Le multiculturalisme, fruit d’un tiers-mondisme dévoyé | Causeur

Le multiculturalisme, fruit d’un tiers-mondisme dévoyé

Le droit à la différence, c’est la différence des droits

Auteur

André Versaille
est écrivain et éditeur.

Publié le 29 avril 2017 / Société

Mots-clés : , , ,

immigration tiers mondisme multiculturalisme

Image du film "Le ciel, les oiseaux et... ta mère", 1999

André Versaille publie en ce moment un feuilleton sur le site du Monde, intitulé : « Les musulmans ne sont pas des bébés phoques »

« Est Français toute personne qui adhère aux valeurs de la République », déclarait le constituant de 1793. Proclamation d’ouverture envers les étrangers qui voulaient rejoindre les révolutionnaires, mais à la condition expresse d’adhérer aux valeurs de la République. Une telle déclaration dans de tels termes et conditions est-elle insupportable ?

L’assimilation diabolisée

Aujourd’hui, deux conceptions sur ce que devrait être la société française s’affrontent, et cette opposition transcende le clivage gauche/droite. Les multiculturalistes se disent ouverts et partisans de la diversité et considèrent l’immigration comme une chance pour le pays. Ils jugent les antimulticulturalistes bloqués dans la vision d’une France monolithique, homogène, fermée à toute évolution, et coincés dans leur refus de réfléchir aux mutations récentes de la société française ; ils leur reprochent d’en rester à la conception d’une identité collective immuable ; enfin, ils établissent un rapprochement idéologique entre les positions des tenants d’une France laïque et républicaine « à l’ancienne », et les thèses de la « droite décomplexée » voire de l’extrême-droite.

Or, bien des intellectuels ainsi vilipendés comme néoréacs, ne prônent pas une France identitaire blanche, ils défendent le modèle assimilateur de la IIIe et IVe République qui avait finalement plutôt bien fonctionné. Il s’agit pour ces républicains de préserver un ensemble commun, mais au sein d’un cadre qu’ils estiment historiquement légitime, à partir duquel les minorités culturelles pourraient tout à fait trouver leur place et exprimer des différences de sensibilités, d’histoires et de cultures.

En fait, le multiculturalisme s’inscrit dans le cadre de la pensée tiers-mondiste, à la suite du droit à la différence. Et, à l’instar du tiers-mondisme des années soixante, cette nouvelle vieille idéologie a pris, depuis quelques années, un tour radical. Même si comme tout mouvement idéologique, celui-ci est traversé de courants divers, ses propagandistes se retrouvent sur un socle doctrinal commun et s’appuient sur un catéchisme dont l’essentiel se résume à cet axiome : l’Occident étant responsable de son passé colonial, mais aussi et surtout en raison de sa nature « excluante », il faut déconstruire cette société d’« Ancien Régime ». Désormais, on défendra la promotion des identités aux dépens des libertés individuelles. Quant à la décadence de l’Occident, on la régénérera et la corrigera par l’injection d’un sang neuf. D’où l’urgence d’accueillir un maximum de populations jeunes, fraîches et innocentes, provenant de toutes les parties du tiers-monde.

Louée soit la diversité

Selon ce principe, il est indispensable d’inverser le devoir d’intégration : il ne s’agit plus de demander à l’immigré d’assimiler le pli identitaire et culturel de la société d’accueil, c’est à elle de modifier ses institutions et sa culture afin que les porteurs de l’arc-en-ciel de la diversité puissent prendre pleinement leurs places et que leurs cultures ripolinent de couleurs vives celles défraîchies de la nation. Cette « vieille culture », bientôt déchue de sa qualité nationale, deviendra une culture parmi les autres, qualifiée de « majoritaire » sinon de « dominante » avec tout ce que cet adjectif a d’infamant. Le propos sera de contester radicalement le primat de la culture nationale, et de lui interdire toute prétention à se poser comme culture de convergence ; ses valeurs seront jugées – et souvent condamnées ; quant aux symboles nationaux, ils se verront déconstruits, comme seront « désinstituées » un maximum de références associées à la société « dominante ».

Y a-t-il un seul multiculturaliste qui oserait proposer de ramener la culture nationale d’un pays du tiers-monde à une culture et une identité parmi d’autres ? Et imagine-t-on une société d’Afrique ou d’Asie accepter que sa culture ne soit plus reconnue comme « le prisme de référence de la collectivité » ?

À l’unisson de la vision multiculturaliste de l’Étranger régénérateur de notre société moisie, Thierry Tuot, auteur du Rapport au Premier ministre sur la refondation des politiques d’intégration inscrira en exergue de son expertise ce bout d’élégie de Novalis tirée des Hymnes à la Nuit : « Et plus qu’eux tous, l’Étranger, Superbe aux yeux profonds, à la démarche légère, aux lèvres mi-closes, toutes frémissantes de chants… »

Et voilà comment, à force de mépriser la culture classique décrétée « bourgeoise dominante », nous finissons par avoir des hauts fonctionnaires incultes. Ah, l’ambitieuse affectation ! Coquetterie de boutons de manchette… En recopiant d’un quelconque recueil de citation cette pièce à conviction de quelques vers, Thierry Tuot n’a visiblement pas saisi que l’Étranger du romantique Novalis est métaphorique. Il s’est persuadé que celui-ci se réfère aux immigrés, et ne doute pas que ces bribes poétiques nous aideront à réfléchir aux bouleversements démographiques dus aux gigantesques mouvements migratoires, pourtant inimaginables au XVIIIe siècle.

L’inclusion, quésaco?

Dans son rapport, le haut fonctionnaire vide de son sens le principe de l’intégration : il ne s’agit plus pour l’immigré de s’intégrer, mais simplement de « s’inclure », un peu comme un passager dans un bus, sans que cela n’implique quelque adhésion que ce soit à la nation ou à ses valeurs, ni aucun principe de solidarité avec sa population. Par ailleurs, il déplore que beaucoup de Français continuent à regarder comme étrangers des immigrés ayant acquis la nationalité française. Ce faisant, il met le doigt sur l’un des nœuds de la question. Malika Sorel le rappelle : « Pour les autochtones de n’importe quel pays, une personne est reconnue comme intégrée une fois qu’elle est identifiée comme partageant la même conception de principes. »

Qu’une communauté défende des valeurs concurrentes à celles de la société d’accueil ne pose pas de problèmes tant que celles-ci ne lui sont pas contradictoires, sans quoi elles peuvent menacer la cohésion nationale qui repose sur l’adoption d’un minimum de valeurs communes, en l’occurrence, la liberté individuelle et le non-assujettissement à la communauté d’origine, l’égalité entre les hommes et les femmes, la neutralité religieuse, le respect de l’individu dans sa liberté de pensée, de jugement et d’opinion, toutes choses que les immigrés sont appelés à adopter.

Le même Thierry Tuot parle d’une « célébration angoissée d’un passé révolu d’une France chevrotante et confite dans des traditions imaginaires… » Quel mépris pour l’histoire et le patrimoine ! Et quelle incapacité de faire la différence entre la nécessité d’une évolution progressive d’une société et l’appel à un bouleversement brutal imposé au nom d’une vision idéologique obsédée par la culpabilité.

Retrouvez André Versaille sur son blog, Les musulmans ne sont pas des bébés phoques

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    • 30 Avril 2017 à 16h31

      AGF dit

      Mon Dieu,
      A qui ai-je déplu?
      Ne rien dire …

    • 30 Avril 2017 à 10h57

      laborie dit

      Pour faire plaisir à Tuot laisser la place à l’envahisseur. Il a dû inspirer Houellebecq pour son “Soumission”, ma parole…

      • 30 Avril 2017 à 20h17

        J-B Baudin dit

        Je me demande même à quel point Houellebecq a raison mais juste avec un temps de retard. Bayrou pourrait être Premier Ministre dès 2017 sans attendre 2022. L’écrivain avait bien senti en quoi Bayrou est la girouette charnière incontournable du Système.

    • 30 Avril 2017 à 0h36

      Ataraxis dit

      LA République n’a que faire des valeurs, elle n’exige que l’obéissance aux prinicpes,ce qui suffit amplement. Je ne sais quel constituant est invoqué, mais il a tort: c’est en monarchie qu’on exige l’adhésion à des valeurs. Il faut et il suffit d’exiger le respect des LOIS.

    • 29 Avril 2017 à 21h09

      Charles Lefranc dit

      M.Versaille, vous n’ y êtes pas , il s’ agit de créer la société qatari sur le sol de ce pays . Qu’est ce que la société qatari ? Un millefeuilles de couches ethniques HORS-SOL , c ‘est a dire importés de fraiche date , privés de repéres sociaux , culturels et qui vont donc trimer pour trés peu , et faire concurrence aux locaux-autochtones qui eux ont bossé et construit le pays et ses infrastructures ( hopitaux-ecoles-routes-telecoms etc..) et seront mis sur la touche .Les hors-sol recevront le droit de vote aux municipales et grignoteront l’ espace des locaux . CQFD , le multiculturalisme est une affaire de pognon .

    • 29 Avril 2017 à 16h47

      J-B Baudin dit

      Un bon article qui repose quelque part la question du clivage droite-gauche mais sous une nouvelle forme assimilation-multiculturalisme. La question intéressante serait de se dire qui est de droite et qui est de gauche ? Aujourd’hui, la doxa médiatique place le multiculturalisme à gauche et l’assimilation à droite.
      Faisons le pari contraire. L’assimilation, c’est l’égalité de tous, au moins au départ, quelque soit les origines. Cette égalité est un prélude à la liberté et finalement à la fraternité entre les membres d’une même nation. La droite, ce serait le multiculturalisme avec comme idée celle de l’auteur : le droit à la différence nous conduit à des droits différents. Ca me rappelle un peu l’Apartheid … qui n’était pas vraiment un régime de gauche !

    • 29 Avril 2017 à 16h00

      Parménion dit

      L’autre jour dans le tramway, à Saint Denis. Une bande de jeunes “issus de l’immigration” parle fort et gêne tout le monde. Assise à côté de moi, une vielle dame africaine (ou antillaise, je ne saurais dire) qui part faire ses courses au supermarché me dit : “Il n’y a plus d’autorité des parents. Autrefois ça ne se serait pas passé ainsi”. Je suis optimiste : cette dame est le vrai avenir de la France. Il est multicolore mais il est avant tout français.

      • 29 Avril 2017 à 16h28

        accenteur dit

        Parménion
        TeIl y a de fortes chances pour que cette personne soit d’un département d’outre-mer. Mais elle peut être aussi d’un pays africain non-musulman. Auquel cas nous ferions l’hypothèse que l’islam, PARFOIS, fait obstacle ;)) à l’assimilation.

        • 30 Avril 2017 à 4h40

          AGF dit

          @accenteur.
          J’apprécie votre prudence toute diplomatique.

        • 30 Avril 2017 à 14h14

          ZOBOFISC dit

          Vivant en Guadeloupe depuis 40 ans, je parierai pour une Française d’outremer.
           J’ai récemment vécu un épisode similaire. Dans un bureau de poste surpeuplé, une jeune femme, “beurette” était accompagnée de 2 enfants insupportables qui couraient, criaient. J’ai eu le malheur de râler. La jeune mère m’a insulté : “vieux con” etc…

           Les Guadeloupéens présent ont eu la même réaction que la dame du bus : “Il n’y a plus d’autorité des parents. Autrefois ça ne se serait pas passé ainsi” etc…

          Les métropolitains sont restés muets, disons neutres.

    • 29 Avril 2017 à 15h33

      Martini Henry dit

      Bon, pour tout comprendre, il suffit de regarder la tronche du type! Non mais mordez cette gueule d’endive! Cet avorton sans colonne, ce salsifis sans chair, sans muscles, sans nerfs, cette face de pet, ce mégot humain et vous avez tout compris de son renoncement à être. Voilà typiquement le genre d’ectoplasme qui mouille ses braies devant la virilité supposée (en bon raciste à l’envers) des barbares qui viendraient revivifier sa carcasse triste et flasque.
      Pauvre type! Il leur servira d’eunuque. Et comme il est déjà castré, cela leur fera faire des économies…
      “L’Étranger, Superbe aux yeux profonds, à la démarche légère, aux lèvres mi-closes, toutes frémissantes de chants” ne te regardera même pas, sous-larve! Tu nettoiera ses chiottes à la turque!…
      https://www.google.fr/search?q=thierry+tuot&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwiI5JmL4snTAhVKYlAKHX37D5sQ_AUIDCgD&biw=1440&bih=776

      • 29 Avril 2017 à 16h25

        Mitidja dit

        Putain, Martini, aujourd’hui tu m’as l’air remonté comme un coucou…Des figatellis ou un niolo pas frais au déjeuner et ayant du mal à passer??? Plus sérieusement et totalement hors sujet : c’est qui les cons qui foutent régulièrement le boxon à Furiani?? Tu as une idée??

        • 29 Avril 2017 à 17h29

          Martini Henry dit

          Bastia 1905. Une association de supporters nationalistes mais surtout remontés contre la ligue qui leur interdit le port des insignes corses en déplacement (drapeaux, maillots, etc).
          C’est une rivalité qui remonte à plusieurs années, liée à la révolte des ultras contre la ligue que tu retrouves dans d’autres clubs : PSG, OM, Nice, ASSE et Lyon.
          La pression monte de plus en plus, de dérapages en sanctions. Avec l’esprit corse là dessus et un certain cinéma du genre “réputation à tenir”, on a tous les éléments nécessaires au boxon.

        • 29 Avril 2017 à 17h34

          steed59 dit

          devant une telle description, j’ai vu le visage d’Alain Juppé de matérialiser dans mon cerveau

        • 29 Avril 2017 à 21h26

          Mitidja dit

          Compris. Merci, mais tout de même quelle image pour ce club emblématique de la Corse en L1, et qui en plus va descendre en L2 cette saison…..

      • 29 Avril 2017 à 17h00

        Schlemihl dit

        Entre nous il a plutôt l’ air d’ un ex jeune homme de bonne famille qui a fait des études dans un bon lycée d’ un endroit toutaphèkomylpho ( ce qui chez Aristote signifie un endroit peu prolétarien , je dirai assez chic ) , qui est passé pas Sciences Po et l’ Ena , qui a voyagé souvent aux USA mais pas dans l ‘ Utah ni l’ Arkansas , qui a appris beaucoup de choses mais peut être pas à boucler son budget , qui a soulevé bien des choses mais rien de plus lourd qu’ une tartine , qui n’ est jamais allé à Vesoul ni à Lublin ni à Argenteuil fort possiblement ( me trompè je ? ) , qui a rarement fait deux à trois heures de transports en commun par jour pour aller travailler , qui ne connait pas beaucoup le département de Seine Saint Denis , qui je l’ espère pour lui n’ a jamais été cambriolé , qui qui ……

        certainement fort intelligent , méprisant l’ électeur du FN , et ne se prenant pas pour une merde si on me pardonne cette métaphore , et parfaitement sourd au chevrotement pièèèèèèèètre des vieux idiots qui ne sauraient rien lui apprendre parce qu’ils n’ ont jamaaaaaiiiiis rien vu et qu’il résonne … pardon il raisonne beaucoup miiiieeeeuuuuux .

        J’ en ai déjà vu des comme ça qui n’ étaient pas tous hauts fonctionnaires . ils ne se trompaient jamais ! ils en convenaient eux mêêêêêêmmmeeee . Tiens , moi aussi …..

        Je serais curieux de connaître l’ avis sur ces questions ( je parle de l’ immigration et de la diversité ) de Vladimir Boukovski Alain Besançon Taguieff et quelques autres , pas très capricieux .

    • 29 Avril 2017 à 15h26

      accenteur dit

      La loi du groupe c’est le conformisme, volens, nolens, c’est terrible : se soumettre ou se démettre. Si j’entre dans un bus en pyjama, ou en maillot de bain, ou en scaphandrier, je vais m’attirer des remarques. Quand j’entre dans un bus en doudoune bleu marine, ou habillée comme la plupart des femmes, personne ne fait attention à moi.
      Voilà une manière de voir inadmissible quand on est ado ou quand on est une femme musulmane.
      On’est pas libre d’agir et de se vêtir à sa guise, le conformisme pèse comme une chape de plomb et rejette l’étranger.
      Partout, chaque pays, chaque religion, chaque quartier, chaque région, chaque milieu, chaque parti, chaque club, chaque famille, secrète ses codes, son conformisme. On peut s’en écarter à ses risques et périls ou choisir le lieu exact où l’on est en phase.

      • 30 Avril 2017 à 12h43

        Moumine dit

        accenteur
        J’ai l’impression que “choisir le lieu exact où l’on est en phase” devient de plus en plus compliqué en France, surtout lorsqu’on a des enfants.

    • 29 Avril 2017 à 15h00

      accenteur dit

      Le relativisme culturel est né de la comparaison entre cultures. « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà, selon B.Pascal. Lévi Strauss écrit : “c’est dans la mesure même où l’on prétend établir une discri­mination entre les cultures et les coutumes que l’on s’identifie le plus complètement avec celles qu’on essaye de nier. En refusant l’humanité à ceux qui apparaissent comme les plus « sauvages » ou « barbares » de ses représentants, on ne fait que leur emprunter une de leurs attitudes typiques.
      Le relativisme a été l’ennemi des Lumières qui croyait pouvoir convaincre le monde entier de L’universalité de ses valeurs.
      Le PIR nous rappelle chaque jour que les coutumes des “barbares” valent bien les nôtres et qu’ils refusent nos valeurs comme étant de la colonisation de l’intérieur.
      Sauf que le terrorisme islamiste m’empêche de vivre (moi et d’autres), sauf que la médecine scientifique a sauvé ma vie, et celle de mes semblables.
      Que les petites filles excisées pour ne pas jouir est une atteinte à l’égalité des sexes et au droit à la jouissance.
      Même le grand Lévi Strauss pouvait dire sur ses vieux jours, ici, mieux qu’en face.

      • 29 Avril 2017 à 15h18

        golvan dit

        @ accenteur à 15h00
        Claude Levi-Strauss: “Les musulmans sont incapables de supporter l’existence d’autrui comme autrui. Le seul moyen pour eux de se mettre à l’abri du doute et de l’humiliation consiste en une “néantisation” d’autrui.”

        • 29 Avril 2017 à 15h27

          accenteur dit

          merci Golvan
          cela ne m’étonne ni de lui, ni d’eux.

        • 29 Avril 2017 à 16h01

          Moumine dit

          golvan
          C’est pourquoi CLS avait été accusé de racisme. Et pourtant, je considère qu’il était visionnaire.