Maurice Risch, César du nanar | Causeur

Maurice Risch, César du nanar

Entretien exclusif

Auteur

Daoud Boughezala

Daoud Boughezala
est rédacteur en chef de Causeur.

Publié le 25 septembre 2016 / Culture

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Son CV? Gendarme de Saint-Tropez, pilier du boulevard, comédien fétiche de Jacques Rozier et Pascal Thomas, et bien sûr protagoniste obligé des séries Z d'antan style Mon curé chez les Thaïlandaises. Une carrière Risch...
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Maurice Risch. PJB/Sipa

Daoud Boughezala. Vous êtes sorti du Conservatoire national d’art dramatique en 1966, arrivé 2e prix en théâtre classique, 1er en moderne au milieu d’une sacrée promotion d’acteurs. Êtes-vous resté lié à vos anciens condisciples ?

Maurice Risch. J’ai arrêté mes études en deuxième année, alors que le Conservatoire se faisait normalement en trois ans. Avec Michel Creton, on a eu nos premiers prix ensemble. Il n’y a pas longtemps, j’ai tourné avec Patrick Chesnais, ça nous a fait plaisir de nous revoir. En même temps que moi, il y avait une belle équipe – Catherine Hiegel, Annie Duperey, Bernard Giraudeau –, mais j’ai gardé des amitiés avec des camarades de promotion moins en vue. Avec Patrick Préjean, que je revois régulièrement, on a fait pas mal de choses ensemble comme les Gendarme

… aux côtés de Louis de Funès qui vous a fait jouer dans Le Grand Restaurant à seulement 23 ans. Vous avait-il repéré grâce à Claude Gensac, souvent son épouse au cinéma, qui était votre partenaire dans La Dame de chez Maxim de Feydeau ?

Louis de Funès était venu voir la pièce au Palais-Royal. Il m’avait effectivement vu jouer avec Claude Gensac et m’a proposé de faire Le Grand Restaurant. Mais Claude Gensac n’était pas encore son épouse au cinéma ; plus tard, il m’a chargé d’aller la voir pour lui demander si elle ne voulait pas devenir sa femme dans Le Gendarme de Saint-Tropez. J’ai servi d’intermédiaire entre eux. J’ai fait cinq films avec lui, dont les deux derniers épisodes des Gendarme.

On a dit que-vous deviez votre rôle dans les Gendarme à sa brouille avec Jean Lefebvre. Comment avez-vous entretenu de bonnes relations avec ce grand irascible qu’était de Funès ?

On s’entendait très bien parce qu’il adorait les acteurs de théâtre. Du reste, c’est au théâtre que sa carrière a vraiment démarré, avec Oscar de Claude Magnier qu’il a joué avec Maria Pacôme. Il écoutait les acteurs de théâtre comme Grosso et Modo, et tenait compte de nos idées. Contrairement à ce que beaucoup d’envieux ont raconté, c’était un homme d’une classe formidable, très généreux. Comme tous les comiques, il prenait son matériau dans la connerie humaine – notant ses idées dans le petit carnet noir dont on a beaucoup parlé ! S’en priver l’aurait fait passer à côté de beaucoup de ses trouvailles parce que la vie est riche en comique : il y a plus de cons que de prix Nobel !

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    publié dans le Magazine Causeur n° 97 - Septembre 2016

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    • 26 Septembre 2016 à 5h36

      thierryV dit

      Bon acteur qui a modestement coloré de son ton de voix deux décennies insouciantes. 

    • 25 Septembre 2016 à 18h57

      Gwendan dit

      Ah!!Maurice Risch, souvent objet de débats familiaux dans mon enfance quand il apparaissait:
      -Tiens Villeret!
      -Ah non c’est Maurice Risch
      -T’es Sur?”

    • 25 Septembre 2016 à 18h06

      alain delon dit

      Faute de ne pas avoir été retenu pour “le gendarme”, Alain Delon a joué “un flic”. Séquence nostalgie

    • 25 Septembre 2016 à 15h33

      Allons bon dit

      Très bon acteur. Et excellent dans “le dernier métro”, comme tous ! 

    • 25 Septembre 2016 à 11h22

      L'Ours dit

      J’aime beaucoup cet acteur.
      Et je suis d’accord sur le fait que dans des drames, le jeu sobre et retenu est souvent une facilité pour le manque de talent, mais ça berne les critiques. Pourtant, même dans cet art de la retenue, il faut être un grand acteur pour le faire avec justesse.