Le Macron qui cache la primaire | Causeur

Le Macron qui cache la primaire

Analyse d’un phénomène hors-sol

Auteur

Bernard Carayon
est maire de Lavaur et ancien député LR.

Publié le 19 janvier 2017 / Politique

Mots-clés : , , , , ,

macron primaire ps hamon montebourg

Sipa. Numéro de reportage : 00788969_000036. Numéro de reportage : 00789102_000036. Numéro de reportage : 00787049_000003. Numéro de reportage : 00788752_000011. Numéro de reportage : 00785782_000001.

« La gauche n’a pas redressé le pays et a disloqué son camp. » Montebourg a raison. L’aveu est honnête, comme la plupart des aveux ! Le bilan, terrible. On pourrait donc en rester là. Espérer que ses représentants passent leur tour, et nous offrent, en leur absence, quelques vacances. Mais ils sont sept ! Sans compter Macron, Mélenchon et l’habituel cartel des braillards d’extrême gauche.

Valls qui s’en dédit

Manuel Valls célèbre Clémenceau dans la posture du « républicain intransigeant ». Mais il a inauguré sa campagne dans sa ville d’Evry, entouré d’hommes et de femmes soigneusement choisis pour illustrer la « diversité Benetton ». Il est fondamentalement communautariste, oubliant que la République fait fi des distinctions d’origine, de race ou de religion.

Il veut supprimer de la Constitution l’utile article 49.3 qui permet à un gouvernement de s’affranchir des chaleurs d’une majorité. Mais il l’a utilisé six fois, notamment pour faire adopter les lois Macron et El Khomri. « J’ai péché. Je m’en confesse. Sujet suivant ? » Il veut rassembler la gauche. Mais après avoir conçu la théorie des « deux gauches irréconciliables ». L’une serait moderne, la sienne. L’autre archaïque, celle des concurrents. L’exercice est périlleux : il a hérité de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault la fracture du PS sur le traité budgétaire européen de 2012 et le crédit-impôt compétitivité.

Il a porté ensuite le fardeau de la déchéance de nationalité et de la « loi travail ». Retour au confessionnal ?

L’étiquette du PS n’est pas très porteuse aujourd’hui. Ses élus et ses militants rasent plutôt les murs en soirée. Une partie de la gauche, accompagnée de quelques nomades du centre, s’est amourachée d’Emmanuel Macron. L’homme est intelligent. Cela ne suffit pas à en faire un homme politique. Il doit tout à François Hollande, ce qui ressort, en langage comptable, du passif plutôt que de l’actif. Secrétaire général-adjoint de l’Elysée – et donc l’un des plus proches collaborateurs du chef de l’Etat -, puis ministre de l’Economie, M. Macron a été gâté sans avoir jamais été élu. Un médecin qui n’aurait jamais pris le pouls d’un malade, je m’en méfierai. Et mord-t-on la main qui vous a nourri ? La dignité n’est pas équitablement partagée en politique. Il se dit « libéral ». Après avoir augmenté les impôts de 50 milliards, ce n’est pas rassurant.  Que serait-ce avec ceux qui ne sont pas « libéraux » ?

Macron, chouchou des médias

On lui doit, justement, la libéralisation du transport en autocar. Pas de quoi rester dans l’histoire. L’homme plait aux médias. Ce n’est pas non plus bon signe. Macron leur offre l’occasion de se « blanchir » à bon compte du soutien qu’ils ont apporté à François Hollande, en 2012. Il plait aux Français heureux, aussi. Ceux qui ne croisent pas dans leur vie les « sans-dents ».

Son passé chez Rothschild rassure les riches dont le monde est si souvent leur patrie, le milliardaire Xavier Niel, fondateur de Free, Marc Simoncini, fondateur du site de rencontres Meetic, les Français de la City et de la Californie. Marié avec son professeur, il entretient la tendresse des amateurs de « transgressions » : tellement « chouette », cette histoire d’amour, immortalisée avec Paris Match ! Mais pas très sérieux ni très digne dans un pays où il y a neuf millions de Français qui vivent en dessous du seuil de pauvreté et plusieurs centaines de SDF qui meurent, chaque année, dans nos rues1.

Macron se présente en « progressiste ». Forcément le progrès, c’est mieux que l’inverse. Mais le progrès avec les 35 heures, c’est l’économie en noir et blanc. Il se dit européen, mais sans adhérer aux réformes entreprises par nos voisins.

J’ai lu son livre. On y trouve des commentaires, mais peu d’idées. Macron est resté un adolescent romantique. Il est excité par le Pouvoir qu’il a connu tôt sans en mesurer la gravité. Voyez la conclusion de son meeting fondateur à Paris : je me méfierai d’un garçon, si sage en apparence et qui devient hystérique … C’est un nomade qui ne connait ni les terroirs, ni les Français des villages. Il n’est pas enraciné, comme le fut Georges Pompidou, enfant de Montboudif, qui entra aussi en politique sans avoir été élu. Mais c’est de Gaulle qui avait choisi l’homme qui fumait des Gauloises. La différence est là.

Macron a ressuscité le genre du Voyage autour de ma chambre : moi et les petits oiseaux.

Valls ou Macron, cette gauche là, décidément, est trop légère, ou trop « primaire », pour gouverner un pays dont ils ont précipité la ruine, sans remords.

  1. Près de cinq cents SDF sont morts en France en 2015 d’après cette étude.

  • Article en accès libre. Pour lire tous nos articles, abonnez-vous !

    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 22 Janvier 2017 à 8h06

      QUIDAM II dit

      Moins de dix jours avant l’élection de François Fillon, lors des primaires de la droite et du centre, Alain Juppé caracolait largement en tête de tous les futurs candidats à la présidentielle.
      Emmanuel Macron, qui est un jeune homme charmant, enthousiaste, et distingué bien qu’issu du sérail socialiste (rire), caracole et gambade de meeting en meeting.
      Est-il une invention du Parti Socialiste dont beaucoup de militants espèrent, grâce au macronisme, ne pas couler avec le PS et relancer leur carrière politique ?
      Est-il une trouvaille de la bourgeoisie qui, à travers lui, saisit l’opportunité d’ouvrir un second front contre Marine le Pen (après celui de François Fillon) ?
      Les dernières consultations électorales montrent que tout peut arriver : Macron étoile filante ou président de la république.

      • 22 Janvier 2017 à 18h49

        i-diogene dit

        Pfff..

        Le projet de Macron est une alternative au FN qui regroupe la totalité des valeurs de l’ UMPS, plus ceux de Mélenchon, sans avoir les inconvénients des limites partisanes…

    • 21 Janvier 2017 à 11h43

      malinamodra dit

      Ah , au fait, eu égard au trou d’air que l’on ressent en ce moment à Causeur et qui donne à penser qu’il a déjà rejoint le Triangle des Bermudes puisqu’ici on est en anticyclone, bref, eu égard au fait que les articles se font rares sauf ceux écrits par Desgargouilles entre deux stations de métro, je signale que Pif le chien serait disposé à nous faire part de ses réflexions si possible en rubrique politique! Il revient, en effet , de sa promenade avec son maître Craspouille et il a pu lever la patte sur le pantalon du notaire Grapillon!!! La rédaction pourrait-elle enfin donner la parole à cette pauvre bête qui comme les jeunes des banlieues vus par Liogier a encore quelque chose à nous dire

    • 21 Janvier 2017 à 7h18

      FM Arouet dit

      Les programmes:
      Mélanchon, des mots rien que des mots
      Hamon: le financement de mes mesures, c’est quoi ce mot?
      Montebourg: la France ringardisée
      Valls:Des coups de menton
      Fillon: la France de la messe du dimanche matin et du petit gâteau rance
      MLP:Démagogie, démagogie..
      Macron:? Transférer su la csg, donc sur tous, l’assurance chômage pour permettre à quelques cadres ayant leur vapeur de démissionner tous les 5 ans pour vivre au frais de la princesse? Pas très démocratique et limite immoral.

    • 20 Janvier 2017 à 16h07

      malinamodra dit

      Tiens, encore une qui devrait montrer à Crassepouille que bouffer du quinoa ne le rend pas moins con ( ce qui devrait pourtant être aisé) et ne lui permettra pas de nous emmerder plus longtemps

      http://www.lefigaro.fr/jardin/2017/01/20/30008-20170120ARTFIG00058-le-jardinage-bio-est-il-meilleur-pour-la-sante.php

      • 22 Janvier 2017 à 20h42

        slobo-17 dit

        “bouffer du quinoa”???hihihih je croyais que macrone en était à la “macrobiotique”!!!!!hahahahahahahahh

        Nous ne sommes pas très loin de Lille et l’on y aurait parlé de “poivrots”????
        Bref,une chose est claire,c’est pas net!!!!!!!!!!
        je dirais même plus,une chose est nette,c’est pas clair!!!!