Les apostats de la gauche divine | Causeur

Les apostats de la gauche divine

Corcuff et Amselle promettent les pires damnations à Michéa et Guilluy

Auteur

Daoud Boughezala

Daoud Boughezala
est rédacteur en chef de Causeur.

Publié le 16 janvier 2015 / Culture Politique Société

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michea guilluy amselle joffrin

Bienvenue aux enfers, où les âmes mortes errent sans fin dans la nuit. Depuis la fin de la décennie 1990, l’hérésie de gauche se paie cher, comme peuvent en témoigner Jean-Pierre Chevènement et ses inspirateurs « nationaux-républicains » emmenés par Philippe Cohen et désignés comme diables par Le Monde d’Edwy Plenel, ou Marcel Gauchet, Pierre Manent et d’autres savants rappelés à l’ordre par l’universitaire Daniel Lindenberg, petit télégraphiste du même Plenel et de Rosanvallon, toujours en pointe contre le fascisme qui vient. Quelques années plus tard, les quinquennats Sarkozy puis Hollande ayant achevé de brouiller les cartes du jeu politique, les thèses hétérodoxes d’intellectuels issus de la gauche trouvent un succès croissant auprès d’une jeunesse éprise de critique sociale, mais revenue des mythes du Progrès. Malheur aux Michéa, Guilluy et Polony qui ont abjuré leur foi de gauche ; pire que l’hérésie dont se rendent coupables des personnalités de droite ou assimilées, l’apostasie conduit au neuvième et dernier cercle de l’enfer. Sous peine de brûler, de profundis, les trois commandements de la gauche divine (Baudrillard), tu suivras.

Règle n°1 : Au clivage droite/gauche tu te tiendras

C’est bien connu, le « ni droite-ni gauche » s’attache intemporellement à l’extrême droite. Dernièrement, Natacha Polony a payé cher son indépendance d’esprit sur le plateau de Laurent Ruquier (« Où vous situez-vous ? », « Qu’est-ce qui vous différencie du Front national ? », lui demandait la procureuse Salamé). Il ne fait pas bon se dire réac sur les mœurs, et économiquement de gauche, à l’heure où Marine Le Pen semble avoir préempté ce positionnement. L’anthropologue postmoderne Jean-Loup Amselle, auteur des Nouveaux Rouges-Bruns (Lignes, 2014), s’effraie de « la montée d’une droite des valeurs qui s’accompagne souvent d’une certaine dose d’antisémitisme et qui est en général associée à une posture de “gauche du travail”, hostile au libéralisme économique » (doit-on en conclure qu’il faudrait au contraire conjuguer droite libérale du travail et gauche sociétale, autrement dit avoir le portefeuille à droite et le cœur à gauche, tel un affairiste qui aurait ses pauvres et ses discriminés ?). Bref, le rouge-brun est un personnage hybride qui effraie le théoricien de l’« hybridité » ! Ainsi Amselle fustige-t-il l’anticapitaliste Jean-Claude Michéa1 , fin lecteur de George Orwell qui étudie inlassablement le paradoxe du libéralisme, et décrypte sa nature foncièrement progressiste, individualiste et sans frontières, autant dire de gauche. Aux yeux d’Amselle, le socialisme conservateur et communautaire de ce penseur « ambigu » qu’est Michéa le rapprocherait d’un Dieudonné, admiratif des Pygmées ! On est presque surpris que notre épurateur n’aille pas jusqu’à brandir la citation apocryphe de Hitler se proclamant « économiquement de gauche, et socialement de droite ». Quelle retenue…

Règle n°2 : Tes adversaires tu fasciseras

Cela ne surprendra guère, la prose confusionniste d’Amselle suscite l’enthousiasme des Laurent Joffrin et Sylvain Bourmeau. Après avoir sévi aux Inrocks, à Mediapart puis à Libération, ce dernier s’est replié dans sa tour d’ivoire de France Culture d’où il continue à vacciner les foules contre le « péril rouge-brun » – également appelé « néo-réac » selon les moments. Tout imbu de sa science infuse, Bourmeau traque les « lepénistes de gauche » avec l’acharnement d’un Beria social-démocrate (un robinet de vitriol tiède). Les représentants de cette engeance crypto-chevènementiste, regroupés en 2012 au sein du collectif Gauche populaire, osaient braver les tabous de la gauche et parler ouvertement de sécurité, de nation et d’immigration, certains, comme le politiste Laurent Bouvet ou le géographe social Christophe Guilluy, allant jusqu’à se commettre dans les colonnes du « torchon Causeur » (sic). Messieurs les censeurs, réjouissez-vous, Bourmeau officiera désormais en tant que professeur associé à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) où il pourra évangéliser les derniers lecteurs de Libé – aux frais du contribuable, mais c’est sans doute mesquin de le remarquer.

Un autre exorciste professionnel, j’ai nommé Philippe Corcuff, maître de conférences en sciences politiques passé successivement par le PS, la chevènementie, les Verts, le NPA… avant d’atterrir à la Fédération anarchiste, vulgarise la même weltanschauung à l’usage des 3-5 ans. Son dernier opus, Les années 30 reviennent et la gauche est dans le brouillard (Textuel), se veut une œuvre pédagogique destinée à « combattre le côté obscur de la force qui contamine aujourd’hui la critique sous des apparences rebelles » (non, je n’invente rien). En effet, ceci n’est pas le synopsis du prochain épisode de Star Wars mais bien un ordre de mission contre la déplorable droitisation des esprits menée, pour les bruns, par des prêcheurs de haine « néoconservateurs » (Élisabeth Lévy, Dieudonné, Éric Zemmour, quelle équipe !) et, côté rouges, par des « entrepreneurs en identités collectives fermées » (Michéa, Bouvet, Guilluy, encore eux !). Sur le ton à la fois candide et professoral d’une aventure de Martine dictée par Alain Badiou, Corcuff hume un parfum d’années 1930 dans le maelstrom politique actuel : à l’en croire, Marine Le Pen devrait son succès à la montée d’un « postfascisme » indifféremment islamophobe, antisémite et xénophobe (et les homophobes, ils ont vendu du beurre aux Allemands ?). Diantre, que le marigot populo refoule de la goule !

Règle n°3 : Le peuple tu ignoreras

Billancourt, c’est fini. Aujourd’hui, c’est Montorgueil que Laurent Joffrin craint de désespérer. Après avoir successivement épinglé à la une de L’Obs les « néo-réacs » (mars 2011) puis, en septembre 2012, les « néo-fachos » – la short-list des suspects habituels comprenant notamment Lévy, Zemmour et le regretté Philippe Cohen – , qui sait jusqu’où Joffrin poursuivra son ascension dans l’anathème : bientôt les néo-nazis ? Ce n’est pas pour rien que la Pomponnette de la presse de gauche, hier à L’Obs, aujourd’hui chez Libération, avant-hier à L’Obs, alterne entre ces deux bercails depuis… trente-trois ans ! En attendant son prochain aller-retour, le digne successeur de Serge July, qui fut le sémillant partenaire d’Yves Montand dans « Vive la crise ! », merveille télévisuelle destinée à montrer à ces ploucs de sidérurgistes licenciés par dizaines de milliers que le risque c’est cool, man, ne sait plus sur quel peuple danser. Le 16 septembre dernier, dans un édito de Libé frisant le mea culpa, Joffrin décernait un étonnant satisfecit, à peine teinté de quelques réserves, à Christophe Guilluy, bien que celui-ci ait, dans La France périphérique  (Flammarion, 2014)., montré, cartes à l’appui, que 80 % des classes populaires, expulsées des centres-villes par la gentrification et des banlieues par l’immigration, ont atterri dans des no man’s land ruraux ou « périurbains », territoires désindustrialisés et exclus des échanges économiques. Or, à la différence des catégories protégées que sont les fonctionnaires (électeurs de gauche) et retraités (clientèle de l’UMP), ces petites gens votent massivement Front national, suscitant ordinairement une héroïque répulsion chez Joffrin, qui fit preuve, ce jour-là, d’une étonnante mansuétude pour les ploucs (et pour Guilluy qui leur donne une voix) : « Il y a là, écrivait-il, un examen de conscience politique et culturelle à ouvrir, loin des conformismes et des pensées automatiques. » Patatras, un mois et demi après ce début d’aggiornamento, Joffrin salue l’essai prophylactique d’Amselle, « un petit livre indispensable à la compréhension [du] nouveau paysage » intellectuel. Dans un de ces retournements dans lesquels il excelle, le patron de Libé fait feu sur « des intellectuels comme Christophe Guilluy ou Jean-Claude Michéa, qui donnent à leur réflexion un tour très identitaire ». Que mon mardi ignore mon lundi, en somme. Il est vrai que, si on cherche en vain dans leur œuvre trace de ce mauvais penchant « identitaire », les deux compagnons de prétoire partagent une même fibre « populiste », au meilleur sens du terme. Guilluy aggrave son cas en disséquant, à l’aide d’enquêtes de terrain, l’« insécurité culturelle » dont souffrent les classes populaires confrontées aux conséquences de l’immigration massive. Réponse, d’après l’intéressé, des propagandistes du métissage –Amselle, Corcuff, Joffrin et Bourmeau en tête : « Ils déforment mes propos et prétendent que j’oppose la France des petits Blancs aux Arabes. » Ravie d’avoir ainsi débusqué les ennemis supposés de ce peuple qu’elle ne parvient décidément pas à changer, la gauche hollando-mélenchoniste psalmodie ses mantras éculés – la lutte des classes façon La Bête humaine – ou projette ses fantasmes de lutte pour les damnés de la terre sur des banlieues moins défavorisées que nos campagnes. À l’arrivée, cela donne la préférence immigrée, tout aussi stupide et vaine que la préférence blanche – et le vote FN. Ironie de l’histoire, ces chaisières recyclent le vieux mythe droitard des classes dangereuses, ainsi que le confirme Guilluy : « Ils vivent dans le mythe de l’individu sans territoire, sans origine, sans ethnicité, sans religion. C’est un discours complètement hors-sol. La gauche panique, elle n’est plus qu’à 25 % des votants, c’est-à-dire 15 % des inscrits. Alors qu’ils devraient changer de logiciel, les gardiens du dogme préfèrent mourir en ayant tort. »

Nul n’est plus agressif qu’un animal agonisant. À la vindicte des croisés de l’antifascisme, il faut donc riposter par l’ironie ravageuse d’un Michéa. Ou esquisser un pas de côté en méditant ce que ces Cerbère disent de notre époque. En anciens rebelles passés du col Mao au Rotary Club, ces chasseurs de sorcières n’ont retenu de Mai 68 que sa récupération publicitaire. Trente ans après le ralliement de la gauche au marché, les héros sont fatigués, mais bougent encore. Leur imaginaire manichéen hante tous les professionnels du spectacle qui n’aiment rien tant qu’opposer des nostalgiques de l’ordre moral aux habituels rentiers de l’antifascisme. Si les mécréants dans mon genre peinent à préciser les contours d’une troisième voie, je ne me résous pas à ce que les rares voix dissonantes se fassent de moins en moins entendre. Courons camarades, le vieux monde nous rattrape à grands pas !

Quinze ans de diabolisation

  • Mai 1999 : Edwy Plenel fascise les « nationaux-républicains » Régis Debray et Jean-Pierre Chevènement dans son livre L’Épreuve, Stock.
  • 2002 : Daniel Lindenberg publie Le Rappel à l’ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires, Seuil.
  • Mars 2011 : Le Nouvel Observateur consacre sa une aux « néo-réacs, agents de décontamination de la pensée du FN »(Élisabeth Lévy, Éric Zemmour, Ivan Rioufol, Robert Ménard, Philippe Cohen, etc.).
  • 5 avril 2011 : Le Monde épingle « les nouveaux réacs (Élisabeth Lévy, Éric Zemmour, Yvan Rioufol, Robert Ménard, Éric Brunet) au discours franchement anti-immigrés ».
  • Septembre 2012 : Le Nouvel Observateurhache menu « Les néo-fachos et leurs amis » en amalgamant Alain Finkielkraut, Alain Soral, Élisabeth Lévy, Patrick Buisson, ou encore un site américain… proche du Ku Klux Klan.
  • 6 août 2014 : Geoffroy de Lagasnerie et Édouard Louis étrillent Marcel Gauchet dans Libération : « Pourquoi il faut boycotter Les Rendez-Vous de l’histoire : un appel collectif ».
  • 1er octobre 2014 : Philippe Corcuff sort Les années 30 reviennent et la gauche est dans le brouillard, Textuel.
  • 15 octobre 2014 : Pascal Blanchard, Claude Askolovitch, Renaud Dély et Yvan Gastaut publient Les années 30 sont de retour, Flammarion.
  • 21 octobre 2014 : Jean Loup-Amselle dissèque « le racisme qui vient » dans LesNouveaux Rouges-Bruns, Lignes.
  • 31 octobre 2014 : Laurent Joffrin reprend les thèses d’Amselle dans son éditorial de Libération : « Les “rouges-bruns” attaquent ».

*Image : Soleil.

  1. Lire notamment La Double pensée (Climats, 2008), sur Orwell, L’Empire du moindre mal (Climats, 2007), sur le libéralisme, et Le Complexe d’Orphée (Climats, 2011), sur la gauche.

  • causeur 20

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    publié dans le Magazine Causeur n° 79 - Janvier 2015

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    causeur 20
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    • 14 Avril 2015 à 6h06

      brice james dit

      Comme le disait justement l’ un de mes anciens maitre ” a 20 tu es de gauche , révolté et tu veux changer le monde ,…normal , si a 50 tu es toujours dans cette posture tu es un con !” Et tout ces chiens de garde ce n ‘ont plus 20 ans.

    • 10 Avril 2015 à 14h41

      Henri dit

      Je crois que Dostoïevski parle de “pyschologie à la vapeur” dans les frères Karamazov. je dirais de ces nouveaux gardiens du dogme, qu’ils sont à la véritable pensée, qui est creusement du doute, finesses et vrai dialogue pour nous construire que d’authentiques équarrisseurs, qui n’apportent rien ni au débat ni à notre volonté d’être acteur de notre destin.
      Ils ne sont que des chiens de garde

    • 20 Janvier 2015 à 21h30

      salaison dit

      ceci dit….. les “GAUCHES” sont tellement pervers et vicieux qu’il va y avoir du boulot quand même.

    • 20 Janvier 2015 à 21h07

      salaison dit

      NE SERAIT IL PAS TEMPS ????  de cesser 
       l’     “Angelisme” à la Hollande (ou façon Gauche ?….) 

    • 19 Janvier 2015 à 12h10

      salaison dit

      “gauche divine” !!!???? ah ah ah……..!!!!!!!!
      serait-on en train de prendre conscience que …..?????? 

    • 19 Janvier 2015 à 11h51

      Henri dit

      Fort bonne analyse qui met au parfum du Landerneau de gauche.

    • 18 Janvier 2015 à 17h44

      salaison dit

      c’est la LIBERTE D’EXPRESSION selon les Gauches (et surtout le P.S)

    • 18 Janvier 2015 à 17h38

      salaison dit

      il est bien connu désormais, que toute l’attitude des “Gauches”, commentaires, lois, discours publics et privés etc etc…..
      n’ont qu’un seul BUT : “en dehors des Gauches (et surtout du P.S…) point de salut ” !  et quand je dis : Point de salut, c’est plutôt : sinon : gare ! (dans le sens :attention hein!)
      même à Gauche , les “afficionados”, s’en rendent compte!…. 

    • 17 Janvier 2015 à 14h15

      buddy dit

      Vous auriez pu citer aussi Canal + qui exerce un travail de sape constant par son traitement de toute l’actualité.
      La diatribe scandaleuse d’Ali Baddou contre le Roman de Houellebecq, les saillies constantes et répétitives de De Caunes sur Zemmour, l’ambigue émission de Barthes qui tord souvent les faits pour les faire coller à sa démonstration, etc.
      Et cette pauvre Polony, qui a fui Aymeric Caron, pour rejoindre une équipe qui affiche un parti-pris effarant.

      • 19 Janvier 2015 à 8h50

        isa dit

        Pauvre, pauvre, c’est vite dit.

      • 17 Janvier 2015 à 13h23

        mogul dit

        Quoi, une promotion d’énarques lucides et intelligents ?
        Revolution culturelle !
        Acceptons en l’augure, mais la simple évocation de la promotion Voltaire plombe un peu l’ambiance… 

      • 17 Janvier 2015 à 13h38

        Wil dit

        Pitoyablement politiquement correct.
        Qui sait,Certains d’entre eux feront peut être même partie d’un gouvernement qui votera un “patriot act” à la française qui réduira les libertés publiques.

    • 17 Janvier 2015 à 10h01

      kersablen dit

      Défense des valeurs de la République : Si nous n’êtes pas d’accord : mise en examen automatique.

    • 17 Janvier 2015 à 9h36

      rusti13 dit

      VOILA LE VRAI MAL DE FRANCE Pierre Bergé la secte de consanguins : « Je suis pour la suppression intégrale de toutes les fêtes chrétiennes en France »

    • 17 Janvier 2015 à 8h30

      mogul dit

      15 ans que ça dure, la diabolisation industrielle, la fascisation à la truelle, la godwinisation au karcher ?
      C’est que ça doit quand même rapporter quelque part, pas forcément du numéraire, mais de la sinécure universitaire, de l’anus-lingus intello-médiacrate, du colifichet honoris causa… Mmmmh…
      Et pendant ce temps là, la barbarie, la vraie, 17 macchabées en 3 jours, ne risque pas de subir les foudres des Fouquier Tinville de cocktail-petits fours. C’est pas leur faute, c’est celle des “incendiaires” (je ne vais pas répéter les noms)…
      Amselle fait se pâmer Isa de bonheur ? Normal, lui aussi trouve des rouges-bruns sous son lit, tandis qu’il ne verrait pas un trafic de Kalash même s’il était assis dessus ! 

    • 17 Janvier 2015 à 1h19

      Sancho Pensum dit

      Faire la liste de ses ennemis, ça sert à quoi, finalement ? Est-ce que dire au lecteur de Causeur où il est censé faire le rend plus intelligent ?

      • 17 Janvier 2015 à 7h18

        Lecoeuretlaraison dit

        L’auteur dénonce justement ceux qui font continuement la liste de leurs ennemis.
        Il faut apprendre à lire et comprendre ce qu’on lit, monsieur l’intelligent. 

        • 17 Janvier 2015 à 11h12

          Sancho Pensum dit

          Liste à laquelle l’auteur répond en égrainant lui-même la liste de ses propres ennemis. L’ennemi est bête, il croit que je suis son ennemi, alors que c’est lui l’ennemi. Et ça nous mène où, ce petit jeu débilitant ?

      • 17 Janvier 2015 à 7h59

        Fioretto dit

        Pour ma part je savais que Corcuff était signataire de l’appel des indigènes de la République et qu’il avait quitté Charlie Hebdo à cause de l’”islamophobie”.

        • 17 Janvier 2015 à 8h06

          isa dit

          Tu vois Fio, hier le Meluche fut pour moi le truc de trop a l’enterrement de Charb.
          Ce qui fait comprendre rien qu’un peu l’attitude absolument degueue des parents de Charb, malgré tout leur chagrin, envers Jeanette Bougrab.
          C’était pas LA bonne musulmane, fille de harki, et elle était dans le gouvernement de Sarko! Caca donc

          Bon, je craque sur le trop plein de gauchisme.
           

    • 16 Janvier 2015 à 22h04

      isa dit

      Ans elle est exactement le genre de mec bougon que j’adore, il est intransigeant avec le droit au fascisme. Son livre m’enchante.

      • 16 Janvier 2015 à 23h20

        Fioretto dit

        • 17 Janvier 2015 à 7h59

          isa dit

          Fio, je ne le connais que par ses interviews sur les rouge- bruns, et, personnellement sur ce sujet, celui dont on parle ici, je suis 100% d’accord avec lui.
          Il démontre parfaitement la dérive fascisante des communistes et des extrême- gauche avec leur défense très très longue de Siral et Dieudonne par ex.
          Il est sec, cassant, intransigeant. Il n’a pas mes opinions politiques, mais franchement je m’en fiche.
           

        • 17 Janvier 2015 à 8h07

          Fioretto dit

          Sur cette histoire de Dieudonné et Soral je ne savais pas qu’il s’intéressait à tout cela dont acte. 

      • 17 Janvier 2015 à 0h06

        nadiacomaneci dit

        Il se paye Obertone, le débile léger qui disait que les sociétés hétérogènes étaient constitutionnellement criminogènes, avec exemples bidonnés à la clé ?

        • 17 Janvier 2015 à 7h47

          Fioretto dit

          Nadia, moi je l’ai entendu dire que le droit tribal c’est bien en afrique et il a participé au tribunal contre lagrange, il a une attitude de procureur très inquiétante, ensuite que de l’autre côté il y a pas non plus de saints j’en convient mais est-ce qu’on peu sortir de cette guerre extreme droite extreme gauche ? Daniel Lindberg avait aussi écrit un livre sur les juifs qui votent à droite. Ces gens là sont des sectaires.

    • 16 Janvier 2015 à 19h10

      laborie dit

      Fabrice Le Quintrec Journaliste à Radio France sur “La France Big Brother” .

      Cet homme est dangereux. Pas pour vous, mais pour les idéologues qui, depuis si longtemps, tentent de nous faire entrer dans le crâne leurs dogmes et leurs idées toute faites. Laurent Obertone est même un multirécidiviste. Il s’est notamment fait connaître par « La France Orange mécanique » qui lui a valu, en même temps qu’un formidable succès de librairie, ses premiers ennuis avec la police de la pensée.

      Le cas d’Obertone est de plus en plus préoccupant. Avec « La France Big Brother », il se lance, cette fois, dans une vaste entreprise de déconstruction. Il a choisi de déconstruire les déconstructeurs, juste retour des choses. Il faut du courage intellectuel ; il n’en manque pas, avec, en prime, un authentique talent d’écrivain (quelques-uns des portraits qu’il brosse de nos maîtres-à-ne-pas-penser constituent de vrais morceaux de bravoure) et une méthode d’investigation digne d’un journaliste dans l’acception la plus exigeante du terme.

      « La France Big Brother » nous plonge dans un univers orwellien qui nous anesthésie, nous protège, nous surveille, nous prend en charge, nous empêche de réfléchir et, si nécessaire, nous punit. Le réel et le bon sens sont oblitérés et s’y substitue une morale dominante dont les ressorts sont l’antiracisme et la recherche effrénée de l’égalité, de l’égalitarisme, du nivellement ou, mieux encore, de l’indifférenciation.

      Cet univers, c’est le nôtre ; 1984 = 2015 !

      La démonstration est implacable, elle fait appel à l’actualité, à la biologie, à la psychologie, elle fourmille d’exemples, de citations, d’anecdotes qui témoignent d’un patient travail d’enquête et de collecte de données en amont. Obertone ne prétend pas substituer un modèle à un autre, il essaie d’ouvrir les yeux de Français qui, hélas, n’ont pas forcément le recul nécessaire pour prendre conscience de l’assujettissement qui est le leur. Il faut dire que l’entreprise de conditionnement des esprits est à l’œuvre depuis fort longtemps. Louis Pauwels s’en était rendu compte, qui avait parlé, en 1986, d’un véritable « SIDA mental » effectuant ses ravages dans la jeunesse.

      À notre époque, ça va plus loin : beaucoup réclament un surcroît de domestication, ils se sentent perdus sans leur maître. L’ouvrage ne se contente pas de remettre le lecteur au contact du réel, il réfute méthodiquement ce que Big Brother prétend, par tous les moyens, nous faire ingurgiter (l’« indignation » à la Hessel, l’Éducation nationale façon Vincent Peillon ou Najat Vallaud-Belkacem, le féminisme, la parité, l’art contemporain, le discours médiatique convenu, la pub, les dépenses publiques, etc.).

      Rien de brutal dans cet asservissement : on est gavé de pain et de jeux, de bons sentiments et de faux-semblants démocratiques, et aussi de mots magiques : tolérance, solidarité… On est tout simplement infantilisé, notre univers est ouaté. D’ailleurs, l’éditeur cultive l’allégorie, il a choisi une couverture rose fluo rassurante pour illustrer l’emprise de Big Brother.

      Le but de Big Brother : briser toute faculté de réaction, nous transformer en une coquille vide, un réceptacle dans lequel on peut déverser indifféremment un iPhone, des slogans, de la désinformation, et nous faire aimer notre soumission en instaurant une sorte de « totalitarisme participatif », car Big Brother a fini par nous habiter, c’est ce bruit de fond qui nous accompagne en permanence, nous permet de nous sentir en harmonie avec les autres membres du troupeau.

      Ce livre a du souffle, il se lit d’une traite, il fait souvent rire car Obertone utilise à merveille les armes de l’humour et du sarcasme, la pertinence de ses analyses et son sens des formules font mouche, et surtout, alors que l’univers dépeint pourrait susciter une déprime houellebecquienne, il suscite un début d’espérance : parfois les yeux s’ouvrent, le réel s’obstine à nous interpeller, un sursaut se manifeste, les leçons de morale passent de plus en plus mal et Big Brother commence à être inquiet.

      Puisse ce livre rencontrer la couverture médiatique et le succès qu’il mérite, puisse-t-il aussi être distribué et donner à réfléchir dans les écoles de journalisme… mais on n’en est pas encore là !

      Je viens de terminer la lecture et je trouve son résumé fidèle au livre

    • 16 Janvier 2015 à 17h59

      laborie dit

      Et un, et deux, et trois….Après Zemmour et Houellebecq, voilà Obertone qui s’y met…ça va chier…

    • 16 Janvier 2015 à 17h33

      L'Ours dit

      Jeune, courageux, talentueux, très intelligent!
      Boughezala Président!

      • 16 Janvier 2015 à 17h44

        Pampam dit

        Tout pareil. Le “coté”, ou la “troisième voie”, c’est le parti qui monte :-)

      • 16 Janvier 2015 à 18h08

        néonéo dit

        Et en plus, il est beau.

        • 16 Janvier 2015 à 23h21

          Fioretto dit

          C’est vrai qu’Agnès avait une histoire avec lui …

      • 16 Janvier 2015 à 18h12

        gaze dit

        Très bon comme d’habitude en effet. Une réserve sur l’antilibéralisme qui est tout aussi partial que le libéralisme des élites économiques. La distinction à opérer est plutôt autour du mondialisme.

        • 16 Janvier 2015 à 18h18

          L'Ours dit

          Je n’en doute pas neoneo!