prochaine rentrée littéraire où réacs bornés et progressistes aux idées courtes rivaliseront d’hémiplégie. Comme de bien entendu, Elisabeth Lévy dresse un constat accablant de réalisme : « il serait absurde de nier qu’il existe un conformisme de l’anticonformisme ou, pour le dire autrement, une doxa conservatrice qui s’oppose à la doxa progressiste (…) Le monde fantasmatique des premiers est peuplé de réactionnaires et de suppôts de l’ordre moral, celui des autres est livré aux syndicats gauchistes et aux enseignants bolchéviques qui incitent les enfants à la débauche ».

De quoi donner raison à Natacha Polony, selon laquelle « les réflexes idiots et l’hystérie ne sont pas l’apanage d’un camp ». Interrogée par nos soins, la journaliste du Figaro et d’Europe 1 remonte aux racines du politiquement correct, initialement « une façon d’édulcorer le langage pour éviter de nommer les choses parce que cette dénomination pourrait choquer » jusqu’à ce qu’à ce que l’euphémisme vire à la novlangue influençant le réel lui-même. Ainsi, arabe étant devenu  un mot tabou, il n’est plus question que de communauté musulmane dans les bouches de journalistes confondant religion et origine ethnique. Ce genre de glissement sémantique est d’ailleurs monnaie courante chez certains « antiracistes » patentés. Dans un bel article contre « la méchanceté des bonnes intentions », Alain Finkielkraut montre comment certains de ses détracteurs basculent dans le déterminisme ethnique le plus crasse en glosant sur ses origines polonaises.

De manière générale, « l’homme, ce trop connu » (Scutenaire) brille rarement par sa liberté de pensée. Journalistes et universitaires communient bien souvent aux mêmes autels, soutient le sociologue Michel Maffesoli, auteur des Nouveaux bien-pensants, dans l’entretien qu’il a accordé à Pascal Bories, transfuge de Technikart  que nous sommes heureux d’accueillir. Dans son sillage, Rachida Dati estime qu’« être de droite » relève du quasi-délit idéologique dans le petit milieu médiatico-journalistique qui fait la pluie et le beau temps dans la capitale. Patrick Cohen nous assure en revanche que la radio publique ne penche d’aucun côté de la balance et garantit l’égale expression de toutes les opinions démocratiques, sur des sujets aussi sensibles que l’euro ou le mariage homosexuel. Pas sûr, lui rétorque Eugénie Bastié, au terme de son enquête à l’intérieur des écoles de journalisme, véritables fabriques du prêt-à-penser de demain, où des cerveaux déjà formatés appliquent doctement les préceptes de leurs professeurs.

Muni de votre zappette digitale (avec les doigts, quoi !), il vous sera loisible de passer de notre dossier central aux pages actualités, particulièrement riches ce mois-ci. Après l’irruption du grand méchant loup populiste aux élections européennes, Causeur interroge Henri Guaino et ouvre ses colonnes à notre confrère allemand Günther Nonnenmacher pour analyser les brillants résultats des partis de la coalition gouvernementale CDU-SPD. Outre-Rhin, l’UMPS n’est pas une insulte ! Plus au sud, Antoine Menusier nous amène sur les traces d’une communauté en voie de disparition : les juifs de Tunisie. Sur le terrain sociétal, l’ancienne militante homosexuelle Marie-Josèphe Bonnet décortique la dérive bourgeoise du mouvement gay, qui revendique désormais mariage et enfants pour tous. En plein dans l’actualité économique, notre ami libéral Guillaume Nicoulaud disperse façon puzzle Le Capital du XXIe siècle, l’essai de Thomas Piketty dont se gargarise la presse américaine.

En ce mois de commémorations, Jérôme Leroy, Alain Paucard et Patrick Mandon invoquent les mânes de la France libre contre Vichy, dont l’historien israélien Zeev Sternhell fait le point d’aboutissement d’une certaine idéologie française. Paul Thibaud lui répond avec force arguments. Sans oublier nos rendez-vous incontournables que sont les journaux d’Alain Finkielkraut et Basile de Koch, les chroniques de Roland Jaccard, Félix Groin et Jérôme Leroy, une dernière prière du soir vous attend. Comme vous y exhorte le repenti Cyril Bennasar, ne vous mariez pas et surtout ne vous remariez jamais mais par contre, rien ne vous interdit de vous abonner ou de vous réabonner !

Causeur 14 - juin 2014   

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 7 Juin 2014 à 13h57

      Ravachol dit

      L’ordre moral est l’apanage des gauches depuis 1945, puisque les droites s’étaient compromises avec la révolution nationale du maréchal Pétain…
      Il n’y a donc plus de pensée de droite, puisque celle ci est disqualifiée par nos bien-pensants de gôche et du centre depuis 1945.
      Voilà ce que l’on lit encore en 2014 sous des plumes certes brillantes, mais également victimes de l’ignorance crasse qui caractérise les médias.
      Puis-je vous rappeler que Pierre Laval était communiste et chef du cartel des gauches, que Marcel Deat a présidé à la création du parti socialiste en 1933, que Jacques Doriot lui aussi était un ancien communiste…
      Vous en voulez d’autres ?

    • 5 Juin 2014 à 20h27

      fernand naudin dit

      A Elisabeth Lévy : Permettez-moi de vous signaler votre mauvaise (quoique répandue) compréhension de l’expression “The proof of the pudding is the eating” qui se traduirait plutôt par “on reconnait l’arbre à ses fruits” (on ne peut connaître la qualité, bonne ou mauvaise, d’un pudding qu’après l’avoir mangé).

    • 5 Juin 2014 à 15h06

      cloberval dit

      Pas moyen d’allumer la télé sans se retrouver à Omaha Beach avec des survivants et les américains les anglais un peu de russe même quelques français libres u de vagues résistants et pourtant je n’ai pas entendu un mot sur de Gaulle que personne n’a vu débarquer.
      J’espère que Hollande n’est pas venu de l’Elysée en half-track décapotable et qu’il ne va pas poquer le képi à Dupont-Général-Aignant.

    • 5 Juin 2014 à 12h31

      Attila dit

      Daoud Boughezala dit :

      - ” ..Ainsi, arabe étant devenu un mot tabou, il n’est plus question que de communauté musulmane dans les bouches de journalistes confondant religion et origine ethnique. Ce genre de glissement sémantique est d’ailleurs monnaie courante chez certains « antiracistes » patentés…. “.

      C’ est évident..!

      Tout comme certains font glisser systématiquement la sémantique d’ anti-sionisme à antisémite, ou anti-islamisme à racisme …

      Ce n’ est pas du “politiquement correct”, mais une ligne de défense ” politiquement incorrecte”..

      Oui, je serais curieux d’ assister à un débat sur l’ antisémitisme, avec Soral, Dieudonné, Finkelkraut et Serge Klarsfield (Arno étant trop agité pour un débat serein)…

    • 5 Juin 2014 à 11h44

      Ralph K.Krüger dit

      Causeur s’attaque donc au politiquement correct, bien ! A quand un débat sérieux sur l’antisémitismes ( ou comment comprendre l’empire ) en France, avec des invités comme Alain Soral et Dieudonné, avec bien sûr, de solides contradicteurs qui tiennent la route.

      Un débat sans haine ni passion, pour enfin ne pas subir encore une information édulcorée que l’on se tape depuis un bon petit moment déjà…

      • 5 Juin 2014 à 11h46

        Ralph K.Krüger dit

        Sinon, j’aime beaucoup Natacha Polony, elle est intelligente, et ses analyses sont généralement d’une grande finnesse, elle aurait fait une formidable femme au foyer.

    • 5 Juin 2014 à 10h41

      améoui dit

      Ah mais oui, “Cohen nous assure… que la radio publique … garantit l’égale expression de toutes les opinions démocratiques”, et il a raison, au moins dans son émission. Et c’est lui qui vérifie le caractère démocratique des opinions. Je suis d’accord = démocratiques. Je ne suis pas d’accord = non démocratique.
      Ah mais oui il est sincère et n’a rien d’un salaud. Il est même plutôt sympa mais l’esprit tellement étriqué.

    • 5 Juin 2014 à 10h36

      Bibi dit

      Zeev Sternhell n’est pas historien, sa spécialité universitaire est les sciences politiques, et par ailleurs militant de gauche radicale.

    • 5 Juin 2014 à 9h50

      L'Ours dit

      “la bien-pensance, c’est les autres “ est une défense un peu trop facile de la part du “camp du bien”, expression qui répond déjà à mon refus de l’amalgame.
      La bienpensance, ce n’est pas penser que l’autre à tort, c’est penser que l’autre est un salaud.

      • 5 Juin 2014 à 10h03

        Calembredain dit

        Peut être bien, mais l’expression elle-même est une sorte sinon d’insulte du moins une manière de jeter l’opprobre sur l’adversaire, de lui dénier le droit à la parole en la réduisant à la “bien-pensance”, c’est-à-dire à la non-pensée. Il en va de même de la formule de “bobo”, ce sont des expressions qui ont un sens précis au départ mais qui deviennent rapidement vagues généralisations sur lesquelles personnes n’a la même définition et qui n’ont que pour effet de créer l’amalgame. Ces expressions ont les mêmes propriétés que celle de “fasciste” ou “réac” – elles sont les facettes d’une exacte même pièce. Bien-pensance et mal-pensance pensent de la même manière par un effet de reflet à l’identique… opposée. Elles stigmatisent, elles empêchent à la fois de discuter et de penser. Elles disent toutes la même chose : l’autre, c’est le mal. Bref, elles ne font que polluer le débat.

        • 5 Juin 2014 à 10h27

          L'Ours dit

          Tout à fait Calembredain, et c’est bien normal.
          A partir du moment où le contradicteur considère l’autre comme un malpensant au sens où non pas il pense mal, i e il se trompe, mais au sens où il pense LE mal, il est tout à fait logique de considérer en retour avec ironie celui-ci comme un “bienpensant”!

        • 5 Juin 2014 à 10h35

          améoui dit

          Ah mais oui Calembrain, la sémantique dérive plus vite que les continents, et même que les sentiments. Quand même, l’Ours donne la définition initiale, et supposer que celui qui emploie l’expression avec un autre sens est déjà un soupçon de délit d’intention. C’est très bien pensant ça, le délit d’intention.