Macron-Fillon-Mélenchon: être «anti-système», le bon plan | Causeur

Macron-Fillon-Mélenchon: être «anti-système», le bon plan

Mais cela suppose la collaboration des journalistes!

Auteur

Ingrid Riocreux

Ingrid Riocreux
Agrégée de lettres modernes et auteur de "La Langue des médias"

Publié le 23 janvier 2017 / Médias

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macron melenchon fillon medias

Sipa. Numéro de reportage : 00788969_000030. Numéro de reportage : AP21981591_000002. Numéro de reportage : 00788794_000013

« Ça commence à faire beaucoup », fait remarquer le Huffington Post, dans un article consacré aux candidats qui se prétendent « anti-système ». Je suis d’accord. Si l’on peine à définir le système, une chose est sûre : il est vendeur de ne pas en être ! Mais les médias auraient tort de traiter par le mépris ce qui s’avère être une stratégie fort efficace… grâce à eux.

Un scepticisme dédaigneux accompagne en général ces réactions et peu de gens s’inquiètent de l’incohérence qui permet d’affirmer à la fois qu’un candidat vient du système et que le système n’existe pas. C’est qu’on confond système et système.

Dénoncer le « système » serait populiste. Je ne vois pas ce qu’il y a de mal à être populiste ; ce sont les démagogues qu’il faut craindre. Les populistes prétendent se faire les porte-paroles du peuple ; les démagogues s’efforcent de lui plaire, dans le seul but de satisfaire leur ambition personnelle. Cela ne signifie pas que tous les populistes soient recommandables. Nombre d’entre eux sont, en réalité, des démagogues. Mais passons.

La première chose à noter, c’est que ceux qui parlent « du système » entendent le dénoncer, le combattre (en face, on ne défend pas le système, on conteste son existence). Cela suppose 1. Qu’il existe, 2. Qu’il est illégitime.

« Personne n’est capable de définir le système », dit Jean-Michel Aphatie.

Lisez la suite de cet article sur le blog d’Ingrid Riocreux.

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    • 26 Janvier 2017 à 8h18

      gugusgland dit

      Je pense que c’est une erreur de mettre sur le même plan Mr Mélenchon et les deux autres. De part compte tenu de leur programme politique et leur idéologie, d’autre part, compte tenu de leur passé. Que Mrs Macron et Fillon soient issus de la bourgeoisie n’est pas un problème en soit (Salvador Allende était un médecin franc-maçon, ça ne l’a pas empêcher de mener un révolution citoyenne), en revanche leur action politique, leur idéologie, leur programme, et leurs liens avec le pouvoir, la finance, les banques, sont absolument différents. Et ne pas prendre cela en considération revient à professer le “tous pourri”. Ce qui pour le coup est très démago!

      • 26 Janvier 2017 à 11h07

        QUIDAM II dit

        Emmanuel Macron est un bourgeois si intimement modelé par « le système » qu’il traite spontanément des ouvrières « d’illetrées », et recommande à un ouvrier de travailler (pour s’acheter un costume), comme si lui-même avait réellement travaillé une seule minute dans sa vie… c’est-à-dire occupé, dans une ambiance détestable, un poste précaire, mal payé, pénible et sans avenir.
        Dans ce sens, relever qu’il n’est qu’un bourgeois privilégié de gauche, issu des mêmes réseaux que ses rivaux, souligne qu’il ne peut rien savoir de ce que vivent aujourd’hui les gens ordinaires (souvent même dotés d’importants diplômes). Cela ne relève en rien de la démagogie.

        • 26 Janvier 2017 à 11h59

          gugusgland dit

          Ce n’est pas votre propos que je traitais de démagogue, mais le tous pourri sous entendu par la mise en parallèle de Macron/Fillon/Mélenchon, même si l’article au complet est plus profond que cela. Je pense que nous somme d’accord sur le fond concernant Macron. Je soulignais simplement que pointer son origine bourgeoise n’avait pas de sens si l’on omettait de l’associer avec ses réseaux et ses actes.

    • 25 Janvier 2017 à 12h07

      Caillaux dit

      Tous ces “ON” alors qui va changer la constituti”on”?

    • 24 Janvier 2017 à 7h52

      QUIDAM II dit

      Emmanuel Macron est non seulement un parfait rejeton de famille bourgeoise, un ancien élève de l’ENA, un ancien banquier d’affaire, un ancien haut fonctionnaire, un secrétaire général adjoint de la présidence de la République et un ancien ministre de l’économie et de l’industrie… mais encore il incarne jusqu’à la caricature le gendre idéal aux yeux bleus à qui toutes les mères de France et de Navarre rêveraient de donner leur fille.
       Emmanuel Macron, qui est l’extrait de quintessence du système politico-économique, éducationnel et médiatique français, est promu comme un candidat « anti-sytème »…
      Et cela ne déclenche pas des fous de rire !
      Il est vrai que, depuis quelques années, on nous a vendu :
      - Les profits d’aujourd’hui sont les emplois de demain (rires)
      - Mon adversaire c’est le monde de la finance (rires)
      - l’islam est une religion de tolérance (rires)
      - L’UE, c’est la prospérité et le plein emploi (rires) etc.
      Plus conforme que lui au « système », il y avait peut-être Balladur. C’était il y a longtemps, et Balladur, qui était donné gagnant haut la main par les sondages, a finalement été éjecté.  
      Qui jurera que l’Histoire ne se répète pas ?

      • 24 Janvier 2017 à 10h39

        steed59 dit

        - Les profits d’aujourd’hui sont les emplois de demain (rires)

        Cette phrase c’est Helmut Schmidt dans les années 70 – à l’époque où Mitterrand promettait la rupture avec le capitalisme – et ça leur a plutot bien réussi aux allemands

        • 24 Janvier 2017 à 11h05

          mogul dit

          Pas à tout le monde…

        • 25 Janvier 2017 à 9h27

          QUIDAM II dit

          En Allemagne, il est possible d’employer des gens pour deux euros de l’heure. L’Allemagne n’assume pas, comme la France, d’énormes coûts militaires de défense.
          Mais il est vrai que l’Allemagne, contrairement à la France, a pris très grand soin de ses PME et n’a pas sacrifié ses activités industrielles à la croyance nouvelle en une économie dématérialisée. 

    • 24 Janvier 2017 à 7h50

      keg dit

      Avant on disait “ce sont les grandes familles qui dirigent”. Devra t-on dire “ce sont les médias qui dirigent”.
      Les mots manipulent les situations, qui manipulent les urnes et qui donc manipulent le Peuple.

      Dis papy, c’était quoi une élection de ton temps? Y avait-il des candidats et des systèmes politiques crédibles? Quand t’es-tu laissé entraîner dans la pourriture électorale pro ou anti système? L’avenir de le dira fiston!

      http://wp.me/p4Im0Q-1vj

      • 25 Janvier 2017 à 12h13

        Caillaux dit

        Les grandes familles sont remplacées par BPI, APE (agence participations de l’état) CDC (Caisse des dépôts), … tous de la famille des grands serviteurs moulées par science po et ENA.

    • 23 Janvier 2017 à 16h24

      i-diogene dit

      DEMAGOGIZE:

      Un système..? NAN..: Il y a des systèmes politiques qui dépendent TOUS du système capitaliste..!

      La preuve: aucun système politique n’ abolit l’ argent, sauf, bien sûr, l’ anarchie..

      … Mais l’ anarchie ne prétend pas gouverner (par définition), c’ est juste un contre-pouvoir contre l’ excès de pouvoir..!^^

      - Le capital est donc un paramètre incontournable qui spécule avec des sommes gigantesques et, donc, monopolise la majorité l’ argent produit par l’ activité humaine (près de 90 % de l’ argent existant sur le plan mondial)..

      - Les flux d’argent produit par l’ activité sont captés par le capital: cartes bancaires, chéquiers, virements, prêts, épargne, assurances, etc.. Sont des monnaies virtuelles qui font que très peu d’ argent circule dans nos sociétés occidentales (à peine 3 % des échanges se font en espèces, tout le reste étant virtuel ou scriptural)… Et ça va encore diminuer et certainement disparaître, avec les petites monnaies virtuelles genre Monéo et paiements avec les portables.. Ce jour-là, le capital aura 100% du pouvoir…!^^

      - Pour reprendre du pouvoir sur le capital, il suffirait donc de décider de retirer ses gains des banques et de payer en espèces… Mais ça, AUCUN système politique ne vous incite à le faire..!^^

      Alors, “hors système”, ça ne veut rien absolument dire…

      • 23 Janvier 2017 à 16h28

        i-diogene dit

        * Le “Z” de “démagogiZe” est une faute de frappe (à l’ intention de Durru..!^^)..

      • 23 Janvier 2017 à 16h31

        rolberg dit

        Merci d’avoir pris la peine d’expliquer que l’humanité est finalement dominée par l’argent. Vous ne serez malheureusement pas cru, les victimes du capitalisme, nous tous, préférant imaginer que les possédants ont quelque compassion envers ceux qu’ils exploitent. 

        • 23 Janvier 2017 à 16h44

          i-diogene dit

          Bah, c’ était juste le rappel d’une évidence que tout le monde a perdu de vue..:

          - L’ esclavage moderne n’ utilise pas de chaînes, mais le carcan des moyens de paiement..!^^

    • 23 Janvier 2017 à 14h37

      isa dit

      Fillon anti- système? Le chef de LR?
      Macron énarque?
      Mélenchon lambertiste?
      Madame Riocreux, un peu de maturité politique vous ferait du bien. 

      • 23 Janvier 2017 à 14h49

        durru dit

        On voit bien le déficit de style par rapport à Sancho.
        Comment ça, Macron pas énarque? Diplômé de l’ENA, quatre ans d’inspection des finances, deux ans à bosser à l’Elysée, plus deux ans ministre, ça veut dire quoi, tout ça?

        • 23 Janvier 2017 à 14h56

          isa dit

          Pourquoi cette comparaison avec Sancho l’antisemite???????

      • 23 Janvier 2017 à 14h55

        isa dit

        Désolée, ce sont des points d’exclamation que je voulais utiliser.
        Ces trois personnes sont tout à fait intégrés à un système politique. Macron, Fillon et Mélenchon ont en plus tous ete ministres.
        Quels exemples dehors système! 

        • 23 Janvier 2017 à 16h11

          André dit

          Manifestement vous n’avez pas lu l’article. Ce qui serait pourtant la moindre des choses avant de le commenter. Pour ceux qui en connaissent le contenu, votre critique paraît tristement bête et orgueilleuse.

          Ou bien vous avez des problèmes de compréhension. Alors pour vous aiguiller un peu : 1. A supposer que le système existe, l’auteur dit en substance que dans le champ médiatique, cette notion désigne l’acceptation de la prééminence morale des médias par les hommes politiques. Ce terme ne concerne donc pas l’origine socio-professionnelle des candidats (ni leur parcours politique antérieur) au sens où il est utilisé couramment. 2. L’auteur souligne à quel point la posture du candidat “anti-système” est étroitement corrélée à l’attitude des médias à son égard. 3. Plus simple encore : lisez le passage où il est fait allusion à Macron avant de prêter à l’auteur de l’article des idées qu’il n’a pas…

          Madame isa, la finesse n’est apparemment pas votre fort.

    • 23 Janvier 2017 à 14h05

      rolberg dit

      Les assoiffés du pouvoir sont si accros, leurs appuis de la classe possédante sont si déterminants, qu’ils empêchent l’érection d’un système démocratique, ces deux devant normalement faire pléonasme.

    • 23 Janvier 2017 à 13h41

      clark gable dit

      Macron , Fillon , Mélenchon , putain con , comme on dit a Toulouse pour finir sa phrase !

    • 23 Janvier 2017 à 13h23

      Aristote dit

      Les politiques n’ont pas d’autre choix que de faire avec le “système”, y compris, le cas échéant, en jouant à “l’anti système”.

      Cela n’empêche pas certains hommes politiques d’avoir par ailleurs quelques convictions qui n’entrent pas dans l’idéologie du système. Et s’ils ont su suffisamment bien jouer avec le système, ils peuvent alors défendre ces idées hérétiques au titre d’une posture anti système.

      Je pense à Hamon, dont je ne partage pourtant pas du tout les idées, Fillon sur Assad et Poutine, à chacun de trouver ses exemples. 

    • 23 Janvier 2017 à 12h39

      caffer dit

      Macron ; ENA, Inspection des Finances, banque d’affaires, soutenu dernièrement par Alain Minc et Christine Lagarde.
      Mélenchon ; ancien de l’OCI, trotskiste, passé au PS, ministre, sénateur et député européen. 
      On se demande en quoi ces deux hommes sont anti-système !

      • 26 Janvier 2017 à 8h38

        gugusgland dit

        On peut difficilement comparer ces deux parcours. Quand l’un est soutenu par Minc, Lagarde et Attali, l’autre l’est pas Lordon et Ruffin. Quand l’un à fait l’ENA, l’autre à une licence de philosophie. Quand l’un a été ministre de l’économie sous le gouvernement Heyrault et Valls qui n’avaient de gauche que la prétention, l’autre était ministre délégué à l’enseignement professionnel sous un gouvernement de cohabitation Jospin (certes pas révolutionnaire). Et critiquer de cette manière le mandat de député européen de Mr Mélenchon sur le mode “tous pourri” (et même si on est pas d’accord avec ses idées), c’est ne pas examiner ses votes, tous clairement expliqués dans son blog consacré au parlement européen, et très en dehors de la pensée unique européenne. Je pense qu’il convient de faire preuve d’un peu de discernement et de finesse. C’est avant tout cela, ne pas faire de démagogie!

    • 23 Janvier 2017 à 12h21

      Habemousse dit

      « …le personnel politique consacre la prééminence de la morale portée par les médias… en s’y soumettant. »
      « …la démocratie a été confisquée par les médias. A partir du moment où l’on est candidat, on accepte d’être un objet médiatique. »

      Le but est d’apprivoiser les médias et leur vitrine, le monde artistique, toujours en représentation.

       A ce petit jeu la gauche a quelques dizaines d’années d’avance, et ses adversaires, pour rebondir et reprendre leur liberté, seront obligés de dévoiler ce qui la fait vivre, en contrôlant ces soi-disant avancées « démocratiques », pour apparaître autoritaires donc tyranniques.

       S’il n’y avait que les médias à le faire vivre, le « système » ne serait pas viable : que faites vous des syndicats qui contrôlent l’éducation, la justice, les grandes écoles, les institutions et quelques grands groupes privés choisis pour leur importance stratégique, comme Total, Air France, EDF, SNCF, RATP ou Renault ?

      Sans eux, les médias ne seraient pas pris au sérieux par une population encore éveillée ( pour combien de temps ? )

       Les politiques jouent à être leurs obligés grâce aux femmes et aux hommes mis en place aux postes stratégiques nommés dans le paragraphe précédent : mais ce sont eux qui tiennent les cordons de la bourse et qui viennent, comme par hasard de gratifier le monde du téléfilm de trente huit millions d’euros supplémentaires, pour, paraît-il, l’aider à produire français, alors qu’on est envahi de nouveautés made in de chez nous ?

      Après, que les acteurs et les journalistes veuillent faire du zèle pour les remercier, à l’image de messieurs Apathie, Cohen et consorts, c’est évident.

      Bref un système est un tout idéologique dont les médias sont la face émergée. 

    • 23 Janvier 2017 à 11h52

      meylanville dit

      Après les François Mitterrand, François Bayrou, François Hollande, François Rebsamen, François Fillon, voici venu le temps de Melanchon, Macron, Hamon, Fillon .
      Le seul qui cumule : François Fillon .

      • 23 Janvier 2017 à 12h02

        dov kravi דוב קרבי dit

        Un signe qui ne trompe pas, foi de mage.

      • 23 Janvier 2017 à 12h18

        François dit

        Sans parler des François tout court…. ou du pape actuel…

    • 23 Janvier 2017 à 11h51

      A mon humble avis dit

      De Gaulle était anti-système: en 1940 en s’opposant à Pétain; en 1946 en démissionnant pour refuser le retour du système; en 1958 pour revenir en chamboulant le système; en 1969 en partant définitivement parce qu’il ne pouvait plus lutter contre le système.
      Sarkozy a tenté d’être anti-système en 2007 avec sa “rupture”, mais il n’a pas réussi à l’assumer; il a voulu revenir en 2016, mais à l’intérieur du système, faute rédhibitoire.
      Il n’existe pas de candidat anti-système en France aujourd’hui, uniquement des politiciens qui veulent le faire croire. Fillon n’essaye même pas, et il ne veut “casser la baraque” que par conformité au système, pour qu’il fonctionne mieux.
      Le système qu’on n’aime pas, c’est toujours celui des autres.

    • 23 Janvier 2017 à 11h44

      agatha dit

      Pauvre Sancho P., Ingrid Riocreux ne lui facilite pas la tâche cette fois-ci : son texte est long, riche et sa réflexion très aboutie. Comment va faire Sancho pour lire jusqu’au bout puis dénigrer et ricaner ? Usera-t’il de plus de mauvaise foi que d’habitude ?

      • 23 Janvier 2017 à 12h00

        dov kravi דוב קרבי dit

        Depuis quand pensum est-il gêné pour critiquer sottement un texte intelligent ?
        Plus c’est sensé, argumenté, abouti, plus il se roule dans la mauvaise foi et l’ineptie, du moment que cela lui permet de con-s-puer ses ennemis idéologiques.

    • 23 Janvier 2017 à 11h20

      Terminator dit

      La seule candidate anti-système est l’objet à la fois de toutes les haines et de toutes les convoitises de la part des autres candidats. Qu’ils arrêtent donc de se fatiguer en vain, pour l’électeur lambda, la copie ne vaudra jamais l’original…