Mélenchon: la patrie mais pas trop | Causeur

Mélenchon: la patrie mais pas trop

L’antiracisme d’abord

Auteur

Daoud Boughezala

Daoud Boughezala
est rédacteur en chef de Causeur.

Publié le 20 avril 2017 / Politique

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Jean-Luc Mélenchon n'a pas répondu aux questions écrites que nous lui avions adressées. Ce n'est pas une raison pour le soupçonner d'antipatriotisme, quoiqu'il ait tendance à réduire la nation à sa seule histoire républicaine.

Jean-Luc Mélenchon à Toulouse, avril 2017. SIPA. 00802567_000058

Sa métamorphose en a désarçonné plus d’un. En cinq ans, Jean-Luc Mélenchon a troqué les fanions rouges du Front de gauche contre les drapeaux tricolores de La France insoumise. Si bien qu’à la gauche de la gauche, certains pointent la prétendue dérive nationaliste de celui qui se revendique désormais « candidat du peuple » (quelle horreur !).

« Faire France de tout bois »

On comprend leur désarroi. Au Mélenchon alterophile décrétant en 2012 sur la Canebière que « notre chance, c’est le métissage » avant de louanger les « Arabes et Berbères» ayant importé « la science, les mathématiques ou la médecine » sur le Vieux Continent, a succédé un bretteur populiste bien plus circonspect. Au terme du quinquennat Hollande, Jean-Luc Mélenchon s’est émancipé de ses très mondialistes alliés du PCF, intégrant au passage la demande populaire de frontières. Son livre-programme, Le Choix de l’insoumission (Le Seuil, 2016), développe sa vision de l’immigration : « Si on ne veut pas que les gens viennent, il vaut mieux qu’ils ne partent pas [...] Donc éteignons l’une après l’autre les causes de leur départ. Elles sont très simples, c’est la guerre et la misère. Une fois que les gens sont là, que voulez-vous faire ? Les rejeter à la mer ? Non, c’est absolument impossible. Donc il vaudrait mieux qu’ils restent chez eux. »


Premier débat de la présidentielle : Mélenchon… par Lopinionfr

>> A lire aussi: Souverainiste, je voterai Mélenchon – Une tribune de Jérôme Maucourant

Et l’insoumis d’enfoncer le clou devant les ouvriers de Florange en janvier dernier, se déclarant favorable à la « régularisation des travailleurs sans papiers mais pas pour le déménagement permanent du monde, ni pour les marchandises ni pour les êtres humains ». Protectionniste et antilibéral, Jean-Luc Mélenchon n’en reste pas moins partisan d’une « république universelle » multipliant les droits-créances. Son programme entend de surcroît « faire France de tout bois » par la généralisation du droit du sol et des naturalisations, le tout au nom d’une

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    publié dans le Magazine Causeur n° 104 - Avril 2017

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    • 24 Avril 2017 à 13h55

      Maristocrate dit

      Cet homme est un tribun qui manie avec un vrai talent le terrorisme verbal..
      Il n’est ni plus ni moins que la copie de G.Marchais. Le danger ne vient pas tant de lui que des esprits “faibles” qu’il manipule sans scrupule, faisant feu de tout bois avec son électorat.
      Les insoumis ou “la chance pour la France”(!!!!), sont ces petits moutons qui jouent à faire la révolution …
       
       

    • 22 Avril 2017 à 9h18

      Liamone dit

      Melanchon parle à tort et à travers, de tout sur tout. Il ne parle jamais du totalitarisme des pays arabes où il n’existe ni démocratie ni reconnaissance des particularismes religieux ou ethniques. L’impérialisme qu’il dénonce c’est celui de l’occident où il peut s’exprimer sans limites aucunes. Cet individualiste qui a réussi à berner les notables communistes en leur promettant de remonter leur côte de popularité, tout en se gardant bien de clamer qu’il est leur porte parole. Melanchon n’a ni doctrine , ni orientation. Il avance par le verbe, sans d’ailleurs savoir ce qu’il désire, excepté satisfaire et conforter son égaux démesuré et qui le conduit comme depuis toujours dans le mur.

    • 21 Avril 2017 à 18h33

      jo1934edunom dit

      Mélenchon brosse un tableau idéalisé et misérabiliste de l’immigration.
      Pour tous les immigrés,l’émigration aurait été un exil forcé selon lui.
      C’est vrai, mais également faux!
      Il se prend pour Victor Hugo,dit-on.Dans son monde c’est toujours le bien qui domine.C’est Marcel Ruff qui m’avait appris cela,dans la 1ère partie de sa thèse magistrale ”L’esprit du Mal et l’esthétique baudelairienne”.Chez Hugo tous les méchants sont des bons par défaut: ce sont des victimes, des bons qui n’ont pas pu s’accomplir. Jean Valjean en est la figure allégorique, lui qui fut envoyé aux galères pour avoir volé un quignon de pain.
      Pour Mélenchon , c’est pareil, il n’y a pas de méchants immigrés,tous sont des victimes. Son monde est un damier de cases noires et de cases blanches. Dans lequel c’est le bien qui domine, car le Mal ne sert que de faire-valoir au Bien.
      Eh bien non, M.Mélenchon , tous les immigrés ne sont pas nécessairement bons ! Certains trichent, ne respectent pas les règles. Ceux qui les respectent méritent d’être accueillis en France. Mais ce n’est pas automatique.
      Ma mère et mon père , qui étaient nés en Italie, sont venus en France dans les années 1920 et 1930. Ils ne considéraient pas que c’était un droit que de venir et d’être acceptés. Il y avait des règles qu’ils étaient fiers de respecter, même si celles-ci étaient parfois dures.
      Quand mes parents sont morts, j’ai retrouvé les papiers de naturalisation :
      Dans le dossier de mon père,naturalisé en 1936,il y avait,entre autres documents:
      –un certificat de loyalisme
      –une enquête de moralité.
      Et mes parents trouvaient cela normal.Cela se passait en 1936,sous le Front Populaire.Le Garde des Sceaux se nommait Marc Rucart.
      La Gauche était très exigeante à l’époque pour les immigrés et parfois très injuste. Sous le second Cartel des gauches,au début des années 30,des trains entiers de polonais avaient été renvoyés chez eux pour’laisser du travail aux français’.
      M.Mélenchon,la légende dorée de la Gauche est morte!

    • 21 Avril 2017 à 18h21

      modramalina dit

      A l’attention de Crassepoutine, la tâche de Causeur
      http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/04/21/31001-20170421ARTFIG00203-melenchon-poutou-et-arthaud-ne-me-font-pas-rire-moi-le-communisme-je-l-ai-vecu.php

      Et accessoirement de Durru dont les neurones ne fonctionnent pas à la vitesse de la lumière

      • 21 Avril 2017 à 20h14

        durru dit

        Les miens, au moins, fonctionnent…

    • 21 Avril 2017 à 14h52

      Hannibal-lecteur dit

      Qu’est-ce qu’un raciste, un vrai ? C’est quelqu’un qui croît de façon infondée que la race induit les qualités d’un individu, alors que c’est la culture qui fait ça, quelle que soit la couleur de peau. Donc en disant  ” notre chance c’est le métissage ” Mélanchon se révèle raciste puisqu’il croit à la fonction de la race dans la constitution mentale.
      C’est ce qu’on pourrait qualifier de parfait imbécile : il parle de ce qu’il n’a pas compris, en donneur de leçons, et fustige ce dont il se montre ainsi lui-même le convaicu…à l’insu de son plein gré, sans doute!  

      • 21 Avril 2017 à 18h24

        modramalina dit

        Eh oui le Dentier!!! tu n’es pas tout seul car le ventre est encore fécond qui fabrique des abrutis!
        Et toi c’est même de l’Hybride F1 dans la catégorie!

    • 21 Avril 2017 à 11h17

      palast dit

      MELENCHON est le petit GOTTWALD français qui nous prépare un coup de Prague si par malheur il arrive au second tour.

    • 21 Avril 2017 à 9h01

      durru dit

      Voilà pour l’objectivité, la compétence et l’absence de critères idéologiques dans les arguments des “économistes” qui soutiennent Mélenchon: https://www.contrepoints.org/2017/04/21/287281-rappel-aux-economistes-soutiennent-melenchon

    • 20 Avril 2017 à 21h55

      aregundis dit

      La patrie n’existe pas pour l’internationaliste. Ce qui dérange Mélenchon n’est pas la 5ème république (celle-ci ou une autre), c’est sa Constitution. Parce qu’elle est garante de la démocratie représentative (au grand dégoût des gauchistes), elle interdit, de fait, le pouvoir despotique d’une oligarchie. D’où l’idée (commune à d’autres jean-foutre) d’une assemblée constituante sur le modèle jacobin qui lui octroierait tous les pouvoirs comme celui des syndicats et autres « collectifs » plébéiens organisés en soviets.
      Rappelons-nous cette allusion à Cincinnatus (Lucius Quintus) sur le plateau de France 2. Selon la légende, ce personnage abandonna l’araire pour devenir dictateur en 458 av. J.-C. Il démissionna au bout de seize jours et regagna sa ferme et ses cochons.
      Voilà pour la galerie. Cet air cultivé faussement jovial qui masque mal l’autocrate atrabilaire. Une duplicité de vieux trotskard qui connaît tous les trucs. Pour les initiés, l’allusion « spontanée » à la dictature – devant L. Delahousse fasciné comme le rat devant le serpent. « Je n’aime pas le désordre » dit-il pour rassurer (TF1, ce 14 avril). Et c’est vrai. Parvenus au pouvoir, les « insoumis » préfèrent les masses disciplinées.
      Mais plus que Mélenchon, la mélenchonite. C’est une conséquence de l’affadissement de la raison critique consécutif à une régression de l’enseignement préparée de longue date : l’école nous a fabriqué une opinion molle poussée dans la promiscuité du vivre-ensemble. Une opinion dégoûtée des politiciens qui n’en peuvent de transformer les rêveries « citoyennes » en réalités tangibles.
      Rébellion-dictature. Les deux faces du même Janus qui utilise à son profit cette déchéance de la pensée collective dont le journalisme complaisant est le reflet écœurant.