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Mariage gay et homoparentalité : reprivatiser nos vies

Non au retour du délit d’homosexualité

Publié le 19 septembre 2012 à 15:00 dans Société

Mots-clés : , ,

Oui au mariage gay et à l'homoparentalité

Commençons par énoncer deux évidences. La première, c’est que l’homosexualité est un fait. C’est une constante de nos sociétés humaines depuis toujours, dans toutes les civilisations, qu’elle soit largement admise, tout juste tolérée ou franchement réprimée. Que cela vous plaise ou non, des milliers de nos concitoyens sont homosexuels et vivent en couple. Par ailleurs, nous savons, vous et moi, qu’un certain nombre de ces couples composés de deux individus du même sexe élèvent des enfants. Techniquement, ça ne présente pas beaucoup de difficultés : adoption (il suffit de se faire passer pour célibataire… un comble !), insémination artificielle ou fécondation in vitro (en Belgique), coparentalité (un bon copain ou une très bonne amie) ou, plus simplement, les enfants issus d’une première union hétérosexuelle. Bref, l’homoparentalité, comme l’existence de couples homosexuels, est une réalité qui s’impose à vous comme à moi.

[...]

Or voilà, jusqu’à maintenant, la loi française refuse de reconnaître cet état de fait. J’insiste sur ce point : c’est très important. Le mariage civil, celui qui est reconnu par la loi, est une invention extrêmement récente1 qui n’est qu’une codification d’un mode d’organisation sociale dont les origines se perdent dans la nuit des temps ; le mariage est une conséquence logique de notre nature d’homo sapiens, de notre stratégie de reproduction, le mode d’organisation validé par quelques millions d’années d’expérience qui est le plus à même d’assurer la survie de notre espèce : il précède − et de très loin − toute forme de législation et il existe indépendamment des lois. Entre un couple hétérosexuel marié devant Monsieur le maire et un autre couple hétérosexuel qui n’a pas jugé utile de faire cette démarche, la différence n’est que de pure forme ; le premier est reconnu par la loi, pas le second et, jusqu’à preuve du contraire, ce n’est pas la loi qui fait la réalité des faits. Un couple homosexuel qui fait cause commune, se promet assistance mutuelle et − de surcroît − élève des enfants est donc marié de fait, mais la loi refuse de reconnaître l’existence de cette famille2.
Partant de là, il n’y a que trois attitudes possibles. La première, le statu quo, consiste à penser − peu importent vos raisons − que le mariage homosexuel (et donc l’homoparentalité) est une mauvaise chose (pour la société, pour les enfants, pour vous-même… que sais-je ?) et donc à refuser de reconnaître légalement de telles unions… mais sans les interdire pour autant. Ce qui nous amène naturellement à la deuxième attitude possible : si le mariage homosexuel est nocif, alors il faut l’interdire dans les faits. Il vous faudra alors faire de l’homosexualité et de l’homoparentalité des délits et constituer une police des mœurs chargée de pousser les portes de nos chambres à coucher, d’interroger nos enfants, voisins et amis et d’enquêter dans le détail sur nos mœurs. C’est une simple question de logique et de cohérence : vous n’avez le choix qu’entre l’hypocrisie et l’ordre moral.
En revanche, si, comme moi, vous constatez que le mariage homosexuel ne constitue en rien une atteinte à vos propres droits ; si vous estimez qu’après tout, l’État n’a rien à faire dans nos vies privées et que le mariage devrait être un contrat comme un autre ; si vous n’avez aucune raison objective de penser que les homosexuels font de mauvais parents ; si vous pensez que l’ordre symbolique de la filiation3 n’a absolument rien à craindre du mariage homosexuel et ce, d’autant plus que les parents homosexuels sont les premiers à vouloir le maintenir ; si vous croyez qu’il vaudra toujours mieux avoir deux papas ou deux mamans plutôt que de grandir dans un orphelinat ; si vous comprenez le drame de ces enfants qui perdent leur papa biologique et se voient, de surcroît, arrachés à l’affection de ce second papa qui est la seule famille qui leur reste ; si vous pensez qu’une société libre ne peut exister sans tolérance, que le fait qu’un mode de vie vous déplaise n’est pas un motif suffisant pour en réclamer l’interdiction ; si, enfin, vous croyez que « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui » et que « l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces mêmes droits ».…

Alors, comme moi, vous demanderez à l’État de reconnaître ces mariages et ces familles et nous aurons fait ensemble un premier pas sur la longue route qui nous reste à parcourir pour reprivatiser nos vies.

  1. En France, il fêtera cette année son 220e anniversaire (cf. loi du 20 septembre 1792).
  2. On ne rentrera pas ici dans le débat byzantin qui consiste à savoir si l’article 144 du Code civil spécifie oui ou non une interdiction du mariage homosexuel : dans les faits, deux personnes du même sexe ne peuvent pas se marier.
  3. Papa + maman = bébé.
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  • 2 Octobre 2012 à 2h18

    Ywark dit

    Pfff, qu’est qu’on peut lire comme immaturité d’analyse !

    T’as pas compris que ce débat est l’os à ronger pour faire oublier le vrai but ?

    Vous n’avez pas compris que les conséquences en cascade sont la destruction de la famille, des repères, du VIOL de la conscience de l’enfant, oui, du VIOL !

    Par pur égoïsme d’une minorité – oui, d’une minorité – on va imposer à une majorité une folie, avec au bout, la justification abominable de l’utérus artificiel !

    Il y aura donc des enfant qui n’auront ni père ni mère, ni grand père ni grand mère comme toutes les générations avant lui, plus de repères, à cause de la folie d’un groupuscule lui-même devenu ce qu’il est parce qu’on a détruit les répères et les fondements de notre société par pure bêtise et construction intellectuelle imbécile et mortifère.

    On paye encore à tous les niveaux, sans qu’il soit possible sans doute de rattraper tous les dégâts, du fameux “il est interdit d’interdire”, 40 après. Les mêmes tocars qui criaient haro sur la police, la réclament aujourd’hui. Idéalistes et meurtriers des fondements d’alors qui donnent une jeunesse à la dérive aujourd’hui devant les problèmes sociétaux dont ils ne sont pas responsables.

    De la même manière, dans 20, 30, 40 ans, ce sera terrible pour toutes les générations chez qui on va effacer des centaines, voire des millénaires de construction de civilisation fondée naturellement pour être homme et femme et complémentaires jusque dans notre état physique et psychique.

    Mais réalise-t-on que cette loi a toutes les caractéristiques d’une folie planétaire ? Matrix, Soleil Vert, Bienvenue à Gataca, ces fictions folles prennent corp sous nos eux embuhés, et on lit ces inepties !

    Et après on ne comprend toujours pas comment les nazis ont pu venir au pouvoir et controler les gens ????? Mais avec leur aval ! Comme vous ! 

  • 23 Septembre 2012 à 16h35

    vivelaliberte dit

    Encore une contradiction ….du gouvernement.
    d’un côté il veut reconnaître une minorité au nom d’une égalité purement idéologique (ils sont mariés de fait… pourquoi passer à la mairie ?) et de l’autre il lutte contre les corporatismes. laissons les gays libres d’être ensemble et arretons de vouloir leur donner un statut nouveau. et tout ceux qui ne sont pas gays alors ?

  • 23 Septembre 2012 à 12h06

    Alpin dit

    @G Kaplan

    En définitive la question serait plutôt de cet ordre:

    Qu’est-ce qui autoriserait l’État,notre État, sous le commandement actuel d’un parti (et même de deux) à, EN FAIT, privatiser le droit civil pour obéir à un lobby,minorité idéologique d’une minorité sexuelle , minorité que l’on n’a pas réellement consultée,d’ailleurs?

    Car il s’agit bien d’une négation du fondement de l’État libéral (au sens,vrai, premier et profond,équivalent à celui d’État républicain),soit la séparation des sphères privées et publiques.

    S’il s’agit d’en terminer avec une pseudo discrimination à l’égard du mariage,il faut rappeler que tout le monde à le droit de se marier,à la simple condition qui définit le mariage,d’en passer par une alliance avec le sexe opposé.

    Sinon ,le corrélat inéluctable de ce changement,appelant irrémédiablement par suite, malgré les dénégations hypocrites,serait la légalisation des mères porteuses,pour assurer une “égalité” de traitement entre homosexuels de sexes différents.

    Faudra-t-il “privatiser” là aussi??!

    En définitive, il semble bien que vous ayez annoncé la couleur,nous avançons vers un impérialisme du privé à l’encontre du public,vers une tendance à dissoudre celui-ci dans le premier.

  • 22 Septembre 2012 à 11h58

    Dio Gêne dit

    Y’a bien le mariage pour les animaux alors pourquoi pas pour les homos!