Najat Vallaud-Belkacem : Ce qui fait filiation, c’est le parent social | Causeur

Najat Vallaud-Belkacem : Ce qui fait filiation, c’est le parent social

Entretien avec la porte-parole du gouvernement

Auteur

Elisabeth Lévy

Elisabeth Lévy
est fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur.

Publié le 13 février 2013 / Politique Société

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najat vallaud belkacem

Élisabeth Lévy. Beaucoup de gens, y compris à gauche, pensent que le sociétalisme est le dernier alibi de gauche du gouvernement, tout ce qui reste à une gauche qui a renoncé au peuple…

Najat Vallaud-Belkacem. Les questions sociétales ne sont pas une affaire d’idéologie, elles sont le cœur de la politique. Mener des réformes de société, c’est avoir une vision de la société dictée par des valeurs, des principes et vouloir la faire progresser à l’aune de ces valeurs et de ces principes. Du reste, chaque camp a les siennes − pensez au débat sur l’identité nationale que la droite a cherché à imposer. Même la politique fiscale relève d’un choix de société autant que d’un débat strictement économique. Et il n’est démontré nulle part qu’on serait meilleur sur l’économique et le social si on occultait les questions de société. Enfin, le premier geste de François Hollande, après son élection, n’a pas été de faire adopter le « mariage pour tous », mais de renégocier le pacte budgétaire européen.

Il serait indélicat d’insister lourdement sur la « renégociation » du TSCG, et puis ce n’est pas le sujet…

Eh bien pour moi, c’est aussi le sujet ! Non seulement nous avons pu infléchir le contenu du Traité dans un sens favorable à  la croissance, mais la Commission a validé la taxe sur les transactions financières qui était en chantier depuis des années, et il a été décidé de donner beaucoup plus de moyens à la Banque européenne d’investissement afin qu’elle soutienne des projets d’infrastructures qui créeront des emplois. En réalité, c’est sur le front économique et social que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a engrangé ses principaux résultats. Alors, prétendre que nous menons la même politique économique que Nicolas Sarkozy et que nous faisons du sociétal pour nous démarquer, c’est une fable. Le changement est dans tous les domaines…

Restons sur ce désaccord et concentrons-nous sur ces questions qui sont, selon vous, le « cœur de la politique ». La lettre de Vincent Peillon, enjoignant les recteurs d’académie de surveiller les établissements catholiques pour qu’ils n’enrégimentent leurs élèves contre le mariage homosexuel commençait par la phrase suivante : « Le gouvernement s’est engagé à s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités. » Pensez-vous avoir reçu un mandat du peuple pour « changer les mentalités » ?

Je vous vois venir, dans cinq minutes vous allez me parler des Gardes rouges !

[...]

*Photo : DR.

  • causeur 56

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    publié dans le Magazine Causeur n° 56 - Février 2013

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    causeur 56
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    • 18 Février 2013 à 21h46

      GHMD dit

      VBC dit “Je vous le confirme, il y a une différence entre les hommes et les femmes ! Reste que cette différence biologique ne doit pas conditionner ensuite les rôles, ni l’appréciation que l’on a des compétences et des qualités respectives des hommes et des femmes”.
      Pour moi, le fond du débat est dans cette seule phrase. “VBC confirme que la différence biologique ne doit pas conditionner ensuite les rôles.” J’affirme le contraire. J’affirme que les différences biologiques sont un excellente raison de conditionner les rôles. Certes pas les qualités, mais les rôles et, par suite, les compétences, si, justement.
      Car faire en sorte que les êtres humains des deux sexes aient les mêmes rôles sociaux, ou “sociétaux” si vous préférez, c’est les réduire à des mâles et des femelles. Ce que je refuse. L’espèce humaine apprend la plupart de ses comportements, qui ne sont pas innés. Raison de plus pour les différencier, et pour que ces différences tiennent compte largement du sexe des personnes. Je ne vois pas, personnelllement, en quoi les femmes plutôt infirmières et les hommes plutôt pompiers constitue une atteinte à l’égalité des droits. D’ailleurs, nul ne songe à empêcher certaines femmes d’être pompière et certains hommes d’être infirmier. Simplement, je ne vois pas pourquoi je devrais trouver choquant que les pompiers soient à 90% des hommes et les infirmiers à 90% des femmes. Vivons joyeusement notre complémentarité hommes femmes et laissons vivre les homos, sans pour autant en faire des modèles. C’est tout simple. Mais la “Gauche” est trop sûre de ses excès et fière de son “jusqu’au boutisme” imbécile pour admettre qu’elle persiste à pousser la logique de l’égalitarisme jusqu’à l’absurde.
      VBC est absurde, mais, ministre, elle ne s’en rend pas compte. Une pitié, et un désespoir pour notre société.

    • 17 Février 2013 à 14h43

      Theodora dit

      Parfait Elisabeth ! L’intelligence percutante face à l’imbécilité totale. La vacuité de l’argumentaire de NVB est édifiant, elle n’a rien à avancer, la pauvre d’esprit ! Le coup du TSCG est à se rouler par terre, de la même veine que la “situation juridique insécurisante du bébé Thalys”… Qui l’a voulue cette situation ? Eh ! Belkacem ! on n’est pas des OGM !

    • 15 Février 2013 à 14h44

      Etoile Vesper dit

      Je regrette qu’Elisabeth Levy n’ait pas creusé davantage la question du sort de ces enfants auxquels on ôte la possibilité, avant même leur naissance, de connaître leur père. On les destine de manière arbitraire à être, de fait, des orphelins de père. Que fait-on de leur liberté ? Et puis, l’amour maternel de ces mamans me semble singulièrement rabougri puisqu’il se limite à la seule moitié génétique qui les relie à leur enfant. L’autre moitié de leur enfant, on n’en veut rien savoir. 

    • 15 Février 2013 à 12h30

      Marie dit

      Sur le discernement:
      “Le travail sur le discernement n’a pu se faire sans l’acquisition d’une petite grammaire anthropologique sur l’intériorité de l’homme ni sans l’usage d’une méthode avec des étapes bien précises. En général, les chrétiens vivent spontanément la plupart des étapes ci-dessus évoquées parce qu’ils pratiquent leur foi, prient, agissent, discutent avec d’autres… Repérons néanmoins au terme de cette petite étude que la conscience oblige à affiner un discernement et que le discernement nourrit en retour la ” base de données ” de la conscience.
      ” Lequel d’entre vous, quand il veut bâtir une tour, ne commence par s’asseoir… ” Lc 14, 28.
      http://www.discernement.com/DiscernerJeu.htm
      http://www.discernement.com/GrandsThemes/PhilosophieMorale/NouvPhiMo.htm#liberaux-contre-communautariens-kant-contre-aristote-8

    • 15 Février 2013 à 12h20

      Guenièvre dit

      “Ce qui fait filiation, c’est le parent social. ”
      Je reviens sur cette phrase parce qu’elle résume toute la philosophie qui sous-tend cette réforme. Elle dit expressément que l’on évacue complètement, sur le plan institutionnel, la biologie de la filiation. Vieux fantasme que celui de s’affranchir entièrement de l’obscurité des origines sexuelles et de la fatalité …Notre époque le réalise en n’hésitant pas à écrire dans la loi une impossibilité de fait.

    • 14 Février 2013 à 23h35

      eclair dit

      Donc de la déclaration de najat juste le mariage gay fait débat.
      Impressionnant. Il u avait tant à dire pourtant. 

    • 14 Février 2013 à 23h07

      Bibi dit

      Je pense qu’on peut critiquer les propos d’un causeur sans s’en prendre à sa personne, comme le fait systématiquement un “Olyvier”.
      Les moyens de la Cour des Miracles ne sont pas marqués par le sceau de la dignité.