Marie NDiaye, femme puissante
Un Goncourt ça ose tout…
Publié le 14 novembre 2009 à 15:30 dans Culture
Mots-clés : Eric Raoult, Goncourt, Marie NDiaye

J’étais à l’étranger, en train de confronter mon identité nationale à celle des citoyens de la République tchèque lorsqu’a éclaté, dans notre beau pays de France une de ces polémiques politico-littéraires dont il raffole. Le 18 août dernier, dans un entretien accordé aux Inrockuptibles, organe central de la branchitude bien-pensante, la romancière Marie NDiaye, toute nouvellement auréolée du prix Goncourt, avait affirmé que la France de Nicolas Sarkozy était “monstrueuse”.
Pour bien montrer qu’il ne s’agissait pas là seulement de paroles verbales, elle précisait : “Nous sommes partis [à Berlin] juste après l’élection [présidentielle] en grande partie à cause de Sarkozy (…). Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité”.
Etant issu d’une famille qui fit, au siècle dernier le chemin inverse pour des raisons qu’il n’est pas besoin de rappeler en détail, sinon qu’en matière de flicage et de vulgarité le Berlin, de 1933 n’était pas mal non plus, je me suis senti interpellé, et même interpellé quelque part.
Sur le moment, ces déclarations étaient passées inaperçues, mais l’attribution du prix Goncourt à l’auteur de Trois femmes puissantes leur a donné l’écho qu’elles méritaient.
Serais-je à ce point aveuglé par les avantages sybaritiques liés aux conditions de vie dans la République française pour ne pas voir que ce pays est devenu monstrueux depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Elysée ?
Dans ce cas, Marie NDiaye serait tout-à-fait dans le rôle nécessaire et admirable de l’écrivain qui révèle par son art et son comportement social une réalité non encore parvenue à la conscience du grand public. L’exil comme protestation suprême contre la toute-puissance des tyrans, celui de Victor Hugo, Thomas Mann, Alexandre Soljenitsyne serait alors celui choisi par Marie NDiaye pour mener son combat culturel et politique.
De retour en France, je m’attendais à plonger dans une mêlée polémique relative au contenu des propos de Mme NDiaye : La France de Nicolas Sarkozy est-elle vraiment monstrueuse ? Si oui, quels traits tératologiques peut-on discerner dans l’image qu’elle offre au monde ? L’exil volontaire de Marie NDiaye doit-il être considéré comme un acte héroïque de résistance à un régime politique ignoble ?
Il n’en est rien. Le débat s’est déplacé des déclarations de la romancière (avant l’obtention du Goncourt) aux propos du député UMP Eric Raoult, invitant Marie NDiaye à ne pas transgresser un “devoir de réserve” qui s’imposerait, selon lui, au récipiendaire de la plus prestigieuse récompense littéraire française. Il n’en fallait pas plus pour que le parti des écrivains et écrivaines vole au secours d’un de ses membres les plus éminents. La stupidité proférée par un parlementaire en mal de publicité exonérait Marie NDiaye de s’expliquer plus avant sur les propos pour le moins légers, et je suis poli, tenus par elle dans les Inrocks. Merci Eric.
Ce que l’on attend d’un prix Goncourt, ce n’est pas qu’il pèse ses mots comme un sous-préfet censé incarner la République sur le territoire où il est affecté. On attend de lui qu’il fasse un meilleur usage des mots ne notre langue que ceux à qui la nature n’a pas donné le talent de romancier ou de poète.
Admettons que Marie NDiaye soit dans le vrai en qualifiant de monstrueuse la France de Nicolas Sarkozy. Je lui demande alors bien humblement, en tant que prolétaire de la belle langue, de me fournir les adjectifs me permettant de qualifier l’Iran d’Ahmadinejad, le Cambodge de Pol Pot, la Libye de Kadhafi ou le régime militaire birman.
Le Goncourt assure, paraît-il, de confortables revenus à celui ou celle qui le reçoit. Mais il n’ouvre pas un crédit illimité à dire n’importe quoi.
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L'auteur
Luc Rosenzweig est journaliste.
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Pirate dit
Oui Zappow je comprends bien, celle que j’aime me disais la même chose, vaccinée des blanches neiges et autre noiraude dont les cancrelas l’affublaient dans son enfance. Mais moi voyez-vous, et depuis mon enfance aussi, ça me retourne le sang ce genre de propos, gamin je me suis même battu à cause de ça. Ne me demandez pas pourquoi, sans doute mon éducation, je n’y peut rien et quand Obama a été élu j’ai pleuré, alors que sa présidence m’indiffère, mais je suis un enfant des années 60, ceci explique peut-être cela. Ou alors il faut que je fasse de la psycho-généalogie, allez savoir.
Aristote dit
@ Pirate
Et au moins ce Strauss là ne fit pas parler Zarathoustra.
Aristote dit
@ Pirate
Faire parler les morts, c’est supputer ce qu’ils auraient dit, s’ils avaient été en vie au moment de l’évènement X ou Y.
Citer une phrase prononcée de son vivant par quelqu’un décédé par après, ce n’est pas faire parler un mort, c’est écouter une voix, et celle de Beaumarchais mérite aussi d’être entendue.
La passion vous égare.
Zyva dit
ZapPow
:) Les blanches colombes volent bien bas en ce moment. Il faut dire qu’en période de chasse elles avancent masquées et au ras des pâquerettes de peur qu’on ne les confonde avec des canards sauvages. C’est dû au cri qu’i s’en échappe qui n’a rien d’un roucoulement, une mutation génétique sans doute.
rackam dit
a2lbd,
oui, puis à la société des jeans de lettres.
ZapPow dit
Tiens, je n’avais pas relevé le “gueunon” (guenon, Steed, guenon). Il faut dire que “congoïde” moi-même, j’ai (malheureusement ?) été mithridatisé côté insultes racistes, et qu’aujourd’hui, la fiente de la blanche colombe glisse sur moi sans attacher sur le crapaud baveux que je suis (ou sur le genre d’animal qu’il plaît à ces messieurs les racistes de voir en moi).
a2lbd dit
Rackam c’est le même Levi-strauss qui termina sa carrière en enseignant au collage de franges ?
Pascal dit
Excessifs les propos de Marie NDiaye?
Grotesques, plutôt.
Au moins elle est cohérente avec elle-même puisqu’elle a joint le geste à la parole en transportant ses pénates en Allemagne,et qu’elle a quitté cette France qu’elle n’aime pas,où continuent de vivre 60 millions de français qui,certes,peuvent trouver,de temps à autre, que notre pays prend des allures de République bananière,mais ne la confondent pas encore avec l’Allemagne de 1933.
Zyva dit
“gueunon”… … bref. Mais il fallait s’en douter, le Goncourt attire les cons gourds.
Pirate dit
MDR ! Rackam oui vous avez raison, on s’emporte, on s’emporte et pis (de maïs) voilà…
rackam dit
Pirate,
Levis Strauss, c’est le mec qui a essayé de vendre des jeans aux naturistes de l’Amazonie? Et qui, de guerre lasse, a écrit un bouquin sur leurs moeurs….
Puis s’est rabattu sur la fripe noire….
Gautier dit
Surtout que là son “analyse” politique n’est pas aussi fine que ça.
Il s’agit tout au plus de brêves de comptoir.
Et je suis loin d’être partisan de Sarkozy, le problème n’est pas là…
Pirate dit
Quand à Levis Strauss je répondrais que faire parler les morts est un procédé facile. Que son opinion est autant valable que cette maxime de Beaumarchais qu’on trouve au frontispice du Figaro, qui au reste ne blame jamais que les mêmes et se passe toujours du moindre éloge, flatteur ou non, à leur endroit, et n’est pas non plus Beaumarchais qui veut.
STA dit
Quand les “sarkozystes de gauche” et autres ralliés comprendront qu’il se pose de vrais problèmes de libertés publiques dans ce pays depuis deux ans, ils auront amélioré leur compréhension du monde. Suffit-il pour se satisfaire de la politique actuelle de se dire que l’on n’est ni en Iran ni dans le Chili de 1973 ?
Quant aux sarkozystes de droite, les purs de la cause, de toute façon, ce n’est pas leur problème – le bouclier fiscal couvre aussi ces questions-là.
Pirate dit
Elle vise le public gaucho-enseignant anti-sarkozyste…. car bien entendu il n’y a que ce public métaphorique qui est “visé” d’autant que cet interview date d’avant le goncours. Pseudo prix ? Et vous êtes sans doute assez habile et assez lettré pour décider ce qui est pseudo ou non. Je me fout totalement de cette dame, je me fout complètement qu’on lui attribue un macaron de bon élève, je ne lis pas les Inrock parce qu’ils m’insupportent mais je remarque que oui tout ça ne relève que de la jalousie du médiocre qui se sent personnellement visé et qui fantasme sur un public x, selon des critères d’appartenance y en nous ramenant à la réalité, le noeud de toute sa haine avec une seul mot : “gueunon”. Alors si c’est ce public là et pas le votre qui est visé, je serais ravis de devenir un gaucho-enseignant anti-sarkozyste, pour peu que ça ait le moindre sens.
Aristote dit
Lévy Strauss, quand même une autre pointure que notre romancière, disait que le fait qu’il soit un intellectuel ne lui donnait aucune compétence particulière en politique. Il s’abstenait de toute posture politique.
Mais n’est pas LS qui veut…
steed59 dit
la réussite de quoi ? Elle a eu le goncourt ? ahhh la belle affaire ! ce pseudo-prix littéraire acquis grace à ses copinages….
Maintenant je ne suis pas dupe non plus de l’interet commercial de ses propos. Elle vise évidemment le public gaucho-enseignant anti-sarkosiste.
Pirate dit
Et puis d’où tenez vous que cette femme s’auto proclame élite intellectuelle ? Elle n’a pas choisi d’avoir le Goncourt ni d’être interviewé, elle a choisi d’écrire et visiblement ça ne date pas d’hier (à 17 ans vous, vous produisiez quoi ?). Cela fait-elle une élite ? Non je crois plutôt que c’est vous qui lui attribué ce titre parce que ça permet de mieux en figurer la raison de votre haine. Vous qui lui mettez ces beaux habits, jaloux que vous êtes qu’on l’entende elle et pas vous, sinon ici dans l’anonymat de votre pseudonyme, dans le retrait de cette colonne. Audiard disait :
“Les médiocres se résignent à la réussite des êtres d’exception. Ils applaudissent les surdoués et les champions. Mais la réussite de l’un des leurs, ça les exaspère… Elle les frappe comme une injustice” Vous en êtes la démonstration éclatante.
Pirate dit
Votre haine est motivé par ça ? Et ça vous autorise à la traiter de “gueunon” ? Et d’ailleurs de quoi vous me parler, “de haine absolue” de cette même haine abjecte qui autorise à tuer ? De cette haine qui autorise à enfermer, couper, torturer ? Parce que la haine absolue c’est ça et rien d’autre. Comportement “abjecte” ? Vous avez le sens de la mesure. Une femme fait une réflexion publique à propos d’un gouvernement qu’elle trouve “monstrueux” et vous répondez par des terme comme “gueunon” et “abjecte” ? Mais qui est le fou ici monsieur celui qui parle ou celui qui écoute ? Qui est exactement “abjecte” ? Un locuteur qui est outrancier ou celui qui lui répond de la même manière ? A tout prendre je préfère la première parce qu’elle ne s’en prend pas à des personnes définies mais à un mode de gouvernement et de pensée, et elle au moins à la caution d’en avoir une de pensée, vous j’en doute.
steed59 dit
@ pirate
ma haine est motivée par le comportement abjecte de ces gens qui se disent “élite intellectuelle”. Qui sème le vent récolte la tempete, et qu’elle ne s’attende pas à recevoir des fleurs des gens qu’elle insulte.