«Truffaut professait des théories absurdes» | Causeur

«Truffaut professait des théories absurdes»

Entretien avec Michel Mourlet

Publié le 18 juin 2016 / Culture

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Jeune critique «mac-mahonien » révolté par le cinéma de papa des années 1950, garnement réac aujourd’hui, Michel Mourlet a toujours été un rebelle du cinéma face aux rebelles de cinéma.
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Michel Mourlet. Photo: Hannah Assouline.

Critique cinéphilique, littéraire et théâtral, Michel Mourlet vient de publier ses mémoires, Une vie en liberté (Séguier, 2016).

 Propos recueillis par Daoud Boughezala et Elisabeth Lévy

Causeur. Grand cinéphile, vous avez été le théoricien des « mac-mahoniens », regroupés autour du cinéma Mac-Mahon. Racontez–nous la genèse de cette bande.

Michel Mourlet. Mis à la porte du lycée Pasteur de Neuilly en classe de Seconde, je suis arrivé au lycée Carnot dans le XVIIe arrondissement de Paris, où j’ai rencontré deux ou trois garçons tels que Pierre Rissient, qui se passionnaient pour le cinéma, notamment pour un certain cinéma américain que personne ne connaissait en France. Ils fréquentaient une salle près de l’Étoile, le Mac-Mahon, et m’ont ouvert des horizons nouveaux sur ce que pouvait être le cinéma. Car le septième art n’était pas compris comme il aurait dû l’être. Il y avait toute une hiérarchie à bousculer.

Pourquoi ?

Quelques critiques faisaient l’opinion, comme Chauvet au Figaro ou Sadoul dans les journaux communistes. Ils décrétaient que tel film était important, tel autre ne l’était pas. On avait établi une fois pour toutes une liste des grandes œuvres de l’histoire du cinéma (Les Enfants du paradis, Le Cuirassé Potemkine, la Passion de Jeanne d’Arc…) Toutefois, les Cahiers du cinéma avaient commencé à remettre en question cette vision académique et apporté leurs propres valeurs. Les mac-mahoniens ‒ ainsi nommés par Philippe Bouvard ‒, avec leur « carré d’as » (Preminger, Lang, Losey, Walsh), sont allés beaucoup plus loin dans le bouleversement des valeurs et la découverte de cinéastes méconnus.

[...]

  • causeur.#36.couv

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    publié dans le Magazine Causeur n° 95 - juin 2016

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    • 18 Juin 2016 à 12h27

      ReCH77 dit

      Merci de ce bel entretien qui ne va pas diminuer un penchant de plus en plus marqué à la mélancolie.

    • 18 Juin 2016 à 12h13

      Villaterne dit

      On a connu dans l’Histoire de grandes femmes d’État. Quand Marie-France Garaud s’est présentée à l’élection présidentielle en 1981, les Français ont raté le coche. Si elle avait été élue, les choses iraient probablement mieux dans notre pays.
      Je fais partie de ceux-là et je m’en mords encore les doigts !

      • 18 Juin 2016 à 14h02

        IMHO dit

        Extrait de Wikipedia :

        Elle est considérée comme la candidate para-gaulliste de 1981. Créditée de peu de voix dans les sondages, elle obtient finalement 1,33 % des voix au premier tour de l’élection, soit 386 623 voix, arrivant avant-dernière du scrutin, devant Huguette Bouchardeau.