Marine Le Pen et le Pape François: le grand pardon? | Causeur

Marine Le Pen et le Pape François: le grand pardon?

De la tumultueuse histoire des rapports entre FN et Vatican

Auteur

Thibaud Collin

Thibaud Collin
philosophe et auteur de Les lendemains du mariage gay

Publié le 09 janvier 2017 / Politique

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Sipa. Numéro de reportage : 00676487_000012. Numéro de reportage :00787305_000018.

On se souvient de l’étrange dispute entre Alain Juppé et François Fillon, dans l’entre-deux tours de la primaire, chacun revendiquant sa supposée plus grande proximité avec le pape François. Et si en la matière, Marine Le Pen avait bien plus d’arguments à faire valoir?

Le FN et les chrétiens, un double contentieux

Il est certes probable qu’elle hésitera à afficher une telle prétention car son contentieux politique avec les chrétiens est double. D’une part, lors de son accession à la tête du parti, elle a essuyé de vives critiques de certains catholiques traditionnels constituant un des courants historiques du Front national. D’autre part, elle demeure aux yeux de beaucoup d’autres, « la fille Le Pen », avec tout ce que ce nom peut charrier dans l’imaginaire collectif de connotations diamétralement opposées aux « valeurs évangéliques ». Il n’en demeure pas moins que l’hypothèse mérite d’être discutée. Pour l’envisager sérieusement, il est nécessaire de se déprendre d’une image médiatique du pape « ami des migrants », spécialement des musulmans, et donc promoteur du mondialisme, bête noir de Marine Le Pen. Au cœur de la vision politique du pape argentin, il y a les peuples comme sujets de résistance au néo-colonialisme qu’est la globalisation libérale.

«  Les peuples du monde veulent être artisans de leur propre destin. Ils veulent conduire dans la paix leur marche vers la justice. Ils ne veulent pas de tutelles ni d’ingérences où le plus fort subordonne le plus faible. Ils veulent que leur culture, leur langue, leurs processus sociaux et leurs traditions religieuses soient respectées. Aucun pouvoir, de fait ou constitué, n’a le droit de privé les pays pauvres du plein exercice de leur souveraineté. »1 Peuple est donc pour le pape un terme qui désigne indissociablement populus et plebs. Fortement influencé par « la théologie du peuple »2, il considère que les pauvres et les opprimés de la société ont davantage conservé la culture nationale que les nantis participant aux flux du village global. Le pape perçoit la globalisation comme éminemment destructrice des équilibres culturels, nationaux et naturels. « Le nouveau colonialisme adopte divers visages. Parfois, c’est le pouvoir anonyme de l’idole argent : des corporations, des prêteurs sur gages, certains traités dits « de libre commerce » et l’imposition de mesures d’ «austérité » qui serrent toujours plus la ceinture des travailleurs et des pauvres. Les institutions financières et les entreprises transnationales se fortifient au point de subordonner les économies locales, surtout, en affaiblissant les États, qui apparaissent de plus en plus incapables de conduire des projets de développements au service de leurs populations. De la même façon, la concentration, sous forme de monopoles des moyens de communication sociale, qui essaie d’imposer des directives aliénantes de consommation et une certaine uniformité culturelle est l’une des autres formes que le nouveau colonialisme adopte. C’est le colonialisme idéologique. »

Un pape enraciné

Le pape François loin d’être un mondialiste hors-sol, ne cesse de critiquer l’homogénéisation qu’engendre la logique de la marchandisation : « La vision consumériste de l’être humain, encouragée par les engrenages de l’économie globalisée actuelle, tend à homogénéiser les cultures et à affaiblir l’immense variété culturelle, qui est un trésor de l’humanité. »3 Alors, d’après lui, comment résister ? En refusant l’économisme intrinsèque à l’anthropologie libérale et en retrouvant la dignité du politique, protectrice de la vie des peuples et de leurs ressources culturelles et naturelles. Cette attention aux populations périphériques les plus fragiles est une des missions essentielles du pouvoir central. « Si l’État ne joue pas son rôle dans une région, certains groupes économiques peuvent apparaître comme des bienfaiteurs et s’approprier le pouvoir réel, se sentant autorisés à ne pas respecter certaines normes. »  La globalisation voulue par un occident dévoré par la cupidité engendre une brutalisation des peuples et jette sur les routes des millions de personnes « souffrant aujourd’hui du douloureux déracinement de leur patrie. »4 Or « personne ne devrait être obligé de fuir de sa propre patrie. »5

Alors le pape est-il « populiste », ce qui ne serait pas étonnant vu la place que tient le péronisme dans la mentalité argentine ?  A cette question que lui pose son proche collaborateur, le Père Spadaro6, il fait cette réponse sibylline, riche de présupposés philosophiques et politiques: « Il y a un mot très maltraité: on parle beaucoup de populisme, de politique populiste, de programme populiste. Mais c’est une erreur. Le peuple n’est pas une catégorie logique, ni une catégorie mystique. (…) Le peuple est une catégorie historique et mythique. Le peuple se construit dans un processus, avec un objectif et un projet commun. L’histoire est construite de ce processus de générations qui se succèdent à l’intérieur d’un peuple. Il faut un mythe pour comprendre le peuple. » En reprenant ici le langage de Georges Sorel lui-même influencé par Bergson, le pape manifeste que la politique ne se limite pas à la gestion mais exige de l’intuition. Il faut sentir le peuple pour le guider. Il faut lui proposer une vision à laquelle s’identifier pour mobiliser ses énergies vers le bien commun. L’imaginaire politique du pape est loin de la technocratie procédurale.

Relisons Péguy

Ainsi conseillons aux chrétiens qui continuent à croire et à faire croire à  l’exceptionnalité politique de Marine Le Pen en raison de sa prétendue xénophobie de relire Notre jeunesse de Péguy (1910): « Il faut toujours dire ce que l’on voit : surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit. » Bref, qu’ils changent de lunettes. Ils n’ont pas perçu que Marine Le Pen n’est pas plus xénophobe que le pape François n’est libéral. Tous deux voient ce que vivent les peuples soumis à des violences inconnues jusqu’à aujourd’hui. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire intellectuelle et politique que la dualité droite/gauche est ébranlée par la désignation d’un ennemi prioritaire. L’impressionnante progression électorale du Front national est le fruit de la nouvelle conjoncture : la brutalisation structurelle des peuples par la globalisation libérale. Concluons en laissant la parole à Christophe Guilluy, qui ne cesse d’attirer l’attention sur la France périphérique et qui affirmait voilà déjà plus de six ans : « Les effets de la mondialisation libérale et du multiculturalisme seront demain au centre du débat politique. Ces problèmes contribueront non seulement à une recomposition politique à l’intérieur même des familles politiques mais aussi à un retour des couches populaires. (…) Ce retour ne sera pas le fruit d’un messianisme révolutionnaire mais d’abord la conséquence  d’une instabilité sociale et culturelle que le système ne peut occulter sous peine d’un ébranlement de la société toute entière. Or l’attachement des couches populaires françaises ou immigrées à une forme d’« autochtonie », source de liens sociaux, sans oublier une défense viscérale du principe d’égalité sociale, souligne, ô combien, une contestation radicale du processus de mondialisation. C’est pourquoi qu’on le veuille ou non, le peuple détient les clefs de l’avenir. »7

  1. Discours aux mouvements populaires du 9 juillet 2015 à Santa Cruz de la Sierra (Bolivie).
  2. D’origine sud-américaine, principalement argentine, elle est une des branches de l’arbre touffu de ce que l’on nomme par commodité « la théologie de la libération ». Elle refuse de se laisser enfermer dans l’alternative marxisme/libéralisme et met au cœur de sa réflexion la nation comme sujet historique et culturel.
  3. Encyclique Laudato si, § 144.
  4. Discours aux mouvements populaires, Rome, le 5 novembre 2016.
  5. Dans L’illusion populiste Pierre-André Taguieff étudie la spécificité du paradigme populiste latino-américain, Flammarion, 2007, p.124-134.
  6. « Les traces d’un pasteur », in Nei tuoi occhi é la mia parola, Ripoli, 2016.
  7. Christophe Guilluy, Fractures françaises, (2010), Flammarion, 2013, p. 186.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 13 Janvier 2017 à 15h26

      Carol Langloy dit

      Le pape François est bien évidemment libéral, et “la fille Le Pen”, ne l’est pas. Vouloir contester cette évidence ne fait que montrer que vous cherchez à jouer sur les mots. François 1er veut surtout montrer que le multiculturalisme est très important,car c’est une richesse inouïe. Et le multiculturalisme, avec la variété qu’il implique, est l’essence même du libéralisme, qui se nourrit de la concurrence (courir avec…) des cultures. Plus les cultures sont variées, plus le libéralisme est efficace. Que certaines cultures dominantes cherchent à écraser les autres est dans l’ordre des choses. Mais dans un vrai système libéral, c’est justement le vrai rôle de l’Etat de faire en sorte que la concurrence soit toujours active.

    • 10 Janvier 2017 à 16h15

      Livio del Quenale dit

      Aux diables les religions qui pour le pouvoir et/ou l’argent en générant guerres et malheurs pour leur suprématie, s’approprient la foi mystique de la nature de l’être humain .  

    • 10 Janvier 2017 à 12h00

      Leboulonnais1 dit

      Ce pape n’est que la suite depuis 50 ans d’une philosophie chrétienne de la soumission et de la honte de soi. Alors, pas mondialiste ? peut être mais sa conscience des peuples s’arrête à ceux des peuples non européens et plutôt sud américains. Pour les pays d’Europe, sa conscience est nulle et il se contente de communier dans le vivre ensemble européiste et sans frontiériste des biens pensants. L’église nous a livré au multiculturalisme destructeur d’identité.

    • 10 Janvier 2017 à 8h24

      keg dit

      Chouette., Ils ont tous deux viré de bord et se sont convertis au vivre ensemble. La preuve ils se pardonnent à eux mêmes et entre eux, dans ce qu’il est convenu d’appeler du côté de la Knesset le “home qui pour” (alias grand pardon)
      Mais ils sont soit en avance, soit en retard……

      http://wp.me/p4Im0Q-1tt

    • 9 Janvier 2017 à 23h48

      Cracker causeur dit

      Peu importe, finalement, ce que peut bien penser le pape :
      Dieu a donné le libre arbitre à chacun de nous, d’après la bible.
      Et chacun peut voir le sort fait aux chrétiens dans les pays musulmans, ils ont vu ce qui s’est passé à Saint-Etienne-du-Rouvray, ils voient les attentats, les pompiers agressés, les émeutes, les bus caillassés, les trains attaqués, ils voient tout ça.

      Nous sommes en guerre, et cette guerre se déroule aussi sur notre sol.
      Quand allons-nous nous décider à riposter ?

    • 9 Janvier 2017 à 21h08

      IMHO dit

      Franchement je crois que cette histoire d’identité qui tracasserait le populo, c’est du flan ; ce que désirent les Français mainstream c’est un avenir confortable et sans soucis pour eux et leurs enfants, des revenus stables et croissants en échange d’un travail pas pénible, un endroit sur, salubre et joli où vivre, des raisons d’être fiers et une vie globalement intéressante, c’est tout et c’est trop beaucoup .
      Et s’ils s’agitent aujourd’hui c’est parce qu’ils constatent que l’économie française est sur la pente descendante depuis quinze ans au moins et leur vie à eux avec, et qu’ils ne savent plus à qui se fier pour inverser la courbe, comme on dit .
      Donc MLP est un symptôme, ou un signe, qui disparaîtra en trompettant quand Macro Secundus Nullus paraîtra à la tribune .

      • 10 Janvier 2017 à 0h16

        jeanpierremartin dit

        Pour ce qui me concerne en tous cas, la disparition potentielle de l’identité française m’inquiète vraiment. Non pas que je n’aime pas les autres identités et les autres cultures, mais j’aime trop la France pour ne pas craindre sa disparition face au mondialisme et à la submersion migratoire.

        • 10 Janvier 2017 à 7h08

          IMHO dit

          L’identité est en fin de compte le fait de rester reconnaissable dans le temps, même en changeant .
          L’identité d’une personne, d’un groupe social, ou d’une nation, c’est de réagir de la même façon à des événements différents mais comparables, simultanément ou successivement, donc aimer ou détester, louer ou blâmer, accepter ou refuser, croire ou douter, etc selon les mêmes critères en tous temps .
          Il y a donc autant d’identités qu’il y a d’ensemble antagonistes de critères .
          En fin de compte l’identité se définit pas la différence et par le changement pu plutôt l

          que par le changement .
          Voici les définitions du mot identité dans le Larousse :
          Rapport que présentent entre eux deux ou plusieurs êtres ou choses qui ont une similitude parfaite : identité de goûts entre personnes.
          Caractère de deux êtres ou choses qui ne sont que deux aspects divers d’une réalité unique, qui ne constituent qu’un seul et même être : reconnaître l’identité de deux astres.
          Caractère permanent et fondamental de quelqu’un, d’un groupe, qui fait son individualité, sa singularité : personne qui cherche son identité. identité nationale.

          Donc pour qu’il y ait identité, il faut au moins objets .

        • 10 Janvier 2017 à 7h26

          IMHO dit

          correction et suite:

          En fin de compte l’identité se définit par la différence et par le changement .
          C’est paradoxal mais logique .
          “Etre identique à ce qu’on est” est dénué de sens .
          “Etre resté le même ” peut être un éloge ou une
          critique .

          Par ailleurs, je vois bien ce qui vous fait mal dans la France d’aujourd’hui et qui est la déchristianisation . Je crois qu’en effet, la France catholique, vous pouvez faire une croix dessus, mais ce ne sont pas les immigrés qui ont creusé sa tombe, ni Mai 68, ce ne sont pas eux qui ont vidé les églises, c’est la vie, qui tue ce qui est mort .

        • 10 Janvier 2017 à 7h41

          IMHO dit

          Et je compatis à votre inquiétude et votre chagrin, mais essayez donc de voir aussi ce qui change en mieux .
          En fait c’est le mal qui dure et qui ne change pas, parce qu’on le laisse durer, mais le bien est toujours neuf et précaire, donc changeons si nous voulons être meilleurs, c’est indispensable .

        • 10 Janvier 2017 à 8h02

          durru dit

          Pfff, il peut pas s’abstenir, c’est plus fort que lui…
          Bill, on t’a jamais dit que tu délires? Qu’est-ce que la (dé)christianisation a à faire dans cette histoire? On peut te mettre les mots devant tes yeux, rien n’y fait. “Culture”, tu sais lire? Est-ce que pour toi la culture française se limite à la religion? T’es grave!
          Quant au besoin irrépressible de tout homme “de gauche” qui se respecte de vouloir “changer” l’Homme, rien de nouveau, les mêmes lubies totalitaires qui veulent faire “le bien” contre l’avis même des intéressés. Pitoyable.
          Sinon, ne fais pas ton Parseval, t’es pas à la hauteur. T’as “oublié” la définition même qui est en accord avec ce dont on parle: Caractère permanent et fondamental de quelqu’un, d’un groupe, qui fait son individualité, sa singularité. C’est mieux, là? Tu commences à comprendre?

        • 10 Janvier 2017 à 11h03

          IMHO dit

          La rémission a été courte, à ce que vois .
          Votre complexe d’infériorité couplé à la certitude d’avoir raison, même quand vous savez que vous avez tort, c’est lourd pour les autres, et pour vous aussi sans doute .
          Enfin, ça me fait perdre mon temps, mais faisons-le quand même :
          1-il est extrêmement probable que jeanpierremartin que ce que déplore dans la “disparition potentielle de l’identité française “, c’est avant tout la disparition réelle de la religion ; il lit Causeur et lui écrit, quelle autre preuve vous faut-il ?
          Et je comprends sa douleur et j’y sympathise, notez-le .
          2- Où lisez-vous que je voudrais changer l’Homme ou la nature humaine ? Il faudrait d’abord qu’il y en ait une et que je la connaisse ! D’ailleurs je ne le souhaite pas du tout, et ce serait inutile puisque cette nature, si elle existe, change toute seule sous l’effet des faits .
          3- Caractère permanent et fondamental de quelqu’un, d’un groupe
          = L’identité d’une personne, d’un groupe social, ou d’une nation, c’est de réagir de la même façon à des événements différents mais comparables, simultanément ou successivement, donc aimer ou détester, louer ou blâmer, accepter ou refuser, croire ou douter, etc selon les mêmes critères en tous temps .

          A la prochaine, mon cher durru .

    • 9 Janvier 2017 à 19h11

      Aristote dit

      @ saintex

      Ce qui est faux, c’est de penser que le problème est soit “la globalisation”, soit “le nationalisme”.

      D’une certaine façon, personne n’a voulu le nationalisme, qui a été une tendance lourde de l’histoire pendant plusieurs siècles et la globalisation est largement le fruit de développements comme la révolution de l’informatique et des moyens de communication qui n’ont pas été “voulus”.

      La cupidité et la violence de l’homme  se sont exprimées d’une certaine façon à l’heure des nationalismes (elle n’est pas passée dans des pays comme la Chine ou la Russie) elles s’expriment autrement dans le cadre d’un monde qui se globalise.

      Il y a beaucoup à dire sur la réalité de ce monde qui se globalise et il faut lutter contre les formes de cupidité et de violence qui s’y manifestent. Mais c’est une illusion de penser que le retour des frontières est la solution au problème de la violence et de la cupidité.

      Je souhaite vivement que les cultures, dans un sens assez large, puissent se défendre. Je suis par exemple pour que la France quitte la CEDH. Mais si on veut défendre la culture française, il est plus important de s’assurer que l’Éducation nationale continue à la transmettre, plutôt que de vitupérer contre la globalisation.  

      • 9 Janvier 2017 à 22h06

        saintex dit

        Je suis assez d’accord, et surtout sur la fin et je n’ai absolument pas évoqué le nationalisme. La violence individuelle ou de groupes a préexisté aux nations et a plus souvent été initiée pour les intérêts personnels des princes que pour tout autre principe. La nation commence au 19ème siècle, quand la patrie = terre des pères et la culture sont essentiels de l’homme.
        Pour reprendre avec plus de précision votre propos, la nation n’est pas plus le problème originel de la violence que ne l’est la globalisation. Pourtant, si les nations ont pu exister, sur des durées plus ou moins longues, sans être source intrinsèque de guerre, je ne crois pas que cela soit possible avec la globalisation.
        Et ceci parce que la globalisation nie la culture et le besoin inscrit dans les gènes de tout animal, de la reproduction des individus.
        C’est exactement le contraire que dit IMHO plus haut, et je crois qu’il se trompe. Et je sais qu’il se trompe en projetant sa propre pensée sur 7 milliards d’humains et en pensant que ce qu’ils expriment est faux, donc non digne d’être retenu, pire, non digne d’être entendu.

        • 9 Janvier 2017 à 22h59

          durru dit

          Bonsoir Saintex,
          Je ne sais pas, pour une fois je pense être plus proche de l’avis de Bill que du tien. Mais je te rassure de suite, juste en surface ;)
          Ce que je veux dire: la globalisation est, en elle-même, neutre. Ce n’est pas la globalisation qui demande aux individus de se déraciner, d’oublier leur gênes, etc. Ni le concept de nation, d’ailleurs. Ce sont leurs thuriféraires qui le font, mais ça c’est une toute autre histoire.
          Par ailleurs, Bill ne dit pas que ce que pensent les 7 milliards (moins quelques uns) soit faux (oui, enfin, il ne le dit pas, mais il le pense, on le sait maintenant). Il dit que si le ventre est plein, et que l’avenir de la progéniture semble assuré, les inquiétudes s’estompent. Pour lui donner raison, il suffit de regarder la situation en France jusqu’en 2005, en gros (j’ai pris cette référence pour deux raisons: le référendum et les émeutes). On ne peut pas dire que la situation auparavant était florissante, mais ça allait (encore). Le feu montait doucement et les grenouilles étaient tranquilles dans la marmite.
          Une nouvelle époque de prospérité, semblable aux Trente Glorieuses, ferait oublier au plus grand nombre les petites tracasseries qui nous empoisonnent le quotidien aujourd’hui, ne le crois-tu pas? Que son arrivée soit très improbable, je suis d’accord. Mais je parle du principe.
          Et pour finir, un petit cadeau ;)

        • 10 Janvier 2017 à 7h51

          IMHO dit

          Vous savez donc ce que pensent les sept milliards d’Homo sapiens, enfin + ou -, qui squattent cette planète ?
          Et en effet, la globalisation c’est internet et rien d’autre .

        • 10 Janvier 2017 à 8h05

          durru dit

          “la globalisation c’est internet et rien d’autre”
          Ah, ça c’est de la profondeur d’analyse!

        • 10 Janvier 2017 à 11h57

          saintex dit

          Durru,
          IMHO dit, Franchement je crois que cette histoire d’identité qui tracasserait le populo, c’est du flan.
          Je ne crois pas qu’il parle de pâtisserie. Il dit très exactement que les gens se foutent de leur identité, et il ajoute que la seule chose qui les intéresse est le confort matériel. Cela s’appelle très exactement savoir ce que pensent les autres et parler pour eux. Il fait donc ce qu’il reproche à certains tribuns qui ne portent pas le même discours que lui. Que ces tribuns s’appuient sur une multitude de témoignages n’a pas d’importance, c’est sa vision du prime et établit le postulat.
          Ce postulat est pourtant rapidement remis en cause. Il propose à jeanpierremartin de se consoler en regardant ce qui, parallèlement à cette disparition de la culture (identité) française, change en mieux. Il valide ainsi cette disparition, valide le “tracas du populo” dont est jeanpierremartin (et même jeanpierrepauljacques) qu’il a pourtant initialement rejeté. Il propose un cheminement personnel pour voir la vie en rose mais ne donne aucune indication sur les repères. Car si l’objectif est un mieux d’enrichissement matériel personnel (quelle misère !), c’est raté avec la globalisation qui rime plutôt avec ubérisation voire paupérisation.
          En résumé il affirme ainsi que ce que les gens expriment n’est pas leur réalité, qu’il compatit soit avec leur dichotomie, soit avec leur errance, qu’il leur suffit de voire le mieux de l’avolution du monde pour être heureux, exprime que le mieux souhaité est la croissance et que c’est sur, à ce sujet demain on rase gratis. Il convient donc de mettre des lunettes teintées et de se réjouir de… ?
          “Ce n’est pas la globalisation qui demande aux individus de se déraciner, d’oublier leur gênes”. Tu es sérieux sur ce coup là ? Tu crois vraiment que c’est un hasard qui fait coexister et naître dans le même temps la globalisation et sa volonté affichée de faire tomber toutes les barrières pour le bonheur par le commerce et, la chute de toutes.

        • 10 Janvier 2017 à 11h58

          saintex dit

          la globalisation et sa volonté affichée de faire tomber toutes les barrières pour le bonheur par le commerce et, la chute de toutes les barrières morales, les exodes massifs, la divagation du travail… et jusqu’au martelage de l’idée que justement les gênes ne sont pour rien dans notre genre.

        • 10 Janvier 2017 à 12h16

          durru dit

          Eh ben… Je disais: Ce n’est pas la globalisation qui demande aux individus de se déraciner, d’oublier leur gênes, etc. Ni le concept de nation, d’ailleurs. Ce sont leurs thuriféraires qui le font, mais ça c’est une toute autre histoire.
          C’est pourtant clair. Il y a des escrocs qui ont trouvé du bien dans cette “globalisation”, et qui y jouent bien au-delà de leurs moyens. La globalisation en elle-même, ce n’est pas de sa faute. Ce n’est pas parce que nous arrivons à échanger tout et n’importe quoi en un rien de temps et avec n’importe qui que ce n’importe qui veut nous changer, nous.
          Est-ce que tu as l’impression que le Chinois a vraiment envie de ne plus être Chinois, que l’Arabe ne veut plus être Arabe, etc? Il s’agit d’un discours finalement assez circonscrit, qui nous est repassé en boucle, mais qui n’est pas le fait même du contexte, mais des escrocs que j’évoquais plus haut.
          Si tu lis mon petit cadeau, tu verras que ça rejoint cette analyse d’un impact limité et ciblé, que Bill refuse de voir.

        • 10 Janvier 2017 à 12h17

          saintex dit

          Il y aurait beaucoup à dire sur le contenu de ton petit cadeau, beaucoup trop pour que j’essaie. Une remarque cependant, le pauvre est défini selon ses revenus. C’est un peu court, même du point de vue économique. Est-ce que l’ouvrier chinois gagnant 10 fois plus que le paysan a forcément et toujours plus de pouvoir d’achat, est-ce que le paysan africain ayant migré dans la périphérie de mégalopoles…
          Quant au point de vue humain, entre la rizière du niacoué en famille et l’usine au toit instable de l’ouvrier vietnamien, voire à l’usine au caractère explosif de celui de Bhôpal, mon cœur balance (en fait non).

        • 10 Janvier 2017 à 12h23

          saintex dit

          “Ce n’est pas parce que nous arrivons à échanger tout et n’importe quoi en un rien de temps et avec n’importe qui que ce n’importe qui veut nous changer, nous”.
          Ce n’est pas l’échange commercial qui change le reste. La globalisation ne se réduit pas à l’échange commercial qui lui a préexisté. La globalisation c’est justement l’ensemble, par essence et évidence étymologique. Espérer une globalisation qui ne réduit pas, par exemple les échanges d’idées et le développements de concepts, dans le minimalisme d’une franca lingua, c’est comme espérer que l’UE va s’amender ou pire, s’améliorer en croissant et s’affirmant.

        • 10 Janvier 2017 à 12h37

          durru dit

          A vouloir lire entre les lignes, tu arrives à lire au-delà de mes pensées :) Non, je ne parlais pas que d’échanges commerciaux, j’ai bien dit “n’importe quoi”…
          Par ailleurs, je ne vois pas pourquoi on doit comparer le paysan et l’ouvrier (chinois). L’un et l’autre ont amélioré leur niveau de vie (en chiffres brutes, bien sûr). Je suis d’accord que ça ne veut pas tout dire, mais ce qui m’importe c’est la comparaison.
          Le fait que seulement les classes moyennes occidentales n’ont pas profité ces 30 dernières années des évolutions de notre monde est quand même assez symptomatique. C’est à cela que je fais référence en premier lieu. Ces classes moyennes occidentales, n’en déplaise à Bill, ont tout à fait raison de s’insurger contre cette situation, surtout quand ce qui leur a été vendu est très loin de cette réalité.
          Pour revenir à nos moutons (blancs), il n’y a que le petit blanc qui se voit intimer l’obligation d’oublier qui il est et d’où il vient, pour mieux se fondre dans cette globalisation qui vient. Même ici, en France, toutes les minorités sont encouragées à ressortir leurs différences, alors chez eux, comment dire…

        • 10 Janvier 2017 à 13h04

          saintex dit

          J’évite de toute mon âme de lire entre les lignes. J’ai bien assez de mal à les assembler toutes pour voir les au-delà, pour ne pas, ne surtout pas inventer des interlignes. Mais il arrive que je comprenne pas.
          Donc, non il ne s’agit pas que d’échanges commerciaux. Alors oui, il y a bien des volontés de standardisation avec des moyens différents. La volonté hégémonique des USA s’appuie beaucoup sur Hollywood, celle des salafistes ou autres trucs du même tonneau sur les kalachnikov, Peillon veut “arracher tous les enfants à leur déterminisme familial”, la presse… allez hop, suivant.
          On doit comparer le paysan et l’ouvrier chinois parce que c’est le coeur de l’article. Un paysan chinois est devenu, par la grâce de la mondialisation, un ouvrier chinois au revenu en dollar plus élevé. Ce n’est pas l’évolution simple des revenus, c’est l’évolution des revenus liée à l’évolution de l’activité. Il est dit qu’en Chine, le rat des champs ayant muté en rat des villes génère une augmentation moyenne de 15% de revenus.
          Pour dire mon propos suivant en d’autres termes, on a basculé des paysans chinois dans le monde de Zola parce que ces salauds d’ouvriers d’occident avaient eu le culot d’obtenir des lois sociales qui les en avaient fait sortir. Ce sont bien eux et les employés à manche de lustrine qui ont le plus morflé. Et en plus il leur est demandé de causer innegliche et, comme tu le dis, de faire amende honorable de l’ignominie d’être ce qu’ils sont, de payer la dîme au Vatican bruxellois, de dire amen à tous les grands prêtres et même de penser à ce qui va mieux ou va incessemment aller mieux.

        • 10 Janvier 2017 à 14h23

          durru dit

          J’ai bien peur que l’ouvrier Chinois a déjà sauté par-dessus la case “Zola”. Vu le nombre de touristes Chinois qui envahissent chaque année l’Europe, et plus particulièrement la France, même si tous ne l’ont pas fait (encore), il y en a un paquet. Ne pas oublier non plus que, pas plus loin que 50 ans en arrière, on mourait encore de faim dans les campagnes chinoises. Alors pour la mutation des rats, je sais pas si les intéressés sont du même avis que toi.
          Néanmoins, je comprends ce que tu dis, et je suis d’accord que tout est relatif. Mais la situation ici-même est bien moins relativisable, et c’est là que le bât blesse.
          Et je vois que tu es quand même d’accord avec moi pour cibler des acteurs de cette globalisation. J’ai bien aimé la place faite à Peillon, il a une vraie tête de vainqueur celui-là, ça se confirme chaque jour qui passe ;)
          Sinon, évidemment que Bill n’a pas déçu nos attentes, mais au moment de mon premier message il n’avait pas encore étalé son amour sans limites de la religion chrétienne :) Et à part le flan pâtissier, son propos était plutôt sensé.

        • 10 Janvier 2017 à 17h16

          IMHO dit

          Je n’ai pas écrit que les Français se foutaient de leur identité si identité il y a, j’ai écrit que ce n’est pas là qu’ils ont mal, que s’ils font la grimace en visitant l’exposition de la collection MachinTruc, ce n’est pas parce que les tableaux ne leur plaisent pas, c’est parce que leur souliers sont d’une pointure trop petits et qu’ils ont mal aux arpions . Voilà .
          En outre et qui plus est,”un endroit sur, salubre et joli où vivre, des raisons d’être fiers et une vie globalement intéressante” ne sont pas des appétits de pourceau d’Epicure, que je sache .
          Quant à l’identité, la langue que l’on parle est une part d’identité et il est perturbant d’être contraint d’en parler une autre, la forme d’humour qu’on a, ce que l’on trouve logique ou pas, ce qu’on trouve juste ou pas, sont des parts identités et cela fait mal d’y renoncer en quittant sa patrie . Mais les voisins qu’on a, ce qu’ils disent ou ce qu’ils croient, en quoi est-ce vous ou pas ?

        • 10 Janvier 2017 à 19h13

          saintex dit

          Les touristes chinois ne sont pas des ouvriers. Dans un pays de un milliard et 400 millions de pékins (!), si il y a 1% qui sont riches, ça fait tout de même 14.4 millions de touristes potentiels pour débouler.
          L’ouvrier est en plein Zola, sois en sur.

    • 9 Janvier 2017 à 18h54

      Syagrius dit

      Le siphonage de toute une partie de l’électorat FN par Fillon, auquel nous n’allons pas manquer d’assister, va le priver de ses électeurs qui misaient sur le FN avant tout parce qu’il défendait l’identité nationale telle qu’elle est réellement ressentie par le peuple français, par opposition à la laborieuse construction hors-sol que l’intelligentsia de gauche veut lui substituer.Donc, dans une large mesure le sujet traité est à côté de la plaque.
      Par ailleurs, l’idée éculée que l’Occident est responsable de toutes les misères du monde ne séduit plus que les lecteurs du Monde diplomatique et le pape (qui est peut-être lecteur dudit journal). Il suffit d’allumer une télé et de se renseigner un peu pour voir que la Chine est un redoutable prédateur et que les gouvernements des pays que l’on qualifiait autrefois de tiers-monde, sont les principaux artisans de la misère de leur peuple.

    • 9 Janvier 2017 à 17h07

      rolberg dit

      Délirante cette comparaison entre un François d’un Jésus qui n’a pas fondé de religion et une Marine qui veut refonder un peuple.

    • 9 Janvier 2017 à 14h16

      Lecoeuretlaraison dit

      Certes, le Pape défend les peuples, leurs droits à défendre leurs mœurs et s’organiser à leur manière. 
      Mais je ne suis pas sûre qu’il pense aux peuples occidentaux développés. Ceux-ci sont soupçonnés, condamnés avant jugement pour racisme et égoïsme. 
      Ils ne donneront jamais assez d’argent ni de temps aux associations  caritatives, ils ne s’excuseront jamais assez pour leur passé.
      Si vous en doutez, c’est que vous n’êtes pas allés à l’église depuis longtemps….. 

    • 9 Janvier 2017 à 14h11

      rolberg dit

      « C’est pourquoi qu’on le veuille ou non, le peuple détient les clefs de l’avenir.» Des clés que lui prêtent périodiquement les possédants, qui s’empressent de leur retirer s’il ne les reconnaît pas comme nettement supérieurs.

      • 9 Janvier 2017 à 16h15

        clorouk dit

        Le peuple s’est laissé jusqu’ici retirer les clés par ceux qu’il a élus. Il est bien possible que le peuple soit désormais las de cette escroquerie et qu’il élise en mai prochain quelqu’un ou quelqu’une qui gouverne avec lui.

    • 9 Janvier 2017 à 13h51

      Aristote dit

      Il est absurde de comparer la “globalisation”, dans sa réalité concrète qui comprend à l’évidence des abus criants, avec une vague idée, rêvée, fantasmée. Quand le monde n’était pas “global”, il était d’une violence stupéfiante. Les guerres, 14-18 au nom des nations et des peuples, mais aussi l’exploitation des travailleurs que les économies soient “féodales”, comme elles le sont encore dans beaucoup de pays du tiers monde,  ou libérales, comme dans l’Angleterre du XIXème.

      Zobofisc a raison, c’est l’homme qui est cupide, pas l’occident. 

      • 9 Janvier 2017 à 16h22

        saintex dit

        Est-il sur que dans 100 ou dans 1000 ans, après quelques guerres, on ne dira pas que le monde global était d’une violence stupéfiante ?
        Quel sera alors ce monde, quel sera l’empire dominant… Ce qui est probable c’est qu’il y en aura encore pour penser, sinon pour dire que ce fut la faute de ceux qui rejetèrent cette mondialisation en s’arc-boutant sur leurs cultures. A moins que l’humanité devenue harmonieuse, tout le monde pense que c’est bien la suppression de ce droit à la perpétuation d’une culture qui fut la cause de ces misères.

        • 9 Janvier 2017 à 16h25

          steed59 dit

          c’est curieux aujourd’hui on met en valeur la culture amérindienne alors que si il y en a qui ont refusé la mondialisation au XVIème siècle, ce sont bien eux.

    • 9 Janvier 2017 à 13h27

      ZOBOFISC dit

      « La globalisation voulue par un occident dévoré par la cupidité engendre une brutalisation des peuples et jette sur les routes des millions de personnes « souffrant aujourd’hui du douloureux déracinement de leur patrie. » Nous dit l’auteur.

      Je ne suis absolument pas d’accord avec ce discours d’auto-flagellation et cette analyse.

      Il n’y a pas que l’occident qui est cupide ; l’homme est cupide, égoïste, paresseux et cupide, qu’il soit blanc, jaune ou noir, et ce n’est pas la globalisation qui jette sur les routes des millions de personnes mais la surpopulation. 

    • 9 Janvier 2017 à 13h13

      hoche38 dit

      À la fin des années soixantes, Monsieur Collin l’Église, espérant y trouver un strapontin, courait derrière le train de l’histoire qui marchait à toutes vapeurs vers les lumières du socialisme.

      Elle se posait gravement la question: le marxisme est-il un humanisme? Et après avoir disserté sur les écrits du jeune Marx et beaucoup d’autres choses, elle répondait: oui, bien sûr. Après tout, les Aztèques étaient bien des humanistes: ils aimaient tellement les hommes qu’ils les avaient ajoutés à leur menu. Le monde du sensible ne doit-il pas toujours être transcendé par les concepts?

      Aujourd’hui, le train pourrit sur une voie de garage, mais n’est-il pas légitime de se poser la question: l’Église en est-elle tout à fait descendue?

    • 9 Janvier 2017 à 12h24

      Leboulonnais dit

      Que le pape ne soit pas un libéral libertaire, soit mais c’est un europhile et même un Européiste.