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Mourir pour Benghazi ?

Sarkozy a réussi son quinquennat

Publié le 16 mars 2011 à 6:00 dans Monde

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Nicolas Sarkozy salue les représentants du Conseil national libyen de transition.

L’émotion collective a passé. L’enthousiasme pour la révolution arabe s’est éteint. Hier, ils versaient des larmes – dues à la proximité du Nil et de ses crocodiles –, aujourd’hui les éditorialistes font la fine bouche. Ils haussent les épaules, ils ricanent. Ils se gaussent de BHL rencontrant à Benghazi les représentants du Conseil national de transition libyen, pour ne retenir que sa chemise, son torse imberbe et son air de bourgeois germanopratin. Ils ironisent sur Sarkozy recevant à l’Elysée les gus du Conseil national de transition, pour rappeler la popularité exécrable du chef de l’Etat, les prochaines présidentielles et l’irrésistible ascension de Marine Le Pen.

Bref, on parle de tout, sauf de l’essentiel. Et l’essentiel, c’est que Nicolas Sarkozy vient de réussir ici son quinquennat. Lui auquel on a reproché de se comporter en “néo-conservateur américain à passeport français” vient de rétablir la France dans ses droits. En recevant à l’Elysée une poignée de Libyens en révolte, érigés eux-mêmes en Conseil national de transition, illégaux mais pas illégitimes, Nicolas Sarkozy a émancipé la France de l’option diplomatique états-unienne. Il a choisi l’option farfelue.

L’option farfelue, c’est la politique de la France ! Elle ne date pas d’hier et court tout au long de l’histoire de France. Malraux l’a théorisée dans les Antimémoires. Elle va de Philippe Le Bel, qui proclame “Roi de France est empereur en son royaume” contre la volonté hégémonique des Impériaux, jusqu’au général de Gaulle qui, en juin 1940, dénombrait parmi ses ralliés les plus farfelus des Français : francs-maçons, juifs, membres actifs d’une petite association bien gentillette qu’on appelait l’Action française, marins de l’Ile de Sein. Et Vercingétorix, Du Guesclin, Roland sonnant du cor à Roncevaux, Jeanne d’Arc, Jeanne Hachette, Gambetta mal rasé, mal coiffé, saoul comme un âne du soir au matin, mais levant en six mois une armée de trois cent mille hommes : nous sommes un peuple d’aventuriers. La France, quand elle est fidèle à elle-même, qu’elle a rendu à ses voisins allemands le costard vert-de-gris qui la boudine, est un pays farfelu.

Tout l’engonce, la France. Parfois, elle sent le moisi. Les uniformes de toutes sortes, les morts qu’elle a nombreux renfermés en elle, la terre qu’elle a prodigue au-delà de toute prodigalité et l’argent, enfin, dont Péguy a écrit qu’il pourrissait tout : tout est, pour elle, une manière de carcan. Parfois, elle sait s’en extraire et se libérer des travails qui l’éreintent. En recevant les représentants du Conseil national libyen de transition, Nicolas Sarkozy a dégoncé la France de son carcan.

La Realpolitik : de l’idéologie qui avance masquée

Bien sûr, les plus piètres âmes françaises me répondront que ce ne sont là que des vues de l’esprit. Eh bien, justement, soyons de bons hégéliens : c’est l’Esprit qui gouverne le monde. Tout autour n’est qu’agitation vaine. La prétendue realpolitik que nos “partenaires” européens ont fait prévaloir vendredi à Bruxelles entretient avec la politique et la réalité une relation aussi passionnelle qu’une prostituée et l’amour. La realpolitik, c’est de l’idéologie qui avance masquée, un faux-nez, un trompe-couillon qui se maquille d’une bourgeoise honorabilité. Le scepticisme de Silvio Berlusconi n’est pas étranger aux frasques érotico-financières qui le lient au dictateur libyen ; le dermerden Sie sich ! qu’Angela Merkel adresse aux révoltés de Benghazi n’est pas sans rapport avec l’opposition d’Erdogan à l’intervention de la communauté internationale en Libye (la Turquie est devenue, en Allemagne, une affaire de politique intérieure). La baronne Ashton a beau croire s’être laissé pousser les moustaches de Bismarck, ça ne trompe personne. Son refus catégorique de reconnaître le Conseil national de transition comme l’interlocuteur légitime de l’Union – sa position a provoqué un tollé la semaine dernière au Parlement de Strasbourg et la saine colère de Daniel Cohn-Bendit – est tout l’inverse de la realpolitik : c’est de l’aveuglement, de la morgue munichoise. Les réticences européennes à s’engager en Libye résument, en définitive, ce qu’est devenu le projet européen : le choix de l’abstention.

Depuis le traité de Maastricht, faire l’Europe consiste à se retirer patiemment de l’histoire et du monde. Philippe Séguin nous avait prévenus dès 1992 : “Ce traité aurait pu être adopté sous Leonid Brejnev.” Les pays de l’Est européen venaient de se libérer du joug soviétique. Mais rien, dans ce traité, ne prenait en compte la nouvelle donne géopolitique. La raison commandait de tout revoir et de procéder à l’aggiornamento d’une construction européenne qui n’avait, pour fondement, que d’être le pendant occidental du Pacte de Varsovie. On n’en fit rien.

Entachée de ce péché originel, l’Europe intégrée a, dès lors, suivi la même ligne : se gourer toujours. Sarajevo en guerre, le général Mladic encerclant Srebrenica : Bruxelles discute de critères de convergence, comme si de rien n’était. Il y a quinze ans, le massacre des habitants de la “zone de sécurité” de l’ONU en Bosnie sous les yeux des casques bleus néerlandais amorçait le processus de destruction européenne1.

Aujourd’hui, il y a fort à parier que l’Europe n’interviendra pas en Libye. La boucle sera alors bouclée. Le processus entamé en 1995 lorsque l’Europe a abandonné la question des Balkans aux Américains atteindra son but. L’Europe est en train de se perdre dans les environs de Benghazi.

Qu’on ne s’y trompe pas : ce n’est pas son âme qu’elle perd. Ce n’est pas seulement au nom des droits de l’Homme que l’Europe devrait intervenir en Libye, mais au nom de ses intérêts stratégiques essentiels. La Méditerranée est une affaire européenne et l’Union ne peut refuser d’y exercer sa pleine influence sans courir le risque de ne plus exister du tout2.

Pas de puissance, pas de politique

Rien ne peut exister qui n’ait conscience d’avoir sa place dans le monde. Pas la peine de convoquer Heidegger pour saisir que toute existence est un être-là. Ainsi la politique est-elle, avant tout, une question géographique. Or, hier, l’Europe oubliait que les Balkans étaient à ses frontières. Elle nie aujourd’hui que le Grand Maghreb est son voisin. En perdant de vue sa propre géographie, l’Europe s’oublie elle-même.

De même, en refusant la politique de la puissance, l’Europe se prive non seulement de la puissance, c’est-à-dire de la capacité de se projeter au-delà de ses propres frontières et d’y déployer des troupes, mais aussi de la politique tout court.

Que nous restera-t-il donc quand la politique aura totalement déserté le projet européen ? L’euro ? Pas sûr : lorsqu’on se sera aperçu qu’elle n’est que le cache-misère d’un projet sans assise, la monnaie unique risque d’apparaître comme une illusion parfaite, laissant bientôt nues l’absence de volonté et l’absence de destin. Quand le monde se sera rendu compte de cela, l’heure du marché commun sonnera sans doute. Ensuite, à force d’efforts, nous vivrons peut-être suffisamment vieux pour voir éclore une belle et grande communauté du charbon et de l’acier. C’est bien, non, le charbon et l’acier ? Est-ce assez realpolitik pour nos partenaires ? L’Europe ainsi avance. Dans le sens de l’histoire. Mais à rebours.

Alors que faire ? Prendre acte que Rome n’est plus dans Rome et qu’il n’est plus véritablement d’Europe en Europe. Et y aller, en fin de compte. Reconstituer les ligues dissoutes. Choisir une fois encore l’option farfelue, la plus raisonnable entre toutes, et débarquer en Libye avec Messieurs les Anglais, qui tireront, cette fois-ci avec nous, les premiers.

  1. L’expression est de Paul-Marie Coûteaux.
  2. On notera le retournement de la position allemande : hier, Angela Merkel s’entêtait à faire partie de l’Union Pour la Méditerranée. Pour un peu, elle aurait juré, main sur le cœur, que les tyroliennes ne sont que des airs napolitains juste jodlés. Aujourd’hui, la Méditerranée, Mme Merkel ne voit même plus où ça se situe.
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  • 17 March 2011 à 2h54

    newparadigm dit

    Lisant Nadia et Saul, me revient en mémoire cette phrase immortelle de Claude Cheysson, ministre des Relations extérieures de Mitterrand, en décembre 1981, après la proclamation de l’état de siège par Jaruzelski en Pologne : « Naturellement, nous ne ferons rien »! Peut-être ce réalisme était-il une marque de lucidité face à une URSS encore redoutable. Mais là, pourquoi devrait-on ménager un Kadhafi ?Par peur de quoi ? Écoutez bien : de « passer pour un matamore », « un irresponsable », « un opportuniste », d’être « totalement ridicule au yeux du monde » !… Et « quand la sédition libyenne sera écrasée », on pourra se congratuler de notre sérieux ? 

    • 17 March 2011 à 14h36

      Saul dit

      ce serait toujours moins pire que de l’ouvrir comme on le fait actuellement, en s’abstenant de mettre en acte le discours que l’on tient.
      car quand Kadhafi aura définitivement gagné, on fait quoi ?
      des moulinets dans le vide ?

    • 17 March 2011 à 14h40

      Saul dit

      “Écoutez bien : de « passer pour un matamore », « un irresponsable », « un opportuniste »”

      et ainsi de ne plus être pris au sérieux…ça compte quand même dans les relations internationales.
      car quand la prochaine fois, la France voudra encore donner quelques rodomontades, ou juste négocier avec untel ou untelcomment croyez vous que ce sera pris ?
      plutôt comme “ouais c’est bon, avec eux y’a rien à craindre, c’est que d’la gueule..” non ?

  • 16 March 2011 à 23h58

    Bibi dit

    &Saul

    “le pire je pense Nadia, est qu’on va être, une fois de plus, totalement ridicule aux yeux du monde”

    Quel monde? Celui qui compte ou celui qui a compté?
     

    • 17 March 2011 à 0h13

      Saul dit

      ça dépend ce que vous entendez par qui a compté, ou celui qui a compté.
      quand je dis tout le monde, c’est tout le monde : on va passer pour des charlots non seulement auprès des ricains, brits et autres occidentaux, mais aussi auprès des arabes.
      ne parlons pas des chinois, pour eux on était déja leur paillasson

  • 16 March 2011 à 22h40

    Saul dit

    oui certes, on se démarque des autres et tout mais de là à en appeler aux manes de Philippe le bel et de Gaulle, tout de même…
    parcqu’il ne s’agit ici encore que de com, une manoeuvre pour faire oublier nos errements diplomatiques sur la Tunisie…
    et quand la sédition (elle est bizarre cette révolution…trop pour être honnete) libyenne sera écrasée dans les jours qui suivent, on va être malin, car on ne va pas intervenir (et tant mieux !) bien entendu… juste des paroles, mais sans les actes qui vont avec.
    bref sarko va passer encore une fois pour un matamore, une grande gueule….

    une bonne diplomatie, c’est quand on a la capacité de mettre en acte nos paroles..

    juste une précision :
    “Elle va de Philippe Le Bel, qui proclame « Roi de France est empereur en son royaume » contre la volonté hégémonique des Impériaux,”

    et contre le pape aussi et surtout…

    • 16 March 2011 à 23h38

      nadia comaneci dit

      Pire qu’une grande gueule cher Saul. Le côté Tartarin serait relativement sympathique. Un irresponsable, c’est bien pire. Ou un opportuniste, ou les deux.

      • 16 March 2011 à 23h46

        Saul dit

        le pire je pense Nadia, est qu’on va être, une fois de plus, totalement ridicule aux yeux du monde

  • 16 March 2011 à 20h44

    expat dit

    En tout cas merci F. Miclo pour cette article et je suis d’accord avec cela “la France, quand elle est fidèle à elle-même, qu’elle a rendu à ses voisins allemands le costard vert-de-gris qui la boudine, est un pays farfelu.”
    Et j’ajouterai que ça s’applique aussi aux français

    • 16 March 2011 à 22h42

      Saul dit

      mais c’est ce qui fait notre force aussi

  • 16 March 2011 à 20h28

    newparadigm dit

    Ça va faire de la peine à Nadia, mais tout-à-l’heure j’ai entendu le service mondial en anglais de la BBC citer longuement, et de manière clairement approbative, le blog d’Alain Juppé (http://www.al1jup.com/?p=869) justifiant le soutien de la France aux insurgés libyens. Je vous promets que ça fait du bien à entendre.

    • 16 March 2011 à 23h35

      nadia comaneci dit

      Alain Juppé est le ministre de Nicolas Sarkozy qui a décidé unilatéralement de soutenir les insurgés. Comme disait JP Chevènement, un ministre…. Las, il n’empêche que ce soutien sans avoir consulté au préalable nos amis anglais les a conduits à prendre leurs distances illico presto… A l’image de leur secrétaire d’Etat Hague qui a rétropédalé à 180° “Nous reconnaissons les Etats, pas les factions”. Mon Dieu, que tout cela fait désordre et improvisé.
      On peut soutenir ceux qui luttent contre Kadhafi sans dire n’importe quoi. Et éviter de s’engager, comme le rappelle très justement Saul, sans la capacité de traduire nos paroles en actes. Ce qui est très précisément le cas ici. En attendant, la résistance lybienne a vécu.

  • 16 March 2011 à 18h07

    L'Ours dit

    Ca y est!
    On entend les Lybiens non encore “repris” se plaindre des américains et des européens. Que des parlotes, affirment-ils! Où sont-ils? Qu’attendent-ils pour venir? Kadhafi est aux portes et ils savent ce qu’ils risquent!
    Oui! Le réel est mortel!
    Et les poètes donneurs de leçons dans les medias auraient mieux fait de la fermer! 

  • 16 March 2011 à 17h27

    Alain Briens dit

    Plus prosaïquement, avec moins de hauteur de vue que F. Miclo (quel bel article au passage !) il semble simplement que Sarkozy ait perdu la main et la baraka.
    Qu’est devenu l’homme des infirmières bulgares, des subprimes, de la crise financière, de la guerre géorgienne ? Quelques soient ses mérites réels et la part de la com, il donnait toujours à l’époque la sensation d’être dans le coup, du bon côté, l’action, l’efficacité, la vista, le “knack”.
    Aujourd’hui, il est sans cesse à contre-temps, sur la Tunisie comme sur la Lybie, sur Florence Cassez comme sur la récidive !
    Soutien fidèle de Ben Ali qui a perdu, contempteur de Khadafi qui va gagner, notre président se vautre dans un rôle de looser.
    Et franchement, quand on voit la complexité de la situation dans ces pays, y-avait-t-il urgence à se mettre en première ligne alors que, contrairement à la Tunisie, rien ne nous y poussait absolument ? Il fallait laisser agir en première ligne l’ONU, L’OUA, la Ligue arabe, Lady Ashton, qui sais-je, et pas aller se mettre dans ce guêpier pour faire un coup médiatique brouillon destiné à se conforter les bonnes grâces de BHL ! Et n’a t-on rien appris de la déconfiture humiliante des JO de Pékin ? Si elle ne peut acceuillir toute la misère du monde, la France ne peut non plus redresser tous les torts du monde.

    • 16 March 2011 à 20h28

      nadia comaneci dit

      En ce moment, rien ne lui réussit. La “baraka” peut être… ou l’épreuve du réèl, la force des choses. Illusion il y a bien eu, et vous citez quelques exemples, mais elle s’est bien vite dissipée sous l’accumulation des erreurs de jugement. Des vacances peut être ?
      Ses challengers feraient-ils mieux ? J’en doute fort !

  • 16 March 2011 à 15h52

    Bruiye dit

    Où l’on apprend que la France est un pays farfelu. Cela ne veut pas dire que chaque français est farfelu, mais que ses grands personnages quand ils sont “vraiment” grands se haussent jusqu’au “farfelu”.

    Et que donc, Sarkozy a réussi son mandat. Cette démonstration étant farfelue , il faut en conclure qu’elle est bonne.

    Autre exemple, si je dis que si Kadhafi a financé la campagne de Sarkozy, alors il devient compréhensible que Sarkozy, pour le faire taire, le reçoive gentiment à l’Elysée. Je fais une déduction sans originalité, une quasi trivialité. Par contre si je dis : si Kadhafi a financé la campagne de Sarkozy, alors il est compréhensible que Sarkozy veuille lui envoyer un missile pour la lui boucler, là je suis dans le farfelu.

    Le farfelu n’a pas de limite. Et il est remarquable de trouver ici une liste de tout ce que la France a compté de grands farfelus : De Gaulle, Jeanne D’arc, Philippe le Bel et j’ajouterai Clovis et Vercingetoix. Quand à Hegel et à Heidegger, nous savons tous, nous qui les disons pour leurs espiègleries légendaires, qu’ils ont pressenti l’arrivée du grand homme : tous les chemins menant en effet à Sarkozy dit le Farfelu.

  • 16 March 2011 à 15h41

    Bibi dit

    @ Guenièvre,

    Il y a certains sujets consensuels au sein de l’UE, crise ou pas, et d’autres où chaque état agit selon ses propres intérêts/vues.
    Comme les démocraties “printanières”, la construction européenne est loin d’être achevée.
     

    • 16 March 2011 à 15h52

      Guenièvre dit

      Je pense qu’en élargissant à 27 pays comme on l’a fait on savait très bien que l’on se condamnait à n’être qu’un grand marché , que l’Europe politique ne pouvait donc se construire avant longtemps…. si elle arrive à se construire un jour. Je suis pessimiste…mais ce n’est pas le sujet.

      • 16 March 2011 à 21h22

        Bibi dit

        Si, c’est la moitié du sujet, sinon sa totalité: comment voit-on ce qui se passe ici et ailleurs quand on fait partie de l’appareil (d’état ou du sur-état UE). Sur quelles conceptions se fond-on pour analyser la/les situation(s), et ce qui gouverne les actions (inaction comprise).

        Et certaines conceptions, bien ancrées ne serait-ce que par leur ancienneté, sont encore de mise – même si elles s’avèrent obsolètes. Elles risquent d’entrainer des conséquences peu désirables, sans pour autant que leurs détenteurs soient mis en cause (ou alors, par les historiens futurs).
          

  • 16 March 2011 à 15h24

    Pierre Jolibert dit

    Cet article est très bien, bravo.

    Mais je proteste sur un point :

    Philippe le Bel et ses affreux juristes du Midi = tyrannie, hégémonie, bêêrk.

    option farfelue sous Philippe le Bel = être contre lui

  • 16 March 2011 à 15h17

    Marie dit

    Serait ce que l’Europe veuille revenir à la Hanse du Moyen Age, il me semble.
    Les européens sont devenus couards et ce n’est pas une bonne nouvelle je rejoins ces propos puissés sur le site de Flamant rose qui soutient lui aussi la position de Sarkozy
    ” Il n’y a plus de Mauriac, plus de Malraux, plus de Bernanos, nous n’avons plus rien si ce n’est des pauvres cons qui se prennent pour des intellectuels alors silence dans les rangs…on tue en Libye et ailleurs.

    • 16 March 2011 à 15h23

      Pierre Jolibert dit

      J’ai du mal à voir des couards dans la Hanse.

  • 16 March 2011 à 14h33

    Guenièvre dit

    Je suis partagée. D’un côté, tout à fait égoïstement, je me demande dans quel m…… on se serait fichu en intervenant en Lybie , d’autant plus qu’apparemment, comme le dit eclair il s’agit d’une histoire de tribus. D’un autre côté comme le rappelle l’article de FM, la politique c’est le désir de peser sur le monde. Or depuis trente ans l’Europe fait comme si le monde n’existait pas, elle veut rester en dehors de tout ce qui s’y passe. « Nous sommes au balcon de l’histoire à regarder passer les révolutions » a dit… je ne sais plus qui.
    Peut être , après tout, que l’ambition de l’Europe c’est de devenir une grande Suisse ?

    • 16 March 2011 à 14h57

      Bibi dit

      “Or depuis trente ans l’Europe fait comme si le monde n’existait pas, elle veut rester en dehors de tout ce qui s’y passe.”
      Objection, votre honneur.
      L’UE, ainsi que des états européens, sont impliqués dans plusieurs régions et pays, avançant une ou plusieurs “agendas”. Que ce soit par des diplomates, par des militaires/policiers, ou des fonds.
       

      • 16 March 2011 à 15h34

        Guenièvre dit

        J’ai été un peu dure sans doute mais je parlais surtout des situations de crises. On se rappelle que l’UE n’a pas été fichue de régler la situation en Bosnie et que ce sont les Etats-Unis qui s’y sont collés. De toute évidence elle peine à s’affirmer comme une puissance politique qui compte dans le monde et à chaque fois qu’il y a conflit elle est incapable de parler d’une seule voix. Ceci s’explique par les divergences d’approche entre États membres, entre les atlantistes et les autres, favorables à une véritable émergence de l’Europe sur la scène mondiale c’est vrai mais je me demande s’il y a vraiment de la part de certains pays une volonté d’aboutir parce qu’ un désenchantement vis à vis de l’action.

  • 16 March 2011 à 14h20

    Amerotke dit

    Rien à rajouter Mr Miclo !
    Une Europe de marchands ne pouvait faire mieux et s’entendra toujours avec qui que se soit qui possède du pétrole.
    Il se pourrait cependant que les marchands soient au bord d’une faille sismique économique qui serait le dommage collatéral de la catastrophe japonaise.
    Et le pétrole perdra alors de son importance, et c’est à ce moment que l’on aura besoin de force d’âme.

  • 16 March 2011 à 14h15

    Amerotke dit

    Rien à rajouter Mr Miclo !
    Une Europe de marchands ne pouvait faire mieux et s’entendra toujours avec qui que se soit qui possède du pétrole.
    Il se pourrait cependant que les marchands soient au bord d’une faille sismique économique qui fera

  • 16 March 2011 à 14h10

    Savinien dit

    Maintenant (le 16/11/2011 à 14 h) que l’on sait que Kadhafi a financé la campagne électorale de Sarkozy, ce qui expliquerait la réception en grande pompe de 2007, on ne peut que renchérir sur l’inconséquence de la politique étrangère de notre président. Avec sa proposition d’intervention aérienne, cherchait-il à se faire excuser par avance ?
    A mon avis, cela ne va pas le faire remonter dans les sondages. Pour être présent au 2ème tour en 2012, il va falloir qu’il fasse très fort !

  • 16 March 2011 à 13h47

    robespierre dit

    François BRAVO !

  • 16 March 2011 à 12h05

    Lady dit

    L’affaire libyenne devient pour Sarkosy une affaire personnelle qui déterminerait son avenir présidentiel?
    de Gaulle a été “farfelu” mais l’enjeu n’était pas le même et c’était pour sauver son territoire.
    Si pour montrer son caractère et jouer son va tout Sarko s’engage dans le conflit libyen je ne suis pas sûre qu’il en tirera une réhabilitation des français convaincus de la folie de Kadhafi mais pas au point de soutenir un investissement humain et politique dans ce panier de crabes.
    Le vrai farfelu consisterait à ne plus jouer les apprentis sorcier en politique étrangère et à tourner sept fois son bras avant de conclure des marchés de “marchand de tapis” avec de sombres guignols.

  • 16 March 2011 à 11h48

    eclair dit

    le problème en lybie c’est que les insurgés sont une ethnie qui representent 20% de la population et que les autres tribus ne les accepteront pas.
    Rien n’est jamais facile.

  • 16 March 2011 à 11h13

    Jesse Darvas dit

    Vous oubliez qu’une intervention qui aurait l’objectif d’aboutir ne saurait se limiter à quelques bombardements: Kadhafi est en train d’écraser les insurgés au sol et il faudrait donc les appuyer avec des troupes régulières. La suite? Après la victoire des Alliés, l’occupation de la Libye qui deviendrait le nouveau lieu de confrontation des jihadistes avec l’Occident, après le retrait d’Irak. Personne ne souhaite cela et c’est pour cette raison que l’on s’en tient aux mots et qu’on se gardera bien d’intervenir. Sachant d’ailleurs que les insurgés refusent tout débarquement de troupes occidentales sur le sol libyen. Enfin, il n’y a aucune certitude que les rebelles libyens soient bien meilleurs que Kadhafi (il est vrai qu’ils pourraient difficilement être pires) et le précédent du Kosovo où nous avons installé au pouvoir un trafiquant d’organes devrait nous inciter à la prudence. S’il s’agit d’une guerre civile est/ouest en Libye, au nom de quoi devrions-nous intervenir? On s’est indigné à juste titre lorsque certains excités antisionistes parlaient de “génocide” à Gaza mais il semble que le nombre de victimes en Libye soit du même ordre, ce qui n’empêche pas de parler absurdement de “Hitler du désert”…
    En revanche, on n’entend pas beaucoup nos gouvernements sur l’occupation saoudienne du Barhein: si celle-ci dégénère, entendra-t-on des appels à attaquer l’Arabie Saoudite? J’en doute : les arguments “humanitaires” sont toujours des prétextes.

  • 16 March 2011 à 11h01

    kacyj dit

    Consulter “le meilleur d’entre nous”, Isa ! Mais dans quel but ?
    J’hallucine en permanence du crédit accordé à ce monsieur qui n’est rien d’autre à mon sens que le parfait représentant de la politique de la fellation évoquée par BHL (qui fait preuve d’une absence de lyrisme remarquée pour une fois).

    N’ayant pas les éléments pour juge, comme la majorité des pékins, je n’ai pas idée de l’intérêt d’une intervention, ni du degré qu’elle devrait prendre, ni des moyens que cela implique.  

    Cela dit, il me semble qu’il vaut mieux s’abstenir de parler si l’on n’est pas en mesure d’intervenir ou de convaincre les petits camarades (et surtout le grand camarade outre-atlantique) d’y aller. Mais l’histoire n’est pas finie…

    Quant à l’image, je crois que dans un pays comme la France où 83% de la population était hostile à l’intervention américaine en Irak (il n’y a pas que contre Le Pen que Chirac a fait un score), un politique soucieux de son image ne voudrait pas paraître comme un va-t-en-guerre.