Médiapart et l’affaire Limonov
La littérature aussi a besoin d’un nettoyage éthique
Publié le 05 avril 2009 à 0:01 dans Médias
Mots-clés : Livres
Ah, elle n’a pas été longue la réplique des tolérants, ou plutôt de ceux qui confondent tolérance et démocratie. En ce dimanche tranquille, l’un des correspondants savoyards du Culet (comité uni pour une littérature éthique) m’a prévenu que le site Mediapart prenait la défense du rouge-brun Limonov dont nous avions dénoncé ici, grâce à cet asile pour vrais vigilants qu’est Causeur1, la réapparition éditoriale chez Actes Sud, maison respectant pourtant d’habitude cette éthique à laquelle ma famille de pensée est tellement attachée. Que cela plaise ou non à Mediapart, il y a une tentation rampante à éditer ou rééditer, dans les meilleures maisons, des auteurs idéologiquement suspects. Etait-il indispensable par exemple que Le Dilettante publiât le mois dernier Enfantillages de Jacques Perret qui fut en son temps un écrivain monarchiste et proche de l’OAS ? Que quelques esthètes dévoyés voient chez Perret un sommet de la prose française et une manière inimitable de donner de jolies couleurs à notre langue est une chose, que cela soit édité sans la moindre précaution d’usage, par exemple une remise en perspective de Perret et de ses liens avec l’extrême droite, est véritablement dangereux.
Si les jeunes gens des cités risquent à tout instant de croiser un dealer, ceux des quartiers plus favorisés, eux, risquent de croiser un libraire. Et tous les libraires n’ont pas le bon sens de recommander des livres sains aux jeunes âmes en quête de sens. Plutôt que Pennac, Picouly ou Fred Vargas, qui a récemment rallié mon parti, ils pourront leur conseiller, parce qu’ils sont en vente libre et sans avertissement, l’antisémite surévalué Céline ou, plus proche de nous, Houellebecq, dont le pessimisme morbide, le racisme latent et l’islamophobie sont absolument effrayants, surtout à l’approche d’élections européennes qui doivent être vécues dans un esprit de fraternité démocratique. Tout le monde n’a pas le sang froid d’Elisabeth Lévy qui peut interviouver Maurice G.Dantec sans vomir et montrer ainsi à quel point cet auteur crypto-nazi est proche du delirium tremens.
Tu quoque mi fili ! seraient tentés de lancer tous les membres du Culet au site Mediapart en qui nous pensions trouver un allié dans l’élaboration de cette charte pour une littérature démocrate et humaniste qui se révèle plus que jamais indispensable
Hélas, il semble que notre combat soit encore plus dur que prévu, que bon nombre d’éditeurs, de journalistes et d’écrivains fassent preuve d’une inconséquence citoyenne tragique qui n’est pas sans rappeler les discussions des moines byzantins sur le sexe des anges alors que les Turcs assiégeaient Constantinople.
- Encore que par souci de réinsertion ce site abrite malheureusement d’anciens rouges-bruns que je ne nommerai pas. ↩
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L'auteur
André Epaulard est président du Comité pour une littérature éthique.
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eh, poulette! dit
Quelle rigolade! S’il n’eût existé, il fallût l’inventer! Non mais il n’existe pas en vrai, ce mouton décérébré. Ou alors, débranchez le Modem ou je deviens sénatrice!!
ramon mercader dit
à propos ,j’ai exhumé un inédit de rabelais chez mon libraire!
voui les amis ,”traité de l’art de boire ”
devrait tomber sous le coup des recommandations du culet ,pour le coup!
on y lit”les buveurs d’eau ont la verge pleine de bulles et hocqueteuse” alors que les buveurs de vin ,l’ont belle et dréssées et ont du contentement à la contempler”
c’est scandaleux!
que fait la haldeu ?
ramon mercader dit
@ johann
“la littérature est un cri lancé à la face du monde!”
houlà !
ça rigole pas ,là !
et pourtant ,sur causeur ,on aime bien rigoler
ça fait penser à lavillier “la musique est un cri qui vient de l’intérieur” ou bien “le comique troupier n’a pas peur du facteur!” ou encore “l’ouvrier charpentier ne craint pas le dur labeur!”
essayez ,ça peut se chanter ,se siffler,se fredonner
et pour rester serieux ,après ça….
Apocryph dit
Quel joli tissus d’idioties que cette article. La pensée citoyennes ne se crée pas dans l’ignorance mais dans la connaissance de ces ennemies potentiels. Si je ne lie pas les écrits de mes ennemies comment pourais-je les connaitre? Monsieur Epaulard est surement un de ces partisants du citoyen angélique vivant dans son jardin dignorance des fais et gestes des autres qui vivent au purgatoire. Quand des éditeurs français ont fait traduire “Mein Kampf” il c’est trouvé des citoyens et non des moindres pour lire l’ouvrage et commencés à se soucier très profondement des causes et effets que pourraient entrainer un tel projet pendant que d’autre plus hautains s’en raillaient n’y voyant que les délires d’un clown ,enfin pour les plus instruit d’entre eu,x tout simplement par leur ignorance de ces écrits. Pour Monsieur Ouelbec provocateur notoire qu’on lise ces livres avec un temps soit peu de sérieux montre que Monsieur Epaulard ferait mieux de participer à une reforme de l’enseignement dans le but que les élèves ne s’évèrtuent pas à gober tout ce qu’on leur donne sans réfléchir plutôt que d’interdire les écrits qui ne lui plaisent pas. Mais peut-être a-t-il lui même peur de ce que cela pourrait entrainé pour ces jeunes citoyens mis au pas de la pensée unique. Pour le professeur Destouches dit “Céline” mon dieu voir encore cela d’écrit sur lui en 2009 et tout simplement hallucinant. Que des anciens résistant, des déportés, des enfants de la génération soixanthuitardes l’ait cloué au pilori certe ce n’est que justice qu’aucun n’ait voulu le lire par idéologie ou rancoeur. Mais aujourd’hui monsieur Epaulard faire un amalgame entre les écrit littéraire et ce qui à été écrit dans des journeaux collaborationistes de la période d’occupation est tout simplement affligeant. Je me permet de vous demander d’aller vous instruire et de lire tout simplement “Céline” et si possible “D’un chateau l’autre” plutôt que de faire du révisonnisme intelllectuel comme vous le faite. Vous pourrez y lire que Monsieur Destouche a assumé ces erreurs quand tout le monde retournait sa veste. Et qu’a Sinmaringen il n’aurait pas dus-être 5000 mais au moin quelques dizaines de million de Français.
Le fantôme de Sam Spade dit
Alors là, je suis soufflé. Le Modem 94, en comparaison, l’agence Pinkerton, c’est des nains. On sent le parti d’aigles, le mouvement de grands fauves, le rassemblement des premières gâchettes. Chapeau pour l’enquête!
Marie-Anne Kraft dit
Ce Monsieur André Epaulard n’est pas connu du MoDem, n’est pas adhérent et inconnu de la direction du MoDem. Il semble même qu’il n’existe pas. André Epaulard est un personnage de roman “Nada”, mis en film en 1973 par Chabrol, qui traite de politique apparemment sur le même sujet (alliance communiste-fasciste). Le CULET, Comité pour une littérature éthique, dont il se proclame président, ne paraît pas exister non plus, en tout cas aucune trace sur internet. Ce doit être une supercherie, une farce ou une manipulation. Merci au site causeur.fr de vérifier préalablement ses sources.
Marie-Anne Kraft (MoDem94)
Plus-tout-à-fait-Naïf dit
André Epaulard – sénateur modem (ex UDF). Mais que fait un bien pensant politiquement correct carriériste, issue de la nomenklatura qui détruit ce pays depuis 40 ans, sur un site évitant (je vais être obligé de dire “soi-disant” maintenant) la langue de bois ? Il y a incompatibilité.
Et ce modem “centriste” (ho ! pardon pour ce gros mot) me rappelle de vieux souvenirs… Giscard (UDF) et son “rapprochement familial” apocalyptique… Hors de ma vue, partis auteurs de haute trahison ! D’ailleurs, ceux au pouvoir depuis ces 4 décennies, le sont tous, du centre… C’est à dire, politique tout en demi-mesures quasiment et en permanences inefficaces, voulant plaire au plus grand nombre (qu’ils croient) … carriéristes, je vous disais.
Hirondelle dit
Point de viouve de déculotté, parce qu’en fait d’esprit de fraternité démocratique, Bayrou a une trouille bleue des « forces colossales » dominantes comme il dit. La famille à Willy préfère lisser dans le sens du poil. Le Modem fait son entrée sur le marché de l’éthique par le Culet lol L’éthiquette du Culet an-ethnique anesthésiant le baudet de panurge, relol. Quel salon a bien pu inspirer l’idée du label « libraire sain » certifié conforme à la lissature officielle, c’est génial ! Le terroir occidental n’a qu’à bien se tenir, la soupe-au-lait va nettoyer l’Europe, en lissant idéologiquement bien propre, en se calant bien dans l’éthique rassurante des conformismes ambiants.
mika dit
haaaaaaaaaaaaa
Le CULET , Limonov..
tres drole
mika dit
Ce texte est sans nul doute un poisson d ‘avril un peu a la bourre …
Franklin D. dit
Ce commentaire, c’est fort drôle, presque autant qu’un rapport d’Eric Woerth qui me fait pourtant pisser de rire, mais, comment dire, entre Limonov et Maupassant, il y a une grande marge. Faudrait peut-être pas déconner. On s’en fout à la rigueur que Mauriac se soit fait faire les trois huit dans l’usine à chocolat ou que Maupassant ait eu une sévère chtouille qui l’ai rendu fou, ou que Proust couche avec son chauffeur.
Fikmonskov dit
“Paul Déroulède ou Philippe Val”
Ça c’est pas sympa… Pour Déroulède, bien sûr.
Johann dit
Au départ, ça part mal, cher monsieur Epaulard, ça part même très mal, je lis : “littérature éthique” (et solidaire sans doute). Chaque jour est un émerveillement, la découverte d’un nouvel horizon. La fatigue pourrait bien me gagner à la lecture de votre, comment dire… Déjection terminal de la sous-pensée humano-utilitariste ? Mais ensuite, je lis : “auteurs idéologiquement suspects”. Diable, cher monsieur Epaulard, on avait pas lu ça depuis longtemps. Madame Levy a sans doute un grand sens de l’humour, en plus de son “sang froid”. Et je lis : “Et tous les libraires n’ont pas le bon sens de recommander des livres sains aux jeunes âmes en quête de sens”. On touche enfin le but, cher monsieur Epaulard, on touche le fond de votre petit cerveau : il y a des livres qui fond du bien et des livres qui fond du mal, la santé et la maladie. Certes… Mais il appartient surtout à votre horrible projet de “charte pour une littérature démocrate et humaniste” d’en fixer les contours. Opposer Pennac, Picouly ou Fred Vargas à Houellebecq (pessimiste morbide) et Dantec (crypto-nazi), révèle une incompétence crasse doublée d’une absence totale de la moindre sensibilité – je ne parle pas du simple fait de savoir lire. Ces deux auteurs, cher Monsieur Epaulard, sont sans doute les seuls, en France, à nous DIRE QUELQUE CHOSE SUR L’HOMME vivant dans ce siècle de merde dont vous êtes, sans aucune espèce de doute, la pointe avancée, le boutiquier fétiche, bien à l’aise dans ses livres de compte.
Alors je crois, cher monsieur Epaulard, oui, je crois vraiment qu’il est plus que nécessaire de faire preuve “d’une inconséquence citoyenne tragique”. La littérature est un cri lancé à la face du monde, à Dieu, elle n’a pas a respecter une quelconque “charte”, elle peut tout au plus s’en servir de papier toilette (et je reste courtois). Votre gène n’est rien en face de notre liberté de lecteur, cher monsieur Epaulard.
Archiboudoukh dit
Cher Monsieur, si je salue votre légitime souci de restaurer l’hygiène et la morale dans le marigot littéraire, je n’en regrette pas moins la timidité de votre démarche. En effet un fort contingent d’énergumènes douteux encombre nos manuels scolaires, pervertit notre jeunesse et personne pour s’en émouvoir. Passe encore qu’un esclavagiste et un père indigne soient tenus pour les phares du siècle des Lumières et décrétés sans rire parangons respectifs de la liberté civile et de l’éducation progressiste. C’est la période suivante qui vit débonder un art dégénéré exaltant la dissolution des mœurs et le dérèglement des sens. Et c’est ainsi qu’on peut voir aujourd’hui, ô tempora ! ô mores ! nos enfants réciter les vers à l’insidieuse légèreté d’un ivrogne inverti ou une chaîne publique honorer les contes sulfureux d’un syphilitique à demi fou. Monsieur Lagarde et monsieur Michard, séditieux activistes sous leur dehors académiques, nous ont présenté une histoire littéraire du dernier siècle façonnée par une théorie de sodomites et jusqu’à Mauriac que j’ai tout récemment congédié de mon Panthéon personnel, il serait, m’assure-t-on, passé à l’acte. Ne nous égarons pas, l’heure est à un tri ferme et courageux.
Allons plus loin, mon cher Dédé, réhabilitons la belle et bonne littérature toute dévouée à l’édification du peuple, célébrons donc comme ils le méritent Sully Prudhomme, Madame d’Aulnoy, Paul Déroulède ou Philippe Val.
BG dit
Voilà un pastiche saisissant – j’ose espérer – des diarrhées habituelles de la (sieg)Halde !
Louis75 dit
On fête sérieusement le 1er avril permanent chez Causeur. Epaulard, rien que le nom donne envie de sortir son plus beau harpon. Allez, bien joué, c’était drôle. Et pourtant. Il existe un Culet (Commité Uni pour une Littérature Ethique). C’est en soi tellement con, tellement énorme, tellement « empire du bien », que je ne peux m’empêcher de penser que cela tient de la pôtacherie, qu’il ne peut en être autrement. Une littérature éthique ? Pourquoi pas un cinéma bio ? De l’alteropéra ou du théâtre citoyen – ah, pardon, tout ça existe déjà…
Quand je lis sous la plume de cette vieille croûte qui schlingue l’amour obligatoire, que « céline est une écrivain surévalué », que Dantec « auteur cryptonazi » aurait pu faire « vomir » m’dame Lévy, que l’œuvre de Houellebecq est « d’un racisme latent », que son islamophobie est « effrayante », je me dis juste que j’ai affaire a un abruti en pleine démonstration. La littérature en coupe réglée. Suivez le cahier des charges. André Epaulard me fait penser à ces femmes qui exigent de se faire branler dans un sens, toujours le même, et interdisent à leur(s) amant(s) toutes les autres exploration cinétiques. Avec la littérature, fallait oser. Il a pourtant l’air avenant sur la photo, cet homme. On peine à croire que tant de niaiserie totalitaire peut se cacher derrière son sourire de joyeux grand-père. Arthaud, au poteau ! Corbière, au cimetière ! Villon fait pas l’con ! La littérature n’est à l’évidence pas un pays pour ce Hold Man.
Alice dit
Merci, Dom, d’avoir apprécié mon «mauvais» esprit. Vous, au moins, vous l’avez remarqué.
Patrick, dans ce post aussi vous cherchez la bagarre, et avec un gros poisson ; j’adore, vous le savez. Tout ça ne manque pas de panache et de style, cher Tempes argentées, continuez !
dom dit
Alice, très bon !
La réponse de Plenel, c’est un hoax dans le hoax ou bien ? Et c’est qui l’abonnée qui serait à l’origine du hoax ? Et à qui est la vraie tête du faux épaulard ?
sol invictus dit
il etait temps ,plus que temps ,qu une voix forte s eleve pour remettre un peu d ordre dans ce monde bien devoye que celui des lettres francaises de rabelais a nos jours et je ne parle pas des romains art d aimer ,satyricon et autres je n ose pas dire gauloiseries .Gloire a monsieur epaulard de porter bien haut le drapeau de la rigueur et de la bienseance .Et puisque comme l a ecrit ou a peu pres Borges tous les livres du monde se resument a un seul ouvrage je propose de ne garder que oui-oui a la montagne qui a enchante mes jeunes annees.
Le fantôme d’ADG dit
Est-ce de l’Epaulard ou du cochon?