Si Macron veut perdre contre Marine Le Pen… | Causeur

Si Macron veut perdre contre Marine Le Pen…

Pas de culture française, vraiment?

Auteur

André Sénik
Professeur agrégé de philosophie

Publié le 18 février 2017 / Politique

Mots-clés : , , ,

Emmanuel Macron en meeting à Lyon, février 2017. SIPA. AP22010465_000025

S’il tient vraiment à démentir les sondages qui le donnent gagnant contre Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, Emmanuel Macron peut abattre une carte maîtresse.

Reprendre à son compte les propos de l’ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon, qui abonde dans son sens, et affirme dans Le Figaro qu’il n’y a pas de culture française, que la culture en France n’est pas nationale, qu’elle est seulement un mélange d’apports étrangers et de particularismes locaux.

L’argumentation d’Aillagon repose sur un sophisme tout bête, le faux dilemme, selon lequel de deux choses l’une : ou bien une culture est nationale, si elle est figée et fermée aux apports extérieurs, ou bien elle est en devenir et ouverte aux apports extérieurs, et dans ce dernier cas, elle n’est pas nationale. Elle est un mélange, et elle n’est qu’un mélange.

Si l’on abat tous les murs…

Cette conception caricaturale de l‘idée d’identité ne s’applique en réalité ni aux individus, ni aux cultures, ni aux nations.

La déconstruction de l’idée d’identité culturelle conduit l’auteur de l’article à conclure sur ces mots prophétiques: « Pour l’avenir du monde, il faut savoir ouvrir des fenêtres, et non ériger des murs ».

On frémit en imaginant ce que Marine Le Pen pourrait lui rétorquer si Emmanuel Macron persévérait dans cette thèse qu’il a lui-même énoncée, et reprenait à son compte l’article de l’ancien ministre de la Culture.

Elle pourrait lui faire remarquer que Lully et Ionesco, cités comme des étrangers par Aillagon, ont été et se sont voulus des Français d’origine étrangère : qu’ils font pleinement partie de la culture française ; et qu’il n’est pas question de les défranciser.

Elle pourrait même ajouter à l’adresse de ces déconstructionnistes que si l’on abat tous les murs, il sera inutile d’ouvrir les fenêtres.

  • Article en accès libre. Pour lire tous nos articles, abonnez-vous !

    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 22 Février 2017 à 15h55

      AMA dit

      “il n’y a pas de culture française”. Et il a fait l’ENA! Ou alors, c’est à se demander ce que l’on étudie dans cette boîte, et surtout dans quelle langue?

    • 21 Février 2017 à 18h20

      nico dit

      Ces oligarques autosatisfaits incarnent jusqu’à la caricature ce qu’est devenue la classe politique, ce ramassis de notables impotents, d’apparatchiks ringards, de paresseux de l’esprit formatés jusqu’à l’os, incapables d’articuler autre chose que le prêt-à-penser routinier et gâteux dont on leur a farci le crâne à Sciences po ou à l’ENA et qui, depuis, leur garantit une « respectabilité » médiatique (chacun ses valeurs) et un joli train de vie.
      L’homme politique contemporain est un illettré. Il ne lit jamais, sinon des prompteurs. Il n’écrit rien, sinon des communiqués de presse — rédigés par ses assistants. Il n’a pas de vocabulaire, il a des éléments de langage. Il n’a pas de pensée, il a un programme. Pas d’éloquence, mais des petites phrases. Pas de repartie, mais des sarcasmes. Pas d’arguments, mais des insultes. Toujours les mêmes.Depuis trente ans.
      http://les-minuscules.blogspot.fr/2016/02/lultraliberalisme-en-une-minute.html
      Nl

      • 21 Février 2017 à 18h36

        i-diogene dit

        … Sans compter les imbrications affairistes, lobbyistes et mafieuses entre les élus, qui ne tiennent absolument pas compte de la couleur politique..: l’ argent n’ a pas d’ odeur..!^^

        Il est impératif de se débarrasser de tout ces vieux élus-parasites qui s’ accrochent à leurs privilèges comme des ténias aux boyaux de la république..!

        Que les affaires éclatent, ça assainira le panel politique et mettra les autres en garde..: ça doit faire très mal de se faire prendre la main dans le sac..!^^

    • 21 Février 2017 à 9h19

      Hannibal-lecteur dit

      C’est bien la première fois que j’approuve Sénik, mais avec ardeur et conviction face à un imbécile style Aillagon, imbécile majeur : dans ma conception de la culture française, je vais encore plus loin : Cervantès, Shakespeare et Kipllng en font partie intégrante par exemple. 
      Et les latins et les grecs… C’est particulièrement stupide de vouloir qu’une culture nationale n’ait de racines que dans cette nation , c’est le contraire de la culture, c’est du repli, c’est stupide.

    • 20 Février 2017 à 18h10

      commissaire joss dit

      « Pour l’avenir du monde, il faut savoir ouvrir des fenêtres, et non ériger des murs ». Mouais… mais on peut aussi posséder des murs tout en ayant les fenêtre ouvertes, ce qui permet de ralentir l’afflux de personnes au passage des fenêtres et de pouvoir ressortir par la porte ceux qui n’ont rien à faire dans la maison.
      Commissaire Joss, désagrégé de philosophie à l’heure de l’apéro.

    • 20 Février 2017 à 15h03

      Jourbon dit

      Qui est Macron ?
      Une petite marionnette manipulée par une grande partie de la gauche caviar qui veut à tout prix garder ses privilèges .
      Pour comprendre, il faut en tout premier ses poser la question de savoir d’ou proviennent les énormes sommes d’argent dont dispose Macron pour sa campagne .
      Pourquoi les médiats ont fermés les yeux sur les origines de ces fonds ?
      Si par malheur, Macron devait se retrouver au deuxième tour , et ensuite être élu, nous aurions droit à la même bande au gouvernement que nous avons en ce moment .
      Nous sommes beaucoup à penser cela, aussi dans le cas d’un duel Macron, Le Pen , nous serions vraiment très nombreux à voter Le Pen .
      Certainement pas par idéologie, et encore moins par convictions politiques, mais uniquement par vengeance envers ces bobos qui ont tendus ce traquenard à Fillon , avec des méthodes dignes de l’ex URSS .
      De toutes façons, que ce soit Le Pen ou Macron , la France serait perdue .
      Seul Fillon est capable de relever notre Pays du désastre dans lequel l’a plongé Hollande .

      • 20 Février 2017 à 16h00

        i-diogene dit

        Pfff..

        QUEL désastre..?

        La France est la 8 ème puissance mondiale avec seulement 1 % de la population mondiale.

        L’UE est la première puissance économique mondiale..!^^

    • 20 Février 2017 à 15h02

      Terminator dit

      Gauchiste rentré et homo refoulé, Jean-Jacques Aillagon peut rajouter comme Emmanuel Macron son nom à la liste des “on”, vous savez, ceux qui osent tout…

    • 20 Février 2017 à 13h30

      Flo dit

      Lu ici :
      http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/02/17/31001-20170217ARTFIG00304-bercy-dispose-du-droit-de-vie-ou-de-mort-sur-la-plupart-des-decisions-politiques.php

      Ce que nous révélons, c’est qu’Emmanuel Macron a utilisé à lui seul, sur les huit premiers mois de l’année 2016, 80% de l’enveloppe totale du ministère de l’Économie consacrée aux «frais de représentation». Cette enveloppe est censée couvrir, pour le ministre et ses secrétaires d’État, les dépenses de réceptions, de déjeuners, de dîners à Bercy. Emmanuel Macron, inconnu il y a encore trois ans, s’est servi du ministère pour prendre son envol. Il a donc massivement invité des personnalités influentes pour tisser sa toile. Y compris des personnalités qui n’avaient rien à voir avec le monde économique: sondeurs, artistes, responsables religieux. Il n’y a rien d’illégal là-dedans, même si c’est une zone grise. Cela montre simplement qu’Emmanuel Macron savait depuis longtemps qu’il ne finirait pas l’année 2016 au ministère de l’Économie et qu’il avait d’autres ambitions. Si les autres ministres de Bercy n’ont rien vu venir – Michel Sapin nous le confesse -, en revanche l’administration se doutait de quelque chose, en voyant l’enveloppe des frais de représentation se vider: «à ce rythme-là, on ne sait pas comment Emmanuel Macron aurait pu finir l’année», nous explique un cadre. Il n’a pas eu à le faire, en démissionnant en août 2016, avant de se déclarer candidat à la présidentielle.