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Merci Roselyne !

Halte au téléchargement illégal de pinard dans les open bars

Publié le 14 mars 2009 à 0:02 dans Politique

On finira par trouver ça suspect. Mais il me faut une nouvelle fois voler au secours de Roselyne Bachelot, avant qu’elle ne succombe sous le poids de la critique et qu’il ne subsiste plus d’elle, dépassant des décombres de sa charge ministérielle, qu’un oripeau rosâtre.

Interdire le gras, le sucre, le redbull, l’alcool, les open bars ou le téléchargement gratuit de pinard sur Internet : ce sont là d’excellentes mesures. Eloigner les adolescents de la bouteille relève de la salubrité publique : êtres mi-hommes, mi-enfants, pas tout à fait finis, ils s’occuperont désormais à percer leur bubons d’acné plutôt que de se pochtronner tout habillés de noir.

Il se trouve pourtant quelques esprits chagrins pour regretter les décisions courageuses de la ministre française de la Santé. Savent-ils seulement ce qu’est un adolescent ? En ont-ils jamais vu un de près ? C’est l’animal le plus inutile de toute la Création. Le plus nuisible aussi. Ça geint et gémit, se plaint d’un rien, alterne borborygmes incompréhensifs et cris hystériques. Comme ses cheveux sentent le pubis, l’hygiène publique réclame qu’on le parque loin des odorats normaux, dans ces lycées où il essaie de se reproduire, mais n’y arrive pas, à cause de la muselière inoxydable que lui a posée l’orthodontiste. Donnez un peu d’alcool à cet être vil et repoussant, et vous aurez devant vous le pire : un animal stupide, mais désinhibé.

C’est que la Nature a bien fait les choses : se rendant compte qu’elle s’était trompée en créant l’adolescent, elle l’a chargé d’inhibitions, de névroses et d’une prodigieuse dextérité à rédiger des sms – ce qui a la vertu de le rendre relativement silencieux et amorphe la plupart du temps. Servez-lui un verre et il se met à brailler son malheur à la face du monde comme une génisse qu’on égorge. On ne saluera donc jamais assez le beau geste de Roselyne Bachelot, par lequel elle permet aux adolescents de ne pas sombrer dans les ravages de l’alcoolisme, mais de se soumettre dès leur plus jeune âge aux neuroleptiques et antidépresseurs1.

Quant à l’interdiction des open bars, il faut être vraiment inconscient pour critiquer cette sage disposition. Je le dis d’autant plus volontiers que je fréquente depuis longtemps les open bars. Dès qu’un ami ou une connaissance sait qu’en France ou en Allemagne un bistrot s’apprête à tenir une telle soirée, il me prévient. J’arrive. Je me mets assise au comptoir et je commande ma première caïpirinha.

Généralement, au bout du douzième verre, le garçon prend un air navré pour me dire qu’il n’a plus de citron vert, plus de cachaça ou plus la force nécessaire pour piler de la glace. A ce moment-là, j’essaie de croiser comme je peux son regard pour le fixer dans les yeux et je lui lance un terrible et retentissant : “Mojito !” S’il se montre récalcitrant, je me termine au champ, à la vodka, à la bière ou à l’essence de térébenthine. Enfin à ce qu’il reste dans la taule, s’il reste quelque chose.

C’est du moins ce que je faisais jusqu’à ce que, informée d’un open bar dans le coin, je me rende récemment à Berlin. A l’Orya, petit troquet de l’Oranienstrasse2, j’assistai au plus touchant des spectacles. Je venais d’entrer, je m’étais installée au comptoir et j’avais à peine allumé ma première cigarette qu’un sournois murmure parvint à mes oreilles : “Elle est là.”

Le patron du bistrot, un Turc du Kreuzberg, pleurait en me regardant. Sa femme lui présenta ses trois enfants dont il baisa le front comme s’il les quittait à jamais, puis elle le serra dans ses bras, effondrée en larmes. Au bout d’un long moment, l’homme se détacha d’elle, passa derrière le bar et se planta devant moi : “Caïpirinha ?”

Il n’eut pas le temps de déposer le bilan après sa soirée open bar. On le retrouva pendu le lendemain matin. C’est dommage, c’était un as de la Caïpirinha.

  1. Et encore, ça ne marche plus à chaque coup : depuis qu’ils surfent sur Internet, ils matent des films X qui leur échauffent les sangs. Là encore, il faudrait sévir.
  2. Orya, Oranienstr., 22, Berlin-Kreutzberg.
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  • cachaca

    Merci Roselyne !

    Halte au téléchargement illégal de pinard dans les open bars

    Trudi Kohl

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  • 19 March 2009 à 11h35

    candide dit

    Interdire ?
    La liste est très longue ,et se rallonge de jour en jour de ces interdits !
    Se détendre ,juste un instant par le rire est désormais , aussi , interdit puisque des limites ,de plus en plus restrictives ,sont hérissées sur nos chemins de la perdition …

    Oui ,Trudi j’apprécie vos articles ….Mais est-ce pour être considéré comme un voisin charmant ,lors de vos rares séjours dans notre région ou comme un copain de débauche ?

  • 16 March 2009 à 13h48

    Kreyket dit

    Désolé de ne pas avoir remarqué le ton ironique, c’est juste que j’ai l’habitude de lire ce genre de propos écrits tout à fait sérieusement… Mais même si j’avoue mon erreur, un peu plus de légèreté dans le ton ne serait pas de trop, on croirait à une écriture de lycéen déprimé, et je ne dis pas ça par rapport au sujet de l’article.

  • 16 March 2009 à 10h53

    DoM P dit

    @ Tet2brick :
    Moi, c’est mon premier contact, je crois.
    Ce qui ne m’a pas empêché d’y voir le second degré, d’autant que l’exagération était flagrante… ;)

  • 16 March 2009 à 10h39

    Tet2brick dit

    @Kreyket:

    C’est votre premier contact avec un article de Trudi?

    Juste pour savoir ;)

  • 15 March 2009 à 23h01

    Kreyket dit

    “Savent-ils seulement ce qu’est un adolescent ? En ont-ils jamais vu un de près ? C’est l’animal le plus inutile de toute la Création. Le plus nuisible aussi.”

    Est-il nécessaire de rappeler que vous aussi vous étiez comme ça un jour ? Et franchement, à voir le récit de vos soirées open-bar, vous êtes toujours ainsi ! Il n’y a qu’un adolescent pour chercher à ce point la débauche, c’est immature…
    Attention, j’apprécie un verre de temps en temps, mais 12 vodkas c’est débile.

  • 15 March 2009 à 13h30

    JDep dit

    Magnifique remise à sa place de cette erreur de la nature qu’est l’ado. La flopée de caméras qui s’annonce à Paris devrait permettre d’en stigmatiser encore plus, et de voir se multiplier les pétages de boulons pouvant conduire aux carnages tels que vécu dans un lycée allemand. Les sociologues sont nombreux à les expliquer par cette folle accumulation d’interdits. Merci pour ce délicieux moment. A un de jours devant 15 vodkas.

  • 15 March 2009 à 9h05

    FélixRenédeSessandre dit

    @ Pirée
    Pas de quoi
    @ expat et l’ours
    Sinon pour les ados vous avez le punch vin blanc jus d’ananas (1/3 vin blanc, 2/3 jus d’ananas). C’est absolument immonde, ça peut les empêcher de devenir alcooliques.

  • 14 March 2009 à 18h50

    expat dit

    et merci ! (je ne suis pas toujours gentille, aller voir sur la fil sur ‘l’amérique’…)

  • 14 March 2009 à 18h49

    expat dit

    @ l’Ours, oui il est très gentil, (étonnant pour son age) mais peut-être un peu jeune pour elle (15 ans) heureusement..
    je ne vais pas rentrer dans les détails de sa vie avec les filles, mais il a un vrai harem qui défile, je n’arrive pas à suivre…

  • 14 March 2009 à 18h47

    L’Ours dit

    Expat,
    ouille! faut pas qu’ils se rencontrent, ma fille est superbe! Heureusement, peut-être parce qu’elle est rousse elle a un caractère bien trempé! Mais enfin, si votre fils est aussi gentil que sa mère, il n’y a rien à craindre.
    …)))

  • 14 March 2009 à 18h23

    Pirée dit

    Monsieur de Sessandre,
    merci pour les recettes!

  • 14 March 2009 à 17h15

    expat dit

    @ l’Ours : je ne lui ferai pas rencontrer le mien, c’est un tombeur !

  • 14 March 2009 à 16h13

    L’Ours dit

    Expat,
    et moi c’est une fille… 17 ans!

  • 14 March 2009 à 15h31

    FélixRenédeSessandre dit

    @ Pirée

    La caipirinha c’est très simple, il suffit d’avoir des citrons verts et de la cachaça, ou à défaut de cachaça un Rhum blanc léger (genre Bacardi). On écrase des quartiers de citron verts avec du sucre en poudre dans un verre à whisky et quand suffisamment de jus a été relâché, on rajoute la cachaça et les glaçons.
    Pour le (ou la, je ne sais pas, en général j’en prends plusieurs) Margarita, il faut une très bonne Tequila (genre Sauza gold) très difficile à trouver, du jus de citron vert, du triple sec et des glaçons, les dosages étant précisés dans en.wikipedia.org/wiki/Margarita.
    L’équilibre est très difficile à trouver. Le verre est retourné sur une assiette couverte de sel mouillé avant d’être rempli.

  • 14 March 2009 à 14h55

    expat dit

    @ puck : non pas d’armes chez moi, un ado ça suffit
    @ felix : vrai, faire un vrai margherita, ah, là il faut du talent
    @ pirée : sécret de maison !

  • 14 March 2009 à 14h48

    Pirée dit

    Comment prépare-t-on la caïpirinha et la Margarita?

  • 14 March 2009 à 12h14

    FélixRenédeSessandre dit

    Ne pleurez pas Trudi, la caipirinha est l’un des cocktails les plus faciles à faire, et les as ne manquent pas. Ce n’est pas comme si l’on perdait un expert es-margarita.

  • 14 March 2009 à 10h49

    Puck de la Colline dit

    @Expat

    J’espère que vous n’avez pas d’armes à la maison !?

  • 14 March 2009 à 9h38

    expat dit

    et moi l’Ours, j’aime la première partie, parce que j’en ai un comme ça à la maison ! et c’est tout à fait ça…

  • 14 March 2009 à 8h09

    L’Ours dit

    Votre seconde partie sur vos bacchanales nocturnes est jouissive et on voudrait refaire « ivrognement » le monde avec vous, avachi au comptoir, mais la première sur la caractériologie adolescente est un must !