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Mur des cons : on tient le coupable !

Haro syndical sur le journaliste « voleur d’image »

Publié le 29 avril 2013 à 5:00 dans Médias Politique

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snj mur des cons

On ne doit pas s’ennuyer au SNJ (Syndicat national des Journalistes). La dernière trouvaille de cette honorable organisation est franchement hilarante. Elle apporte son « plus total soutien » (« plus total » c’est bon ça, les confrères doivent préférer les images au texte) au Syndicat de la Magistrature, victime d’une forfaiture sans précédent : la publication, par un journaliste de France 3, d’une photo volée dans un local syndical. Ce crime odieux et attentatoire à l’honneur des juges ne doit pas rester impuni. Le SNJ-CGT de France 3, affilié à une centrale concurrente du premier, en remet dans l’indignation. Il exige des sanctions, envisage de demander la traduction du coupable en commission disciplinaire, étape préalable, on imagine, à son incarcération dans un camp du même nom. Joy Banerjee, représentant de la rédaction nationale de France 3, déclare aimablement que le voleur de cons a « sali la rédaction nationale de France 3 ». Sali, oui : la gauche olfactive est de retour. Et elle ne plaisante pas avec les principes. Ni avec les odeurs.
Le prêchi-prêcha du SNJ mérite le détour. Il y est rappelé que « l’utilisation d’images volées dans un lieu privé, en l’occurrence les locaux du SM, est contraire à la déontologie professionnelle la plus élémentaire ». Alors que la semaine de la transparence bat son plein depuis un mois, cette position est pour le moins courageuse. Et avec ça, les copains posent cash les questions qui dérangent : « On ne peut que s’interroger sur l’intention qui sous-tend la publication des photos de ce mur et le traitement qui en est fait dans la presse ». Avant d’appeler tous les journalistes « à ne pas céder à la pression de la course à l’audimat (il est vrai qu’à France 3, elle est supportable, tant mieux d’ailleurs) et à refuser de participer à une manipulation de l’opinion ». Touchant, n’est-ce pas ?
Là où l’affaire devient aussi terrifiante qu’amusante, c’est que la direction de France 3 s’est exécutée aussi sûrement que si on l’avait sifflée. Notre confrère, à qui j’apporte mon « plus total soutien », passera aujourd’hui en commission disciplinaire ou quelque chose de ce genre. Il y a quelques jours, tout ce petit monde n’avait pas d’adjectifs assez ronflants pour glorifier un journalisme de révélations, qui fouine dans tous les coins de la démocratie, déterre des scandales, soulève les tapis et débusque les cadavres enfouis dans tous les placards. Peu importaient alors les moyens. On ne se rappelle pas que ces déontologues raffinés aient apporté leur soutien, même relativement partiel, à Liliane Bettancourt espionnée par son majordome, Laurent Blanc, balancé pour prétendu racisme à Mediapart, ou DSK exhibé par son amante. Voler pour la bonne cause, ce n’est pas du vol. C’est bien cela. Mine de rien, ces braves gens sont en train de rétablir le délit d’opinion – ce qui signifie qu’ils choisissent les opinions qui sont des délits. Contre les méchants, les riches, les puissants, les sarkozystes, la France d’hier, tous les moyens sont bons. Oser critiquer les forces de progrès qui portent la « vraie gauche », les enseignants en lutte, les juges rebelles, les journalistes résistants, relève de la haute trahison des intérêts du peuple.
D’accord, ce n’est pas 1984. N’empêche, il y a dans l’air un vague parfum, à peine un soupçon, mais il suffit à glacer. J’exagère, bien sûr. Après tout, qui se soucie du SNJ ? Un journaliste pourrait être sanctionné par son employeur, la télévision publique, pour avoir diffusé une information sans l’accord préalable de l’institution concernée par l’information. Un syndicat demande au patron de clouer un salarié au pilori pour la seule raison qu’il ne pense pas bien. Ce n’est rien. Rien d’autre qu’une fable ordinaire  de la France d’aujourd’hui.
Une affaire de journalistes qui n’intéresse personne, me souffle un ami qui pense juste et se trompe souvent, comme maintenant. Ce n’est pas une affaire mais une ambiance, un état d’esprit qui se diffuse, bien au-delà des quelques médias assurant traditionnellement la propagation du dogme. Une façon de considérer le contradicteur ou l’adversaire idéologique, au choix, comme un salaud ou un idiot. Ici, l’opposition au mariage gay est criminalisée, donc interdite ; là on demande dans le même mouvement l’amnistie pour le gentil casseur (de gauche) et les sanctions les plus fermes contre les « milices fascistes » (de droite). Il paraît que les gens de droite, aujourd’hui, sont aussi sectaires que ceux de gauche. C’est bien possible, mais l’avantage, c’est qu’on ne les entend pas. Il est vrai que les dingues qui semblent pulluler au SNJ, au SNJ-CGT, au Syndicat de la Magistrature et sans doute dans pas mal d’associations citoyennes, ne sont pas toute la gauche. Et qu’ils ne sont pas au pouvoir. Mais ils ne sont pas très loin de lui (dans l’espace politique, pas dans le temps, enfin espérons-le). Alors oui, j’aime bien rigoler. Mais au cas où ça vous aurait échappé, ce sont nos libertés à tous qui sont menacées par ces petits marrants.

*Photo : jetheriot.

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  • 27 Mai 2013 à 18h36

    NIETZSCHE dit

    Certes , une intrusion dans un local syndical , c’est pas bien…
    Mais un mur , des cons ou d’autre chose , ce n’est pas vraiment une bonne idée – un pilori quoi , à usage privé si on veut .
     Il est vrai qu’on est toujours le con de quelqu’un , mais quand on prétend confectionner un “dazi bao” , il vaudrait mieux choisir autre chose .

  • 1 Mai 2013 à 17h38

    Anne Lys dit

    Un syndicat de journalistes qui dénonde à l’employeur un journaliste : il n’y a vraiment qu’à gauche qu’on peut voir une telle anomalie…

    Il est vrai qu’il y a peu de syndicats qui ne soient pas de gauche, mais enfin il en existe 

    • 1 Mai 2013 à 18h06

      quadpater dit

      Je m’attendais à un tollé des autres syndicats, voire à un recadrage vite fait de la CGT.
      Aucun d’eux n’a moufté.

      • 3 Mai 2013 à 15h37

        kravi dit

        Défendre un ennemi politique, sioniste de surcroit, vous n’y pensez pas !

  • 1 Mai 2013 à 13h02

    ALMFBTYPP dit

    Hé oui , ce qui est sidérant c’est ce manicheisme de gauche , ces combats d’arrière garde de demeurés 68tards, qui se gaussent d’être dans le vrai, cette chasse aux sorcières éculée et récurrente contre la droite , cette interdiction absolue, ce tabou que des gens de goche ( SM, journaleux ) puissent mal penser ( murs des cons abject ) Il faut tout de même avouer que plus de vertu chez les gens de droite ( guéant , woerth ) faciliterait la dénonciation de ces vertueux de gauche

  • 1 Mai 2013 à 12h12

    Emmanuel dit

    Les petits robespierre de la CGT et autres officines du même accabi sont insupportables. Tous ceux qui ne pensent pas comme il faut (c’est à dire comme eux) sont à clouer au pilori, et il faut surtout leur interdire de parler, d’exprimer des opinions non conformes. Eh bien sûr cette dictature de la pensée, car c’en est une, se cache derrière de soit-disant grands principes moraux. Il faudrait que ces gens comprennent que le temps de l’union soviétique est terminé, où bien qu’ils s’exilent en Corée du nord, cela nous ferait des vacances.

  • 1 Mai 2013 à 1h54

    Sophie dit

    @ Kravi

    Pour Luc Trullemans, la situation s’est encore aggravée.

  • 30 Avril 2013 à 20h16

    fogarty dit

    Et les journalistes se demandent naïvement pourquoi une partie de l’opinion , aussi respectable qu”eux, les considère comme des salauds? En effet on leur demande d’informer et non pas de faire de la propagande comme la Pravda jadis.

  • 30 Avril 2013 à 15h40

    cabochard dit

    “Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté “…