Maastricht et la libre circulation du shit
Cannabis repetita non placent

Si vous autres Européens, vous en teniez à votre pinard, avec ou sans saucisson, l’Union coulerait des heures plus tranquilles. Mais l’affaire opposant, devant la Cour de justice de l’Union européenne, le tenancier d’un coffee-shop de Maastricht au bourgmestre de la ville Gerd Leers, rappelle qu’en Europe, les joints tournent sans frontières. Et pour Leers, c’est bien là le problème. Pour lutter contre le « tourisme de la drogue », il a donc décidé de réserver l’accès des coffee-shops aux seuls résidents néerlandais. Pris en flagrant délit alors qu’il servait des fumeurs de pétard venus d’ailleurs, Marc Josemans a été contraint, sur décision du bourgmestre, de fermer son établissement. Invoquant une discrimination des citoyens de l’Union européenne, Josemans a saisi le Raad van State (Conseil d’Etat), lequel a demandé à son tour à la Cour de justice de l’Union européenne de se prononcer sur l’euro-compatibilité de l’exclusion des ressortissants communautaires des coffee-shops. De fait, les conclusions rendues par l’avocat général le 15 juillet montrent que pour la cohérence européenne, on repassera. Le pétard.
Ce sont en effet quelque trois à cinq mille Français, Belges et Allemands qui arrivent chaque jour à Maastricht. Pas en pèlerinage sur la tombe de Saint-Servais, ni pour s’attabler dans l’un des six restaurants étoilés de la ville, encore moins pour admirer l’étonnant édifice du musée Bonnefanten. Autant dire que ces « touristes de la drogue », comme les désigne le jargon médiatique et administratif, n’ont en commun avec les touristes tout court que la brièveté de leur passage et les dégâts qui en découlent.
Situé au croisement des autoroutes trans-européennes, à deux heures de Bruxelles et d’Amsterdam, Maastricht a d’abord tenté, tant bien que mal, de résoudre le problème en le refilant aux communes voisines. Les premières lignes du projet « coffee-corners », qui prévoyait de délocaliser la moitié des quinze coffee-shops autorisés du centre-ville vers les quartiers périphériques – en l’occurrence dans la direction de la frontière belge, ont été rédigées en 2003
Tentation prohibitionniste
L’exemple de Gerd Leers, accusé de jouer cavalier seul sans jamais avoir tenté d’instaurer un dialogue avec ses homologues wallons ou flamands, a sans doute été pour quelque chose dans le choix radical fait par deux communes du Brabant septentrional néerlandais, Roosendaal et Bergen-op-Zoom. Voyant ces bourgades, paisibles sinon somnolentes, se transformer en « bourbiers » pour citer Michel Marijen, bourgmestre de Roosendaal, les municipalités ont décidé de retirer leur licence aux coffee-shops locaux. Désormais, les habitants doivent se rendre à Amsterdam pour s’approvisionner en cannabis.
Pourquoi, demandera-t-on, ne pas appliquer alors la même méthode à Maastricht ou, tout simplement, aux Pays-Bas, dès lors que le « tourisme de la drogue » est supposé constituer une menace réelle à l’ordre public.
La première raison est que la société néerlandaise ne semble pas être prête à affronter l’interdiction de la vente du cannabis. La politique de tolérance vis-à-vis des « drogues douces » est l’expérimentation hollandaise la plus célèbre. Elle s’est appuyée dès le départ sur un postulat audacieux : « Si nous ne sommes pas capables de prévenir le mal, essayons au moins de le contrôler. » En conséquence, depuis 1976 la possession de « drogues douces » pour usage personnel est décriminalisée, et leur vente dans les coffee-shops, bien qu’interdite par la loi, tolérée. Toutefois, en vertu des directives du ministère public, ceux-ci ne peuvent pas vendre plus de cinq grammes de cannabis par personne et par jour, et le stock ne doit pas excéder cinq cents grammes. Inutile de préciser que la pratique est assez éloignée de ce cadre sobre. À Maastricht, on évalue à une centaine le nombre de « one kilo houses », grossistes soupçonnés de vendre également de la cocaïne et de l’héroïne. Les contrôles effectués dans l’un des coffee-shops le plus célèbres de Hollande, le Checkpoint à Terneuzen, ont révélé que son stock dépassait deux cents kilos.
Résultat, les Pays-Bas supportent de moins en moins bien leur statut d’« îlot de la liberté » en Europe. Pour autant, rien ne permet de pronostiquer l’abandon de l’approche ultra-libérale. Même les chrétiens conservateurs du CDA, pourtant très remontés, n’ont pas la moindre idée de ce qu’il faudrait faire. Et les habitants de Maastricht tiennent à leur réputation de gens « sympas ».
La deuxième raison pour laquelle le retour à la prohibition est difficile à imposer tient au fait, qu’en dépit des nuisances causées par le développement de trafics illégaux en marge des activités autorisées des coffee-shops, les Hollandais se droguent moins que les autres Européens – selon le dernier rapport annuel de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, la Hollande se situe loin derrière l’Espagne, l’Italie, la France et le Royaume-Uni. De ce point de vue, l’expérience est un succès.
Enfin, la troisième raison du maintien du statu quo est d’ordre économique. Selon une étude récente, les coffee-shops de Maastricht apportent quelques 140 millions d’euros au budget de la ville. Argument de poids qu’André Beckers, l’avocat de Josemans, ne se prive pas d’employer : pour lui, le business du cannabis est « de facto légal » puisque les propriétaires de coffee-shops sont obligés de payer des taxes et des impôts sur leurs revenus. « De surcroît, ajoute-t-il, la nationalité des clients n’a aucune incidence économique ».
Cannabis, une marchandise comme une autre ?
Les conclusions de l’avocat général à la Cour de justice, Yves Bot, risquent de créer un précédent. Car celui-ci a rappelé qu’en dépit du fait que la vente des « drogues douces » est tolérée dans les coffee-shops néerlandais, elle reste néanmoins interdite par l’ensemble des Etats membres. De plus, n’étant pas tenus de consommer le cannabis sur place, les clients ressortissants d’autres Etats de l’Union peuvent l’emporter dans leurs pays et s’exposer ainsi à des poursuites pénales pour exportation ou importation illicites de stupéfiants. Comme le constate Yves Bot, les drogues ne sont pas des marchandises comme les autres. La vente du cannabis échappe donc à la liberté de circulation garantie par l’UE. En conséquence la mesure adoptée par la commune de Maastricht n’est pas considérée comme une restriction à la liberté du commerce.
Curieusement, le représentant de la Commission européenne, Hubert van Vliet, a au contraire soutenu la position d’André Beckers : exclure les coffee-shops néerlandais du marché unique ne peut, selon lui, qu’accroître les problèmes et ébranler la fragile citoyenneté européenne. Les Belges réclament explicitement « plus d’Europe » – ce qui, en l’occurrence signifie : pas de discrimination entre fumeurs de pétards. Quant aux Néerlandais ils continuent de pratiquer leur politique baroque consistant à tolérer la vente tout en interdisant strictement la production. Lors d’une réunion de communes néerlandaises frontalières, à Almere en 2008, le bourgmestre d’Eindhoven a provoqué la consternation en proposant que les coffee-shops soient approvisionnés par des « plantations communales ».
Les conclusions de l’avocat général ne lient pas la Cour de justice. Les juges commencent à peine à délibérer. L’arrêt ne sera rendu pas avant plusieurs mois. Si la Cour suit l’avocat général et exclut les coffee-shops de la législation communautaire, l’affaire sera jugée par le Tribunal de la Haye.
Vous n’avez rien compris ? Vous vous sentez personnellement discriminé par la décision du bourgmestre ? N’hésitez pas à le faire savoir aux instances européennes. Mais oui, l’Union est l’affaire de tous ! Votre opinion compte ! Enfin, pas encore, mais bientôt, quand il suffira d’un million de signatures provenant d’un tiers des Etats membres pour qu’une proposition de législation soit mise à l’étude par la Commission européenne. Ainsi les citoyens seront-ils théoriquement placés au même niveau que le Conseil et le Parlement européen. Notez cependant que les propositions « dénuées de sérieux » ne seront pas retenues. Inutile de commencer à collecter des signatures en faveur de la distribution gratuite de pinard.
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L'auteur
Paulina Dalmayer est journaliste et travaille dans l'édition.
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Altaica dit
@Candide
C’est dans les règlements?
@pirate
Ce que je sais vraiment du canabis, c’est que:
-ça rend dépendant. Et si ça ne le fait pas de façon physiologique, ça le fait fortement de façon psychologique.
-ça rend complètement mou. Et ça c’est pour avoir vu des camarades de promo arrivant en cours totalement shootés. Aucun de ceux là n’ont fini leur scolarité à l’ESIEE.
-c’est dangereux sur la route.
Donc si vous ou mon fils a une force psychologique impressionnante, pas de problème. Si vous ou mon fils ne compte pas faire d’études poussées, et ne compte pas conduire, pas de problème.
Si vous ou mon fils ne répond pas à ces conditions, il aurait mieux valu pour vous ne jamais commencer à fumer, et j’interdirai à mon fils ne serait-ce que d’essayer.
Candide dit
@Pirate [...]L’alcool est neurotoxique sur le court….
D’ailleurs, il est interdit de boire avant un match de tennis ,surtout en double !
Candide dit
Libre circulation ,salles de shoot en France …
Oui ,je suis pour et la raison principale ou simple évidence:encore hier ,nos bleus ont été battus.
Alors ,on doit leur montrer le chemin des buts afin qu’ils aient un but réel dans la vie :savoir shooter dans les buts !
En attendant ,je viens d’acheter 5 ballons de foot ,pour apprendre moi aussi à shooter !
pirate dit
L’alcool est neurotoxique sur le court, le moyen terme et le long terme, selon le degré et la quantité et la consommation, le cannabis ne l’est pas. L’alcool provoque une dépendance physiologique, pas le cannabis. Le cannabis agit sur les lobes frontaux et le cortex, il peut développer en revanche dans des circonstances particulières des symptômes schizoides, agit sur la motivation et l’empathie, et l’humeur. Il peut également avoir tendance (souvent chez les novices) à vous donner des inclinaisons parano. En revanche il détend, donne faim, agit sur les inflammation, peut-être un anti douleur. Et ce d’un point de vue médical.
Pour en revenir à ce que disait Mangouste, de toute manière vous avancez sur un faux débat. Les mafias, même si l’OCTRIS et les douanes prétendent le contraire, ont déjà à dispo des produits plus fort en THC, et le cannabis est tout de même plus complexe à concevoir que de la métamphétamine. Il faut des gens pour le cultiver, le préparer, le conditionner, il faut du terrain. Le crack demande un peu de coke, du bicarbonate de soude, un lieu où faire sa cuisine, et se conditionne plus simplement (le crack avant consommation n’a pas d’odeur par exemple) et je ne parle même pas de la MDMA (ectasy). Si ça vous intéresse je reviendrais sur la nécessité d’une dépénalisation et des conditions éventuelles. Mais donc il est tard et demain je suis sur le pont à 10h…
pirate dit
Altaica pour l’effet tout dépend de votre habitude. Après sevrage, une latte équivaut à un verre de bière un peu forte, maintenant c’est un produit psychoactif donc l’effet n’est pas identique que l’alcool. Quoiqu’il en soit, à la différence de l’alcool il y a toujours un palier indépassable, que vous fumiez 15 ou 30 pétards ça ne changera rien à votre état (le cerveau qui yoyote). Si vous mélangez par exemple deux formes de cannabis différente, non plus, rien avoir avec l’alcool de ce point de vue. Mais à la différence notable de ce dernier il faut environs 3 semaines pour éliminer un seul joint de votre corps (d’où la problématique des test salivaires). Il y a gueule de bois avec le cannabis si vous avez abusé comme (ça c’est pour sophie) des différences entre le sativa et l’indica, parfums, effet… l’afghan est par exemple plutot doux alors que la skunk (herbe conçu en hollande) est forte (sativa, les têtes sont vertes ^pâles et poudreuse) là ou la Northern Light a une odeur très particulière (une indica) et est verte foncé.
rocardo dit
Beuh + méthodes pédagogistes=effondrement intellectuel de la djeunzesse.
Sophie dit
Ha bon, c’est un peu kif-kif avec l’alcool?
Bon ben pour moi ce sera pétard 2ième côte de Blaye 1987.
Tempéré, s’il vous plait.
pirate dit
laborie couché l’infirmière va repasser, ça va allé.
je vais répondre vite pour le moment, Altaica la réponse est oui, le sevrage est concomitant de son rapport à l’addiction, à savoir de la raison de celle ci. Je ne vais pas rentrer dans les détails pour mon cas mais disons que le cannabis est bienvenue dans les cas de grande tension, c’est une stratégie à court terme comme d’autre avec le petit verre qui va bien, évidemment ce n’est aucunement une solution.
Vous me parlez de goût, je vous répondrais la même pour le cannabis. Le cannabis existe en différente variété tout à fait comparable au vin et les effets sont à égal. La réduction de l’attention est égal à celle de l’alcool, l’aspect déshinibant également, ça dépend du sujet aussi.
Maintenant il y a un bémol à tout ça et j’y reviendrais plus tard, notablement sur l’aspect “cool-peace” etc que l’on prète au cannabis, ainsi que sur le mode de consommation (et l’âge). pour Mangouste il y a beaucoup de chose à dire, notablement sur les mafias mais également sur les études actuelles et leur valabilité. Pour ce qui s’agit de la mémoire, je vous rassure la mienne par exemple est excellente, mais nous n’avons pas tous le même cerveau. Plus tard, là je vais me poser.
laborie dit
On se doutait bien que la venue de la “Beuuuuuuuuuuuuh” entraînait d’office l’arrivée ventre à terre du pirate des neurones………sciences dures à l’appui…
Altaica dit
Maintenant je suis d’accord avec vous: l’ivresse et le tabac devraient être interdits. Mais ne le sont ils pas déjà en quelque sortes? Le tabac avec ses taxes imrpessionnantes, l’ivresse avec des lois l’interdisant tout simplement (même s’il y a, comme pour le shit, une sorte de laisser aller dans la plupart des cas). Les cellules de garde à vue sont tout de même appelée cellules de dégrisement.
Ce qui est certain, c’est que je déteste autant la cigarette, le pétard et la beuverie.
Même si je ne le ferai jamais, j’accepte plus facilement ceux qui vont fumer un narguilé, un cigare, ou une cigarette parfumée, pour le plaisir du goût. De temps en temps.
Ce que je fais, c’est prendre un verre d’alcool par semaine, voire deux, pour le goût aussi. Et je comprends parfaitement ceux qui prennent un verre de rouge par repas, et savourent ce vin.
Altaica dit
@pirate, fatback
merci pirate pour vos informations, je suis allé me renseigner sur le THC, ce fut instructif.
Alors, en effet, il n’y a pas de dépendance physique avérée.
Je dois donc reformuler mon point 1. Je profiterai lâchement de votre expérience pour vous demander: arriviez vous à vous arrêter pendant un mois de temps en temps, durant votre période de consomateur, par exemple pour aller en vacances, ou autres?
Si la dépendance physique est nule, la dépendance psychologique va être d’autant plus importante que le principe actif est puissant. Hors, contrairement à un ou deux verres d’alcool, ou à quatre ou cinq cigarettes, un joint fait énormément d’effet, et de façon très rapide. Me contredirez vous là dessus? Si non, cela explique la puissance de la dépendance psychologique.
Niveau toxicité, cela proviendrait donc du fait que ce soit fumé, et la fumée non filtrée. Est ce que la légalisation pourrait limiter cette toxicité? J’en doute.
Niveau effet, un simple joint réduit l’attention en cours ou au travail (ou en voiture) de façon plus importante que plusieurs verres d’alcool. Accidents, mauvaises notes, les résultats ne se font pas attendre.
Mangouste dit
Les chercheurs évoquent désormais une “épidémie” de cancers des poumons directement liés à la consommation de cannabis.
Dans le groupe étudié, le risque de cancer des poumons était multiplié par 5,7 chez ceux qui avaient fumé plus d’un joint par jour pendant dix ans, ou deux joints par jour pendant cinq ans. Les auteurs de l’étude estiment qu’un cancer des poumons sur vingt en Nouvelle-Zélande pourrait être directement lié au cannabis. ”
Voilà pour ce qui est de la nocivité du produit. Et à ceux qui me rétorqueraient que l’alcool fait pire à fortes doses, je répondrais que la consommation excessive d’alcool est un autre problème à affronter mais que cette drogue fait partie de notre culture, contrairement au cannabis (ne me parlez pas du chanvre, svp!). A chacun sa merde, n’ajoutons pas les problèmes aux problèmes.
Mangouste dit
D’autre part, les résultats d’une analyse de 35 études scientifiques publiées dans la revue Lancet en Juillet 2007 au sujet du cannabis ont montré que la consommation de cannabis augmenterait de 40% les risques de développer une maladie mentale et de troubles psychologiques proportionnels à la quantité de cannabis consommée : le risque de souffrir de schizophrénie, d’hallucinations ou de toute autre psychose augmenterait de 50 à 200% chez les très gros fumeurs de cannabis
Une étude parue en 2006 dans la revue Neurology et effectuée par une équipe de chercheurs a mis en évidence les effets du cannabis sur la mémoire avec une perte de 50% de la mémoire immédiate chez les grands consommateurs, les aptitudes intellectuelles, l’activité verbale et l’attention.
Les usagers de cannabis arrêtés en flagrant délit devront participer à un stage de prévention dont le coût pourrait atteindre 450E.
Paris – Relax news/Santé-Médecine.net) -
Fumer du cannabis serait 20 fois plus dangereux pour la santé, à dose égale, que fumer du tabac, selon une étude néo-zélandaise publiée en Janvier 2008 par le Journal Européen de Pneumologie (ERJ). D’après les auteurs de ces travaux réalisés auprès de 79 patients atteints d’un cancer des poumons, la fumée du cannabis serait deux fois plus concentrée en carcinogènes que celle du tabac. La “façon de fumer” serait également en cause: les joints sont généralement fumés sans filtre correct, et jusqu’au bout, ce qui augmente la quantité de fumée avalée.
Mangouste dit
Je parlais bien sûr des effets dépresseurs à long terme du produit, à court terme, il aurait plutôt l’effet inverse.
Mangouste dit
… démotivée, centrée sur la contemplation de son nombril et le malaxage de ses valseuses. Etat que j’ai pu admirer ces derniers mois sur certains de mes élèves et ces dernières années sur certains de mes proches. Je discutais hier soir avec un ex gros fumeur (mon frère, en fait) et il me confirmait tous le mal à penser de la consommation régulière de ce purin.
Pour finir, moi qui ai taquiné le joint sporadiquement depuis quinze ans, je ne lui ai jamais trouvé de qualités festives particulières – le crime des crimes pour notre société c’est pourquoi, à court terme, je vous fiche mon billet qu’il sera remplacé par des drogues “dopantes”, les fumeurs de joint ayant, en soirée, plus l’air de Raymond Barre enkylosés que de Freddie Mercury vitaminés. Phénomène de remplacement qui, à mon avis, sera renforcé par la légalisation : le cannabis ayant perdu son petit côté transgressif, la beuh étant devenue une drogue de notaires qu’on fume dans les bons dîners après avoir glosé sur un Château Margaux, les jeunes iront chercher leur kick “chuis trop un rebelle” un peu plus loin, avec un autre produit. Et cette herbe qui nous fait tant écrire trouvera enfin sa vraie place : dans notre pharmacie, à côté des anxiolytiques qui permettront aux consommateurs de combattre les effets dépresseurs avérés de cette bouse. Ce jour-là, notre Meilleurs des mondes aillant trouvé son Soma, nous discuterons des bienfaits et méfaits de la cocaÏne. Je prends les paris!
Mangouste dit
Pirate,
Vous êtes bien informé, ça fait toujours plaisir d’avoir un contradicteur qui en a dans le clavier. Bien!
Je ne suis pas pour la légalisation de cette merde qu’on appelle le shit, ni pour celle de la beuh, sans parler même des autres substances qui s’avèrent de plus en plus à la mode comme la coke, le tabac de la décennie. Primo, je l’ai dit, parce que les mafia n’en souffriraient que peu : elle se rabattraient sur d’autres produits, bien plus dangereux, elles casseraient les prix des produits légalisés dont le trafic, moins rentable, deviendrait aussi moins risqué (allez lutter contre le trafic d’un produit légal par ailleurs en étant efficace et motivé!) et elles “amélioreraient” le produit (oui mec, c’est de la vraie bonne, THC 30 %, pas pour les fillettes).
Secundo parce que l’équation légalisation=diminution de la consommation est sujette à caution : pas forcément pour les Pays-Bas où la consommation, sans être faible, n’est pas excessive en regard de ce qui se fait ailleurs, mais bien, par exemple en ce qui concerne le Portugal ou l’Espagne, pays où la consommation de drogue taquine les sommets et où les politiques sont assez libérales. Au Portugal, la conso est d’ailleurs en augmentation depuis la dépénalisation de la conso. Comme quoi!
Tertio, parce que franchement, cette drogue et tout son folklore foireux rasta-cool-paix-sur-la-terre-aux-hommes-de-bonne-volonté me fait bondir. Parce qu’elle est très capable de transformer un ado lambda en loque…
pirate dit
Mangouste pour les mafias vous avez à la fois tord et raison. Les mafias sont des libéraux ils calculent le coût de production et le risque, le trafique de drogue a été arrêté dans certaine région du monténégro parce qu’il était plus dangereux que le trafique de cigarette ou d’être humains. La drogue est une activité parmis tant d’autre des mafias. Leur couper l’herbe sous le pied (si j’ose dire) à ce niveaux auraient des conséquences autre, par exemple un report sur d’autres cultures. La cocaïne pousse très bien en altitude, la région du Rif pourrait (et s’y met déjà) virer à la question de la coca si le cannabis était bêtement légalisé. La réfléxion à ce sujet est une concertation mondiale, et déjà européenne. Globalement d’ailleurs c’est une question économique qui pourrait également avoir d’autre intérêt, le chanvre consomme moins d’eau que le coton et a des propriétés supérieure (plan mâle, les plans femelle =THC). Actuellement le cannabis est le 2ème apport d’argent pour le Maroc après le tourisme, on imagine les conséquences politiques si on renforçait la pénalisation.
pirate dit
9)Le cannabis est une drogue psychoactive qui a des conséquences plus ou moins grave sur le comportement (empathie, motivation… etc). Du fait de son image, de sa consommation, et de l’intensité du trafique actuel, les hôpitaux psychiatrique connaissent de plus en plus de cas de malade délirant venant se faire soigner pour une dépression nerveuse aggravé par une consommation excessive et hors contrôle. Contrôle que permettrais une législation sur le sujet. Les H.P sont confronté eux même à un intense trafique dans leur locaux de la part des malades…
10) l’OCTRIS ne jugule que 25% du trafique, et dépense des millions pour cela, or en 70 année où l’actuelle loi a été votée on ne comptait qu’environs 650 affaires dans toutes la France ayant fait objet d’un jugement. Je précise concernant le seul cannabis. Aujourd’hui ce chiffre a d’autant explosé que Lepen light a réclamé des résultat. Plus de simple consommateurs et petit dealers en taule, moins de gros trafiquants. Un pays sans drogues ça n’existe pas, qu’on se le dise.
Et pour les nabots qui voudraient m’expliquer que je suis un degauche-islamo pouet irresponsable, je précise que je connais d’autant mieux le sujet que j’ai fumé pendant près de 30 ans et à ce sujet non plus je ne suis pas angéliste du tout
pirate dit
6) Le trafique actuel emprunte le même circuit que la cocaïne qui après avoir transité par l’Afrique de l’Ouest arrive en espagne puis dans le reste de l’Europe. Alerte à la pollution de l’air par la coke à Barcelone, donc le problème est grave, et le gramme de coke est passé de 100 à 40 euros en 20 ans. Un simple légalisation sans bornes serait inconcidéré puisque le trafique se reporterait. mais la prohibition actuelle fait que les mêmes qui dealent du shit dealent désormais de la coke et intéresse une clientèle qui hier ne s’y serait pas intéressé.
7) Le mode consommation a changé. Si hier le cannabis était prit pour une drogue “cool” s’adressant à un certain public, aujourd’hui il fait partit du panel des défonces, et on se défonce pour se défoncer (voir Binge drinking à ce sujet). 5 millions de fumeurs actuels en France. Régulier et irréguliers confondu.
8)Le cannabis a des effets démontré sur : le sida et le cancer (la faim qu’entrave la chimio) le glaucome, la sclérose en plaque, l’autisme, reconnu par la médecine Suisse, américaine, anglaise, etc… mais en France on renie cces études par pur ostracisme et une ordonnance à ce sujet délivré par un médecin suisse sera considéré comme nul et non avenu en dépis des accord de l’OMS. Absurdité qui fera qu’un malade du sida se rendant en suisse pour avoir son herbe se verra éventuellement accuser de trafique de stupéfiant.
pirate dit
Bon Altaica bravo vos bêtises m’ont fait réagir.
1) Le cannabis n’est à priori pas neuro toxique, mais aucune étude à long terme n’ont été faite (ça c’est pour fatback).
2)Le cannabis ne rend pas plus dépendant que l’alcool, du tout. Le syndrome de délirium tremens et la neurotoxicité de l’acool n’existe pas avec le cannabis. A vrai dire le cannabis ne développe pas de dépendance physique, ce qui est le cas dans l’acoolisme (voir les cas de sevrage) mais psychologique. Et cette dépendance psychologique est égal à celle de l’alcool et globalement du fonctionnement de toute forme d’addiction.
3) Tous les pays où la consommation est dépénalisé connaissent une faible demande, la France qui possède la legislation la plus sévère et la plus stupide d’Europe est le plus gros consommateur de cette même Europe.
4)Du point de vue sanitaire, en dehors du fantasme de la coupure (le shit est coupé le plus souvent au henné) le taux de THC a augmenté de 10 à 30% entre les années 80 et aujourd’hui. A 100% le THC tue une souris. De ce point de vue un controle permettrait de réguler ce %
5)OCB vend en toute illégalité (loi de 70 oblige) des feuilles dites Slim (longues) pour la fabrication de pétard, libre dans tous les bureaux de tabac, la prohibition comme envisagé en France est donc parfaitement hypocrite.