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Mai 1968 ou le vide en héritage

Les acteurs de Mai détestent la France, à l’exception de quelques symboles utilisables

Publié le 20 avril 2008 à 13:12 dans Société

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Nous sommes les héritiers de Mai 1968. C’est indubitable. Mais nous ne nous sommes plus que cela. Ceux qui, comme moi, sont nés après 1970, n’ont reçu en héritage que ce que leur a légué la génération précédente, celle qui avait une vingtaine d’années lors des réjouissances printanières où tant de gens ont cru voir une révolution. Et cet héritage est bien pauvre : il consiste en une propension juvénile à la déploration et à la dénonciation publique, en une confiance illimitée et aveugle en la jeunesse et en soi, en une détestation de principe de l’autorité et en un rejet haineux du passé.

“Du passé faisons table rase”, disait l’Internationale, Mai 1968 et ses petits soldats lyriques l’ont fait, en braillant : “Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi.”
Le moins qu’on puisse dire, c’est que c’est assez réussi : plus un élève qui ne sache qui est Danton ou Marat, plus un élève qui sache distinguer une église romane d’un lavoir, plus un élève qui sache même qui furent Lénine et Mao. Les élèves font désormais le même usage de l’histoire que celui de leurs ainés : l’histoire n’est bonne qu’à proposer les ébauches imparfaites de notre modernité

Il était frappant, lors du mouvement anti-CPE, d’observer le mimétisme des enfants et voire des petits enfants des “révolutionnaires” de Mai, qui n’avaient qu’une idée en tête, répéter Mai.

Il serait intéressant, en ces temps de commémoration lyrique, de soumettre les jeunes générations à une petite épreuve. Elle consisterait à leur faire lire les slogans inscrits sur les murs des rues et des universités en 1968 et à leur demander ce qu’ils en comprennent. On se rendrait alors compte qu’ils n’y comprennent rien, ni le sens, ni, plus grave, l’humour souvent référentiel (notamment des citations de Saint-Augustin, Napoléon, Ambrose Bierce, Alphonse Allais, etc.)

Enfants gâtés de l’histoire, ils furent la première génération depuis la nuit des temps qui ne connut pas la guerre, ni même sa menace – tandis que la génération précédente avait encore connu la guerre d’Algérie –, ils furent la dernière génération à connaître une telle prospérité et ce qui l’accompagnait, à savoir des carrières nombreuses et brillantes possibles à une époque où tout se développait et s’élargissait : les entreprises, les universités, les Grandes Ecoles, etc. Ajoutons qu’ils ne connurent pas, dans leur jeunesse, la psychose sexuelle induite par l’apparition du SIDA.

Gâtés par l’histoire, ils le furent aussi par l’instruction. Les premiers, ils reçurent si nombreux une excellente formation classique (latin, grec, littérature classique, une belle langue française, etc.) et les derniers, ils reçurent l’héritage populaire de nos provinces, ses langues (dialectes français, occitan, breton, basque, alsacien, gascon, etc.) et ses traditions.

Comme tous les enfants gâtés, ils ont détruit ce qu’ils avaient reçu, ce que l’histoire avait conservé si longtemps, ces langues, ces traditions et cet enseignement hérité des jésuites et généralisé par la République. Ils remplacèrent tout cela par leurs caprices, par leurs fantasmes et par la seule mémoire de leur jeunesse.

Ma génération est la première à n’avoir rien reçu : ni langue régionale (le fameux patois dont le patrimoine est parfois éminent, si on parvient à se souvenir des troubadours – ce que font les Italiens et les Catalans, mais pas nous) ; ni formation classique (les classes de latin et grec ont fermé presque partout, en dépit de la défense menée par leurs ainés, telle Mme Jacqueline Worms de Romilly) ; ni même, et c’est plus grave, culture nationale : nos élèves ignorent presque tout de l’histoire de France, de sa littérature classique et leur maîtrise du français est confuse et laxiste, conforme au fond aux seules exigences qu’on a fait peser sur eux et qui se résument à l’expression de soi (à la place de l’expression tout cours).

Bartabas rappelait récemment le péché de la génération 1968 par ces mots : “Ce que la génération qui m’a précédé – celle de 68 – a oublié d’assumer : la transmission du savoir.”

Nous n’avons reçu que le narcissisme des enfants gâtés de l’histoire et leurs bons sentiments ; nous n’avons reçu aucun savoir, ni aucun savoir-faire. N’est-ce pas dès lors à notre génération de dresser le bilan de Mai 1968 et de l’œuvre de ses acteurs, plutôt qu’à celle qui déjà a suffisamment fait pour rendre abruties et incultes celles qui viendraient après ? Or, on n’entend qu’eux ! Depuis quarante ans, on n’entend qu’eux, comme si la France avait commencé avec leurs cris et leurs slogans ; ils pavanent tous ces jours-ci, comme des anciens combattants alors que ce sont de nouveaux rentiers. Les vrais résistants, qui devaient leur carrière à leur engagement, avaient de la pudeur et du courage, EUX.

La crise de l’identité française n’est pas difficile à expliquer. Depuis Mai 1968 et conformément au crédo de ses acteurs, la France est considérée comme le pays des droits de l’homme et n’est que cela.

Oubliées les mémoires provinciales qui permettent de comprendre que la France s’est constituée au gré d’une histoire diverse et complexe, une histoire dont la République n’est que le dernier chapitre ; oubliés les siècles sans démocratie où l’Europe admirait pourtant nos écrivains et nos savants et nos soldats ; oubliées ses racines chrétiennes, latines, grecques, germaines ; oubliés ses patois ; oubliée la langue scolaire qui, pourtant, souda la nation d’abord son élite, puis, l’école se développant (et la guerre mélangeant les gens de toutes les provinces), toutes les autres couches de la société.

Ce qui fait une nation, c’est une commune mémoire. Nous n’en avons plus. Rien n’est plus écœurant pour ceux de ma génération que d’entendre à longueur de journée le diagnostic de tous ces irresponsables qui, passées les journées de Mai, une fois arrivés aux affaires (ils y sont toujours), n’ont eu de cesse que de réaliser leurs fantasmes : l’enfant au centre (de tout), les vieilles lunes aux oubliettes (les souvenirs inutilisables symboliquement, les langues régionales (inutiles pour l’ascension sociale et trop liées au passé et à la campagne), les humanités (latin, grec et culture religieuse), toutes les formes (vestimentaires, linguistiques, la politesse, etc.) et la sélection).

Les fossoyeurs de la mémoire et des langues s’érigent, depuis quarante ans, en médecins de celles-ci, qui prennent leurs modèles là où la mémoire survit moins encore.

Les pays scandinaves, sans cesse donnés en exemple, sont malades plus encore que nous : leurs enfants n’y apprennent presque rien (l’anglais qu’ils parlent si bien, ils l’apprennent à la télévision où rien n’est doublé), ils se désintéressent de leur histoire – les départements de scandinave ancien sont désertés par les Danois et les Suédois (où d’ailleurs ils ont même tendance à fermer).
Mais ils ne sont pas nombreux et les sociétés sont assez homogènes et prospères, aussi l’identité nationale est-elle préservée – mais pour combien de temps et dans quelles conditions ?

Les acteurs de Mai détestent la France, ils n’en aiment que les quelques symboles utilisables : la Révolution française, la Résistance (et encore) et une partie de son patrimoine artistique et culinaire. Ceux-là (et certains de leurs disciples dociles des générations suivantes) invoquent dès qu’ils peuvent les autres périodes de notre histoire comme des repoussoirs dont les gens ne savent plus rien désormais de toute manière : l’Ancien Régime (dont on confond tous les rois et toutes époques), le Moyen Âge (dont on ignore tout et qu’on caricature sous les traits de l’Enfer de Dante, auteur aujourd’hui ignoré universellement), l’Empire (Napoléon est de plus en plus décrit comme un Hitler – selon une lecture anglo-saxonne), le Second Empire (dont on ne retient rien alors qu’il permit de moderniser le pays et de développer un grand nombre de nos régions, dont le Sud-Ouest), Vichy (la référence et le résumé de la France selon BHL, dans L’idéologie française qui fut la Bible de nombreux acteurs de Mai)…

Comment s’étonner que le résultat de leurs travaux politiques, sociaux et idéologiques soit une générale détestation de la France, de son passé, de son présent et de tout ce qui y est associé, qu’une partie de notre jeunesse aille au stade pour siffler son hymne national, qu’elle n’hésite pas à quitter le pays ou la langue française ?

Le sentiment national est nécessairement un sentiment particulier : c’est le sentiment d’appartenir à une histoire particulière, de participer à une aventure particulière, de parler une langue particulière et de vivre sous des lois particulières.
Tout à leur lyrisme, les acteurs de Mai, ont décidé de renoncer au particulier pour embrasser l’universel : la France n’est plus que la patrie des droits de l’homme, l’expérience française, libérée de son lourd héritage historique, n’est qu’une promesse de justice sans cesse trahie – une bonne raison de redescendre sans cesse dans la rue commémorer Mai.
Aucune nation ne peut se nourrir que d’universel et chaque fois qu’une nation s’est pensée comme universelle, encore que cette pensée ne fut alors jamais qu’un horizon, cela se traduisit par des guerres et de l’expansion. La colonisation en fut un symptôme : si la France est universelle, pourquoi devait-on en priver les peuples ?

Il est évident qu’on ne restaurera pas l’identité nationale en se contentant d’expulser sans grand discernement un maximum d’étrangers et qu’on n’enseignera pas l’amour de la France et de sa langue (voire de ses langues) par un catéchisme scolaire vidé de toute mémoire et des coupes du monde.

La France est un pays fort de traditions savantes, linguistiques, historiques et universitaires riches et nombreuses. C’est un pays au patrimoine inépuisable mais menacé, par l’indifférence (on détruit de plus en plus d’églises et les châteaux sont massacrés les uns après les autres par de funestes transformations ou, tout simplement, la ruine).

Les acteurs de Mai détestent tant l’héritage qu’ils considèrent qu’on ne le taxe jamais suffisamment, qu’on ne l’entrave jamais suffisamment, car rien n’est plus inique que l’héritage. Je m’étonne souvent qu’ils n’aient pas encore envisagé d’égaliser les patrimoines génétiques (les héritages biologiques)… mais soyons patients : leur passion de l’égalité et leur haine de l’héritage les y conduiront un jour.

Les acteurs de Mai ont oublié une chose importante : tout héritage s’accompagne de dettes ; les premiers, ils ont joui de l’héritage en ignorant les dettes, à commencer par celle qu’on contracte en recevant tout héritage : celui de le transmettre à la génération suivante. Cette dette est une dette laissée non seulement par ceux qui nous ont précédés, mais aussi et surtout qui nous lie à ceux qui viennent et à qui nous devons confier mémoire et savoir car ils sont l’avenir.

Que transmettront ceux de ma génération et ceux de la génération suivante ? On ne fait pas une nation et une histoire avec de la bonne conscience et quelques symboles réconfortants. La nation se bâtit dans les mémoires et dans la langue, pas sur le pavé à hurler des slogans ineptes – les mêmes depuis trente ans (les seules chansons que les plus jeunes partagent avec les plus vieux sont ces chants fort laids des manifestations…).

Ceux qui ont acquis leur rente en jetant des pavés voudraient qu’on les admire d’avoir joui sans partage de leurs privilèges pendant tant de temps en cherchant à nous faire verser une larme émue sur leurs faits d’arme. Ce n’est plus odieux, c’est obscène.

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  • 3 May 2008 à 20h16

    Ludo-lefebvre dit

    Pas le temps de babiller ou badiner ce soir à mon grand dam, je passe juste le bonjour ou le bonsoir selon l’heure de réception à E Lévy, Gil Mihaely, Patrick, Three Piglet’s, Peter Pan, Christian Besse Saige, Guedj, les divers journalistes !
    Cette semaine, je récupère le net, j’aurais donc le plaisir de vous lire plus souvent et plus attentivement !
    Puisque les quinquas gamins de 68 n’ont toujours pas grandi : je propose la fessée en place publique en guise de châtiment lorsque nous aurons un jour débarrassé le plancher des soixante-huitards (il faudra du temps encore, beaucoup)
    Je pense que l’auteur de part sa formation devrait se pencher sur la dialectique, l’essentialisme de 68. Réduire quelqu’un qui aime son pays ou qui est de droite a un nazi, un petit ouvrier à un stalinien etc serait comme assimiler quelqu’un de propre à un maniaque, l’exagération sémantique détourne de la vérité qui est la source de travail essentielle. Malgré mes positions souverainistes, il ne viendrait pas à l’idée d’assimiler le petit ajusteur de chez Renault à un bolchévique antisémite, or après les nationalistes qui furent transformés en raccourcis à des “munichois”, c’est à leur tour (les communistes) d’être victimes de la diabolisation. Loin de partager les idées simplificatrices de la gauche communiste, je ne peux que condamner ces divers détournements.
    Le verbe, cher auteur, c’est par là probablement qu’il y a déjà à rectifier chez les haineux simplificateurs pseudo-humanistes-humanitaires !

  • 3 May 2008 à 19h51

    pixel dit

    Oui la “Marseillaise” n’est pas bleuette, mais la république ne s’est pas implantée qu’en France.

  • 3 May 2008 à 18h32

    Three piglets dit

    Je vous invite à relire les discours des fondateurs de la première république.
    C’est édifiant.

  • 3 May 2008 à 14h47

    pixel dit

    Le meurtre ou le sacrifice originel n’est pas une obligation pour instituer une république.
    Par ailleurs vous faîtes du relativisme idéologique et je ne pense pas que toutes les idéologies se valent.
    Le communisme ou le nazisme ne peuvent être placées sur le même rang que la démocratie, ne serait ce que pour la quantité de sang versé.

  • 3 May 2008 à 14h27

    Three piglets dit

    “Où vous situez vous si vous n’êtes pas républicain?”

    Je n’en sais rien à vrai dire.
    Cela dit, le républicanisme n’est pas une nouvelle religion obligatoire me semble t’il.
    Il ne s’agit que d’une idéologie comme une autre.
    Et d’ailleurs, un système politique qui nait par le meurtre est suspect à mes yeux.

  • 3 May 2008 à 13h57

    pixel dit

    Three Piglets

    Où vous situez vous si vous n’êtes pas républicain?

  • 3 May 2008 à 13h22

    Three piglets dit

    Exact, FP, la monarchie absolue était moins directive que nos démocraties libérales.
    Les républicains ont réécrit l’histoire depuis avec des mensonges.

  • 3 May 2008 à 10h47

    FP dit

    Vous parlez de “siècles sans démocratie”: sans démocratie selon la forme actuelle, concedo; sans démocratie du tout, nego!
    En de nombreux endroits on pratiquait la démocratie directe, nombreux était les bourgs qui s’administraient eux-mêmes, etc.? mais aujourd’hui on n’accepte qu’une forme de démocratie, celle tant vantée par les révolutionnaires de… mai 68.

  • 3 May 2008 à 10h40

    Gotch dit

    Je vous plains. Soixante-huitard de base, j’ai transmis à mes enfants tout ce que j’ai pu trouver dans ma mémoire, parler ancien, histoire, français le plus propre possible, parce que je considérais que c’était mon devoir. Résultat, je suis fier d’eux, et de ce qu’ils font pour justement préserver à leur tour. Transmettront-ils ? Ils n’ont pas d’enfants encore, mais se démènent pour que leurs proches, leurs amis bénéficient à leur tour de ce privilège qu’est une culture équilibrée et le plus exhaustive possible. J’ai soixante ans très bientôt, mais je ne rougis pas de ce qui restera après moi. Vos propos me consternent.

  • 3 May 2008 à 9h43

    gief dit

    Votre article me rassure… mai 68 n’a donc pas fait table rase de tout l’intelligence de notre beau pays. Dieu soit loué.
    Dans une chanson récente, j’avais entendu les mots qui suivent :
    “si je sais d’où je viens, je sais où je vais” ,
    la grande déroute actuelle, responsable l’injustice, de la violence et de ignorance que notre société génère nous inviterait à entendre la pensée réciproque :
    “si je ne sais plus d’où je viens, comment saurais-je où aller ?”

  • 3 May 2008 à 9h21

    le roux dit

    Monsieur,
    Je tombe “par hasard” sur votre article. Permettez-moi de vous féliciter. Votre analyse, incontestable et fondamentalement juste, est servie par un style brillant : c’est suffisamment rare pour être souligné. Peut-être, finalement, avez-vous un peu reçu quand même… Je n’ai que quelques années de plus que vous : je partage donc d’autant plus facilement votre constat sur l’héritage de mai 68.
    Cela dit, comme un certain village gaulois d’heureuse mémoire, il reste encore des pôles qui ont résisté à l’envahisseur. Mais peut-être ne les connaissez-vous pas : il existe encore des écoles parfaitement libres de choisir leurs programmes et leur méthode d’enseignement. Et les élèves de ces écoles obtiennent des résultats élevés dès qu’ils rejoignent, par la force des choses, les meilleures prépas, y compris les plus réputées du secteur public. Leur seul défaut : leur coût, car elles ne bénéficient d’aucune aide financière et ne survivent que par le sacrifice des parents dont les revenus sont parfois modestes. Sacrifice heureux cependant, et j’en témoigne. Elles ont aussi besoin du dévouement des meilleurs professeurs : pourquoi pas ? Pourquoi pas vous ?
    Pour avoir écrit un livre sur les erreurs et les remèdes possibles de notre temps, et pour en terminer la préparation de plusieurs autres, je puis vous assurer que la lecture de votre article a représenté un bon moment. Soyez-en à nouveau félicité et remercié.
    Hubert le Roux.

  • 2 May 2008 à 17h45

    Patrick dit

    Arnaud écrit :
    «Au dela, il y a une autre culture, celle des idées et de la raison. Et là, je ne pense pas être si impregné que ça de culture française.»
    Il y a au moins une énormité dans ce qu’Arnaud a écrit. Saura-t-il la découvrir ?
    Mon conseil : ne sollicitez pas l’aide de Lo !
    Note : Heureux de vous retrouver, Ludovic Lefebvre !

  • 2 May 2008 à 15h55

    Ludovic Lefebvre dit

    Pour fonctionner dans la pensée, la raison, il faut d’abord se réconcilier avec le réel, même lorsqu’il nous déplaît, que les constats sont douloureux à émettre et n’arrange pas notre humanisme premier. Il faut se résoudre à l’exercice simple, mais ô combien difficile de rendre cette réalité à la manière d’une photographie, ensuite peut venir l’interprétation. Or c’est le contraire qui se pratique depuis quelques années, il y a l’interprétation convenable et la réalité se doit de s’adapter à icelle. Pour simplifier, on nous teinte le regard avec des lunettes bleues, puis on nous dit que le soleil est vert (bleu + jaune = vert pourl’infotrmation de LO et autres progressistes qui ont tellement réinventé le bon sens qu’ils l’ont oublié).
    Cela m’arrangerait que BHL ne soit pas juif et ethnocentré, qu’il s’appelle B H Legrand, car je pourrais exprimer mon désaccord quant à sa visée consistant à un grand métissage sauf un pour éviter la guerre alors qu’elle va provoquer la plus sanglante de toutes, que sa liste d’antisémites imaginaire (dont Bourdieux ???) soit plutôt anitblanche, on ne pourrait me qualifier trop vite de ce que je ne suis pas, je ne pourrais tomber dans ce pervers piège sémantique? Cela m’arrangerait que les comiques pas drôles du moment ne s’appellent pas Debouzze, Dieudonné etc, car je pourrais critiquer leur victimisation sans passer pour ce que je ne suis pas, mais ce n’est pas le cas. Remarquez que cette fausse subversion consiste toujours à dénier le noble, le catholique, le blanc et à magnifier ce qui vient d’ailleurs, cependant ce qui vient d’ailleurs n’a d’autre obsessions que nous pourrir, nous spolier, nous insulter etc .
    Pourquoi cette volonté puisque le projet affiché soit que nous vivions ensemble de dénigrer systématiquement l’Homme sur la Femme ? Le blanc sur les autres ? Force m’est de constater à mon grand déplaisir que ce n’est pas le multiculturel qui est en marche, mais l’anéantissement de la civilisation occidentale !
    J’ignore pour vous, mais j’ai l’intention de me défendre.
    L’exégèse du progressisme, de l’Islam est riche et révélateur, il faut lire encore et encore ses “ennemis”, quelqu’ils soient comme ce que l’on aime, être informé au plus près, ne pas reculer devant l’impopularité ou la menace.
    PS : précision pour les non-avertis, la diaspora juive ne pense pas comme un seul homme à l’instar de l’oumma, aussi des juifs pensent comme BHL, Attali, Miller, pas tous, assez peu, je crois même pouvoir dire, nuance importante, je crois.

  • 2 May 2008 à 13h57

    Janus dit

    “Au dela, il y a une autre culture, celle des idées et de la raison. Et là, je ne pense pas être si impregné que ça de culture française. Mais, d’ailleurs, je ne la décrie pas. C’est juste qu’elle m’interesse peu.”

    C’est là où vous avez tout faux.
    Vous êtes l’exemple même de l’homme atteint du syndrome du mythe de l’individu libre. Libre de ses pensées, de ses idées (qu’il prend toujours pour très originales – car il n’a pas assez lu), de sa culture.
    Non Arnaud, vous êtes tout entier le produit de la culture française, pas seulement en ce qui concerne la politesse, les bonne manières et le vouvoiement, mais également votre façon de penser: de structurer vos pensées, de les argumenter, et quelles pensées vous pouvez avoir.
    Même votre déni d’appartenir à la culture française est typiquement français: il vient (en gros) de ce traumatisme initial que fut la défaite de 40 et de la haine de soi que les Français cajolent depuis contre leur pays et qui a fait tant de dégâts (abandon de l’assimilation au profit de l’intégration et du multi-culturalisme, perte de confiance en soi, etc…).
    Enfin, si vous êtes véritablement sérieux en disant que vous n’avez aucun (ou peu) d’intérêt concernant la culture française, je vous plaint – car vous passez à côté d’une des cultures les plus riches et belles du monde.

  • 2 May 2008 à 12h32

    Arnaud dit

    Janus,

    Bien sur, je suis impregné de culture française.
    Mais, de sa culture sociale, c’est à dire de l’ensemble des codes et conventions sociales que nous avons appris à connaitre et reproduire par une immersion depuis tout petit : tutoiement vs vouvoiement, règles de politesse, savoir lire les signes d’approbations/desapprobation, quand ils ne sont que suggerés, politiquement correct. Ce sont des choses très complexes et qui nécessitent une grande expérience.

    Alors bien sur, plongé dans un pays où ces conventions arbitraires sont différentes, vous vous sentez perdu et vous vous dites “comme ces gens sont différents!”. Vous êtes, en fait, mal à l’aise car vous n’avez pas les armes cognitives nécéssaires pour communiquer sans heurts.

    Au dela, il y a une autre culture, celle des idées et de la raison. Et là, je ne pense pas être si impregné que ça de culture française. Mais, d’ailleurs, je ne la décrie pas. C’est juste qu’elle m’interesse peu.

  • 2 May 2008 à 11h05

    d’Aram dit

    Bonjour,
    Je viens de lire votre analyse sur mai 68. Elle est claire et tèrs bien vue.
    On a aucune analyse critique de cette génération 68 sur les médias et pour cause ce sont des soixantehuitards qui dirigent la quasi totalité des médias d’aujourd’hui.

    Bonne fin de semaine et merci pour ces lectures salvatrices .

    G.d’Aram

  • 1 May 2008 à 13h05

    pixel dit

    La division du travail et la production en serie est la base du capitalisme qui a créé les frontières des états nation et c’est le même système qui modifie actuellement les frontières.
    Je n’y met pas de jugement de valeur, c’est un constat. J’imagine que des gens ont du rechigner quand ils ont perdu l’exclusivité de leur pouvoir régionaux lors de la création de l’état français.

  • 1 May 2008 à 12h42

    Three piglets dit

    “La division internationale du travail ” rend dépendant les pays entre eux, les continents entre eux, c’est le principe même du mondialisme : que personne ne soit autonome et n’est le pouvoir de proposer un modèle alternatif.
    D’ailleurs, loin d’être un mouvement autonome et endogéne, cette division et cette spécialisation furent théorisées par les auteurs libéraux, Ricardo en tête.
    Le FMI se chargeant d’organiser tout cela sous prétexte de ‘réforme de structure”.
    Moi, j’appelle cela une mafia.

  • 1 May 2008 à 12h34

    pixel dit

    Oui et la bourgeoisie à eu besoin d’agrandir le territoire pour créer l’état et se donner les moyens pour construire les infrastructures nécessaires au développement de l’industrie. Voir les canaux etc..

  • 1 May 2008 à 12h23

    pixel dit

    Three Piglets

    La division internationale du travail fait que la classe ouvrière et la classe paysanne tendent à disparaître en occident. Quand à la classe bourgeoisie représenté par les familles d’industrielles elle disparaît aussi. La propriété nominale devient anonyme par le biai de l’actionnariat et des groupes financiers.Qui possède quoi? apparement tout cela fonctionne comme des copropriétés avec des syndics.Et l’avenir n’est il pas que tout le monde devienne copropriétaire? Voir les salariés actionnaires de la Société générale qui se sont opposés au rachat de leur entreprise par la BNP.