McChrystal limogé pour l’avoir ouverte
Un général ne doit-il dire que des généralités ?
Publié le 15 juillet 2010 à 6:30 dans Monde
Mots-clés : Afghanistan, Barack Obama

Barack Obama s'entretenant avec l'ambassadeur américain, Karl Eikenberry et le général Stanley McChrystal, 28 mars 2010. Photo Flickr / The U.S. Army
Avec 99 soldats tués, le mois de juin a été le plus meurtrier pour la coalition engagée en Afghanistan depuis neuf ans1. Aux pertes subies par FIAS (Force internationale d’assistance et de sécurité), il faut ajouter les déboires des généraux qui ont vue leurs carrières brisées. Le patron de la coalition, le général quatre étoiles américain Stanley McChrystal, a ouvert le bal. Son portrait-entretien publié par Rolling Stone a fortement déplu en hauts lieux, sa liberté de parole a été jugée excessive par le président Obama. Outre-Atlantique comme à Rome, la préséance de la toge sur le glaive est un principe sacré, et un général américain ça ferme sa gueule ou ça dégage.
Il faut bien reconnaître que les propos de McChrystal et de certains membres de son état-major n’ont effectivement pas laissé beaucoup de choix au Pentagone ni à la Maison blanche. Comme dans la Rome antique, les questions de préséance entre toge et glaive Outre-Atlantique touchent aux peurs les plus profondes du régime. S’ils avaient voulu se suicider – métaphoriquement parlant – ils ne s’y seraient pas pris autrement : une série de remarques désobligeantes à l’encontre du vice-président Joe Biden, du conseiller en sécurité nationale Jim Jones, de l’ambassadeur des Etats-Unis en Afghanistan Karl Eikenberry ainsi que de l’ambassadeur spécial pour l’Afghanistan et le Pakistan Richard Holbrook. À la lecture du reportage, on a l’impression que le général a dessiné un cercle infernal au milieu duquel se trouve le commandant en chef des forces armées américaines, Barack Obama. La réaction de ce dernier démontre qu’il a eu la même impression.
Patton là où il fallait un Eisenhower
Les tirades de McChrystal et de ses proches collaborateurs sont pour le moins curieuses. Les personnalités visées sont tout sauf des débutants. Joe Biden, le vice-président, malgré un deuxième prénom un peu baroque pour un homme d’Etat (« Robinette ») est l’un des hommes politiques les plus expérimentés sur la colline du Capitole avec six mandats de sénateur. Ses prises de positions originales (contre la première guerre en Irak en 1991, pour la deuxième en 2002) n’empêchent pas cet ancien président du Foreign Relations Comitee de la chambre haute de figurer parmi les hommes politiques américains les plus au fait des affaires internationales. Quant à Jim Jones (général de Marines qui a pris sa retraite en 2007 avec quatre étoiles sur les épaulettes après avoir commandé les forces alliées en Europe) et Karl Eikenberry, lui aussi général à la retraite qui a servi deux fois en Afghanistan et a occupé un psote de haute responsabilité au sein de OTAN, il est difficile de le traiter de blancs-becs ou de pékins qui n’y connaissent rien. Richard Holbrook, quant à lui, affiche quatre décennies d’expérience au service de la diplomatie américaine. Quoi que l’on pense de ces hommes, on ne peut guère leur reprocher un manque de compétence et d’expérience.
En fait, le général McChrystal était un mauvais choix. Obama l’avait nommé à la tête de la FIAS essentiellement parce qu’il était l’un des militaires le plus compétent et expérimenté en matière d’opérations spéciales. L’homme a effectué toute sa carrière dans les forces aéroportées, les unités d’élite de Rangers et a toujours été entouré d’anciens commandos de marine (Seals) et autres combattants d’unités spéciales. En Irak, ses hommes et ses méthodes ont permis l’arrestation de Saddam Hussein en décembre 2003 et la liquidation, en juin 2006, d’Abu Musab el Zirkawi, chef d’Al-Qaeda dans le pays. McChrsytal a servi aussi en Afghanistan et très peu de gens peuvent prétendre posséder une meilleure connaissance du théâtre des opérations, de l’outil militaire et de la stratégie adoptée par la coalition dirigée par les Etats-Unis. Sauf que ce sont des qualités probablement nécessaires mais pas suffisantes. Puisque les Américains ont décidé de mener cette guerre en coalition et sous l’égide de l’ONU, il leur fallait un général très politique, un diplomate en uniforme plutôt qu’un Ranger avec un couteau entre les dents. Bref, pour ce job, il faut un Eisenhower et surtout pas un Patton.
Forget Paris
Ce point a été subtilement soulevé par un autre général, français cette fois-ci, qui, deux jours après l’affaire McChrystal, répondait à quelques questions posés par le Monde à ce sujet. Il s’agit de Vincent Desportes, commandant du collège interarmées de Défense, qui à son tour essuyait les foudres de sa hiérarchie pour un excès de franchise publique. Ironie du sort, le général Desportes œuvrait pour rendre la Grande Muette un peu plus éloquente sans aller jusqu’à devenir bavarde et encore moins qu’elle dise n’importe quoi. Chargé de la formation des généraux et amiraux français de demain, Desportes pense qu’un officier supérieur a le droit et même le devoir de participer au débat public, mais à trois conditions : que le sujet relève de ses compétences, que l’intervention soit faite dans un média et dans un ton appropriés et que son auteur assume ses positions. Son entretien au Monde semble répondre à tous ces critères. Or le CEMA (Chef d’état-major des armées), l’amiral Edouard Guillaud, et sans doute ses supérieurs au ministère de la Défense voire à l’Elysée, n’ont pas apprécié. Ce qui leur a particulièrement déplu, c’est la petite phrase où le général Desportes qualifie les opérations militaires en Afghanistan de « guerre américaine », et qu’étant l’équivalent d’un actionnaire à 1 % dans cet effort, la France n’a pas son mot à dire.
Il suffit de lire l’article du Rolling Stone pour se rendre compte que le général Desportes n’a rien fait d’autre que d’affirmer une évidence. Et justement, cette évidence, le général McChrystal avait pour mission de la cacher ou, mieux, de la rendre sans conséquence ou presque. Mais le général américain et ses hommes ne se sont pas seulement moqués de la Maison Blanche et de son équipe mais n’ont pas raté une occasion de manifester leur mépris pour la France et tout ce qui est français.
Au début de sa rencontre avec Rolling Stone, le général McChrystal se trouve à Paris où il doit participer à un dîner et donner une conférence. Selon ce que rapporte le journaliste – c’est ce que lui dit le général – McChrystal devait vendre aux Français sa stratégie afghane pour maintenir l’illusion qu’ils sont les alliés des Américains. Pour dire les choses crûment, il était à Paris pour jouer la comédie d’un dialogue entre partenaires. McChrystal est mal à l’aise. Il n’aime pas Paris, déteste ses restaurants élégants et préfère une canette de Budweiser à une bouteille de bourgogne. Pour lui, tout ce qui ne ressemble pas à un Hyppopotamus ou un Courte Paille est qualifié de « Gucci », un truc pour femmelettes, pour Français, en somme. Le film favori du général traduit parfaitement cette allergie. Talladega Nights : The Ballad of Ricky Bobby, est une comédie américaine axé sur la confrontation des deux stéréotypes, l’Américain et le Frenchy. Hilarante (il ne faut surtout pas le regarder la bouche pleine ou vous risquez d’abîmer l’écran), l’intrigue confronte deux pilotes de voiture de course, Rickey Bobby l’Américain et Jean Girard le Français. Pour comprendre le mécanisme comique, disons simplement que le personnage de Jean Girard est non seulement interprété par Sacha Baron Cohen (Borat) mais qu’il est arrogant, raffiné et… homosexuel. Quant à M. Bobby, pour faire court, disons seulement qu’il a deux fils, l’un s’appelle Walker (le W de George Bush) et l’autre Texas Ranger… Le choc des stéréotypes est sans doute à comprendre au deuxième dégré, mais tout le long de son entretien à Rolling Stone, le général McChrystal ne cesse de donner des signes indiquant clairement que dans ce cas précis, le premier degré lui convient parfaitement.
Doutes sur la stratégie américaine en Afghanistan
Logiquement, McChrystal aurait du être le numéro deux talentueux d’un homme qui sait diriger une coalition, qui se sent aussi à l’aise dans un hôtel à Paris ou sur la colline du Capitole que parmi des GI’s en patrouille dans une vallée afghane. C’est un art où le général Colin Powel a fait merveille il y a vingt ans. Etre un général d’armée, un grand chef militaire, est un métier éminemment politique – ne pas confondre avec « partisan » ou « idéologique » – et Obama a montré une inquiétante légèreté (il n’a même pas pris le temps de rencontrer McChrystal pour une longue conversation avant de lui confier sa mission) et en nommant un homme qui n’avait jamais caché son mépris pour cette dimension essentielle de sa profession. Mais ce n’était pas la seule erreur du président. Au casting malheureux se joint une pagaille structurelle : on ne sait pas qui fait quoi, qui décide et qui exécute. Pentagone et ministère des affaires étrangers, ambassadeur à Kaboul qui a été nommé avant de quitter l’uniforme et un ambassadeur spécial pour l’Afghanistan et le Pakistan (sans mentionner le président afghan Hamid Karzai) : dans une telle pagaille pas besoin d’ennemis pour perdre une guerre.
Mais au-delà de querelles de personnes, la stratégie globale elle-même ne fait pas l’unanimité au sein du petit groupe d’Américains supposés gérés l’affaire. La grande question est les rapports avec les Talibans. Au début il fallait les tuer tous, après il fallait leur disputer les cœurs de la population et maintenant il faut les désunir, séduire certains, intimider d’autres liquider le reste. L’idée semble être bonne mais comme d’habitudes, c’est dans les détails que tout se gâte. Sur qui faut-il déployer les charmes ? À qui faut-il faire peur ? Voilà des « petites » questions sur lesquelles McChrystal, Holbrook et Eikenberry ne sont pas d’accord. Entre-temps, Afghans et Pakistanais, ceux qui sont condamnés à vivre avec les Taliban après le retour (qui ne cesse d’ailleurs de s’éloigner) du dernier GI chez lui, négocient et activent leurs anciens réseaux. Face à ce bourbier monstrueux, le général Petreaus, le nouveau chef des forces alliées en Afghanistan, risque de regretter la douceur et la simplicité du théâtre d’opérations irakienne. Son plus grand défi est d’éviter que COIN (COunter INsurgency, le nom américain de la stratégie testée en Irak et appliquée aujourd’hui en Afghanistan), et FIAS (sigles de la force qu’il commande) ne fassent pas FIASCO…
- Pour le premier semestre 2010, les pertes s’élèvent à 319 morts (53 par mois en moyenne) contre 520 morts pour l’année 2009 (43 par mois en moyenne). ↩
-
L'auteur
Gil Mihaely est historien et journaliste.
-
Plus









La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés
22Nos offres
1 an : 59 € ............................................ >
1 an : 34,90 € ....................................... >
pirate dit
Air nous sommes d’accord, ou éventuellement nous aurions pu laisser faire les iraniens eux même à deux doigts de s’emplaffoner avec nos chers talibans qu’aujourd’hui la télé US vend comme étant susceptible de destabiliser la très instable iran (selon cette même télé). Tout cela pour satisfaire la propagande de Bush à propos du très opportun 11 septembre et sur lequel il est absolument interdit bien entendu d’avoir le moindre doute. En attendant cet article réconcilie avec le côté presse à Marine Lepen qu’entretient d’habitude Mme Levy et son boy band Benasar-Norris.
thierry bruno dit
McChrystal limogé d’être un c… plus que de l’avoir ouverte. Le style “centurion”, “je fais la guerre, je m’occupe pas du reste mais en passant je fais aussi la guerre aux politiques”, ce n’est même plus avoir 50 ans de retard mais au moins deux siècles. Car ce brillant général a oublié, pour reprendre la remarque de l’auteur, un détail : pour jouer à Patton (prétentieux par dessus le marché, McChrystal), il faut savoir qui est Einsenhower. A moins de s’être cru investi des deux rôles, preuve une fois de plus qu’il se surestime, notre marine. Quand je vois à l’oeuvre ces officiers généraux américains arrogants et imbus de leur titre, je pense toujours au jugement sévère de Philippe Masson qui remarquait que pendant la Seconde Guerre Mondiale, l’armée américaine n’avait pas de grands stratèges dans ses rangs. 65 ans plus tard, ça n’a pas changé, la puissance américaine se faisant sur l’accumulation de moyens, une légende soigneusement mise en scène et une illusion entretenue par l’absence de conflits haute intensité dans la durée. Je ne suis pas anti-américain mais parfois leur vanité et leur arrogance m’agacent. Je sais qu’ils nous accusent de ces défauts, alors c’est peut-être pour cela que nos relations sont finalement si compliqués : on se ressemble trop. Il est vrai que le pipeautage des marines me fait penser au comportement de certaines de nos unités dites d’élites.
Alpin dit
l’Afghanistan vu aujourd’hui d’un point de vue britannique:
http://www.telegraph.co.uk/news/newstopics/politics/defence/7896921/Four-servicemen-killed-in-Afghanistan-in-24-hours.html
Kacyj dit
ben si zavions su, serions pas venus.
On va vite remettre mollard omar aux commandes.
Et puis sont un peu cons ces yankees d’aller chercher la came si loin alors qu’y en a plein de l’autre côté du Texas, ça leur coûterait quand même moins cher, non.
Manioc dit
Et bientôt les Américains leur interdiront de fumer du tabac dans les lieux publics
Air dit
“Si j’ai bien suivi, les réserves de minerais de l’Afghanistan sont intéressantes mais constituées de matériau ne dégageant pas non plus de marges mirifiques et nécessitant une installation industrielle lourde : fer et cuivre (je crois que le lithium est dans le même cas).”
IL me semble que le cours des matières premières a tendance a exploser depuis quelques temps.
Pour le reste, il ne faut pas oublier que les USA était à deux doigt de signer un accord avec les talibans pour faire passer des Oléoducs en Afghanistan. Il se dit même que les USA était prêt à reconnaitre les talibans à l’ONU en échange de cette tuyauterie. Ce qui du reste ne doit choquer personne puisque l’Arabie Saoudite n’a rien à envier aux talibans.
Il y a evidemment beaucoup de raisons pour cette guerre, mais la plus importante est biensur le 11 septembre où il fallait bien taper sur quelqu’un pour satisfaire un pays blessé dans sa chair et dans la propre image de soi-même.
Il ne faut pas oublier que les 3/4 des terroristes étaient saoudiens, et que Ben laden.. aussi, ainsi que les financiers.
D’un côté, il est légitime d’avoir botter le derrière des talibans , bien qu’ils auraient pu, que nous aurions put, aider Massoud de façon plus convaincante avant…
Aprés, la realpolitik comporte beaucoup de facteurs dont nous n’avons pas idée.
Et maintenant, ils ne peuvent pas partir car ce serait un signe de faiblesse qui reboosterait Al quaida et consorts.
Michel Michemiche dit
@ jerome – 15 juillet 10h24
A quoi sert cette guerre ?
Un élément de réponse parmi d’autres, un peu complotiste sur les bords mais quand même troublant, est… l’opium.
L’Afghanistan a longtemps été le premier fournisseur mondial d’héroïne, jusqu’à l’avènement de la dictature talibane. Suite à une loi promulguée par le tristement fameux Mollah Omar en 2000, la production est passée de 4565 tonnes en 1999, à… 200 tonnes en 2001 (source : UNODC). Cette loi interdisait purement et simplement la culture du pavot.
De manière tout à fait inopinée, 2001 est justement l’année où les USA décident d’aller renverser le régime taliban, officiellement pour faire la chasse à Ben Laden avec le succès que l’on sait.
Miraculeusement, la production d’opium repart de plus belle sous le régime de Karzaï, avec la bénédiction des USA : 3400 tonnes dès 2002, 8400 tonnes en 2007. Tant pis pour les cultures vivrières…
De là à prétendre que les Etats-Unis d’Amérique, dont une grande partie de la population très pauvre des ghettos se shoote à l’héro, a consciemment agi afin de poursuivre une politique de “contention” populaire des ghettos par la drogue, il y a un pas “Ellroyien” gigantesque que je ne franchirai pas.
Mais quand même, mais quand même…
expat dit
Je pense que c’est une bonne chose que Mc soit parti. Ceci dit – je pense qu’il faut qu’on parte de l’afghanistan. Aucun intérêt d’être là bas. Lisez ça :http://www.wnd.com/index.php?fa=PAGE.view&pageId=176033
sausage dit
J’ai cru que l’article commençait lorsqu’il terminait
Vivien dit
@Alpin, Rackam et Jerome
Dans votre raisonnement, il va falloir tenir compte de la nature des réserves de minérais. Si j’ai bien suivi, les réserves de minerais de l’Afghanistan sont intéressantes mais constituées de matériau ne dégageant pas non plus de marges mirifiques et nécessitant une installation industrielle lourde : fer et cuivre (je crois que le lithium est dans le même cas).
Pas de scénario à la “Blood Diamond” avec ce genre de cailloux. Pour les diamants, il suffit de mettre des pauvres gars à tamiser du sable pour décrocher la timbale. Pour une mine de cuivre, les investisseurs ne viendront juste pas dans un pays en guerre ou trop instable. Pour banquer sur des ressources comme celle-là, il faut s’appeler le Chili, par exemple.
J’ai l’impression que ces ressources ne sont même pas assez attrayantes pour qu’elles puissent servir à établir un consensus en faveur d’une stabilité minimale pour permettre l’exploitation, comme on pourrait imaginer que ça puisse marcher (si,si, exemple du pétrole au Soudan)
Guillaume_rc dit
@ hyverno et alpin
effectivement on aimerait une suite à l’article
@ impat1
assez d’accord avec vous sur le fait que les militaires sont soumis au pouvoir politique et partant doivent savoir se taire. N’oublions pas Clemenceau : “La conduite de la guerre est une chose trop sérieuse pour la confier aux militaires”.
Entre parenthèses, je pense qu’en remplaçant le terme “guerre” par “Etat” et le terme “militaire” par “énarque” ou “fonctionnaire”, ça fonctionne aussi très bien ; ce n’est pas Jérôme qui me contredira.
@ tous
sur la guerre en Afghanistan, je vous recommande le dernier n° de la Nouvelle Revue d’Histoire. Je ne suis pas forcément d’accord avec tout mais c’est complet et instructif.
Impat1 dit
Alpin, deux remarques, simples matières à réflexion:
Que l’existence de ce “trésor” potentiel conduise à un compromis rapide me semble quelque peu optimiste. Et que ce compromis conduise ensuite au départ rapide de la coalition militaire est tout aussi optimiste. Car après obtention d’un compromis, les “Puissances” voudront s’assurer de son application pendant…un certain temps.
Par ailleurs les découvertes en sels de lithium paraissent se multiplier dans le monde depuis que ce métal a trouvé une application probable à grande échelle. Si cela se confirme, les minerais afghans perdront leur importance.
Alpin dit
@rackam et jérome,
Bonjour.
@rackam,
Votre raisonnement au sujet du fait très important ,géopolitiquement,que constitue la découverte de ressources minières en Afghanistan et avant tout d’énormes réserves
de lithium (indispensable pour les batteries des véhicules électriques ou hybrides
qui ont beaucoup de chance de constituer la norme prochaine),sachant que jusqu’à
présent la Bolivie en trustait la plus grande part, est complétement réversible .
En effet, le besoin d’exploiter ce trésor,lui même ressource stratégique est si fort
que la ligne de plus grande probabilité conduit à un compromis rapide sur place
et avec les grands voisins (comme H Kissinger le suggérait il y a 2 ans).
Donc au départ rapide des armées occidentales.
jerome dit
Rackam – c’est bien la pire chose possible qui pouvait arriver a l’Afghanistan. Cela promet une guerre sans fin entre chefs de guerre pour le controle de ces ressources. Mais cela attenue d’autant le risque de voir les Talibans au pouvoir – personne ne va les laisser prendre le gateau tous seuls. Au final, l’Afghanistan ne profitera jamais de ses ressources. Mais les Americains devraient partir quand meme et les laisser s’entretuer.
rackam dit
Jerome,
bien sûr, sauf qu’on vient de découvrir, dans le sous-sol afghan (enfin dans la partie d’icelui ou Ben Laden ne joue pas aux Gaspards) des ressources mirifiques. Probablement un gisement d’aspartame, une mine de charbon bio, des fientes de ptérodactyles à haut rendement énergétique.
De quoi encourager les financeurs à ne pas se lasser, car l’espoir des gains viendra masquer les pertes.
Sauf que les uns sont en numéraire , les autres en vies.
Mais on sait lesquels comptent vraiment.
jerome dit
La seule question sur la guerre en Afghanistan c’est: c’est quoi le but de la guerre ? A la base, il s’agissait de renverser le regime taliban parce qu’il offrait son soutien a Al Qaida. Ca c’est fait. Et ensuite ?
S’il s’agit de faire du nation building ou je ne sais quelle connerie inventee par un cenacle d’universitaires de gauche, ils peuvent faire leurs bagages tout de suite sauf s’ils veulent rester la 1000 ans.
Le probleme c’est que le conflit s’est englue et que plus personne ne sait vraiment quel est l’objectif. Eradiquer les Talibans je veux bien mais alors faut mettre 500000 hommes au minimum et envahir une partie du Pakistan et le nettoyer grotte par grotte. Je doute qu’Obama soit pret a ca (ni personne d’autre).
Donc je pense qu’il faut quitter ce pays, le laisser s’effondrer comme il en a l’habitude, et concentrer plutot l’action sur l’Irak ou les choses sont beaucoup mieux engagees.
Alpin dit
@Impat1:
Bonjour,
Si,dans le principe(dans son abstraction) ,vous avez raison,pour ce qui est du Gal
Vincent Desportes,la situation française de l’expression publique des soldats qui sous-tend son attitude n’est pas du tout la même.
Celui-ci a ici fait preuve de responsabilité.
Sur ce sujet pour éclairer complètement le débat ,je vous recommande fortement
le Dernier N° de la revue D.S.I (défense et sécurité internationale) et son article
consacré au élites militaires pp34-39.
DSI n° 61 Juillet/Août 2010.
Alpin dit
Oui comme Hyverno,on peut se demander ou est passé la chute.
Mais sur ce sujet “Culture matin ” d’aujourd’hui est vraiment intéressant et éclairant.
A lire aussi le papier d’un des interlocuteurs (une interlocutrice ) sur une question
qu’elle soulignait donc dans la discussion,celle de la privatisation des effectifs:
“Afghanistan,Irak: des guerres très privées”;
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afghanistan-irak-des-guerres-tres-privees_894324.html
Impat1 dit
Le métier d’un officier général est de “servir”. Le plus noble des métiers, peut-être. Mais il exige une abnégation totale car on ne peut, on ne doit, à la fois servir et s’opposer.
Le général McChrystal n’a pas respecté ce devoir d’abnégation. De plus il aggrave son cas en se permettant des propos presque agressifs, ou pour le moins incorrects, prononcés sur un Pays pendant qu’il y séjourne. Cela n’est pas digne d’un “officiel” en déplacement car qu’il le veuille ou non il représente son Pays.
Dans l’éventualité d’un désaccord grave il n’y a qu’une solution, démissionner
Hyverno dit
Où est passée la suite du papier ?