Les vies de Maurice Blanchot | Causeur

Les vies de Maurice Blanchot

De l’extrême droite à l’extrême gauche

Auteur

Matthieu Baumier

Matthieu Baumier
est essayiste et romancier.

Publié le 20 mai 2017 / Culture

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maurice blanchot thomas obscur politiques

Maurice Blanchot aurait 110 ans cette année. En 1933, il écrivait ceci dans Le Rempart, publication d’extrême droite : « Il devient de plus en plus évident que le pays assiste aujourd’hui à l’agonie d’un système. Demain, par sa révolte et par sa colère, il l’achèvera. Le régime prend peu à peu conscience de sa faiblesse. L’école dirigeante ne sait plus que faire. Elle détient le pouvoir, mais elle ne peut rien » (« La révolution nécessaire »). Les Cahiers de la NRF font paraître des textes inédits de Maurice Blanchot, publiés dans la presse par l’écrivain. Ce sont ses Chroniques politiques des Années Trente (1931-1940). 177 articles en tout, portant sur les sujets importants de politique intérieure et extérieure de l’époque.

Journaliste d’extrême droite le jour, romancier la nuit

Lire cet ensemble, c’est une manière passionnante de parcourir ces années, de la montée du nazisme à la défaite de 1940. Blanchot était alors journaliste, n’ayant pas encore édité de livre, travaillant cependant à Thomas l’obscur, manuscrit qu’il confiera à Jean Paulhan en mai 1940. Ce volume superbement édité par l’universitaire David Uhrig donne à lire l’ensemble des textes politiques retrouvés, publiés par Blanchot dans des journaux de droite ou d’extrême droite : La Revue française, Le Journal des débats, La revue universelle, Réaction, Le Rempart, Combat, L’Insurgé, Aux Écoutes… L’écrivain y affirme son rejet de la démocratie parlementaire. C’est « l’autre Blanchot », selon l’heureuse formule de Michel Surya (L’autre Blanchot. L’écriture de jour, l’écriture de nuit, Gallimard, 2015), celui qui fut un des « non-conformistes des Années 30 », selon cette autre heureuse expression employée cette fois par Jean-Louis Loubet del Bayle, dans un ouvrage devenu incontournable (Les Non-Conformistes des années 30. Une tentative de renouvellement de la pensée politique française, Seuil, 1969, 2001). Dès la première édition de son essai, Loubet del Bayle inscrivait Blanchot dans un courant politique, les « non conformistes », ensemble informel d’écrivains et d’intellectuels, naviguant aux abords de l’extrême droite, sa proximité ou ses marges. Maurice Blanchot avait alors pour amis Henri Massis, Jean-Pierre Maxence ou Thierry Maulnier, jeunes intellectuels influencés par L’Action Française et Maurras, ce qu’Eugen Weber avait déjà noté dans sa somme sur le mouvement royaliste (L’Action Française, 1962). Loubet del Bayle éclairait ainsi le parcours d’un Blanchot devenu figure importante de la vie littéraire après-guerre, proche d’Antelme, Duras, Mascolo, opposant à la Guerre d’Algérie, co-auteur du Manifeste des 121. Ce Blanchot-là était dans la rue en 1968, proche de Derrida, Deleuze ou Barthes. Un intellectuel de gauche.

Complexe comme un être humain

Ces Chroniques politiques des années Trente apportent l’élément manquant aux pièces du « dossier Blanchot » parues depuis sa mort, comme les Écrits politiques 1953-1993 (Gallimard, 2008) ou le très important numéro de la revue Lignes, Les politiques de Maurice Blanchot (1930-1993) paru en 2014. Dans ce numéro, Michel Surya s’interroge au sujet de Blanchot : « qu’en est-il d’une pensée d’extrême gauche qui a longtemps été, avant, d’extrême droite ? Comment penser un tel passage d’un extrême à l’autre ? ». Interroger le parcours de Blanchot, c’est observer une chose toute simple : les époques et les hommes qui les font, autant qu’ils sont faits par le contexte dans lequel ils opèrent, sont choses complexes. Maurice Blanchot fut un non conformiste des années 30, ce que notre époque binaire nommerait un « fasciste », anti nazi virulent, ses chroniques le montrent, appelant à stopper Hitler, puis maréchaliste en 1940. Et après. Ils furent nombreux, de droite comme de gauche. Simon Epstein a montré dans un essai fondamental que les plus nombreux ne vinrent pas forcément du camp auquel l’on pense de prime abord (Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, Albin Michel, 2008). Blum l’insupportait et il a écrit des diatribes contre la « banque », du genre de celles que l’on peut lire aujourd’hui sur les banderoles « antifas » au sujet de Macron. Il y aurait donc eu de l’antisémitisme chez Blanchot, un antisémitisme en forme de prétérition. Peut-être. Dans certaines chroniques de 1936. On ne lit en tout cas pas ici la violence antisémite déchaînée que l’on peut trouver par ailleurs à cette époque. La quantité d’écrits s’estompe après 1936.

Blanchot et la « révolution spirituelle »

Partie prenante de la « Jeune droite » non conformiste, Blanchot est avant tout profondément attaché à la France, anti capitaliste, pacifiste, opposé au national-socialisme. Blanchot, c’est « la révolution nécessaire » (Le Rempart, 1933) : « Notre plus grande espérance aujourd’hui, c’est que, pour une nation libre, pour la défense de l’homme, pour les biens de l’esprit, se lève la promesse magnifique de la révolution. Tandis que le socialisme se soumet à la démocratie  et à la dictature et repousse l’idée même de l’insurrection, tandis que le communisme abandonne peu à peu la force de ses premiers mythes, les idées nationales s’allient avec tout ce qui est combat, révolte, mépris des positions acquises, avec la violence, avec la démesure (…) La révolution spirituelle, la révolution nationale n’est plus une image et un symbole ». Il est impossible de comprendre ce Blanchot-là, ni du reste l’anti conformisme des années 30 et sa postérité, encore aujourd’hui, si l’on se contente de leur apposer une étiquette infâmante. Ce sont les mots « révolution spirituelle » qui sont ici importants. Ces jeunes gens, écrivains et intellectuels, pensaient, pour le dire avec les mots de Maulnier, que « la crise est dans l’Homme ». Une crise d’ordre spirituel. Il n’est donc pas anodin que le volume des Chroniques politiques des années Trente de Blanchot s’ouvre par un texte sur Gandhi (1931). Ces hommes se levaient face à une crise. Pas une crise de ou par l’Homme mais une crise « dans » l’Homme.

Pour Pétain et contre le nazisme?

D’extrême droite ? Et cependant contre le nazisme ? Oui. En regardant ce type de parcours, on apprend beaucoup sur maintenant et sur la « pensée » binaire de notre temps. Non-pensée qui catégorise en permanence intellectuels et écrivains en camp du Bien et camp du Mal. Le bon Blanchot, celui des années 60, c’est le camp du Bien. Le mauvais Blanchot, celui d’avant-guerre, c’est le camp du Mal. La « pensée » binaire pourchassant le « néo-réac » dans toute pensée autre est un marqueur de notre époque. C’est pourquoi il peut être difficile de saisir le parcours d’un Blanchot. Oui, aussi étrange que cela puisse paraître, il fut possible d’être favorable au maréchal Pétain et cependant opposant au nazisme. Il fut possible pour Blanchot d’être non conformiste de droite dans les années 30 puis conformiste de gauche dans les années 60. La complexité de l’humain pensant, n’est-ce pas cela qui fait notre richesse intérieure ?

Chroniques politiques des Années Trente (1931-1940), Maurice Blanchot, Gallimard.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 22 Mai 2017 à 16h48

      QUIDAM II dit

      Bataille n’est qu’un vieux catho douloureusement écartelé entre d’invincibles inhibitions – dont, non seulement il ne peut s’affranchir mais encore auxquelles il tient comme constituant grandement sa spiritualité… – et, malgré tout, le besoin vital de s’en libérer. Il en résulte, bien évidemment, quelque chose de malodorant que sa culture d’extrême potache barbouille de littérature et de métaphysique.
      Y’en a qui aiment sa tambouille…

    • 22 Mai 2017 à 9h21

      senik dit

      tiens c’est marrant, dans le commentaire ci-dessous, Jerome Leroy reprend l’idée centrale du texte de Blanchot selon qui que nous subissons une barbarie soft

      • 22 Mai 2017 à 9h26

        steed59 dit

        “selon qui que …”
        vous êtes sûr d’avoir été enseignant dans une vie antérieure ?

    • 22 Mai 2017 à 9h18

      senik dit

      Dans un texte de 1953 intitulé “Sur une approche du communisme”, (in l’Amitié, Gallimard 1971, page111), Maurice Blanchot salue « l’immensité de l’effort à accomplir, la nécessité de remettre en question toutes les valeurs auxquelles nous sommes attachés, d’en revenir à une nouvelle barbarie pour rompre avec la barbarie polie et camouflée qui nous sert de civilisation, l’inconnu vers lequel nous nous dirigeons – car nous ne savons absolument pas ce que pourrait être l’homme… »

      • 22 Mai 2017 à 9h21

        steed59 dit

        dommage qu’il n’ait pas vécu assez vieux pour connaitre l’islamisme, il en aurait été enthousiaste. Il aurait pu avoir un destin digne de garaudy

    • 21 Mai 2017 à 23h56

      Jérôme Leroy dit

      Ignorance crasse de Warboi, bien à l’image de la barbarie soft des enmarchistes. Il n’a même pas lu le (remarquable) article de Baumier pour dire de telles inepties. Blanchot, il suffirait d’ouvrir le Lagarde et Michard (célèbre bible fasciste) pour mesurer son importance, notamment comme théoricien de la littérature. Avec Bataille, ou Artaud, il s’agit de ces écrivains qui explorent les limites du langage, du sens. On peut les trouver illisibles (ce qui est mon cas) et prendre en compte quand même leur importance capitale sur ces sujets, ce que ne manquent pas de faire tous les universitaires du monde, particulièrement les anglo-saxons.
      Bref, votre inculture arrogante à front de taureau a encore fait ses preuves. Mais il est vrai, par exemple, que l’on vous voit mal comprendre les intuitions économiques et anthropologiques de Bataille dans La Part maudite et sa théorie de la dé-pense.
      Pour le reste, le nom de Blanchot est associé à tout ce qui énerverait Causeur et donc devrait vous plaire si vous l’aviez lu: anticolonialiste, anticapitaliste, antiautoritaire de manière radicale, idole de la pensée 68. Une jeunesse d’extrême droite? Ou même simplement non-conformiste, comme Maulnier et cie? Et alors? L’homme est la somme de tous ses actes, de tous. Et c’est à la fin de la foire qu’on compte les bouses.

      • 22 Mai 2017 à 6h15

        QUIDAM II dit

        « Avec Bataille, ou Artaud (…) On peut les trouver  ILLISIBLES  (ce qui est mon cas)… » dites-vous.
        Jérôme Leroy, merci pour cette déclaration : je me sens moins seul.
        Mais, sans risquer d’être aussitôt anathématisé et voué aux gémonies, au terme d’illisible ne pourrait-on pas ajouter celui de  FUMEUX  ?

      • 23 Mai 2017 à 22h07

        Warboi dit

        Et vous bouses à vous Leroy, on les mettra au compte de la droite extrême dont vous êtes, toujours, le plus fidèle des avocats. D’ailleurs vous écrivez sur Causeur, pas sur mediapart. Fin de la foire mais c’est mieux en le disant, vieux facho, vieux communiste, c’est synonyme.

        • 23 Mai 2017 à 22h37

          durru dit

          Ca serait plutôt Arrêt sur Images pour Jérôme, pas Mediapart.
          Mais il y a une chose qui dépasse votre ignorance (ce qui est vraiment un exploit), c’est votre fatuité. Vous croyez dur comme fer que, si vous avez mis une étiquette sur quelqu’un, cela représente la vérité révélée. Vous êtes, finalement, à l’image de votre gourou et de vos semblables. Tous imbus de vous-mêmes, de vos soi-disant savoirs et de votre incompréhension portée à l’extrême du monde dans lequel nous vivons. Vous étalez partout vos poncifs, qui ne montrent rien d’autre que votre totale incapacité d’empathie, d’introspection et d’analyse.

    • 21 Mai 2017 à 17h14

      t hdo dit

      “Depuis plus de dix ans, toute l’action diplomatique du Quai d’Orsay a consisté à attendre les initiatives des autres nations, et à ne point dire non quand elles nous étaient défavorables (…) c’est là l’éternelle manoeuvre de l’Allemagne. C’est là notre éternelle faiblesse.” Le Rempart, 22 mai 1933

      Plus ça change…

      • 21 Mai 2017 à 17h30

        Moumine dit

        t hdo
        Je colle mon 17h27.
        gigda nous a judicieusement mis un lien ci-dessous. J’y trouve :
        “Blanchot appartient aussi à un milieu de Juifs nationalistes prompts à dénoncer les exactions nazies. Dès 1933, dans Le Rempart, un quotidien dirigé par son ami Paul Lévy, il s’insurge contre les premières expéditions de Juifs en camps de travail.”

        • 21 Mai 2017 à 17h45

          eclair dit

          non, là c’est la confusion.

          C’est pas parce que juif en 33 mais parce que communistes.

        • 21 Mai 2017 à 17h46

          t hdo dit

          Le maréchal Pétain, après la nuit de Cristal, a signé une pétition de protestation contre le traitement allemand des juifs ; mais celle-ci n’a pas été publiée, à la demande du MAE, qui préparait la visite de Ribbentrop. Cette visite avait pour but d’éviter la guerre.

          Les nazis ont eu recours à de nombreuses brimades contre les juifs, dans l’avant-guerre. Mais le but de ces brimades étaient de faire partir les juifs d’Allemagne (et d’Autriche). Au printemps 1939, la diplomatie hitlérienne discutait avec les Anglais et, par leur intermédiaire, la communauté juive britannique, pour une expulsion des juifs les moins âgés, et des garanties pour les plus âgés ne voulant pas quitter l’Allemagne.

          Paul Lévy était-il propriétaire d’un journal de droite ? C’est possible. Georges Lang, autre israélite, était un actionnaire important de Je suis partout, et l’est resté jusque 1941 au moins, même s’il souhaitait se barrer dès 1936.

          Voilà quelques faits historiques, issus de livres d’histoires on ne peut plus sérieux et incontestables. Et qu’en concluez-vous ?

        • 21 Mai 2017 à 18h41

          gigda dit

          Thdo, c’est simple lisez aussi la bio de Paul Lévy (le père de l’avocat Thierry bien connu des gauchistes ! ). Entre parenthèse P. L.  fut sauver d’une arrestation justement grâce à Blanchot …

    • 21 Mai 2017 à 13h30

      Warboi dit

      Tiens un auteur de droite extreme (que de pudeurs de gazelle pour éviter de dire que c’est un bon gros facho qui tache et fait tache) auquel Causeur n’avait pas consacré l’article dédramatisateur qui va bien… voilà qui est réparé. Au suivant.

      • 21 Mai 2017 à 13h43

        Saul dit

        Ben justement aucune pudeur vu que cet auteur n’était pas fasciste. Si tu avais lu l’article tu aurais appris qu’il était même antinazi…

        • 21 Mai 2017 à 15h08

          Warboi dit

          Je me contrefous qu’il ait été antinazi. ça reste en famille.
          La fascination de causeur pour ce genre d’écrivains devrait se traiter sur un divan.

        • 21 Mai 2017 à 15h18

          Saul dit

          Tu t’en contrefous mais le qualifies de facho.
          Tsss Nadia…

        • 22 Mai 2017 à 9h23

          steed59 dit

          incroyable, ce type a été facho 1/5ème de sa vie et coco les 4/5ème restants, il n’en reste pas moins marqué au fer rouge (brun ?) pour le reste de sa post-existence

      • 21 Mai 2017 à 13h49

        t hdo dit

        Un article réparateur ? Je connaissais vaguement Blanchot, j’ai essayé de lire un de ses bouquins qui m’est tombé des mains, mais je ne savais pas qu’il était d’esssstrême drouate.
        Maintenant je le sais, et j’en frissonne rétrospectivement.
        Parlez plutôt de délation rampante.

      • 21 Mai 2017 à 17h09

        gigda dit

        Pauvre femme vraiment, vous ne soulignez que votre ignorance !  Puisqu’il est évident que ce grand écrivain vous est inconnu … un facho ? l’ami de Jabès et de Levinas ? qui fit pétition diverses avec mouvements noirs comme algériens !!! 
        Parfois mieux vaut se taire… ou lire :
        http://www.blanchot.fr/fr/index.php?option=com_content&task=view&id=52&Itemid=42 

        • 21 Mai 2017 à 17h59

          gigda dit

          Et même…. “Après 1968, un vif désaccord sur le positionnement pro-palestinien majoritaire à l’extrême-gauche, puis un nouvel et brutal accès de maladie éloignent Blanchot de la présence publique.”
           - Pour le reste oui c’est vrai Blanchot n’est pas facile à lire.
          - Et : Oui son histoire traversa l’Histoire . 
          Mais ce fut tout de même l’une de ces oeuvres de la fin du XXème siècle après laquelle, entre quelques autres, rien d’aussi consistant aujourd’hui… 

      • 22 Mai 2017 à 7h44

        isa dit

        Warboi il faut savoir que sur ce site le plus grand du monde c’est Destouches, soit Céline.
        Nazi, condamné, immonde, et adore par les Causeurs” il écrit si bien”.
         Et tout à l’avenant… Chaque fois qu’un artiste est encensé il est d’extrême- droite.
        Faut pas lire les critiques littéraires, c’est la seule solution.

        Le péché extrême ici c’est pas d’être pro naei, c’est d’être pro Macron.
        Spécial  

        • 22 Mai 2017 à 7h58

          durru dit

          Isa, faut quand même savoir que Warboi c’est la même personne que celle qui se cache derrière le pseudo “nadiacomaneci”. A partir de là, lui expliquer quoi que ce soit à propos de Causeur c’est, comment dire…
          Mais bon, “en même temps”, quand le/la “bête” et le/la “méchant(e)” se rencontrent, ça donne un titre de dessin animé, rien d’autre ;)

        • 23 Mai 2017 à 20h30

          Martini Henry dit

          Mais comment faites-vous pour être aussi inculte? Vous le faites exprès, c’est pas possible? Blanchot, d’extrême droite? Difficile de rivaliser avec vous dans la bêtise satisfaite… Enfin, rien d’étonnant pour quelqu’un qui confesse ne pas lire les articles ni les liens… Bref, vous parlez juste pour le plaisir (un plaisir d’esthète, vraiment…) de vous écouter. Vous, toute seule, comme une dinde en son poulailler… Cooot! Cooooot? Coot! Glou! Glou? Glou! Ainsi parle Isa, en se rengorgeant comme un paon à la roue fanée…
          Pathétique.

        • 24 Mai 2017 à 15h51

          gigda dit

          Si Durru Blanchot a été d’extrême droite dans sa jeunesse, lors même qu’il rencontra étudiant, Levinas à Strasbourg… et écrivit dans un journal de droite, tenu par un juif Paul Lévy (le père de Thierry Lévy le grand avocat) qu’il sauva comme Levinas d’une arrestation. et entama avec lui une longue amitié jusqu’au bout. Bien avant de rencontrer Mascolo et le cercle de Duras, et se rapprocher de la gauche,  avant 68 qu’il partagea activement, avant son retrait total de la vie publique … L’article évoque tout cela avec une certaine imprécision peut être. 
          Mais extrême droite, nationalisme, ne signifie pas automatiquement fasciste , ni surtout antisémite, ce qu’il ne fut pas. Montrant même une amitié pour Israel qui le fit se séparer de la gauche qu’il fréquentait,  quand elle se révéla pro-palestinienne. Il a dit même comme son amitié pour Israel était inconditionnelle … et il serait difficile d’expliquer ici à quel point ceci eut même de l’importance dns sa pensée. 
          Mais un homme c’est complexe comme tente de rappeler J. Leroy.
          Bien que moi je l’associe moins à Bataille, même s’ils furent proches, qu’à Derrida et à Levinas par ex..  La bêtise de Wargrrr nadia, qui me fit bondir, c’était de parler de gros facho qui tache … elle ne le connaissait visiblement en rien. On ne peut pas parler non plus de communisme au sens propre… Et le “communisme” de Blanchot de même n’est pas une affiliation à un parti …  ce serait trop long…
          Mais comme vous dites bien Wargrrr/nadia n’a rien compris, par méconnaissance obvieuse, et s’exprime par poncifs, clichés claquant des pires journaleux  de réseaux… Et qu’elle est d’une autosatisfaction si fat, que la sottise y est d’autant plus à nue. Mais visiblement elle, n’a pas la science du retrait, ou même de l’introspection. Ce qui est … le début de la science … non ? Passons… 
          C’est d’autant plus drôle que son Idole Macreux doit sûrement avoir Blanchot sur l’étagère, à côté de Balibar !  

        • 24 Mai 2017 à 15h53

          gigda dit

          Pardon je répondais sur l’extreme droite à M Henry pas Durru:)

        • 24 Mai 2017 à 16h02

          Martini Henry dit

          Je voulais simplement dire que réduire Blanchot à un militant d’extrême droite pour se boucher le nez, c’est comme réduire Paul de Tarse à son statut de “persécuteur des chrétiens”… Tout cela me semble juste un tout petit peu plus compliqué. Complexité qui échappe visiblement à une Nadia ou à une Isa…

        • 24 Mai 2017 à 16h42

          gigda dit

          Tout à fait raison M.Henry … c’était juste pour préciser la complexité .. et pour être sûr que W/N ne reviendrait pas là dessus ;))

        • 24 Mai 2017 à 17h03

          gigda dit

          Sûre ! …

    • 20 Mai 2017 à 22h55

      Liamone dit

      Pinçons nous quand même le nez

      • 21 Mai 2017 à 17h32

        Moumine dit

        Bien dit, Liamone.

        • 21 Mai 2017 à 18h10

          steed59 dit

          Et si je marche dans la merde d’un chien d’extreme droite est ce que je dois aussi me pincer le nez ?

        • 21 Mai 2017 à 18h34

          Moumine dit

          steed59
          Pourquoi la merde d’un chien, et pourquoi d’extrême-droite ?
          Quelle que soit la merde…

        • 21 Mai 2017 à 21h54

          steed59 dit

          Et si j’achète ma baguette chez un boulanger qui vote mlp je suis contaminé ?

        • 21 Mai 2017 à 23h10

          Moumine dit

          steed59
          Je ne sais pas si vous plaisantez. Où voulez-vous en venir ?
          J’ai hésité à vous répondre dans votre registre, mais non, ça ne m’amuse même pas.
          Je ne suis pas d’extrême-droite, pas plus que d’extrême-gauche ou quoi que ce soit d’autre : la politique ne m’intéresse guère.
          J’ai dit en effet avoir voté MLP après avoir eu la certitude qu’elle ne pourrait être élue, contre Macron en fait. Depuis longtemps, la majorité des Français qui utilisent le vote LePen le font pour protester.
          Voyons, les LePen sont des hurluberlus sans consistance, qui ne veulent manifestement pas du pouvoir, et que le monde politique a transformés en épouvantails qui ne font même pas peur aux moineaux. Un vrai théâtre de guignols.
          Vous pouvez tranquillement aller acheter votre baguette, quel que soit le choix électoral de votre boulanger, je doute que vous preniez le moindre risque.
          Et si votre devinette est une plaisanterie, je ne l’ai pas comprise et vous prie par avance de m’en excuser.

    • 20 Mai 2017 à 22h17

      brindamour dit

      Vos perplexités me laissent pantois.
      Ainsi on pourrait être Pétainiste et anti-nazi?
      Vous pensiez que tous les sympathisants de Pétain voulaient
      Envoyer tous les juifs à Auchwitz?
      Et vous vous étonnez que l’on puisse être d’extrême-gauche
      Puis d’extrême -droite ou inversement. Pourtant les deux sont plein de similitudes par exemple assassiner leurs opposants et prendre le pouvoir par la force et le garder par la terreur. 

      • 21 Mai 2017 à 5h48

        Moumine dit

        brindamour
        Eh bien, moi, je ne comprends que l’on puisse être tout à la fois pétainiste, anti-nazi, et contre l’envoi des Juifs à Auschwitz.

        • 21 Mai 2017 à 12h14

          Saul dit

          C’est que vous n’avez pas compris alors que cette époque et cet épisode historique (l’Occupation) ont été un bouleversement total transcendant tous les clivages. La popularité de Pétain s’explique entre autres par le fait qu’il était un mythe vivant et faisait l’unanimité du pays sur sa personne jusqu’en 1940. Après 40, unanimité plus que lézardée mais popularité toujours immense chez les Français et ce jusqu’en 1944.

        • 21 Mai 2017 à 12h43

          Moumine dit

          Saul
          Je peux comprendre de la part d’une majorité de Français.
          Mais enfin Blanchot, en tant que journaliste, ne pouvait ignorer les visées de Hitler. Alors Pétain, entre armistice, collaboration d’Etat et lois antisémites… ça fait beaucoup !

        • 21 Mai 2017 à 13h15

          eclair dit

          moumine

          bl

        • 21 Mai 2017 à 13h16

          eclair dit

          moumine

          blanchot est un enfant qui a grandi durant la première guerre mondiale.

        • 21 Mai 2017 à 13h45

          t hdo dit

          @Moumine

          Hitler et Himmler eux-mêmes ignoraient “les visées de Hitler”, à l’été 1940.

          Voyez par exemple, dans cet article de la Revue d’histoire diplomatique :

          http://www.rgdip.com/histoire/RHD-2011-2_art4-Mathieu-web.pdf

          les échanges entre ces deux dirigeants, pages 22 et 23.

          A plus forte raison, on voit mal ce qu’un quelconque journaliste aurait pu en savoir.

          Je suis d’accord avec brindamour, il est absurde de s’étonner qu’on soit maréchaliste (ou même pétainiste) et antinazi. Pétain lui-même n’avait rien de nazi, et était anti-allemand. Seulement, la France avait été battue, était occupée, et son analyse (et celle de la grande majorité des gens) était que l’Angleterre serait rapidement battue.

        • 21 Mai 2017 à 13h46

          Saul dit

          Moumine,
          Outre le très bon propos d’Eclair, Blanchot semble avoir changé de bord durant cette période justement. Comme beaucoup d’autres, il a pu penser que ce bon vieux maréchal jouait le bouclier. Les journalistes ne sont pas des surhommes. 

        • 21 Mai 2017 à 13h49

          t hdo dit

          Les historiens américains non plus…

        • 21 Mai 2017 à 13h50

          Saul dit

          Totalement d’accord avec Brindamour et Thdo qui explique bien mieux. Ne pas oublier que les Français étaient dans leur grande majorité anti allemand, n’approuvaient pas la politique de persécution antisémite, rejetaient même le gouvernement de Vichy tout en gardant paradoxalement une immense affection à Pétain.
          Voir la tournée triomphale des villes françaises de Pétain au printemps 44. Les mêmes qui l’acclamaient disaient pis que pendre de Laval, la Milice et consorts.

        • 21 Mai 2017 à 14h45

          Moumine dit

          Vous tous
          Papoter histoire ne me tente guère (il y a des bouquins pour ça).
          Mais, dans l’article, que veut dire : “…non conformiste des années 30 [...] anti nazi virulent, ses chroniques le montrent, appelant à stopper Hitler” ?
          Qu’en savait Blanchot et qu’en ignorait-il ? Que voulait-il donc combattre ?

        • 21 Mai 2017 à 15h11

          t hdo dit

          Il aurait pu vouloir combattre, par exemple, la remise en cause du traité de Versailles.
          C’est pour cela que France et Angleterre sont entrées en guerre, et que la France largement laissée seule face à l’Allemagne a été battue. Ce qui doit se retrouver dans les bons livres d’histoire, encore qu’en ce moment il ne faut jurer de rien…

        • 21 Mai 2017 à 17h27

          Moumine dit

          t hdo
          gigda nous a judicieusement mis un lien ci-dessus. J’y trouve :
          “Blanchot appartient aussi à un milieu de Juifs nationalistes prompts à dénoncer les exactions nazies. Dès 1933, dans Le Rempart, un quotidien dirigé par son ami Paul Lévy, il s’insurge contre les premières expéditions de Juifs en camps de travail.”

    • 20 Mai 2017 à 18h56

      alain delon dit

      Tu me mets quelques Blancs, quelques Whites, quelques Blanchots?

    • 20 Mai 2017 à 18h52

      A mon humble avis dit

      Quand “on” aura enfin compris que le fascisme -dont le nazisme est une expression- est un mouvement d’extrême-gauche à l’instar du communisme et de l’anarchisme, “on” aura fait un grand pas dans la compréhension du monde et des hommes.
      La principale différence entre le premier et les seconds est qu’il est nationaliste; que des puissances d’argent se lient aux fascismes n’a rien d’étonnant: elles s’associent avec tout ce qui leur rapporte, communisme inclus si on veut bien regarder; l’argent n’a pas d’odeur, bien des socialistes vous le diront…
      Blanchot n’est donc pas passé d’un extrême à l’autre, pas plus que Mussolini, qui fut membre du parti communiste avant de s’en séparer en 1914; il est juste fidèle à ses idées de toujours, qui peuvent s’exprimer de diverses façons.
      Tous les gauchismes veulent un homme nouveau dans une société nouvelle, quitte à massacrer des millions de gens qui ne voudraient pas accéder au “bonheur”…
      Être pétainiste et opposé au nazisme n’a rien d’étonnant: presque tous les Français étaient comme lui, Mitterrand parmi eux. C’est pour ça qu’ils sont devenus gaullistes du jour au lendemain (sauf Mitterrand qui avait des ambitions).
      Certes l’humain est complexe, mais quand on ne comprend pas grand chose aux idéologies, il apparaît incompréhensible. Voilà au moins un mystère résolu.

      • 20 Mai 2017 à 20h53

        Saul dit

        Mussolini n’a jamais été membre du parti communiste (et pour cause il n’existait pas encore) mais du parti socialiste.
        Mitterrand venait de l’extrême droite catholique, pas grand chose à voir avec le socialisme. 

        • 20 Mai 2017 à 22h21

          A mon humble avis dit

          Juste: communistes et socialistes ne se différenciaient pas, à l’époque. N’empêche, les socialistes d’alors étaient des marxistes pur jus, et ceux qu’il a quittés sont devenus bolchéviques.
          Je n’ai jamais dit que Mitterrand était socialiste, mais qu’il était et est resté pétainiste; devenir patron des socialistes fut une façon d’accéder au pouvoir.

      • 21 Mai 2017 à 1h14

        Schlemihl dit

        Ce n’ est pas mal observé …… fascisme et nazisme viennent en effet de la gauche .

        Les véritables conservateurs anti révolutionnaires , Thiers Franco Salazar Dollfuss Metaxas Pinochet , ont généralement combattu le fascisme ou la nazisme , ou se sont rangés dans le camp des démocraties contre les dictateurs militaires . Franco a soutenu Hitler fort mollement . Détail intéressant , le plus haï aura été Pinochet ,  ” le plus cruel dictateur du vingtième siècle ” comme a écrit le Monde deux fois , sans rire .

        Blanchot est passé de l’ extrême droite à l’ extrême gauche ….. quand verrai je un extrémiste se changer en modéré ? et notre Vladimir Ilitch Sanchez y Bandalez Carlos , le sympathique terroriste communiste nazi musulman , il est d’ extrême quoi ? 

        • 21 Mai 2017 à 12h23

          Saul dit

          Oui enfin Metaxas en simple conservateur, ce n’est pas tout à fait vrai, son régime était un copié/collé du fascisme italien et lui même admirait cette idéologie. Le fait qu’il se soit retrouvé dans le camp allié tient surtout à la force des choses et au rapport de forces géopolitique, l’Italie tentant de conquérir la Grèce.
          Si fascisme et communisme sont bien des enfants du socialisme (je ne sais plus quel auteur anarchiste l’analysait comme ça), dire en creux que les passerelles entre ces 2 extrêmes sont une exclusivité des extrémistes est on ne peut plus faux.
          Pour s’en convaincre on verra le packasse de Français, Italiens ou Allemands qui n’étaient aucunement extrémistes avant de basculer eux aussi en nombre aussi important (voire même plus) que les extrémistes.

        • 21 Mai 2017 à 17h30

          Lector dit

          oui enfin (comme tu dis), socialisme et communisme sont deux doctrines adverses (Cf. Marx et Lafargue).
          Et puis on oubliera pas non plus que les sympathisants français du fascisme et/ou du nazisme n’étaient pas de gauche ou pro Front pop’ mais d’extrême droite ou royalistes.

        • 21 Mai 2017 à 21h20

          durru dit

          Bonsoir Lector,
          M’enfin, Doriot a bien commencé communiste pour finir fasciste, et son parti a été LA référence du fascisme français. Avec des racines de gauche indéniables, c’était le terrain de recrutement de Doriot.

        • 21 Mai 2017 à 21h44

          Lector dit

          ouep et opposé au Front Pop’ de Blum. Alors les fameuses racines de gauche… c’est justement sur l’adversité coco/socialo qu’a prospéré le nazisme… encore un truc de gauche oserez-vous dire peut-être, sauf que ce n’est pas plus vrai. D’ailleurs le fascisme n’est ni de gauche historique ni de droite traditionnelle, mais il a pu avoir affaire avec les deux. Le Grand Kapital finance et la populace marche au pas.

        • 21 Mai 2017 à 22h06

          durru dit

          Oh que oui, la misère, le désespoir et la manipulation sont les sources de tous les totalitarismes, de toutes les couleurs.
          Mais Doriot a été opposé au Front Populaire, au départ, plus par esprit de vengeance personnelle que pour des divergences idéologiques. Il était foncièrement de gauche et faisait ses courses dans ces eaux-là.
          Ce qui me gêne le plus, c’est ce rapprochement automatique qu’on fait entre le fascisme et la droite, quand en France et ailleurs ses sources sont, au moins en partie, bien à gauche. Ce que la gauche d’aujourd’hui se refuse d’admettre.
          En Allemagne comme ailleurs, les communistes comme les nazis (ou fascistes ailleurs) ont fait leur propagande sur le dos des pauvres miséreux, qui n’étaient que de la chair à canon pour eux, ils n’en avaient rien à foutre, en vrai. Il suffit de voir l’évolution des pays communistes pour s’en rendre compte, les travailleurs n’ont en rien profité, ce ne sont que les profiteurs qui en ont profité.
          Et l’histoire se répète, avec d’autres costumes…

        • 21 Mai 2017 à 22h29

          Lector dit

          faut pas non plus que la réalité vous gêne… en France les vieux fascistes historiques ou sympathisants et les jeunes fachos contemporains ne se considèrent pas de gauche ; ce que l’électeur de droite a parfois ici un peu tendance à oublier aussi.

        • 22 Mai 2017 à 8h03

          durru dit

          Sincèrement, je crois que cela serait un poil compliqué, de l’oublier. On les lui rappelle, les HLPSDNH, à chaque instant…
          Je voulais “juste” équilibrer un peu les propos, par exemple celui-ci: “les sympathisants français du fascisme et/ou du nazisme n’étaient pas de gauche ou pro Front pop’ mais d’extrême droite ou royalistes”.
          Tout n’est pas noir, tout n’est pas blanc. Ni brun, comme dirait notre Nadboi préféré ;)

    • 20 Mai 2017 à 17h42

      Martini Henry dit

      De Blanchot, cette phrase qui colle tellement bien à notre pays aujourd’hui et tout particulièrement Macron regnans :
      “Vous serez déçu par ce pays qui a, d’une certaine manière, disparu et qui n’est pas digne de sa disparition, sauf par quelques livres, l’espace de l’art et le souvenir.
      Maurice Blanchot. Revue poésie n°112.”
      Macron est son insignifiant, son pathétique, son désespérant symptôme…