Marie Madeleine, la passion révélée | Causeur

Marie Madeleine, la passion révélée

Une très belle exposition à Bourg-en-Bresse

Auteur

Jean-Paul Brighelli

Jean-Paul Brighelli
Enseignant et essayiste, anime le blog "Bonnet d'âne" hébergé par Causeur.

Publié le 31 décembre 2016 / Culture

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Détail de "Sainte Marie Madeleine" par le Titien, Wikimedia.

« “Once a woman washed my feet with tears, and wiped them with her hair, and poured on precious ointment.” » (D.H. Lawrence, The escaped cock / The man who died, 1929).

Tout le monde connaît l’histoire de Marie Madeleine (sans tiret, parce que c’est la traduction de Marie la Magdaléenne, et non l’addition de deux prénoms comme en français aujourd’hui), courtisane qui tomba aux pieds du Christ, et les lui lava avec des parfums — d’où le flacon de myrrhe avec lequel on la représente souvent. Puis elle les essuya de ses cheveux, qu’elle avait abondants — et d’une couleur fauve, ce qui renvoie au caractère assez peu sacré de sa profession initiale. Les peintres ont donc choisi de nous la montrer rouquine et ambiguë, entre la mystique de la nouvelle convertie, associée le plus souvent à un Memento mori symbolisé par un crâne, comme dans les Vanités, et la permanence du péché de chair — bref, la volupté et la mort.

Tout cela pour vous dire que j’ai pris le train jusqu’à Bourg-en-Bresse où, dans le cadre exceptionnel de l’abbaye de Brou, se tient jusqu’à la mi-février une très belle exposition sur « Marie Madeleine, la passion révélée », où sont présentées quelques-unes des innombrables représentations de la sainte pécheresse — qui est à mes yeux un prototype de la dualité indissociable de l’ange et de la bête (version Pascal) ou de Jekyll et Hyde, version Stevenson.

Lisez la suite de l’article sur le blog de Jean-Paul Brighelli.

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    • 2 Janvier 2017 à 10h03

      Pierre Jolibert dit

      supplément gratuit :
      http://artemisalaplage.fr/2016/09/29/les-cheveux-de-marie-madeleine/
      également inspirée par Daniel Arasse, l’autrice souligne que les cheveux lâchés puis la sauvagerie hirsute ont d’abord eu pour but de montrer la pénitence et la volonté de dissuader le désir (très réussi dans la version de Donatello). Ce n’est que dans un 2ème temps qu’ils sont devenus un motif direct d’excitation masculine.
      C’est qu’à l’origine des cheveux désirables seraient des cheveux très apprêtés et d’autre part que Marie de Magdala était perçue comme une dame du 1er rang (le voile dans les sociétés anciennes : perspectives d’histoire sociale), ce qui est d’ailleurs conforme au Texte. Sa pénitence est alors doublée d’un abandon mortifiant de toute distinction.

    • 2 Janvier 2017 à 10h02

      Didier Goux dit

      Je me demande si vous ne faites pas une confusion entre Marie Madeleine et Marie de Béthanie, qui ne semblent pas avoir été la même personne. D’autre part, qu’elles soient deux ou une, elles n’étaient ni courtisane ni prostituées mais seulement “pécheresses”.

      • 2 Janvier 2017 à 10h04

        Pierre Jolibert dit

        Meilleurs voeux, Didier Goux !
        ainsi qu’à tous les Causeurs.

        • 2 Janvier 2017 à 10h07

          steed59 dit

          bonne année pedro

        • 2 Janvier 2017 à 10h15

          Pierre Jolibert dit

          et bonne année à vos dames

        • 2 Janvier 2017 à 10h19

          steed59 dit

          je suis monogame

        • 2 Janvier 2017 à 10h22

          Pierre Jolibert dit

          Pardon, je n’ai pas précisé que je m’adressais à tous et à leur chacune !

        • 3 Janvier 2017 à 10h00

          Didier Goux dit

          Nos vœux en retour, Monsieur Pierre, ceux de Catherine et les miens, pour vous et pour qui-vous-savez.

    • 1 Janvier 2017 à 14h05

      Ganzo dit

      Il semble qu’on lui doive une des plus belle parabole : “Que celui qui n’a jamais pêché jette la première pierre.”

    • 31 Décembre 2016 à 15h21

      Pierre Jolibert dit

      Ouah, merci pour ce panachage et pour la présentation éclairée des lieux.
      A part le Titien qui est hors-concours, c’est celle de Cagnacci que je préfère. Je ne le connaissais pas, c’est un bon. Il est mort à Vienne au service du Habsbourg. Bonne idée, et c’est peut-être être fidèle à l’esprit de la Madeleine et à la maîtresse des lieux qui se l’est assimilée : franchement, au vu de l’ensemble, je trouve qu’elle réussit mieux aux Italiens et aux Impériaux au sens large qu’aux Français.
      Même Pompeo Batoni est moins nul que d’habitude.