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Michéa et les bons esprits

Amis réacs, encore un effort pour critiquer la modernité

Publié le 18 octobre 2011 à 12:30 dans CulturePolitique

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Montage : http://cuicuifitloiseau.blogspot.com

Depuis quelques années, de bons esprits s’emploient à démontrer les inconséquences (ou les dangereuses conséquences) du progressisme, à en démonter les mystifications et à dénoncer cette forme nouvelle d’inquisition dont les dogmes sont l’antiracisme, la haine des limites, le mépris du peuple et l’éloge obligatoire du déracinement.

Ces bons esprits, dont certains ont su trouver un succès justifiant les espoirs des franges les plus lucides de la population française, sont souvent de bons républicains, nostalgiques d’une nation une et indivisible où l’École éduquait, où le passé n’était pas nié ou présenté comme une suite de massacres et d’injustices, où l’immigré s’intégrait à une culture respectée, où la France rayonnait par ses arts, ses lettres… et sa force de frappe atomique. De droite, de gauche, parfois − mais très rarement − du centre, ces bons esprits admirent généralement la belle langue classique du général de Gaulle, la rigueur de Pierre Mendès France, le Parti communiste français des années 1950, les plus réactionnaires d’entre eux cultivant même une tendresse particulière pour Richelieu et Louis XIV.

[...]

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  1. Cette masse anonyme qui se fait représenter et que l’on invoque en période électorale. des démocraties libérales mais une fraternité d’hommes libres et responsables.
  2. « Il faut savoir finir une grève », disait le gros Thorez, avant d’aller dîner avec les représentants de la social-démocratie patronale.
  3. Et donc de l’opposition radicale à la vision libérale de l’homme en société.
  4. En s’inspirant notamment des travaux des psychanalystes sur les pathologies de l’individualisme contemporain.
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  • 18 October 2011 à 23h28

    ylx dit

    C’est bien gentil, mais tous ces chercheurs de voies miraculeuses- autres que “l’impasse libérale” – oublient, me semble-t-il, que le couplage de l’infrastructure technologie et de l’individualisme fait que nos sociétés ont une énorme inertie qui interdit de les manoeuvrer aussi facilement qu’on le souhaiterait.Elles ne pourraient bouger significativement qu’à l’occasion de circonstances particulièrement dramatiques (Comme ce fut le cas de la presque totalité des régimes “révolutionnaires”.

    • 19 October 2011 à 7h40

      Mangouste1 dit

      Les circonstances dramatiques dont vous parlez sont peut-être déjà là. L’utopie libérale de la fin de l’histoire est occupée à se péter la g…, et, pour peu que les crises qui nous frappent actuellement fassent de gros dégâts dans nos sociétés, on peut penser que nombreux seront ceux qui chercheront une autre voie. Reste à espérer que leur choix ne se portera pas sur le premier dictateur venu, ce qui n’est jamais impossible.

  • 18 October 2011 à 23h06

    didier H dit

    Bonsoir Mangouste1,

    je me fais plus rare ayant un emploi du temps assez sportif…
    Heureux de vous relire. Et heureux, pour Rotilbis et d’autres que j’oublie, de la libération de ce petit gars qui parait tout fragile et qui a dû en voir des vertes et des pas mûres aux mains des Barbus.
    A propos d’alternative, souvenons-nous du tollé il y a dix ans (je crois) de la fameuse confluence rouge-brun qui était apparue comme par enchantement dans les médias et qui avait valu des mises au pilori et autres dénonciations. Une spécialité du Monde d’ailleurs…Cette confluence était plus irréelle que réelle et certainement beaucoup plus complexe que l’image donnée par les médias. Mais il y a des gisements d’idées passionnantes du XIXè siècle à aujourd’hui en passant par les années vingt et trente du siècle dernier, qui sont restés inexploités ou mis sur l’éteignoir par les idéologies dominantes et les totalitarismes. C’est autre chose que Terranova…

  • 18 October 2011 à 22h04

    Mangouste1 dit

    Didier,

    Bonjour, ça fait plaisir de vous revoir.

    Vous avez raison. Le libéralisme et le capitalisme ne sont pas des démons et ils ont plusieurs plumes à leurs chapeaux : nous leur devons d’indéniables progrès matériels. Le problème est qu’aujourd’hui ils deviennent totalitaires, même à gauche, et c’est un des mérites de Michéa de le montrer et d’expliquer pourquoi il en est ainsi. L’aspect le plus sombre de l’idéologie libérale et “progressiste” – disons plutôt “bougiste” – dans laquelle nous baignons aujourd’hui est en effet de faire croire qu’elle est la seule voie possible, s’appuyant sur l’échec de l’hydre communiste pour étayer cette affirmation. D’autres idées, d’autres projets seront en effet les bienvenus.

  • 18 October 2011 à 21h29

    didier H dit

    Intéressant de de voir que des pistes multiples existent loin des sentiers battus des gauches et droites traditionnelles. C’est un des mérites de cet article de le rappeler. Peut-être que son auteur pourrait nous en pondre un autre qui reprendrait et détaillerait toutes ces pistes. Qui sait? Cela pourrait inspirer l’un ou l’autre candidat à la présidentielle de 2012…Je crois me souvenir qu’Eléments depuis sa création a consacré, à côté d’initiatives parfois hasardeuses et sulfureuses, moultes dossiers à des politiques et visions du monde alternatives.

  • 18 October 2011 à 21h29

    skardanelli dit

    Durant la crise de 1929 le capitalisme fut discrédité, battu en brèche aux États-Unis même. Les jugements définitifs, le formules lapidaires du style : “pas besoin de discréditer le libéralisme, il l’a fait lui-même”, n’ont pas fini de fleurir avec cette nouvelle crise qui se profile, on sent que les couteaux sont sortis. Le problème est que le capitalisme est indissociable de la démocratie et de la liberté individuelle. Le capitalisme ou le libéralisme, je ne sais plus très bien à vrai dire, a de multiples facettes et la crise de multiples causes. L’objectif de Keynes qui était un libéral, était le plein emploi, cet objectif ne prenait pas en compte les énormes gains de productivité de l’industrie, il n’en reste pas moins un objectif essentiel à mes yeux. À trop se focaliser sur des problèmes convenus et des ennemis commodes nous oublions l’essentiel. Que l’on soit libéral ou socialiste au sens où on l’entend ici, on ne peut rester indifférent au sort de la plus grande partie de l’humanité privée des moyens de vivre dignement. L’immense réservoir, de haine et frustration que représente ces populations est le problème fondamental auquel personne ne semble vouloir répondre concrètement. Autant on peut imaginer des solutions pour résoudre les problèmes liés à la raréfaction des ressources, autant je n’ai jamais rien lu de convaincant sur la disparition du travail marchand, c’est à dire ayant une valeur marchande. Je veux bien croire que le remplacement des horribles souffleuses par de beaux balais pour ramasser les feuilles l’automne venu peut faire gagner des emplois, comme l’utilisation de pousse-pousses pour remplacer nos horribles taxis d’ailleurs, mais sérieusement qui peut y croire ? Ce sont les gains de productivité qui ont poussé les paysans vers les immondes taudis des grandes villes du XIXe! La solution serait-elle un retour vers une économie de subsistance ? Celle de la Chine confucéenne périodiquement ravagée par les disettes ? Car cette Chine, a peu de choses près, prônait les valeurs du socialisme. Comment des gens sains d’esprit peuvent-ils voir là une solution à nos problèmes. Croire qu’une oligarchie terrienne ne s’imposerait pas c’est faire preuve d’une confiance désarmante en la nature humaine à l’image de celle de nos libertariens qui voient dans la société du farwest un modèle de société souhaitable. Mais à part ces délires utopiques qui s’occupe sérieusement de la disparition du travail marchand, en tout cas de son inaccessibilité au plus grand nombre ? Je ne suis pas vraiment d’accord avec Jorion sur tout, mais jusqu’à présent il est le seul que je connaisse depuis Jeremy Rifkin à poser ce problème clairement. Ni l’un ni l’autre n’ont de solution.

    • 18 October 2011 à 21h37

      Saul dit

      capitalisme ou liberalisme ?
      la nuance est d’importance justement, car honetement je ne pense pas qu’il existe encore bon nombre d’anticapitalistes, tout le monde est en réalité pour le “capital” ;-)

      “Je veux bien croire que le remplacement des horribles souffleuses par de beaux balais pour ramasser les feuilles l’automne venu peut faire gagner des emplois”

      c’est plutôt l’inverse, vous pouvez me croire, c’est ma partie (et j’en ai fait aujourd’hui en prime :-) : le métier s’est considérablement mécanisé (et du coup est plus “qualifiant”). Ce n’est pas ça qui a influé sur le nombre d’emplois (dans ce métier du moins), car pour une souffleuse, il vous faut une aspiratrice, ou un caisson de ramassage, et donc derrière d’autres agents chargés de leur entretien/réparations etc.
      comptez aussi que l’exigence des riverains (ou des élus) n’est plus la même en terme de résultat, il n’y a plus le même degré de tolérance : il y a 10 ans, des trottoirs couverts de feuilles, ou avec des papiers, sacs poubelles étaient tolérés dans l’eprit général, ça ne choquait pas.
      alors qu’aujourd’hui, dès qu’il y a la moindre poche, le moindre papier, ou quelques feuilles, c’est récrimination assurée….

      • 18 October 2011 à 21h49

        skardanelli dit

        Ah ! Je savais bien qu’il y avait un côtè sombre en vous ! Vous faites donc partie du gang des casseurs d’oreilles. Pour ce qui concerne le capitalisme je ne suis pas tellement d’accord avec vous car, pour ainsi dire, la base du libéralisme c’est le capitalisme comme système économique et là démocratie parlementaire comme système politique. Après les variations vont de la sociale démocratie à la dérèglementation absolue.

      • 18 October 2011 à 22h19

        Saul dit

        voui :-) (casseurs d’oreilles….voilà, on assure le réveil des citoyens en plus du ramassage des feuilles, et gratuitement en prime, c’est ça le service public, et voilà les remerciements….)

        pour le liberalisme, ce sont ces variations qui amènent justement à des confusions dues à des définitions variables selon l’interlocuteur.
        j’aime bien votre définition, elle est générale, mais est très juste, je me permettrais de la reformuler ainsi :
        le liberalisme, c’est le capitalisme et la démocratie parlementaire.
        mais comme je vous le disais, selon les interlocuteurs : pour les ultra libéraux, le capitalisme tel qu’il était appliqué durant les 30 glorieuses c’est du “socialisme” (quasiment du bolchévisme !), et n’entendent par libéralisme, qu’un système le pus dérégulé possible

        perso, je suis bien antilibéral : pour le capitalisme, mais absolument contre la ploutocratie parlementaire (à bas les voleurs !), ce n’est pas de la démocratie selon moi.
        la referendaire, c’est la vraie démocratie ;-)

      • 18 October 2011 à 22h55

        skardanelli dit

        Il faut que je me couche tôt, je ne peux pas débattre mais le danger de la démocratie directe est bien connu, instabilité et démagogie. L’histoire d’Athènes l’illustre bien…

  • 18 October 2011 à 20h25

    Saul dit

    ben il est passé où le fil sur la battle Rue 89 Vs Causeur ?

  • 18 October 2011 à 20h12

    Mangouste1 dit

    J’ai loupé le débat sur l’interview de Michéa et je ne me le pardonne toujours pas, mais je sens que ça va repartir ici. Saul, Ylx, Rackam, Jacques, j’ai bien l’impression que nos amis libéraux vont encore tenter de nous convaincre de l’attractivité de leur paradis de “super-marché”.

  • 18 October 2011 à 19h51

    Impat1 dit

    Ylx, …”@Impat1 “impasse libérale” Y’a rien à demontrer. C’est un postulat. C’est comme ça. Le libéralisme ne peut être qu’une impasse”…
     Pas de problème, je suis un libéral impassible.  

  • 18 October 2011 à 19h40

    ylx dit

    On peut renvoyer réacs et égalitaristes dos-à-dos en ce sens ou tous deux font comme si la société n’avait pas considérablement évolué sous l’influence d’une part des technologies -notamment celle de la communication et des transports – mais d’autre part et surtout sous la marque de l’Individualisme triomphant, lequel dans nos sociétés occidentales est en voie de tout balayer sur son passage.
    Les printemps arabes en sont l’illustration. Que souhaite la jeunesse de ces pays, c’est avant tout la liberté individuelle qui est celle qu’ils observent -par tous moyens de communication – dans les pays qui sont sous l’emprise de “l’impasse libérale” . Les évolutions prochaines de leurs pays les feront sans doute déchanter. Car malgré eux ils se retrouvent pris dans le choc deux conceptions de l’organisation sociale et politique: la nôtre qui glorifie à outrance l’individualisme (ce qui inquiète à juste titre nos “réacs” ) et celle de la charia -une autre forme de collectivisme – qui est la négation de toute liberté individuelle.

    • 18 October 2011 à 20h21

      Saul dit

      je ne suis pas sur qu’on puise qualifier d”évolution” l’individualisme triomphant et forcené qui sévit par chez nous.
      ça semble plutôt un symptôme de notre décadence

  • 18 October 2011 à 15h22

    agatha dit

    “tout cela n’est pas bien exaltant” : certes, mais on peut avoir peur d’une vision exaltée de l’anticapitalisme. L’anticapitalisme s’opposerait au Capitalisme ( toujours écrit avec une majuscule, comme s’il y avait un dessein malin, au lieu d’un chaos providentiel ), et ainsi deviendrait la totalité du Bien.
    Les certitudes de qui parle sans nuances d’”impasse libérale” et s’en glorifie peuvent nous laisser circonspects, surtout passé un certain âge.
    “une lutte anticapitaliste qui est incapable d’intégrer clairement sa dimension conservatrice, n’a strictement aucune chance de se développer de façon cohérente…” L’enseignement de l’ignorance, Michéa.
    Dans cette proposition, je prends juste comme incontestable la nécessité d’une action conservatrice. La lutte anticapitaliste est un concept épatant, mais impossible de faire comme si c’était le postulat absolu.

  • 18 October 2011 à 15h14

    ylx dit

    @Impat1
    “impasse libérale”
    Y’a rien à demontrer. C’est un postulat. C’est comme ça. Le libéralisme ne peut être qu’une impasse et tous nos intellos volent a notre aide pour sortir de cette impasse. On les remercie pour leur sollicitude.

    • 18 October 2011 à 18h49

      Jacques de Guillebon dit

      Il est certain qu’aujourd’hui, il n’y a plus rien à démontrer sur le libéralisme : il l’a bien fait tout seul.
      Ah mais non, j’oubliais : nous ne vivons pas sous un régime libéral, mais sous celui – horrible, terrifiant ! – de l’Etâât qui asservit les forces puissantes du marché et de la propriété, pour satisfaire les fainéants, les pauvres, les handicapés, les vieux et les catholiques. Suis-je bête.

  • 18 October 2011 à 14h00

    rackam dit

    Impat,
     et quand la forme touche le fond, la main le panier, l’attentat aux moeurs est tout proche.
    Ceci posé, pour prolonger la réflexion de l’anar-christe (ça m’intéresse, ce genre de label), il est compréhensible que quelques réacs, lassés d’être diabolisés (avant de parler, souvent), se réjouissent de retrouver des analyses concordantes chez quelqu’un qui vient du trottoir opposé. Et qui semble y tapiner encore, d’après O.F. 

  • 18 October 2011 à 13h32

    Impat1 dit

    …”face à l’impasse libérale”…
    Que l’auteur de ce billet veuille bien m’autoriser une remarque de forme.
    Ou bien il mentionne une opinion de Michéa, et il serait normal d’écrire plutôt “face à ce que Michéa appelle impasse libérale”.
     Ou bien, par l’association de ces deux mots, il traduit sa propre conviction. En ce cas il serait honnête de tenter d’étayer cette conviction qui, c’est le moins qu’on puisse dire, ne va pas de soi.

     Ce n’est que la forme, mais la forme touche le fond. 

    • 18 October 2011 à 15h29

      Saul dit

      “ne va pas de soi.”

      la situation actuelle mondiale semble pourtant une éclatante démonstration….

  • 18 October 2011 à 12h38

    L'Ours dit

    Et voilà! Tout le monde dans un clapier. Des contre le progrès contre des contre le passé. Pas de cas par cas, que des case par case. L’homme est simple, son esprit est un monolithe.

    • 18 October 2011 à 18h43

      Jacques de Guillebon dit

      L’Ours, c’est vous qui y voyez “tout le monde” dans un clapier : on parle d’idées ici, qui sont des choses pouvant s’opposer, et qui ne possèdent pas une âme à sauver.
      Regardez la lune, pas le doigt.