Mélenchon a raison de ne pas se prononcer sur son vote | Causeur

Mélenchon a raison de ne pas se prononcer sur son vote

Faire un choix, c’est ruiner tout son combat

Auteur

David Desgouilles

David Desgouilles
Blogueur et romancier.

Publié le 27 avril 2017 / Politique

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Jean-Luc Mélenchon file droit, avril 2017. SIPA. AP22043998_000001

Jean-Luc Mélenchon n’a pas cédé. Il ne dira pas quel sera son vote le 7 mai prochain. Bien entendu, la pression sur lui est énorme du côté de la presse « mainstream » qui le somme de dire qu’il votera Macron. Sur les réseaux sociaux, la même pression est exercée sur les militants et sympathisants de la France insoumise. Au mieux, ils seraient irresponsables et gâcheraient tout. Au pire, ils seront tondus à la libération.

Ces deux derniers jours, les porte-parole de FI se sont pourtant relayés pour faire passer le message : « pas une voix pour le FN ». Et la consultation des militants appelés à se prononcer sur la position du mouvement donne le choix entre le vote blanc, l’abstention et le vote Macron. Mais rien n’y fait, cela ne suffit pas aux belles âmes dont la mission historique est de construire des barrages, et de traquer ceux qui font le jeu, et parfois même le lit, du Front national. Il faut absolument prononcer la phrase « je voterai Macron ». Et surtout, il faut que le grand chef, celui qu’on accusait encore il y a une semaine d’être un apprenti-dictateur-bolchévik, donne sa position lui-même.

Jean-Luc Mélenchon a en fait entièrement le droit de ne pas livrer son vote dans ces circonstances. Il refuse la culpabilisation et il a bien raison. Comment peut-on le contraindre à s’exprimer en faveur de celui qu’il a dépeint comme le représentant de « l’extrême-marché » pendant sa campagne de premier tour ? Comment peut-on en faire le complice de Marine Le Pen alors qu’il a été le premier à la faire reculer sur son terrain, celui des ouvriers et de la jeunesse ? A-t-il seulement des leçons à recevoir de ceux qui ont, avec tous leurs barrages et autres cordons sanitaires, offert à Marine Le Pen le cadeau de devenir pendant plusieurs scrutins la représentante de tous les perdants de la mondialisation malheureuse ? Certainement pas.

Certains de ses électeurs ne le lui pardonneraient pas

Mais allons plus loin. De son point de vue politique, Jean-Luc Mélenchon n’a pas seulement le droit de ne pas céder à ses injonctions, il en a le devoir. Il y a quelques semaines, Marine Le Pen était encore la candidate la plus forte chez les jeunes. Le candidat Mélenchon lui a ravi la première place dans cette catégorie. Elle était encore au-delà de la barre des 50% chez les ouvriers. La campagne de Mélenchon ne l’a certes pas délogée de son perchoir mais elle est quand même descendue d’une marche, à 37%. Ces électeurs-là, jeunes et ouvriers, constituent sans doute le gros des troupes des 20% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon s’apprêtant, d’après l’IFOP, à voter Marine Le Pen lors du second tour. Ceux-là choisissent désormais le FN en second choix. Si Mélenchon se prononçait sans ambiguïté pour Emmanuel Macron, il les perdrait définitivement et anéantirait par-là tous ses efforts. En restant discret sur son vote, Jean-Luc Mélenchon démontre qu’il connaît le mode de scrutin majoritaire à deux tours, dont le mécanisme impose une humilité par rapport aux électeurs : il faut parfois accepter d’être un deuxième choix ; il faut aussi accepter que ses électeurs qui vous ont choisi en premier choix en fassent ensuite un second qui vous irrite. Bref, en tenant compte des circonstances et en jouant avec les règles du jeu, Jean-Luc Mélenchon fait de la Politique. Pendant que ses contempteurs continuent, comme s’ils n’avaient décidément rien appris, à faire du catéchisme.

Retrouvez tous les articles de David Desgouilles sur son blog Antidote

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 30 Avril 2017 à 13h24

      isa dit

      Écouter LCI avec NDA et sa tête de bouledogue. On ne comprend plus rien sur l’euro.

      • 30 Avril 2017 à 13h30

        isa dit

        Il se prend pour de Gaulle à Londres.
        Il est fatigué cet homme. 

    • 29 Avril 2017 à 16h33

      jst dit

      Isa, je ne savais pas que voter Macron puis LR aux législatives me caractérise comme ‘Facho’…. peut-être dois-je me désintoxiquer à ‘nuit debout’?
      Je persiste à voir dans mon pays, la France, des églises qui constituent son patrimoine.
      Et je laisse à d’autres le même plaisir d’admirer leurs mosquées dans leurs lieux de traditions et que , pour une humanité sortie de la barbarie , ils soient capables de protéger les vestiges de ceux qui les ont précédés plutôt de les effacer par soucis de ‘pureté’ !!!!
      Bien le bonjour chez vous Isa comme disait le regretté Francis Blanche.

    • 29 Avril 2017 à 16h29

      isa dit

      Ben alors Desgouilles, vous n’avouez pas enfin  votre immense amour pour la Pen?
      Hypocrite, va! 

    • 29 Avril 2017 à 10h35

      Hannibal-lecteur dit

      DD fait une analyse comme si Mélanchon était un homme politique d’abord, or il est d’abord un clown. Un garçon muni d’une intelligence vive et déliée comme la sienne ne peut se dire favorable aux solutions de Chavez ou de Sirysa que dans un seul but : séduire cette partie de la société sentimentale, nostalgique de la lutte des classes et peu ferrée en économie. Et les tromper sciemment. 
      La trajectoire de Mélanchon dans le paysage politique français est un gag.
      Mais finalement nombreux sont les français qui aiment les clowns, c’est pourquoi Mélanchon n’est pas prêt de sortir de la piste du cirque qui lui assure son gagne-pain. 

    • 29 Avril 2017 à 8h13

      lafronde dit

      Hé bien les français insoumis feront un vote de classe contre le régime actuel qui répand chômage et limite l’horizon à l’assistanat.

      La bourgeoisie socialiste, progressiste est ce qu’il y a de pire pour le petit peuple, celui qui ne peut compter sur un statut de fonctionnaire. D’une part cette bourgeoisie met le salarié français en concurrence avec le salarié des pays les plus pauvres, dégradant ainsi les conditions de travail. D’autre part cette bourgeoisie gère mal, et donc les emplois manquent. A contrario une bourgeoisie libérale et catholique comme sous De Gaulle, gérait mieux et gaspillait moins. C’était le temps du plein emploi.

      Autrement dit, camarade français insoumis, la lutte des classes reste valable, encore faut-il que l’économie marchande ne soit pas trop saignée par les politiciens pour leur dépenses clientélistes. Si les métiers fonctionnarisés : instituteurs, infirmières, tiennent une situation à part, lié à leur création de richesses non-marchandes, et à leur financement via l’Impôt. Il existe aussi une lutte des classes entre d’une part les producteurs de richesse marchandes : salariés, entrepreneurs et indépendants, et d’autres part les politiciens qui assoient leur pouvoir en redistribuant l’argent des autres. Le vôtre. Pire encore, l’argent qui aurait pu être investi pour créer un poste de travail, recherché par nombre d’entre nous.

    • 29 Avril 2017 à 7h35

      jst dit

      Rectif:
      Détruire l’institution, voilà son objectif. Donc normal, LEPEN, MACRON , même combat.