Merci Bernard !

Grâce à BHL, on sait qu’il faut lire Botul. Tout Botul

Publié le 27 février 2010 à 7:55 dans Culture

Botul. Mais si, vous savez, Jean-Baptiste Botul, l’auteur fictif, canular brillant du farceur Frédéric Pagès, qui a mis BHL dans la béchamel. Qui a mis Bernard-Henri dans la panade. Vous n’avez certainement pas pu échapper à l’histoire de ce spécialiste de la pensée Allemande. Mais Botul est également l’auteur d’une correspondance tout aussi fictive et tout aussi désopilante avec le Casanova barbu de la belle époque : Henri-Désiré Landru, qui a été publiée en septembre 2001 sous le titre Landru précurseur du féminisme. Ma jolie libraire m’assure que “l’affaire” a extraordinairement dopé les ventes de Botul qui pourrait aujourd’hui, s’il était encore vivant (et réel) s’acheter une villa de rêve aux Bahamas, rouler en Porsche et vivre avec Amanda Lear. Une vie à la BHL en somme.

Présentée comme la correspondance entre un jeune philosophe exalté et le fameux tueur de Gambais (Yvelines), à la gazinière de sinistre mémoire, mondialement connue, ce petit livre nous présente un autre Landru. Il n’est pas qu’un odieux tueur de femmes en série, c’est aussi un grand séducteur s’inscrivant dans la lignée prestigieuse de Don Juan ou Sade.

Oui, nous l’avons oublié, et Botul nous le rappelle de manière profitable : Landru a séduit et aimé – avec la légendaire vigueur érotique qu’on lui a prêté – toutes les femmes qu’il a assassinées, officiellement une dizaine, en réalité beaucoup plus. Botul note très vite que Landru, de par son impressionnant carnet de bal, est un ardent défenseur de l’émancipation de la femme. Le philosophe lâche ce botulème saisissant : “Le libertinage à portée de tous, c’est ce que vous incarnez – après les privations de la guerre, vous annoncez un nouvel âge d’or (…) Je vous propose de devenir un héros, un libérateur, un soldat au service du sexe faible – l’homme qui a voulu libérer la femme !” Botul met le paquet, mais voit juste…

Landru n’est pas le salaud intégral que l’on a dit. Il ne faut pas le réduire à sa longue et inquiétante barbe noire, et son regard cruel de tortionnaire. Non. Landru est avant tout un amoureux de la femme, qui jette les bases et annonce les principales axiomatiques du féminisme du XXe siècle… Ce que Botul tient à souligner c’est qu’il y a du Simone de Beauvoir dans Landru, et demandons-nous un instant si une Élisabeth Badinter ne serait pas tombée sous son charme raffiné en d’autres circonstances ?

Landru, sans aucune modestie, écrit d’ailleurs à Botul : “Les Françaises m’aiment !”, en lui expliquant qu’il reçoit en prison des demandes en mariages et des courriers équivoques : “Je reçois aussi beaucoup de lettres portées sur la bagatelle.” Le jeune philosophe met alors au jour le féministe qui dort en Landru : “Vous êtes un féministe, un libérateur de la femme. Cette affirmation vous surprend peut-être mais prenez un peu de recul : Qu’est-ce que la femme aujourd’hui ? Tout ! Quelle a été sa situation politique jusqu’à présent ? Rien !”

Dissertant sur les diverses injustices touchant les femmes, les deux compères en viennent à ressusciter Marie-Olympe de Gouges, disant que si les femmes ont bien le droit de monter à l’échafaud, il serait équitable qu’elles puissent aussi monter la tribune… Dans cette correspondance farfelue on découvre aussi un Landru créatif et visionnaire, ayant conçu des modèles d’automobiles spécifiquement destinées aux femmes (avec des roues faciles à changer), dont les brevets auraient été pillés par la maison Citroën.

Le jeune philosophe, futur porte-bidon imaginaire de Malraux, caresse le serial-killer dans le sens de la barbe : “Vous les cajoliez vos maîtresses, leur donnant plus de rêve, d’humour, d’attention et de plaisir physique qu’elles n’en avaient jamais reçus. Toutes les femmes qui ont accepté de témoigner l’ont dit : aucun homme ne vous égale ! Vous êtes l’incarnation de l’idéal masculin !” Landru s’épanche parfois auprès de Botul : “Je suis plutôt un romantique… les gens ont généralement du mal à l’admettre.” Ce petit opuscule nous fait vivre tout le calvaire judiciaire de Landru, ne cessant jamais de crier son innocence, avec l’appui de Botul, qui tente de mobiliser toute l’intelligentsia chic et branchée de la fin des années 1910. Jusqu’à l’exécution capitale. A la moyenâgeuse, sur la guillotine de papa.

Attendant son exécution Landru écrit, plein d’aigreur à son ami philosophe : “Un petit conseil, mon jeune ami, croyez en mon expérience, les femmes sont cupides, elles aiment l’argent et l’uniforme. Elles peuvent être émues quelques minutes par un homme qui pleure mais… ça ne dure pas très longtemps.” Et si – finalement – ce Landru-là avait tout compris des femmes ?

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    François-Xavier Ajavon

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  • 2 March 2010 à 21h28

    gerard dit

    Non non yoyo (27/2/10-10h27) l’éminent confrère de Botul, Alexandre Breffort disait que Landru avait démontré que la place d’une femme est au foyer.

  • 2 March 2010 à 20h35

    Procope dit

    Vous attaquez bassement le Votaire de Ségolène !
    N’existe-t-il pas un sport plus noble que celui de tirer sur des ambulances ?
    Prenez-donc exemple sur l’équipe française de biathlon, eux ils visent juste.
    En fait, c’est Ségolène que vous visez, mais laissez là donc en paix, elle est là pour être candidate, elle le sera et quand Carla tirera sa révérence, elle posera sa candidature par l’entremise de Séguala.
    Ca nous assurera 5 années d prospérité.

  • 28 February 2010 à 19h20

    Tagada dit

    Ce qui est invraisemblable, c’est que ce type soit encore écouté, qu’on le présente encore comme “philosophe”… Certains allant même jusqu’à le dire “de gauche” ! Au secours ! C’est un chroniqueur mondain, il n’est pas plus philosophe que Paul Wermus ou Philippe Bouvard !

  • 27 February 2010 à 18h02

    Christian dit

    on trouve de tout chez BHL même le botulisme.
    Pourtant avec un citron pareil !

  • 27 February 2010 à 16h01

    expat dit

    @ Zantrop : c’est du yankee

  • 27 February 2010 à 15h52

    L.B. dit

    J’aime pas trop qu’on critique Amanda Lear. En dehors de ce petit détail, merci pour ce texte !!

  • 27 February 2010 à 15h40

    Zantrop dit

    yikes ! ?
    C’est du breton ? ;-)

  • 27 February 2010 à 15h31

    expat dit

    @ Odilon et Zantrop : oh les blagues ! yikes !

  • 27 February 2010 à 15h17

    Antoninus Lucretius dit

    Je n’ai pas lu Botul. je m’en excuse. Tout ce que je sais de Botul c’est qu’il est le fondateur d’une école philosophique: le botulisme.
    Il est évident que je n’allais pas louper une plaisanterie vaseuse d’aussi bonne qualité. Cà aurait nui à ma réputation
    Et à part çà, ca va?
    Ca va.
    BHL vient de confirmer ce qu’on savait depuis Desproges, à savoir que c’est un cuistre. Un philosophe gonflé à l’audimat.
    Tout ceci, finalement, m’emmerde profondément. Même les canulars littéraires ne m’amusent plus. Je vieillis mal.
    Au lieu de lire Botul, je vais me replonger dans un de mes recueils d’anecdotes humoristiques favoris: “Vaincre ou mourir à Stalingrad”, par William Ctaig.
    Un ouvrage tout à fait hilarant..
    Et puis finalement, non. Je n’ai pas lu Botul et je ne m’en excuse pas.

  • 27 February 2010 à 15h13

    Zantrop dit

    Il est encore aujourd’hui, m’a-t-on dit, des femmes qui se consument d’amour et brûlent de déclarer leur flamme à feu Landru.

  • 27 February 2010 à 15h00

    Eiffel dit

    Le très sérieux Monde diplomatique publiait il y a quelques années une recension
    du livre de JB Botul sur la Vie sexuelle de Kant.
    Il ne me semble pas que cela ait été quelque peu souligné.
    Je m’en souviens car venant de lire de livre de JB Botul et l’ayant trouvé fort distrayant je fus queluqe peu surpris d’en trouver un résumé dans ce journa qui n’avait pas flairé le canulard. Le plus amusant de cette histoire était que l’article du Monde portait dans la même livraison sur un ouvrage de théologie qui, lui, n’était pas un canulard, et que Monde s’essayait à une comparaison qui apparaissait quielque quelque peu grotesque entre les deux ouvrages.

    BHL est donc en bonne compagnie

  • 27 February 2010 à 14h20

    Mallory dit

    Les tendres provocs de l’ ami François-Xavier,
    François-Xavier vous êtes un facétieux garnement, vous savez bien que les femmes ne sont pas toutes faites de cette mollesse d’ esprit, de cette matière informe et malléable par l’ appât du gain et de ces futiles vanités, non, non, certaines ont un coeur d’ homme, certaines femmes ( odieux communautarisme sectaire ) sont des hommes comme les autres.

    Mais je concède, qu’ il puisse être fort plaisant de ratisser l’ esprit faiblard mais ô combien nerveux et surprenant de la femme cupide : ) !

  • 27 February 2010 à 13h36

    Moïra dit

    Le plus cruel – car le plus drôle – billet sur BHL. BHL béchamel : génial !

    P.S. Ajavon, avec votre petit air de Landru, on sent bien que vous prêchez pour votre paroisse, vilain féministe !

  • 27 February 2010 à 11h22

    Odilon dit

    On le sait moins, mais Landru est également à l’origine d’une autre grande invention: le téflon. C’est grâce à lui que les femmes peuvent enfin cuire correctement.

  • 27 February 2010 à 10h27

    yoyo dit

    landru a libéré la femme au foyer (de cuisinière)

  • 27 February 2010 à 9h37

    Mauricette B. dit

    Il y a aussi des bonnes cuisinières chez les femmes.