Pourquoi je ne voterai pas Macron | Causeur

Pourquoi je ne voterai pas Macron

Mon front républicain

Publié le 05 mai 2017 / Politique

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Sipa. Numéro de reportage : 00804732_000027.

C’est affaire d’une toute petite minorité que d’être indépendant, et c’est le privilège des forts. Celui qui s’y essaye, même à bon droit, mais sans y être obligé, prouve par là qu’il est non seulement fort, mais encore audacieux jusqu’à la témérité.”1 Par-delà le bien et le mal, par-delà le souverain Bien et le péril brun, il faut faire preuve sinon de force, d’une liberté réelle, pour résister aux injonctions du Front qui n’est républicain que parce qu’il se donne la peine de se dire républicain.

Le choix de ne pas choisir

Il faut tenir la barre contre vents et marées. Passer à travers les vagues, qui ne sont pas bleu marine, ne pas se laisser emporter par les flux de pressions familiales, amicales et inamicales. « Tu n’as plus le choix » ai-je entendu.

Si, j’ai encore le choix. Au moins celui de ne pas choisir.

>> A lire aussi: Ma consigne de vote: faites ce que vous voulez! – Par Elisabeth Lévy

Et voilà que depuis quelques jours, ma confrérie s’y est mise, jusqu’à mon Ordre, qui par une délibération votée paraît-il, à une courte majorité, y est allé de son appel. Il faut voter pour Emmanuel Macron, pour défendre l’Etat de droit. L’Etat de droit ? Il fallait bien trouver quelque chose, pour nous démarquer, nous autres robins. Il faut dire que toutes les vieilles ficelles, pourtant usées jusqu’à la corde, avaient déjà été ressorties depuis le soir du premier tour.

A commencer par la menace fasciste. C’est pourtant les tenants de cette énième résistance qui se sont adonnés à ce qui est précisément le fascisme, à savoir comme l’écrivait justement Philippe Muray, «le refus de la discussion sur la réalité au profit des mots d’ordre»2.

Jean-Luc Mélenchon a été invectivé, Nicolas Dupont-Aignan comparé à Laval. Et Marine Le Pen à Hitler, bien entendu. Le vulgaire Pierre-Emmanuel Barré s’est vu couper le sifflet par France Inter, non pour avoir voulu une nouvelle fois insulter la terre entière mais pour avoir refusé de prendre position. C’est donc cela, le monde enchanté des libertés menacées.

Leur champion qui était allé pour ressortir un autre levier bien connu, celui de l’idéal européen, rendre visite à Habermas, pourrait à l’occasion, leur enseigner « l’éthique de discussion ».

Il eût fallu pour cela, sans doute, qu’il se l’appliquât à lui-même. Il n’avait pas hésité après que Marine Le Pen eut interrogé la responsabilité de la France plutôt que celle de l’Etat Français dans la rafle du Vel d’Hiv’ à affirmer en substance qu’elle était la digne fille de son père, alors qu’en condamnant le régime de Vichy, elle en prenait l’exact contrepied.

Mais le combat politique sacrifie à peu de frais l’honnêteté intellectuelle.

Il aurait pu en rester là. Mais il a ajouté à la malhonnêteté, l’indécence en allant au Mémorial de la Shoah afin de rendre hommage à « toutes ces victimes fauchées par les extrêmes. »

Il a feint un effroi grotesque, soufflant « des enfants… », hochant la tête comme pour exprimer un « non » devant des documents sur lesquels figuraient des noms de déportés. N’avait-il jamais pourtant entendu ne serait-ce que parler des enfants d’Isieu ? Peut-être aurait-il appris alors que c’est Gilbert Collard qui avait plaidé leur cause lors du procès Barbie.

La nouvelle judéophobie

Les juifs de France méritent bien mieux que d’être pris pour des clients devant lesquels on viendrait s’apitoyer pour les drames qu’ils ont connus par le passé, espérant par-là, recueillir leurs suffrages. Des drames, ils en connaissent régulièrement dans notre pays. D’Ilan Halimi à l’Hyper Casher en passant par ceux tués par Mohamed Merah. Mais il est plus aisé de réveiller le souvenir de la judéophobie des années 1940 que de prendre au sérieux celle des années 20003. Comme il est sans doute plus profitable de ressortir l’épouvantail du fascisme de la droite nationale, que de viser l’islamisme qui en a pourtant tous les attributs.

Je comprends et je saisis les répugnances que chacun peut avoir à l’idée d’imaginer Marine Le Pen accéder au pouvoir. Le Front national n’est pas un parti tombé du ciel. Et l’éphémère présidence du négationniste Jean-François Jalkh n’arrange rien.

Mais l’envie de voter pour un candidat manifestement prêt à tout et qui représente la post-France, par son utilisation permanente des anglicismes, par son mépris des règles élémentaires de la grammaire, par sa propension à faire de la France une nation multiculturelle, par son souhait de substituer au droit du travail, l’uberisation des rapports, par la critique repentante de son histoire, par l’invitation à la jeunesse à devenir milliardaire, n’est pas chez moi plus grande.

Etre avocat, c’est avant tout être libre.  Libre de faire résonner une discrépance et non de s’aligner. Libre de ne pas se prendre pour Hugo à Guernesey ou pour Jean Moulin. Il y aurait un truisme à souligner que la plupart n’en ont pas l’étoffe mais surtout qu’ils ne sont pas exposés aux mêmes risques. Ce qu’il y avait d’admirable chez Madame Dreyfus, selon Fernand Labori, c’était « sa fidélité à l’infortune », non son conformisme en temps de paix.

Libres enfants de l’Eglise

Libre encore de ne pas céder à la reductio ad hitlerum ou ad lepenum… et de ne pas être voué aux gémonies pour cela, comme c’est le cas du Pape François et des évêques de France. On leur fait grief de ne pas prendre le pas de Dalil Boubakeur ou de Haïm Korsia, probablement par ultramontanisme, et on les renvoie au rang d’héritiers de Pie XII, reprenant la propagande soviétique et oubliant que l’Eglise, ce fut aussi Pie XI et l’abbé Grégoire.

Libre de réintroduire de la nuance, de regarder le présent les yeux grands ouverts et de ne pas souffrir d’une mémoire paresseuse. Libre alors, de pouvoir citer des propos attribués à Jacques Charpentier, sans l’entendre réduit au statut de bâtonnier de la Collaboration, comme il y aurait eu le Pape d’Hitler. Et de s’interroger ainsi dans une solitude balsamique : “Que reste-t-il ? Tourner le dos au siècle ? Se révolter jusqu’au bout ? Enfin comme ceux qui n’ont rien à dire, s’asseoir sur le quai de la gare… relever le col de son manteau… attendre le dernier train qui vous emportera.4

Et qu’à Dieu ne plaise : ne pas être contraint de le prendre En Marche.

  1. Friedrich Nietzsche, Par-delà bien et mal.
  2. Philippe Muray, Le cri du perroquet, Exorcismes spirituels IV, Moderne contre Moderne.
  3. Pierre-André Taguieff, La Nouvelle judéophobie.
  4. Thierry Lévy et Jean-Denis Bredin, Convaincre. Dialogue sur l’éloquence.

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    • 6 Mai 2017 à 18h42

      petilu dit

      L’article 227-27 du code pénal prévoit en effet 3 ans de prison et 45 000 euros pour “les atteintes sexuelles sans violence, contrainte, menace ni surprise sur un mineur âgé de plus de quinze ans”.
      “Contrairement à ce qui a été souvent écrit dans la presse, elle n’a jamais eu Emmanuel Macron dans sa propre classe comme élève. Elle apprendra à connaître dans le club de théâtre qu’elle anime cet ado de 15 ans, plutôt décontracté. Sera séduite par ces capacités « hors norme ». Ont-ils sauté le pas durant la scolarité du lycéen ? L’enseignante réfute dans ce livre toute aventure charnelle du temps où elle le dirigeait au club-théâtre. « Je ne l’ai jamais vécue comme une transgression », confie-t-elle. « Je ne l’ai jamais considéré comme un élève ».”
      No comment.

      • 6 Mai 2017 à 22h22

        gnu dit

        Et alors ? C’est leur problème non ?
        Vous n’avez pas eu de sexualité à l’adolescence, en particulier avec des majeurs ?
        L’hypocrisie à ses limites, vive la liberté.

        • 6 Mai 2017 à 22h39

          Warboi dit

          C’est même pas ça le problème.
          On ne sait rien de ces temps anciens.
          Maintenant cela ne regarde plus qu’eux.
          Aujourd’hui c’est un couple magnifique, solide, amoureux, fusionnel.
          et que tous les aigris, les mal baisés, les pisse-froid, les jaloux aillent se faire voir chez les Grecs qui leur apporteront peut être ce qui leur manque tant.

        • 7 Mai 2017 à 11h17

          Flo dit

          Non gnu, je n’ai jamais eu à  15 ans de relations sexuelles avec un de mes profs de mon lycée âgé de 40 ans et père d’une de mes camarades de classe.  

          Jamais.  

    • 6 Mai 2017 à 18h39

      Laocoon1 dit

      Le FN, est une escroquerie politique et intellectuelle, le dernier débat le montre aisément.
      Bien sûr chacun est libre de choisir ou de ne pas choisir ? Seul, l’instant où décidément on se fixe, dans l’erreur, ou bien où l’on fait l’effort de poser un juste jugement de valeur, ‘’est l’instant de la liberté.’’
      Horace dit : Je n’ai pas balancé pour faire mon devoir.
      Et chez Descartes, le libre choix est toujours un choix éthique entre ‘’la valeur et la non valeur’’.
      Le fait de ne pas choisir, c’est une fuite !!!
      Choisir de voter E. macron n’est pas forcément un vote d’adhésion mais de raison, afin d’éviter le chaos FN.

      • 6 Mai 2017 à 22h27

        gnu dit

        Faux, étudiez la logique ternaire en mathématiques, appliquée en particulier dans les chemins de fer.
        Voter blanc peut signifier qu’on veut annuler l’élection. 

        • 7 Mai 2017 à 11h20

          Flo dit

          Voter blanc, c’est refuser de cautionner cette mascarade. 

        • 7 Mai 2017 à 11h22

          Laocoon1 dit

          Pour cela il faudrait que le vote blanc soit reconnu, ce qui n’est PAS LE CAS!

          faire intervenir les mathématiques (ou les algorithmes, ai-je le droit d’évoquer un mot venant du nom latinisé du mathématicien perse Al-Khawarizmi, écrivant en langue arabe ?)
          Ne change rien,il est vain de penser que le vote blanc puisse devenir majoritaire…

        • 7 Mai 2017 à 11h34

          Flo dit

          Et alors ?
          On est encore libre de voter blanc ou bien on esr déjà dans une dictature où le vote Macron est obligatoire ? 

          Ce vote blanc, je le vois justement comme une expression de la liberté.  Ce qui votent blanc revendiquent leur liberté.  Cela a vraiment de la gueule. 

        • 7 Mai 2017 à 16h38

          darshan dit

          Voter blanc est probablement le plus libre et le plus conscient des choix, il nécessite du courage pour s’extraire des idéologies,se retrouver seul face à soi-même et reconnaître qu’aucune des autres alternatives n’emportent notre adhésion.
          De plus, il ne manque pas de panache, puisque nous savons au préalable qu’il ne sera pas reconnu !

    • 6 Mai 2017 à 18h21

      PiratePhantasm dit

      Choisissons contre qui nous souhaitons nous battre pendant 5 ans et ne chions pas sur les Jean Moulins et autres resistants qui se sont battues pour anéantir les fachistes. Laissons leur leur combats et menons les notres dignement sans détruire ce qui a déjà été gagné par le passé.

    • 6 Mai 2017 à 14h01

      gnu dit

      G. Sergent, tu votes pour qui tu veux, c’est ton problème et ça ne nous regarde pas.
      Le secret des urnes tu n’as jamais entendu parler ?
      Tu vas aussi nous dire ce que tu bouffes le midi et ce que tu fais la journée ?
      passionnant …

    • 6 Mai 2017 à 10h51

      lafronde dit

      Presse audiovisuelle partisane, libertés publiques reniées par le régime, corruption de nos droits-libértés républicains en droits-créances progressistes. Cette élection a été manipulée par des services de l’Etat, CSA et Audiovisuel public en tête.

      Souhaitons que le citoyen qui veut rester libre, censurera lors des Législatives, un régime présidentiel progressiste et post-républicain.

      • 6 Mai 2017 à 14h08

        gnu dit

        Mais oui c’est ça, donnez des preuves au lieu de répéter bêtement comme un perroquet la voix de votre maître.
        Avec la chèvre de président qu’on a eu pendant 5 ans, vous vous êtes senti en prison ?
        Allez donc voir comment ça se passe à l’étranger, ça vous apprendra à réfléchir avant d’écrire n’importe quoi.

        • 7 Mai 2017 à 19h35

          Donna se meurt dit

          Moi j’en donne des preuves. Mais 80% de mes posts sont censurés, même sur l’Express, Le Figaro, Le Parisien ou Rtl. (je n’évoque mm pas la presse de gauche)
          J’ai alerté le médiateur de FranceTv et celui de France Inter, jamais de réponse. Je tente de tweeter sur Taratata, impossible. Jamais pu non plus intervenir sur l’antenne d’Inter en… 30 ans !
          Il n’y a qu’ici qu’on puisse me lire.
          En France, on a le droit de dire ou écrire quasiment tout ce qu’on veut, du moment que c’est de gauche. Visiblement ça vous convient.

    • 6 Mai 2017 à 7h18

      ABBM dit

      @ Sancho Pensum 18 h 39
      Quel commentaire hautement philosophique et argumenté !
      On se croirait dans la cour de récréation d’un collège d’adolescents boutonneux …

    • 5 Mai 2017 à 23h33

      solitude dit

      A relire ! et veillez bien au dépouillement!

      Récit L’ex-élu socialiste du Pas-de-Calais, mis en examen dans une affaire de fausses factures, mouille ses anciens camarades dans un livre.

      http://www.liberation.fr/societe/01012391916-avec-gerard-dalongeville-le-ps-est-prevenu

    • 5 Mai 2017 à 23h31

      durru dit

      http://www.atlantico.fr/decryptage/et-boum-dernier-rebondissement-politique-campagne-est-aussi-premier-retropedalage-majeur-emmanuel-macron-renouvellement-elites-3040284.html
      Non, Macron n’est pas socialiste. Il n’est même pas de gauche. Ptdr !^^
      Et il tient toujours parole, comme tous ses soutiens et suiveurs.

    • 5 Mai 2017 à 18h39

      Sancho Pensum dit

      On s’en branle, mon vieux, de ton vote. Comme de tes arguments.

      • 5 Mai 2017 à 20h36

        laborie dit

        C’est bien ce que je disais l’autre jour, tu te branles et tes touches collent comme tes pseudos neurones