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Les petites mains de l’épopée

Maurin Picard retrace l’histoire des héros anonymes de la Seconde guerre mondiale

Publié le 18 septembre 2016 / Culture Histoire

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Les héros ordinaires sont, pour la plupart, des hommes du rang.  Sont-ils pour autant choisis au hasard par Maurin Picard ? Leur popularité tardive, selon l’auteur, cache peut-être « une quête de sens, comme une sollicitation plus ou moins consciente adressée aux vétérans de 1939-1945, naguère confrontés à un choix relativement simple entre le Bien et le Mal, du moins en apparence. » Ils « éveillent l’intérêt des générations actuelles en quête de repères, déboussolées moralement face aux soubresauts politiques. » Autrement dit : ils sont à la fois évocateurs et représentatifs. L’auteur étant journaliste aux États-Unis, on n’est pas étonné que ses héros soient presque tous américains ou canadiens, auxquels on ajoute un Français et un Allemand. Un “bon Allemand”, bien sûr : jeune pilote participant, à bord de son jet ultramoderne, à la défense de Berlin contre les bombardements alliés en 1945, il « ne tenait ni à mourir ni à tuer », répugnant aussi à descendre les « avions magnifiques » de ses adversaires. Du reste, il parle beaucoup de mécanique et moins de combats. Il faut, selon lui, avant tout « sentir l’avion, le respecter ».

En face de lui, les anciens soldats alliés sont tout aussi modestes. Ce qui les motivait ? « Il fallait le faire » (do the job). Et si « un tel exploit serait impossible aujourd’hui », d’après un aviateur,  c’est sans doute en raison de l’atmosphère générale et non d’un ensemble de qualités ou défauts individuels. Pour motiver les troupes, on pouvait aussi compter sur l’admiration envers les supérieurs : le général Patton, par exemple, ou le capitaine Fluckey, commandant d’un sous-marin au palmarès étonnant. L’importance de la solidarité créée par le risque encouru collectivement apparaît aussi dans l’image saisissante de la dissolution d’une unité de commandos américano-canadienne. Tandis que les Canadiens sortent du rang pour monter dans des camions, les Américains reçoivent l’ordre de serrer les rangs, mais ils refusent. Dans cette unité d’élite, débarquée en Italie en 1943, le taux de perte s’est élevé à 134% ! Explication : les blessés rempilaient avant l’heure.

Des dizaines d’années plus tard, les membres survivants de l’escadre envoyée bombarder Tokyo en 1942 continuent à se réunir, chaque année, accomplissant un rituel digne d’Agatha Christie avec de petits verres en argent autour d’une bouteille de cognac Hennessy 1896. Avec le temps, les moments d’angoisse s’effacent au profit des souvenirs de moments humains. D’ailleurs, Maurin Picard affirme avoir choisi ses témoignages « pour leur humanité, leur fibre épique, leur valeur historique. » Les héros ont-ils des remords ? Non. Mais ils ont peut-être le sentiment que quelque chose les dépasse. Maurin Picard suggère quand même l’existence d’un vague sentiment de culpabilité. Celui d’avoir « survécu injustement », lié aux horreurs à la fois subies et perpétrées. Il évoque notamment le cas d’un ancien pilote qui contribua à couler le cuirassier Bismarck et ses quelques 2000 hommes à bord, son obsession de vouloir « faire la paix avec toutes ces ombres familières », aussi bien ennemis que camarades morts au combat.

En tout cela, Dieu n’est pas absent. Dans un moment critique, un pilote se souvient qu’il « imaginait que chacun priait un peu dans son coin, discrètement. » Le terrible Jake McNiece, ancien commando, est même devenu pasteur. Et pourtant, c’était une tête brûlée, y compris à l’entraînement. Un soir de beuverie, il a volé une locomotive pour rentrer au cantonnement, mais a malencontreusement fait exploser la chaudière en route…

En dépit des bombardements massifs sur Londres ou en Allemagne et surtout de la solution finale en Europe, le théâtre des opérations en Asie fournit, semble-t-il, un plus grand nombre de cas-limite entre l’engagement militaire et la tuerie de civils. L’auteur évoque brièvement la « lettre rageuse » de Tchang Kai Tchek à Roosevelt, consécutive au bombardement de Tokyo et au refuge des pilotes américains sur la côte chinoise. Les représailles japonaises, d’une sauvagerie inouïe, ont provoqué la mort de 250 000 civils, affirme le nationaliste chinois. Une enquête ultérieure est arrivée au bilan moins gigantesque, mais considérable, de 10 000 morts. Dur d’être un héros… même s’il importait, pour les États-Unis, de montrer au Japon qu’il n’était pas un sanctuaire intouchable.

Par ailleurs, les dix aviateurs capturés suite à ce raid furent traduits devant la justice japonaise pour avoir largué des bombes sur des écoles et des hôpitaux. On était encore loin d’Hiroshima. Et voilà justement qu’au dernier chapitre vient le tour de Dutch Van Kirk, navigateur à bord du B29 Enola Gay, le 6 août 1945. La présence de Van Kirk dans le volume pose visiblement un problème à son auteur, car l’homme « reste difficile à qualifier de héros ». Pourtant, il s’est décidé en s’appuyant sur les critères de Karl Marlantes : répondre aux attentes liées à ses responsabilités  mais aussi risquer sa vie pour sauver celle de beaucoup d’autres. En fait, le cas du bombardement atomique a suscité de nombreux débats sur ces deux points, mais Maurin Picard a choisi de ne pas polémiquer au sujet de l’hypothèse selon laquelle l’imminence de l’invasion soviétique aurait précipité la capitulation du Japon au moins autant que la bombe. Quant à Dutch Van Kirk, il reste « campé sur lui-même, certain d’avoir agi comme il le fallait ». Picard ajoute seulement que « ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire et tracent la distinction ténue entre le Bien et le Mal absolu, entre exploit stratégique et crime de masse. »

À chacun de comparer le destin des « héros ordinaires » et celui des “antihéros extraordinaires” à l’image, par exemple, de ceux du Long dimanche de fiançailles de Sébastien Japrisot. Entre les deux, certainement, se trouve la question de la foi en la justesse des objectifs du pouvoir politique.

D’ailleurs, la petite histoire (des héros et des antihéros) croisent immanquablement la grande. Ainsi Léon Gautier, jeune engagé français dans les commandos britanniques a-t-il dû attendre jusqu’en 1992 pour recevoir la légion d’honneur. Séquelles, dit-on, de la rancune de De Gaulle envers la perfide Albion… Le cas de Gautier est aussi l’occasion de revisiter les traces laissées par Mers-El-Kebir… De toute évidence, la marine française n’était pas particulièrement gaulliste. Et la Kriegsmarine, souligne Picard, n’était pas non plus fanatiquement nazie.

Un chapitre consacré à la libération de personnalités françaises enfermées dans un château-fort du Tyrol se situe de manière assez cocasse à la frontière de la petite et de la grande histoire. Tandis qu’un officier allemand rallié aux forces anglo-américaines (nous sommes le 4 mai 1945), se montre « très poli, digne et triste », le capitaine américain qui commande le détachement libérateur inspire à Edouard Daladier, qui figure parmi les otages, de sombres pensées consignées dans son Journal de captivité. « Si la politique américaine ressemble au capitaine Lee, alors l’Europe en verra de dures. » Depuis de longs mois, la haine cordiale règne parmi les hôtes de la forteresse, qui décrivent un large éventail du « résistant » au « collabo ». À une table déjeunent Gamelin, Clemenceau fils et Paul Reynaud tandis qu’à une autre sont installés Jean Borotra, le général Weygand et le colonel de La Roque.

Bientôt, les Américains mettront de l’ordre dans tout cela. À ce propos, il est frappant de constater le nombre de films évoqués par Maurin Picard dont les exploits de ses héros ont été la source d’inspiration. Coulez le Bismarck (1957), L’Odyssée du sous-marin Nerka (1958), Le jour le plus long (1961), Les douze salopards (1967), Les brigades du diable (1968)… Toute une époque. Les États-Unis régnaient alors sans partage sur les esprits européens. Et c’est justement aujourd’hui, quand on se met à faire la théorie du Soft-Power, que certains doutes commencent à poindre.

Esquivant l’analyse des grandes manœuvres géopolitiques, Maurin Picard invite, en revanche, son lecteur à découvrir au début de chaque chapitre les lieux où il a rencontré ses témoins. Ici une coquette demeure de famille dans le New Jersey, là un chalet en bois sous la neige dans l’Ontario, puis quelques maisons de retraite de luxe en Floride ou en Californie, des meetings aériens dans la chaleur étouffante des villes du Middle West. Un véritable Road Movie des États-Unis comme on les aime aux paysages pittoresques… On se demande, finalement, si le panel de héros ordinaires n’a pas été choisi pour cela. L’Amérique n’a pas épuisé tout son capital de sympathie…

Maurin Picard, Des héros ordinaires. Au coeur de la Seconde guerre mondiale, Perrin, 2016.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 18 Septembre 2016 à 20h28

      steed59 dit

      certaines personnes ici parlent du manques de divisions blindées françaises. C’est archi-faux. l’armée française avait l’équivalent des panzers, les DLM (division légère mécanique) et la cavalerie était partiellement blindée (les DLC, les fameuses divisions “essence-picotin”), ainsi que les DCR en formation (division cuirassée de réserve), plus puissante que les panzers. En nombre de chars la France était au moins aussi mieux loties que la Wehrmacht. Le gros défaut, aucun haut-officier ne savait les manier. Commander des chars était une spécialité très technique, au même titre que l’arme parachutiste ou commandos. Il manquait à la France l’équivalent d’un Guderian, d’un Rommel ou d’un Von Manstein. La Russie avait Tchoukatchevski mais Staline l’avait fait fusiller. C’est ici le coup de “génie” de Hitler qui, dans une vision révolutionnaire propre au national-socialisme, avait préféré faire confiance à la jeune génération d’officiers qui pressentait qu’avec la guerre mécanisée, les distances étaient considérablement réduites. Il n’est donc pas anormal que la France ait été battue en cinq semaines, dès lors que la percée décisive – en l’occurence celle de Sedan – ait été réalisée.

    • 18 Septembre 2016 à 18h30

      thd o dit

      18 Septembre 2016 à 13h44

      expz dit

      Je ne justifie pas,je remets “dans son contexte” comme vous dites précédemment.

      Une issue différente en Mai/Juin 40?Une armée considérée comme la meilleure du monde battue en 3 semaines?1500000 prisonniers?

      Comme la Prusse à Iéna, et dans les années qui ont suivi. Ils n’en ont pas tiré argument pour se tirer une balle dans le pieds pendant 50 ans, eux (1968-2016, et ça n’est pas près de finir semble-t-il).

      Comme l’armée russe au début de l’invasion allemande (3 millions de prisonniers, que d’ailleurs les Allemands ont délibérément laissé mourir de faim).
      Une différence : l’union soviétique était deux fois plus peuplée que l’Allemagne, la France deux fois moins. Ne me sortez pas l’empire, je vous parle de pays industriel (comme la guerre du même nom) et suffisamment homogène.

      Une issue différente en 1940 ? Oui, pourquoi pas, avec 10 divisions de plus dont 2 blindées récupérant les Allemands après leur percée initiale. Mais ces divisions n’étaient pas là, les Anglais les ayant plutôt prévues pour 1942 du fait de leur réticence à tenir compte des avertissements français.

      Ils avaient parfaitement les moyens de le faire, le niveau de vie anglais étant bien supérieur au niveau de vie français ou allemand (à peu près équivalent) et la GB comptant à la fin des années 30 un chômage très important.

      Allemagne (dont Autriche et Sudètes) : 80 millions d’habitants ; France : 40 ; GB : 45.

    • 18 Septembre 2016 à 14h09

      bartolomee dit

      @ thd o et exp z

      De grâce, Messieurs, ne vous insultez pas par commentaires interposés.

      Voilà plus de 40 ans que je m’intéresse à cette période (sans être historien). J’ai lu des dizaines d’ouvrages, de revues, d’articles publiés par de grandes signatures peu suspectes de parti pris.

      Impossible de s’en tenir à quelques schémas. Quelques convictions néanmoins

      - des foules considérables ovationnent Pétain jusqu’au moins le 8 juin 1944,
      - l’armée française n’a pas été battue, elle n’a pas livré combat (lire entre autres Pilote de guerre de Saint Exupéry) sauf quelques résistances sporadiques (De Lattre par exemple)
      - le génie absolu de de Gaulle : faire croire à tous les français qu’ils avaient montré un esprit de résistance admirable.

      Ultime anecdote, lors de la libération de Paris, c’est Otto Abetz qui conseille l’itinéraire du triomphe à Leclerc de manière à ce qu’il ne rencontre aucune opposition. L’itinéraire initial semblait “dangereux” à Abetz en raison de la présence de troupes allemandes encore décidées à vendre chèrement leur peau.

      Toute cette période est opaque. Et sans doute à considérer au jour le jour du point de vue de l’historien.

      • 18 Septembre 2016 à 18h21

        thd o dit

        - l’armée française n’a pas été battue, elle n’a pas livré combat (lire entre autres Pilote de guerre de Saint Exupéry) sauf quelques résistances sporadiques (De Lattre par exemple)

        Non, je ne crois pas qu’on puisse dire cela. Les pertes allemandes et françaises sont quand même assez importantes, mais une partie importante des forces a été mise hors jeu par la percée de Sedan/Dinant puis l’encerclement.

        “- le génie absolu de de Gaulle : faire croire à tous les français qu’ils avaient montré un esprit de résistance admirable.”

        Il me semble que d’une part c’est une caricature de ce que disait de Gaulle, et que d’autre part la thèse inverse, aujourd’hui dominante, est nettement plus fausse.

        • 18 Septembre 2016 à 18h38

          bartolomee dit

          J’ai peut être été un peu hâtif dans ma rédaction.

          Mes connaissances sont livresques donc sujettes à caution évidemment.

          En relisant les auteurs de l’époque :
          - l’armée française n’était pas équipée convenablement pour résister (chars, avions, équipements individuels),
          - en effet la percée de Sedan fut meurtrière,
          - l’aviation allemande a “tiré dans le dos et dans le tas” sur des colonnes de civils, de soldats en pleine déroute,
          - Dunkerque…

          Je reste surpris par le nombre de pertes allemandes qui me semblent très élevées par rapport à la facilité avec laquelle les divisions ont emporté la décision. J’ai le chiffre de 38.000 en tête. Avez vous le même ?

      • 18 Septembre 2016 à 20h16

        steed59 dit

        l’intégralité – pas seulement De Gaulle – de la classe politique a adhéré à la théorie de la résistance collective. ça arrangeait tout le monde, et pendant ce temps le PCF inventait le mythe des 10 000 fusillés.
        Quant aux événements de mai/juin 40, difficile d’affirmer que l’armée française n’a pas combattu, personne ici n’y était. Une chose est sûre, elle était très mal commandée. Faut-il blâmer la haute hiérarchie militaire ou le simple soldat ? difficile à dire

        • 18 Septembre 2016 à 20h34

          bartolomee dit

          J’ai pris la précaution de souligner le côté livresque donc théorique de mes connaissances.

          Mal commandée, vous résumez bien. Qui blâmer ? Je crains que la société française de l’époque en la personne de tous ses responsables politiques de la IV° république ne doive prendre sa part du fardeau de la défaite.

    • 18 Septembre 2016 à 7h21

      thd o dit

      En dépit des bombardements massifs sur Londres ou en Allemagne et surtout de la solution finale en Europe, le théâtre des opérations en Asie fournit, semble-t-il, un plus grand nombre de cas-limite entre l’engagement militaire et la tuerie de civils.

      Non, il suffit de regarder l’Europe de l’Est, avec la mort de 3 millions de civils Polonais et de 10 millions de civils soviétiques notamment (sans compter 3 millions de prisonniers de guerre soviétiques des Allemands délibérément tués par la faim en 1941 1942).

      Ainsi Léon Gautier, jeune engagé français dans les commandos britanniques a-t-il dû attendre jusqu’en 1992 pour recevoir la légion d’honneur. Séquelles, dit-on, de la rancune de De Gaulle envers la perfide Albion

      Pourquoi ne pas s’engager dans la France libre…? Au bout du compte, cela porte aussi du tort.

      De toute évidence, la marine française n’était pas particulièrement gaulliste. Et la Kriegsmarine, souligne Picard, n’était pas non plus fanatiquement nazie.

      C’est sans doute pour cela que Doenitz a été choisi comme dauphin par Hitler.
      Quant à la marine française, d’une part il y avait désertion de pas mal de matelots dans les ports américains pour les navires de la France libre après le débarquement en AFN, d’autre part son hostilité à l’Angleterre n’a pas empêché que les navires français n’ont pas été livrés à l’Allemagne. Donc le bombardement de Mers el Kébir était une saloperie, comme le reconnaissent d’ailleurs les amiraux anglais ayant trempé dans l’affaire.

      À une table déjeunent Gamelin, Clemenceau fils et Paul Reynaud tandis qu’à une autre sont installés Jean Borotra, le général Weygand et le colonel de La Roque.

      Ni Borotra, ni Weygand ni La Roque n’étaient collabo, le troisième étant d’ailleurs fondateur d’un réseau de renseignement affilié directement à l’Angleterre.

      • 18 Septembre 2016 à 8h26

        bartolomee dit

        Il serait trop long de vous répondre de manière détaillée.

        Je vous conseille les ouvrages de Philippe Masson relatifs à la 2° guerre mondiale. C’est (enfin, c’était…) un historien de très grande qualité et absolument impartial ne discutant que les faits.

        Ses livres sont disponibles sur Amazon, je viens de vérifier.

        Mers-el-Kebir : une horreur, dirigée en personne par…Churchill.

        Je vous incite à la prudence. La troupe (marins, officiers-mariniers, officiers jusqu’au grade de capitaine de vaisseau) ne partage pas nécessairement les sentiments politiques des ou du grand(s) chef. En règle générale, la Kriegsmarine était assez peu “nazifié”. Doenitz…c’est une autre affaire, plus complexe.

        La question que vous posez dans un autre blog. En réalité, l’approche des historiens se fonde sur le taux de perte subi dans un secteur d’engagement. Pour faire court et simple : une unité de tirailleurs sénégalais, ou de zouaves dès lors qu’elle se trouvait engagée dans la Somme ou à Monte Cassino subissait un taux de perte équivalent à une autre opérant dans le même secteur.

        Conclusion : indépendamment de leur provenance, confession, religion, toutes les troupes se sont faites hacher dans les grands théâtres. De mon point de vue, les troupes africaines de l’Armée Française ont subi la même casse que les autres parfois plus mais non pas par héroisme accru mais par inexpérience ou conditions climatiques auxquelles elles étaient inhabituées.

        De vous à moi, cette période est trop compliquée pour “blogger”. Voilà plus de 25 ans que je l’étudie à mes heures perdues et plus j’avance, moins je sais à quoi m’en tenir.

        Une seule certitude : l’homme en guerre devient fou, avec le spectre complet de comportements liés à la folie. Lisez si vous en avez le temps Ernst Junger sur le sujet (“de la guerre comme philosophie” de mémoire) : il montre l’Homme sous un aspect terrifiant.

        • 18 Septembre 2016 à 13h06

          expz dit

          Certes,une horreur,mais replacée dans son contexte pas illogique:Début Juillet les Anglais sont isolés et Churchill n’a d’autre alternative que de démontrer aux Français,aux Allemands et à son propre peuple (et ses notables dont Halifax)qu’il se battra jusqu’au bout.Quand à la Marine Française,si son internement fut réussi à Alexandrie,De Gaulle,en 43,releva immédiatement son amiral.Elle résista aux Américains en Afrique du Nord et préféra se saborder plutôt que rejoindre Darlan (un comble).
          La Kriegsmarine de surface était républicaine,au point qu’après la bataille de Barentz,Hitler voulu la démanteler au prétexte qu’elle avait été séditieuse en 1918 et ne voulait pas se battre contre les convois Alliés (et ce fut l’arme sous-marine qui les contra). La mission-suicide du Scharnost servit alors comme adhésion au régime…
          Les troupes de montagnes -constituées en majorité de musulmans-en Italie furent à la pointe des offensives de Juin dans le Belvédère et après le Garigliano.Sans elles,jamais Juin n’aurait percé.
          Bref,heureusement que nous ne l’avons pas vécu et souhaitons que nos enfants et arrière petits enfants ne le vivent pas…

      • 18 Septembre 2016 à 13h20

        thd o dit

        Je vous incite à la prudence. La troupe (marins, officiers-mariniers, officiers jusqu’au grade de capitaine de vaisseau) ne partage pas nécessairement les sentiments politiques des ou du grand(s) chef.

        Donc Montety n’a pas à prétendre que la marine allemande aurait été gentille et la marine française pas gentille du tout…c’est lui qu’il faut inviter à la prudence, puisqu’il prétend éduquer les masses ; et c’était le sens de mon commentaire.

        Elle résista aux Américains en Afrique du Nord et préféra se saborder plutôt que rejoindre Darlan (un comble).

        Ce n’est pas “un comble”, mais la conséquence des ordres donnés par Darlan lui-même. Vous ne tenez pas compte du contexte, ni ne cherchez pas à comprendre quel a été le raisonnement des acteurs : tout ce qui vous intéresse, c’est de rechercher des éléments vous permettant (croyez-vous) de mépriser vos concitoyens, en les montant en épingle. Vous valez donc moins que ceux-là même qui ont donné l’ordre de saborder cette flotte.

        • 18 Septembre 2016 à 13h27

          thd o dit

          Et accessoirement, vous en êtes à justifier Mers el Kébir :

          http://www.dailymotion.com/video/x5f8kh_mers-el-kebir-3-juillet-1940_people

          c’est à dire à adopter sans sourciller le point de vue anglais de cet événement.

          Certes, les Anglais avaient peur. La faute à qui ? Martin Alexander, dans son livre sur Gamelin, montre le grand nombre de relances de Gamelin à partir de 1936 pour que les Anglais réarment, notamment en divisions blindées. Ces cons-là n’ont jamais voulu en tenir compte, mais c’est bien la France qui avait raison et eux qui avaient tort. S’ils avaient répondu à ces demandes, peut-être mai juin 40 auraient-ils eu une issue différente.

          Et la suite de la guerre montre de toutes façons qu’ils se sont trompés sur l’attitude de la marine.

        • 18 Septembre 2016 à 13h39

          expz dit

          Continuez vos procès d’intention si ça vous amuse.La Marine Française était Pétainiste , anti-anglaise et anti-Gaulliste.

        • 18 Septembre 2016 à 13h44

          expz dit

          Je ne justifie pas,je remets “dans son contexte” comme vous dites précédemment.
          Une issue différente en Mai/Juin 40?Une armée considérée comme la meilleure du monde battue en 3 semaines?1500000 prisonniers?

        • 18 Septembre 2016 à 13h45

          bartolomee dit

          @ thd o et exp z.

          Sabordage de la flotte. Quel épineux débat !

          Pour l’anecdote, j’ai eu la chance d’en “débattre” pendant 3/4 de nuit avec Jean-François Deniau soi même en personne. En conclusion de notre échange, pas de vérité. Ceux qui ont désobéi (comme de Gaulle l’avait fait avant eux) ont eu raison. Ceux qui ont exécuté les consignes sont passés à la postérité comme des “loosers”.

          En liminaire, Darlan avait ordonné aux bâtiments de disposer des charges explosives dans les fonds dès le déclenchement des hostilités.

          Les commandants des bateaux qui ont donné l’ordre d’exécution ont obéi aux ordres de Darlan. Dans l’esprit, une telle flotte ne devait tomber en aucune main étrangère : ni anglaise, ni allemande.

          L’entrée des allemands en zone libre provoque l’exécution des ordres initiaux ou la désobéissance (Casabianca entre autres) et le ralliement aux flottes alliées.

          Je vous recommande la lecture de la biographie ( c’est la référence communément admise) de Darlan par Claude Huan et Hervé Coutau Bégarié chez Fayard.

          Eux mêmes ont du mal à y voir bien clair tant la personnalité de Darlan était quelque peu équivoque

        • 18 Septembre 2016 à 13h49

          expz dit

          Mais en 36,l’armée Française ne pouvait pas s’équiper en divisions cuirassées pour 2 raisons:1-Parcequ’ils n’y croyaient pas:les blindés servant d’appuis à l’infanterie comme en 1918.
          2-Parceque c’est la Marine qui s’octroyait tout l’effort budgétaire,pour concurrencer les Anglais.Le sous-marins Surcouf est un exemple révélateur.

        • 18 Septembre 2016 à 13h55

          expz dit

          Bartolomée:à Casablanca,la marine Française a tiré et a attaqué la marine Américaine.
          Une anecdote:Leclerc a fait retirer la fourragère aux fusiliers marins lors de leur arrivée dans la 2eDB en 43,au prétexte qu’ils s’étaient déshonorés…

        • 18 Septembre 2016 à 14h12

          bartolomee dit

          @ exp z

          Il faut y consacrer une vie. J’ignorais cette anecdote de retrait de la fourragère aux fusiliers marins.

          Mais ils l’ont reprise et la portent toujours aujourd’hui.