Mahmoud Abbas, modérément extrémiste
En méprisant ses amis, il a aidé ses adversaires
Publié le 27 septembre 2011 à 17:00 dans Monde
Mots-clés : Israël, Mahmoud Abbas, ONU

Photo : Olivier Pacteau

Chaque semaine jusqu’à l’élection présidentielle, la “Battle” sur Yahoo ! Actualités confronte les éditos de Rue89 et Causeur sur un même thème. Cette semaine, Luc Rosenzweig contre Pierre Haski sur l’adhésion d’un Etat palestinien à l’ONU.
Que n’avions nous pas entendu dans les semaines précédant la demande officielle, par Mahmoud Abbas, de la reconnaissance de l’Etat palestinien par l’ONU ! Cette session de l’Assemblée générale des Nations Unies allait montrer combien Israël et son horrible premier ministre Benyamin Netanyahou étaient isolés, mis au ban des nations pour le traitement indigne qu’ils feraient subir au peuple palestinien.
Les commentateurs les plus réputés, y compris ceux de la gauche israélienne, parlaient d’un « tsunami diplomatique » qui allait ébranler durablement le statut international de l’Etat juif. Et causer quelques dommages collatéraux, comme la baisse vertigineuse du crédit de Barack Obama dans le monde arabo-musulman, en raison du veto annoncé des Etats-Unis à l’admission de la Palestine comme 194ème Etat membre de l’ONU.
C’était oublier la capacité des dirigeants palestiniens de ne « jamais manquer l’occasion de manquer une occasion », selon la fameuse formule d’Abba Eban, le premier chef de la diplomatie israélienne, pourtant réputé pour son opposition de « colombe » au « faucon » David Ben Gourion. De tsunami, l’offensive new-yorkaise de Mahmoud Abbas s’est transformée en vaguelette.
En choisissant une position maximaliste, consistant à solliciter auprès du Conseil de Sécurité l’admission de la Palestine comme Etat de plein droit au sein de l’organisation mondiale, le chef de l’Autorité palestinienne a mis dans l’embarras ceux-là mêmes qui auraient pu l’aider à atteindre cet objectif. Barack Obama, d’abord : la proximité de l’élection présidentielle américaine et sa situation délicate vis-à-vis d’un Congrès massivement pro-israélien, lui interdisaient de « renverser la table » en ne mettant pas son veto à cette démarche unilatérale. Les Européens, ensuite, que l’initiative palestinienne forçait à dévoiler, au moment du vote, leur profonde division sur la question, ce qui n’est jamais agréable.
Mahmoud Abbas a refusé toutes les perches tendues pour lui permettre de sortir la tête haute et renforcé d’une épreuve de force dont, une fois de plus, la population palestinienne fera les frais.
La suggestion française de renoncer à la demande d’adhésion plénière au Conseil de sécurité pour solliciter de l’Assemblée générale de l’ONU le statut « d’Etat non membre » était astucieuse : Mahmoud Abbas rentrait à Ramallah avec un vote massif en sa faveur, et une position renforcée dans de futures négociations bilatérales avec Israël.
En n’écoutant personne, même pas quelques « frères » arabes qui lui conseillaient d’accepter la suggestion française, Mahmoud Abbas a foncé droit dans le mur. Les Etats, contrairement aux opinions publiques, ne se laissent pas entraîner par les émotions. Le discours doloriste tenu à la tribune de l’Assemblée générale – assorti de quelques perles révisionnistes déniant aux Juifs toute relation avec la Terre Sainte1- a peut-être fait pleurer dans les chaumières pro-palestiniennes de nos contrées. Mais il n’a pas pu masquer le fait qu’il est pour le moins prématuré de donner un statut étatique à des territoires où ne règne pas, c’est le moins qu’on puisse dire, une unité de vue sur la stratégie vis-à-vis d’Israël : les maîtres de Gaza ne se sentent nullement liés par ce qui est décidé à Ramallah.
Même l’Espagne, pourtant réputée tête de file des soutiens des Palestiniens au sein de l’UE, a jugé utile de souligner, par la voix de sa ministre des Affaires étrangères, qu’il était temps, désormais, pour les chefs palestiniens de reconnaître Israël comme Etat juif, comme le stipule la toute première résolution de 1947 procédant au partage de la Palestine mandataire. Le retour triomphal de Mahmoud Abbas à Ramallah ne doit pas faire illusion : c’est son intransigeance sur la question des frontières, celle du droit au retour des réfugiés et son refus implicite de la légitimité de l’Etat juif qui étaient acclamés. Cela ne nous rapproche pas de la paix, mais nous en éloigne.
- « Je viens d’une terre qui a vu la naissance de Jésus et l’ascension de Mahomet » Mahmoud Abbas, discours à l’ONU 23/09/2011 ↩
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L'auteur
Luc Rosenzweig est journaliste.
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l’oiseau bleu dit
Autrement dit la mère qui dit a son fils ” Monge ma fils ” lui fait du plat.
Oedipe chmoedipe :-)
rackam dit
La mère qui dit “monge ma fils” obère singulièrement les chances dudit de passer son bac. Mais le “gender” y trouve son compte. Quand les mères fautent, les enfants redoublent.
expat dit
hah ! pas dans mon cas, quand la mère faute, le fils a son bac avec mention ! nan !
isa dit
Alors tous les hommes sont fous?
J’avais un doute, mais voilà…
rackam dit
parce que leurs mères étaient dérangées…
l’oiseau bleu dit
À propos du respect à son père et sa mère, Daniel Sibony a traduit le mot ” caved ” ( honore, respecte, aime ) pa
” donne du poids “
Bibi dit
Et en hébreu courant, Kabed c’est aussi servir (un verre, un plat…)
;-)
l’oiseau bleu dit
Bien sûr que oui lisa.
Nous serons tous là, foi d’Ézéchiel 37,1-14
lisa dit
Joyeux Roch Hachana 5772 !
Et zut, je crois que je ne serai pas là dans 228 ans…
l’oiseau bleu dit
Ces internautes en tous en commun : d’aimer leur Pays et souffrir de sa descente aux enfers
rackam dit
Et certains poussent le vice jusqu’à aimer un pays qui n’est pas le leur. Du moins factuellement…
l’oiseau bleu dit
En classe primaire il y à quelques décennies on m’a appris:
Tout homme a deux patries : sa Patrie et la France
On peux paraphraser et dire
Tout juif a deux patries sa Patrie et Israël
PS avez vous remarqué Patrie vient de pater le père , mais en France on dit La Mère Patrie
akry dit
Affaire bien compliquée que celle-ci.
On peut aimer la France pour ce qu’elle nous a donné en matière d’enseignement (je n’ai pas dit éducation), de culture, d’art de vivre, de valeurs, etc.
Et on peut aimer Israël pour tout ce qu’il représente historiquement, culturellement, philosophiquement même, et surtout vitalement, au sens de qui est essentiel pour la vie, nécessaire pour l’existence, au sens propre.
Comme dit excellemment Daniel Horowitz dans un bel article :
” Israël désire être en paix avec tout le monde, à commencer par ses voisins, mais pas au prix de sa sécurité. Et si on oppose à cela que la crainte d’Israël relève de la paranoïa et que cela risque d’indisposer même ses amis, alors c’est plutôt le problème des amis que celui d’Israël, parce que le peuple juif a largement droit à sa place de choix au panthéon de la paranoïa.
Chacun désire être aimé, mais même sans amis il est plus facile d’être juif en 2011 qu’en 1940. On peut se demander à quoi peut bien tenir cette différence, parce qu’en 1940 les juifs n’avaient pas d’amis non plus.
C’est la devinette du jour. ”
http://arielgurevitz.blog.lemonde.fr/2011/09/21/israel-et-ses-amis/#xtor=RSS-32280322
Bibi dit
On aime sa mère et son père. Pas de la même manière, mais sincèrement. Et aimer l’un(e) n’enlève rien de l’amour de l’autre.
C’est, au contraire, une garantie du bon fonctionnement de la famille.
Dans les 10 commandements il est question de respect parental plutot que d’amour, mais le principe est le même.
paderhy dit
Merci à tous ces internautes dont je partage souvent l’opinion
Certains vont trouver que c’est très communautariste de se souhaiter une bonne année
Je ne suis pas communautariste j’ai des amis partout mais cela fait du bien de lire tous ces souhaits
causeur est le seul journal ou on peut critiquer Israël sans haine
Merci aux journalistes qui nous présentent le confit au moyen orient d’une manière plus équilibrée que les autres medias
akry dit
” causeur est le seul journal ou on peut critiquer Israël sans haine
Merci aux journalistes qui nous présentent le confit au moyen orient d’une manière plus équilibrée que les autres médias ”
Fort juste. Je crains cependant qu’un jour la haine vienne envahir ces colonnes.
Bibi dit
Je ne crois pas que souhaiter la bonne année ou fête soit un acte communautariste. C’est, au contraire, un acte de partage trans-communautaire/religieux.
paderhy dit
Je suis entièrement d’accord mais pour certains c’est un acte communautariste
Il faudrait demander l’avis d’E.L
Bibi dit
Demander l’autorisation de la Schmatologue-suprême-en chef pour une politesse basique?!
Et c’est pour quand la permission d’écrire un commentaire durant la fête?
Shabbat Shalom!
:-D
paderhy dit
Bibi c’était de l’humour pour l’avis d’Élisabeth
Chabat shalom à vous
Shana tova 5772