Front républicain: Marine Le Pen met la pression | Causeur

Front républicain: Marine Le Pen met la pression

A Besançon, la présidente du FN continue de surfer sur l’UMPS

Auteur

David Desgouilles

David Desgouilles
Blogueur et romancier.

Publié le 29 octobre 2015 / Politique

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Marine Le Pen Besançon

Marine Le Pen a débuté son tour de France des régions par Besançon, mercredi soir. Florian Philippot l’accompagnait, assistant sagement à la conférence de presse que la présidente du FN donnait en compagnie de la tête de liste frontiste en Bourgogne-Franche-Comté, Sophie Montel. Il y a dix-huit mois, à l’occasion des élections municipales, nous les avions déjà interrogées à Montbéliard. Il semble que de l’eau ait coulé sous les ponts du Doubs depuis février 2014. Car Marine Le Pen, poussée par les sondages qui donnent le FN présent dans toutes les régions au soir du 6 décembre, et favorite elle-même en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, a le vent en poupe. Pour elle, alors qu’on en était, à Montbéliard, au stade de la « tripolarisation » de la vie politique, le FN s’installant à la table des deux mastodontes de la vie politique française, cet automne 2015 est le moment du retour à la bipolarisation. Sauf que les deux parties en présence sont aujourd’hui le FN, bien entendu, et l’UMPS de l’autre. Sauf oubli fortuit de ma part, Marine Le Pen n’a pas prononcé, ni lors de cette conférence de presse ni dans la réunion publique qui a suivi, le nouveau nom du parti dirigé par Nicolas Sarkozy. L’UMP reste l’UMP, car l’UMPS est, selon elle, plus vivante que jamais.

Profitant de l’autoroute que lui offrent ses différents adversaires qui la mettent aujourd’hui au centre du jeu politique, misant sur une victoire au second tour de la présidentielle, la présidente du FN met la pression. Que feront ses adversaires dans les régions où le FN sera en tête au soir du premier tour ? Fusionneront-ils leurs listes ? Le moins bien placé – très certainement le PS – se retirera-t-il ? Marine Le Pen feint de ne croire qu’à ces deux hypothèses, éliminant d’emblée la triangulaire qui ferait d’elle, sans doute de sa nièce Marion, et éventuellement de Florian Philippot et de Sophie Montel des présidents de régions. La tactique est grosse comme une maison, mais elle n’en est pas moins efficace. En répétant « ils vont forcément s’allier », la présidente du FN accentue la discorde chez l’ennemi. Une discorde qui est de moins en moins opaque puisque les partisans du front républicain et ses adversaires offrent aujourd’hui au pays le spectacle de leur désaccord. Ainsi a-t-on vu le week-end dernier Jean-Christophe Cambadélis tancer Le Monde, qui s’interrogeait sur les conséquences d’un éventuel abandon du front républicain. Mais si le premier secrétaire du PS tance le Monde, Manuel Valls n’hésite pas à répondre à la question au «  Bondy Blog », estimant que « tout doit être fait pour empêcher le FN de diriger des régions ».

« Tout doit être fait » ? Marine Le Pen dramatise. Pour elle, cette formulation va au-delà d’une éventuelle fusion des listes LR et PS ou d’un retrait réciproque. Et laisse entendre que le Premier ministre ne cacherait plus sa volonté d’interrompre le processus démocratique dans les éventuelles régions que le FN pourrait remporter. « Tout doit être fait ? Par la violence ? », interroge-t-elle, l’air grave. Une manière de plus de mettre la pression, comme on dit en football. En réalité, Marine Le Pen sait très bien que le débat existe au sein du PS à ce propos, que les élus de base ne comprennent pas qu’on puisse envisager de se retirer pour Xavier Bertrand ou Christian Estrosi et disparaître de la vie politique régionale pendant cinq ans. Alors, elle s’invite dans le débat. En interrogeant sans cesse ses adversaires, prenant ainsi le relais du Monde et tous les autres médias, biberonnés à la nécessité du front républicain depuis trente ans par le PS lui-même, Cambadélis en tête, la présidente du FN augmente ses chances de voir exploser ledit front républicain en vol, et d’être élue le 13 décembre lors de la triangulaire qu’elle exclut tactiquement en public, mais à laquelle elle croit très fort. L’UMPS existe toujours, répète-t-elle, la preuve par « des paroles et des actes ». Elle explique que Nicolas Sarkozy n’avait pas souhaité prendre Cambadélis au téléphone après les attentats de janvier « alors qu’il y avait des morts », mais qu’il a en revanche accepté lorsqu’il a fallu s’entendre pour saisir le CSA sur son invitation à l’émission de France 2.

A propos de Nicolas Sarkozy, elle a changé d’avis. Il n’est plus, comme il y a dix-huit mois, son candidat préféré. Désormais, c’est Juppé. Marine Le Pen estime-t-elle avoir vraiment changé de dimension depuis les élections municipales ? Toujours est-il que les défauts qu’elle citait, et qu’elle cite toujours, à propos de Nicolas Sarkozy, lui permettent d’affirmer… qu’il n’est plus un candidat à sa hauteur, devenu « inintéressant en tant qu’adversaire politique ». L’ambition du président de LR n’est plus que « de faire un one-man-show dont le but ultime est de faire marrer la salle » et « ses propres amis ne croient pas en lui ». Ainsi, Alain Juppé, qui est pourtant celui que les sondages annoncent comme le victorieux le plus facile contre elle dans un second tour, devient-il désormais l’adversaire idéal.  Parce qu’il est « le chaînon manquant », « l’enfant naturel de l’UMPS ». Avec Juppé, la boucle est bouclée. Il symbolise la re-bipolarisation de la vie politique évoquée plus haut. Elle contre le maire de Bordeaux, c’est la configuration qu’elle souhaite, au moins publiquement, pour donner corps à l’alternative « FN vs UMPS » qui lui profite tant dans les urnes.

Là encore, il est permis de s’interroger sur la part tactique de cette affirmation. Présenter Juppé comme son candidat préféré, n’est-ce pas, à la manière des médias de gauche, le soutenir comme une corde le pendu ? On imagine fort bien, lors de la primaire, Nicolas Sarkozy dépeindre le maire de Bordeaux comme le candidat de Marine Le Pen, Alain Minc et des Inrocks réunis, ce qui est beaucoup pour un seul homme, convenons-en. D’un autre côté, le positionnement plus au centre, « l’identité heureuse » dont il se fait le chantre, font de Juppé un adversaire idéologique idéal. Difficile, donc, de démêler ici la part de sincérité et/ou de tactique de Marine Le Pen. Nous pouvons seulement en conclure qu’elle est encore en position de jouer avec les bisbilles de ses adversaires, et qu’elle ne s’en prive décidément pas. D’ailleurs, elle fait ainsi oublier adroitement qu’elle est elle-même en bisbilles avec le fondateur de son parti, qui lui réclame deux millions d’euros pour exclusion injuste, et qui a la particularité d’être aussi son propre père. Elle fait oublier aussi que sa nièce Marion ne réfute pas le clivage droite-gauche aussi facilement qu’elle, et que les débats stratégiques au sein de son parti ne sont pas inexistants. Ses adversaires sont les premiers responsables de cette situation. Au lieu de pointer les différends idéologiques du FN, ils ont choisi de décerner au FN le label du souverainisme, lui permettant ainsi de s’élargir. Marine Le Pen aurait bien tort de ne pas profiter d’un tel cadeau.

*Photo : David Desgouilles.

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    • 4 Décembre 2015 à 23h02

      vangog dit

      “Le label de souverainisme” résonnait comme une mise en garde, et ceux qui devaient la craindre en font, aujourd’hui, l’argument de leur ralliement au Front National. Les internationalistes ont tenté de nous faire croire que l’UE était la seule opportunité, afin d’accompagner la globalisation. Ils se sont heurtés au mur des réalités, et commencent à comprendre que les pays arabes possèdent cinq siècles de retard sur la globalisation, retard qui ne se rattrapera qu’au prix de dictatures éclairées. Ils commencent aussi à comprendre que ces cinq siècles de ratard ne sont pas un handicap, mais probablement un atout qui ne justifie pas la migration. Le nouveau clivage né des derniers événements cruels qui ont prouvé l’anticipation du FN, sépare Nationalistes et internationalistes, ceux qui croient que les Nations sont la solution et ceux qui croient à la dilution des races, des ethnies et des cultures, la nouvelle idéologie mondialiste. Cette dilution arrivera un jour, à son rythme, qui n’est pas celui des hommes, sans idéologie ni migrations morbides…car ceux qui imaginent que la misère supposée du tiers-monde ne trouve son épilogue que dans la migration, ont provoqué une double misère, celle des peuples migrants, et celle des pays d”accueil”…et ont tué l’idéologie mondialiste, dans le même élan.

    • 7 Novembre 2015 à 11h36

      Lili dit

      le front républicain se fera avec ça?? Une élue des Répoublicains qui vaut son pesant de cacahuètes… Pas antisémite pour un sou ! Qui sont les fachos??
      http://www.europe-israel.org/2015/11/une-elue-les-republicains-a-la-manif-islamo-fachiste-pendant-que-samira-aidoud-porte-plainte-en-pretendant-etre-au-maroc-le-jour-de-la-manif-un-elu-temoigne-quelle-etait-bien-presente/

      • 12 Novembre 2015 à 23h13

        AGF dit

        Sarkozy courant pendant son mandat derrière les arabo musulmans ou le PS qui a installé les islamonazis aux postes clefs représentent le même danger. La majorité des collabos de base venaient de la SFIO . C’est grâce à tout ce substrat de patits bourgeois péteux que les allemands eurent la tâche facilitée.
        Il faut se méfier d’eux et les envoyer à la trappe.Nous verrons ensuite comment se battre contre le FN s’il se met lui-même à la remorque des musulmans DE France .

        • 13 Novembre 2015 à 12h34

          Lili dit

          @AGF
          Voila! Procédons par étapes…
          Non pas “des musulmans DE France.” musulmans EN France!!

    • 6 Novembre 2015 à 17h12

      salaison dit

      Et…. une pression ! une!……..

    • 4 Novembre 2015 à 23h12

      Robert39 dit

      « Tout doit être fait ? Par la violence ? », interroge-t-elle, l’air grave.
      -Hé oui Monsieur, on se souvient du terrorisme intellectuel en 2002, la violence était là, et le processus démocratique a bien été interrompu par les mutins de Panurge qui, pour le coup, Occupait nos rues, et le Grand Jacques qui a refusé le débat, méprisant son adversaire.
      -Quand on a 28 ans dans 3 jours, on se souvient comme d’une soirée trop arrosée que l’on a manifesté aussi, invité qu’on était à aller boire de la bière en récitant des poncifs droit-de-l’hommistes pour stigmatiser-discriminer les 18% de non-alignés.