Manifeste pour un Printemps républicain | Causeur

Manifeste pour un Printemps républicain

«Le Printemps républicain» publie son manifeste et prépare son premier meeting

Publié le 10 mars 2016 / Politique Société

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2015 fut une année tragique. Les attentats qui ont par deux fois ensanglanté Paris ont introduit au coeur de notre pays ce terrorisme islamiste qui répand partout dans le monde son projet mortifère. Face à cette menace désormais pressante et permanente, la réaction de nos compatriotes a été admirable. Il n’y a eu ni panique ni fuite en avant.

Seuls les faiseurs et défaiseurs identitaires de tous bords ont tenté de profiter de l’occasion pour faire encore progresser leurs idéologies délétères. Que ce soit en avançant des explications toutes faites et des causalités douteuses, ou en niant la réalité des faits et leur portée politique. L’extrême-droite comme l’islamisme politique sont à la manoeuvre pour tenter de jouer avec les peurs et les tensions qui traversent la société française.

A chaque fois, c’est la République qui est attaquée. A chaque fois, ce sont ses principes de liberté, d’égalité, de fraternité et de solidarité qui sont pris à partie. C’est son esprit laïque qui est mis en cause. A chaque fois, ce sont ses défenseurs qui sont pointés du doigt.

Face à ces attaques répétées et convergentes, il y a urgence. C’est pourquoi nous avons décidé de réagir collectivement en unissant nos forces, celles de tous ceux qui refusent de baisser les bras face aux atteintes contre la République et ses principes. Les principes qui forment notre commun, par-delà nos différences.

Il y a quelques années encore, la laïcité était comme l’air que nous respirons, une évidence. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Remise en cause de toutes parts, manipulée à des fins politiques par certains, attaquée à des fins religieuses par d’autres, ignorée de beaucoup par indifférence, elle ne semble plus défendue que par quelques-uns, dont nous sommes bien évidemment. Mais nous voulons plus et mieux. Nous voulons qu’elle redevienne l’affaire de tous et de chacun, qu’elle reprenne toute sa place au coeur de notre contrat civique et social.

Si nous-mêmes venons de la gauche et sommes soucieux de son état actuel – et plus encore de l’éloignement de certains, en son sein, par rapport à ces principes républicains –, notre démarche s’adresse à tous. Elle n’entend pas nier les différences, nombreuses, d’appréciation ou d’orientation politique. Il nous paraît néanmoins indispensable de repartir du fondement même de notre contrat civique et social : la politique doit redevenir première et primordiale si l’on veut à nouveau pouvoir débattre librement et efficacement des options possibles et souhaitables de notre politique économique et sociale notamment.

Le temps est donc venu de l’affirmation de principes, clairs, précis et déterminés, de principes pour l’action. Une action de citoyens libres et souverains en faveur de la laïcité et, au-delà, de la République.

Pour nous, la République, c’est ce qui nous est commun. C’est à la fois notre bien commun, notre territoire commun et notre projet commun. Ce n’est ni un simple régime politique ni la projection dans les institutions des opinions et croyances de la société. La République s’incarne dans un double combat : pour l’émancipation de chacun et contre toutes les dérives, assignations ou discriminations identitaires.

Pour nous, la laïcité est le ciment du contrat social républicain. Elle lie étroitement la liberté de conscience de chacun (puisqu’elle permet à chacun de croire, de ne pas croire ou de ne plus croire, et de le faire de manière totalement libre dans la société), l’égalité de tous devant la loi (puisqu’elle permet de mettre en avant chez chacun d’entre nous le citoyen), et la fraternité (puisqu’elle rend possible la solidarité entre individus et groupes sociaux sans qu’aucun lien particulier ou identitaire ne permette de privilégier tel ou tel). La laïcité ne se résume pas à la neutralité de l’Etat, elle est une activité vivante et permanente, à travers l’attention et l’action des laïques dans la société, quelle que soit leur origine ou leur croyance.

Pour nous, la Nation est à la fois une histoire et un destin communs. C’est le contrat civique et politique qui se noue dans ses grandes heures comme au quotidien, par l’adhésion sans cesse renouvelée de chacun de ses membres à ses principes. Elle ne se conçoit qu’au travers du lien étroit et indéfectible avec la citoyenneté, dans le droit du sol et la souveraineté pleine et entière de la communauté des citoyens qui la composent.

Pour nous, l’universalisme se déduit des aspirations à une humanité commune, des luttes pour la même liberté au sein de chaque peuple, dans chaque société, en faveur de chacun. Il ne vient jamais s’imposer en surplomb et uniformément, partout et à tous.

Pour nous, le combat contre le racisme, l’antisémitisme ou tout autre préjugé à raison du sexe, de l’origine, de la couleur de la peau, de l’orientation sexuelle, de la religion ou de la culture est sans répit ni repos. Toute discrimination à raison de l’identité de la personne est par définition antirépublicaine et antilaïque. Contre l’assignation identitaire, contre l’alibi des différences prétexte à la différence des droits, il y a la République.

Pour nous, le principe de l’égalité entre hommes et femmes, et plus encore le combat permanent pour sa réalisation effective, sont au fondement des sociétés modernes. Ils ne sauraient être remis en cause pour des raisons de coutume, de croyance ou d’opinion.

Pour nous, c’est le printemps républicain !

 

Initiateurs du manifeste :

Bassem Asseh, cadre du secteur privé, adjoint PS à la maire de Nantes.
Pierre Bouchacourt, cadre du secteur privé.
Fatiha Boudjahlat, secrétaire nationale du MRC.
Laurent Bouvet, professeur de science politique, Université Versailles Saint-Quentin en Yvelines.
Frédérique Calandra, maire PS du 20ème arrondissement de Paris.
Gilles Clavreul, haut fonctionnaire.
Marc Cohen, journaliste à Causeur.
Jérôme-Olivier Delb, architecte, animateur du blog « L’abeille et l’architecte ».
Adrien Dubrasquet, étudiant, élève à l’ENS de la rue d’Ulm.
Amine El Khatmi, adjoint PS à la maire d’Avignon.
Denis Maillard, cadre du secteur privé.
Valérie Maupas, adjointe PS au maire du 14ème arrondissement de Paris.
Yael Mellul, fondatrice de l’association Femme & Libre.
Jean-Marc Mojica, avocat au Barreau de Paris.
Denis Moscovici, dirigeant d’entreprise.
Simon Olivennes, étudiant, élève à l’ENS de la rue d’Ulm.

 

Premiers signataires :

Karim Akouche, écrivain, dramaturge.
Patrick Amoyel, professeur de psycho-pathologie, Université de Nice Sophia Antipolis, psychanalyste, fondateur de l’association Entr’Autres.
Marinette Bache, conseillère (République et socialisme) de Paris.
Elisabeth Badinter, philosophe, écrivain.
Julien Bargeton, adjoint PS à la maire de Paris.
Lenny Benbara, étudiant en économie, militant communiste.
Djemila Benhabib, écrivaine.
Fewzi Benhabib, universitaire.
Gérard Biard, rédacteur en chef de Charlie Hebdo.
Serge Blisko, ancien député-maire PS du 13ème arrondissement de Paris.
Jean-Marcel Bouguereau, journaliste, éditorialiste à La République des Pyrénées.
Gilles Calvet, délégué national du syndicat des cadres hospitaliers FO, directeur d’établissement.
Roland Castro, architecte.
Laurent Cohen, directeur général adjoint de la Fondation Jean-Jaurès.
Denis Collin, philosophe, auteur de Que revive la République.
Thierry Cotelle, chef d’entreprise, conseiller régional MRC Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon.
Charles Coutel, professeur de philosophie, Université d’Artois, directeur de l’institut d’études des faits religieux.
Brice Couturier, journaliste, chroniqueur à France Culture.
Frédéric Cuvillier, ancien ministre, député PS du Pas-de-Calais.
Stéphane de Grodt, auteur, comédien.
Jean-Christophe Dollé, écrivain et metteur en scène.
Marie Dosé, avocate au Barreau de Paris.
Catherine Durand, journaliste, rédatrice en chef-adjointe d’un magazine féminin.
Zineb El Rhazaoui, journaliste à Charlie Hebdo, ancienne porte-parole de Ni Putes Ni Soumises.
Frédéric Encel, expert en géopolitique, essayiste.
Frédéric Farah, professeur de sciences économiques et sociales, chargé de cours à l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3.
Olivier Faure, député PS de Seine-et-Marne.
Jeanne Favret-Saada, anthropologue, ancienne directrice d’études à l’EPHE.
Renée Fregosi, maître de conférences de science politique, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3.
René Frydman, professeur émérite de gynécologie et d’obstétrique.
Souleymane El Hadj Gassama, étudiant, doctorant en sociologie à l’Université de Caen-Normandie.
André Gattolin, sénateur EELV des Hauts-de-Seine.
Marcel Gauchet, historien et philosophe, ancien directeur d’études à l’EHESS, rédacteur en chef de la revue Le Débat,
Christian Gaudray, dirigeant d’une association familiale laïque.
Nicolas Gavrilenko, dirigeant d’une association familiale laïque.
Corine Goldberger, journaliste, chef de la rubrique « société » dans la presse féminine, cofondatrice de l’association Shalom, Paix, Salem.
Pierre-Hubert Goutierre, avocat au Barreau de Paris.
Michel Gourinchas, maire PS de Cognac.
Jérôme Guedj, conseiller départemental de l’Essonne, membre du bureau national du PS.
Mahamat Saleh Haroun, cinéaste, réalisateur.
Betty-Bente Hansen, secrétaire de rédaction, maquettiste.
Salima Jamili-Debord, cadre du secteur associatif.
Alain Jaubert, écrivain, réalisateur.
Jacques Jedwab, psychanalyste.
Liliane Kandel, sociologue, membre de le rédaction de Temps Modernes, militante féministe.
Jean Kehayan, journaliste, écrivain.
Patrick Kessel, président du Comité Laïcité République.
Catherine Kintzler, professeur émérite de philosophie, Université de Lille 3.
Alain Lagarde, scénographe.
Jacques Lahaye, conseiller municipal PS de Moulins et Vice-Président de la Communauté d’agglomération de Moulins.
Eric Laugérias, comédien.
Cindy Leoni, membre du Conseil économique, social et environnemental, ancienne présidente de SOS Racisme.
Annie Lévy-Mozziconacci, médecin hospitalier, conseillère municipale PS de Marseille.
Marieme Hélie Lucas, sociologue, fondatrice du Réseau international de solidarité Femmes Sous Lois Musulmanes, coordonnatrice de l’ONG Secularism Is A Women’s Issue.
Richard Malka, avocat au Barreau de Paris, scénariste de bande dessinée.
Jacky Mamou, médecin, ancien président de Médecins du Monde.
Bernard Maro, médecin, biologiste, directeur de recherches au CNRS.
Lunise Marquis, adjointe PS à la maire du 12ème arrondissement de Paris.
Michel Martin-Roland, journaliste, écrivain.
Olivier Mathiot, dirigeant d’entreprise.
Mehdi Massrour, conseiller municipal PS de Roubaix, secrétaire de la section PS de Roubaix.
Jérôme Maucourant, maître de conférences en sciences économiques à l’Université Jean-Monnet Saint-Etienne.
Emmanuel Maurel, député européen (PSE)
Samuel Mayol, maître de conférences en sciences de gestion à l’Université Paris 13, prix Laïcité 2015.
Loubna Meliane, conseillère régionale PS d’Ile-de-France.
François Morel, comédien, écrivain
Laurent Olléon, professeur associé de droit public à l’Université Paris-Est Créteil.
Fleur Pellerin, ancienne ministre.
Céline Pina, essayiste.
Guillaume Poiret, maître de conférences en géographie à l’Université Paris-Est Créteil, adjoint PS à la maire de Villeneuve-Saint-Georges.
Vincent Présumey, professeur agrégé d’histoire-géographie, délégué départemental de la FSU de l’Allier.
Denis Quinqueton, président d’HES (socialistes lesbiennes, gays, bi et trans).
Hafid Rahmouni, directeur d’une association d’éducation populaire.
Olivier Ranson, dessinateur de presse.
Rudy Reischtadt, fondateur de l’Observatoire du conspirationnisme.
Nadia Remadna, fondatrice de l’association La brigade des mères.
Hervé Resse-Lannoy, conseiller en communication, coach.
Julien Rock, étudiant en histoire, responsable des Jeunes Communistes du Bas-Rhin.
Iannis Roder, professeur d’histoire-géographie, coauteur des Territoires perdus de la République.
Marjane Satrapi, cinéaste, réalisatrice.
Adrien Saumier, adjoint EELV au maire du 13ème arrondissement de Paris.
Maren Sell, écrivain, éditrice.
Anne Sinclair, journaliste, directrice du Huffington Post.
Abderrahmane Sissako, cinéaste.
Jean-Baptiste Soufron, avocat au Barreau de Paris.
Djénane Kareh Tager, rédactrice en chef de Clés.
Bernard Teper, coanimateur du Réseau Education Populaire.
Samuel Tomei, historien.
Monique Vézinet, directrice de la rédaction de Respublica.
Catherine Vieu-Charier, adjointe PCF à la maire de Paris.
Marc Villemain, écrivain.
Alain Zabulon, préfet.

Signez, à votre tour, le manifeste en cliquant là.

Retrouvez ici le compte Facebook du Printemps républicain et son compte Twitter. Retrouvez également la page Facebook consacrée au meeting de lancement du Printemps républicain le 20 mars à la Bellevilloise à Paris.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 14 Mars 2016 à 15h19

      Marcus Graven dit

      Pétition simulacre qui n’a qu’un seul but ne pas laisser le combat de la laïcité au Front national. Pour cela E. Lévy dans un texte navrant de puérilité rejoint le confort de la pensée de la caste. Elle renvoie dos-à-dos tueurs islamistes et identitaires français, djihadistes et Front national.
      L’objectif de de ce Printemps à la con est une petite  machine de guéguerre des réseaux Valls, Elisabeth Badinter, de la clique chevènementiste, de Mélenchon, de Sos Racisme, de la Licra, du Mrap, de Charlie Hebdo, des sectes groupusculaires francs-maçonnes, et de quelques copines de Fourest, pour faire court.
      Bref, en ces temps de révolte “populiste” comme ils disent, une façon d’occuper le terrain, de faire oublier que la guerre civile vient.
      E. Lévy a donc choisi d’intégrer la meute. Le catalogue stupide de cette pétition ne peut dissimuler que le danger n’est pas le peuple qui tente de sortir des filets dans lesquels la caste l’enferme depuis des décennies, mais l’islam. Cette religion ne peut être dans la République, ne peut accepter la laïcité ni la fraternité, ne peut adhérer à la Nation comme histoire et destin commun, ne peut aspirer à une humanité commune.
      E. Lévy et les signataires (dont quelques noms m’inspirent la plus vive répugnance par leur appartenance: Jeunesse communiste, PCF, EELV…) amplifient seulement le bêlement contemporain.

      • 15 Mars 2016 à 16h26

        Made dit

        Je n’ai pas vu dans les signataires le nom d’E. Lévy 

        • 16 Mars 2016 à 12h24

          laborie dit

          Mais Babette “la tigresse” (certains anciens ici me comprendront) après avoir égratigné à tout-va rentre dans le rang des bien pensant. Faut bien… pour avoir une jolie place au soleil, Le Figaro, RTL où elle refait le Monde avec le pithécanthrope et principalement psychiatre de gôôôche Gérard Miller, le mollusque grassement payé Rolland Casserole etc…faut bien vivre, n’est-il pas?

    • 14 Mars 2016 à 14h52

      GENE.GUIL dit

      Un “Printemps français” me conviendrait mieux, car la France existait avant la révolution et la république. C’est la France que j’aime, avec toute son histoire.

    • 14 Mars 2016 à 14h49

      GENE.GUIL dit

      Un “Printemps français” me conviendrait mieux, car la France existait av

    • 12 Mars 2016 à 17h51

      philo47 dit

      Excellent article tout est dit, via facebook. http://combatcontreinjustice.over-blog.com

    • 12 Mars 2016 à 9h18

      Vert Gallois dit

      Le seul intérêt de cet article c’est de donner la liste des pétitionnaires.

      • 12 Mars 2016 à 10h15

        Christine dit

        + 1

        • 12 Mars 2016 à 12h36

          Christine dit

          “Seuls les faiseurs et défaiseurs identitaires de tous bords ont tenté de profiter de l’occasion pour faire encore progresser leurs idéologies délétères. Que ce soit en avançant des explications toutes faites et des causalités douteuses, ou en niant la réalité des faits et leur portée politique. L’extrême-droite comme l’islamisme politique sont à la manoeuvre pour tenter de jouer avec les peurs et les tensions qui traversent la société française.”
          Ce par

        • 12 Mars 2016 à 12h48

          Christine dit

          “Seuls les faiseurs et défaiseurs identitaires de tous bords ont tenté de profiter de l’occasion pour faire encore progresser leurs idéologies délétères. Que ce soit en avançant des explications toutes faites et des causalités douteuses, ou en niant la réalité des faits et leur portée politique. L’extrême-droite comme l’islamisme politique sont à la manœuvre pour tenter de jouer avec les peurs et les tensions qui traversent la société française.”
          Ce paragraphe à lui seul saute à pieds joints dans tous les poncifs.
          J’aurais souhaité de la hauteur, j’aurais voulu y croire ! Mais ça sent toujours la gauche morale qui se pince le nez.

        • 12 Mars 2016 à 12h54

          cage dit

          “gauche morale qui se pince le nez.”
          je pencherai sur l’idée que cette gauche commence sent son propre cadavre.